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  • há 6 meses
Ullrich Kasten met en parallèle les trajectoires des deux dictateurs du XXe siècle, qui ne se sont jamais rencontrés mais avaient en commun leur antisémitisme et une forme de paranoïa. Le réalisateur décrit notamment la terrible partie de poker menteur à laquelle ils se sont livrés au moment du pacte germano-soviétique. Ainsi, lorsque l'Allemagne nazie envahit l'URSS, le 22 juin 1941, Staline est médusé. Il tarde à réagir, donne des ordres contradictoires. Pendant ce temps, les troupes allemandes, aguerries par plusieurs guerres éclair, triomphent. Le Führer se voit déjà à Moscou, qu'il dit vouloir raser et remplacer par un immense lac artificiel. Puis, devant son échec, il jure de détruire Stalingrad. Cette terrible bataille marque le tournant de la guerre.

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Diversão
Transcrição
00:00:00Hitler et Staline
00:00:30Lutte des races contre lutte des classes
00:00:32Deux obsessions face à face
00:00:35Ils ne se sont jamais rencontrés
00:00:38Leurs destins ont pourtant été durablement liés
00:00:41Leur affrontement illustre cruellement l'emprise des idées sur les peuples
00:00:54Et comment elles peuvent les faire chavirer
00:00:56D'abord dans l'enthousiasme
00:00:58Puis dans la mort
00:01:00Après une longue journée de travail
00:01:26Joseph Vissarinovitch Staline quitte le Kremlin
00:01:29Il part pour Sadatcha
00:01:31Une fois de plus, il est tard
00:01:34On est déjà le 22 juin 1941
00:01:37La journée qui s'achève ne lui laisse aucun souvenir particulier
00:01:42Si ce n'est qu'une fois de plus
00:01:43Il a réagi avec mauvaise humeur à une mise en garde
00:01:46Selon laquelle Hitler serait sur le point d'attaquer l'Union soviétique
00:01:49Staline se couche vers 3 heures du matin
00:02:02Comme d'habitude, son ordonnance veille à ce qu'il ne soit pas dérangé
00:02:06Staline s'endort dans un pays en paix
00:02:10Il sera réveillé une heure plus tard dans un pays en guerre
00:02:13Le général Yukov le demande au téléphone
00:02:20Il se fait d'abord reconduire
00:02:22Puis on finit par lui passer Staline
00:02:24Celui-ci a le souffle court
00:02:26Tant la nouvelle lui semble inconcevable
00:02:28Les Allemands bombardent nos villes et nos villages
00:02:30Comment ?
00:02:32Ces interminables pour parler de paix
00:02:33N'auraient été qu'une partie de poker menteur ?
00:02:36L'opération Barbarossa, l'attaque de Hitler contre l'Union soviétique
00:02:44Est lancée simultanément sur trois fronts
00:02:47Cette force colossale qui avance et bombarde à tout va
00:02:50Est l'armée la plus puissante de l'histoire récente
00:02:53Les Allemands ont mobilisé 4 millions de soldats
00:02:56Ils bénéficient du soutien de troupes roumaines, hongroises et finlandaises
00:03:00Dès le premier jour, près de 1000 avions russes sont détruits au sol
00:03:04Aguerris par les guerres éclairs successives
00:03:13Les troupes allemandes sont taillées pour anéantir tout ce qui se dresse sur leur route
00:03:17Mais rien, ou presque, ne fait obstacle à leur progression
00:03:21Les ruines de Brest-Litovsk, aujourd'hui en Biélorussie
00:03:30Montrent à quel point la limite entre la vie et la mort est parfois mince
00:03:34En 1941, la ville se situe sur la frontière entre la Russie et la Pologne occupée
00:03:40Ce 22 juin s'annonce comme un jour d'été ordinaire
00:03:44Mais Brest est l'un des premiers objectifs du déluge de feu allemand
00:03:48Depuis plusieurs jours, les troupes russes qui défendent la forteresse
00:03:59Passent leur temps à répéter des marches militaires
00:04:01Peut-être même leur fanfare a-t-elle couvert le bruit des blindés allemands
00:04:05Qui prenaient position de l'autre côté de la frontière
00:04:07Comme d'habitude, à minuit, le train express Moscou-Berlin franchit le pont qui enjambe le bouc
00:04:29Quelques instants après, un train de marchandises chargé de blé russe passe en sens inverse
00:04:37Les allemands et les russes se connaissent
00:04:39Les formalités douanières sont une simple routine
00:04:42C'est la vie en temps de paix
00:04:46Sur la forteresse de Brest, la surveillance s'est un peu relâchée
00:04:50La mort surprend les hommes sans qu'ils aient le temps de comprendre
00:04:58Les soldats russes ne savent rien, mais ils doivent se battre
00:05:02Sur tous les fronts, il y aura des milliers de morts ou de prisonniers
00:05:05L'armée allemande s'enfonce dans le pays
00:05:08Les ruines de Staline
00:05:16Les horizons sans fin de Hitler
00:05:19Brest, c'est l'histoire d'une surprise tragique
00:05:22Une histoire qui montre à quel point l'impuissance et le désespoir
00:05:26Peuvent se transformer en énergie et en pugnacité
00:05:30Il faudra quatre semaines aux allemands pour venir à bout des dernières poches de résistance
00:05:34Au matin de ce 22 juin, Staline reprend ses esprits
00:05:41Et convoque Yukov au Kremlin
00:05:43Il demande à son ordonnance de réunir les membres du politbureau
00:05:47Ils siégeront le jour même pendant près de 24 heures
00:05:54Il n'y a pas de déclaration de guerre, insiste Staline
00:05:59Donc il n'y a pas de guerre
00:06:00Le 22 juin est un dimanche
00:06:08Quand Staline arrive au Kremlin, la ville dort encore
00:06:12Les moscovites ne se doutent de rien
00:06:14Le monde vient pourtant de changer
00:06:20Staline n'a plus de repères
00:06:22Les contours et la nature même de la nouvelle situation lui échappent
00:06:27Certes, méfiant comme à son habitude, il a pris la précaution de faire stationner des troupes à la frontière
00:06:32Mais il a mis ses généraux en garde
00:06:34Les allemands n'oseront jamais nous attaquer de leur propre initiative
00:06:37Aussi, ne les provoquez pas, sinon des têtes vont tomber
00:06:41Staline a lu Mein Kampf
00:06:44Mais il pensait qu'il lui restait du temps avant que la guerre n'éclate
00:06:48Or Hitler vient d'avancer l'horloge de l'histoire
00:06:51Staline, rentré précipitamment au Kremlin, se lance dans une activité fiévreuse
00:06:59Pour ce 22 juin, son agenda fait état de 29 entretiens
00:07:04Staline est présent, mais il n'est pas maître de la situation
00:07:08Il ira jusqu'à affirmer que Hitler ne sait rien de cette agression
00:07:12La population de Moscou et d'autres grandes villes ne sera informée que l'après-midi
00:07:17Par le ministre des Affaires étrangères Molotov et non par Staline
00:07:21Comme si tout cela n'était pas du ressort du chef suprême
00:07:24Ce jour-là, Hitler reste muet lui aussi
00:07:28Staline refuse de l'admettre, mais il s'est bel et bien fourvoyé
00:07:37Il connaissait les projets bellicistes de Hitler et il a pourtant signé un pacte avec lui
00:07:42En août 1939, Joachim von Riementrop, ministre des Affaires étrangères du Reich, s'était rendu à Moscou
00:07:49Cette visite faisait suite à un échange courtois de courriers officiels
00:07:53Dans un télégramme adressé à monsieur le chancelier du Reich allemand Adolf Hitler
00:07:57Staline avait écrit
00:07:59« J'espère que le pacte de non-agression germano-soviétique entraînera un revirement dans les relations politiques de nos pays »
00:08:06Quelques jours plus tôt, Hitler avait fait parvenir une lettre à monsieur Staline, Moscou
00:08:11Dans laquelle il le priait de recevoir son ministre le 23 août
00:08:14Une visite anticipée en raison de l'invasion de la Pologne, prévue une semaine plus tard
00:08:19Heinrich Hoffmann, photographe personnel de Hitler et du voyage, avec une mission très particulière
00:08:27Il a été chargé de photographier le lobe de l'oreille de Staline
00:08:32Celui-ci est-il détaché, donc arien, ou soudé, donc juif ?
00:08:39Staline passe l'examen avec succès
00:08:40Plus tard, Riementrop commentera sa visite à Moscou
00:08:46En disant qu'il s'y était senti aussi bien qu'avec de vieux compagnons de parti
00:08:50Staline, trinquant avec l'envoyé de Hitler, déclare
00:08:54Je sais à quel point le peuple allemand aime son fureur
00:08:57C'est pourquoi je lève mon verre à sa santé
00:09:00Mais passé le temps de la diplomatie, en coulisses, la parole est plus libre
00:09:11Staline, Hitler s'imagine qu'il est plus malin que moi, mais je l'ai piégé
00:09:16Hitler, je l'ai tiens
00:09:19Maintenant, l'Europe est à moi
00:09:211939, l'année du traité établissant le partage de la Pologne et des États baltes entre Moscou et Berlin
00:09:35L'année aussi du début de la Deuxième Guerre mondiale
00:09:38Le 1er septembre, Hitler attaque la Pologne
00:09:42Images pacifiques, presque champêtres, d'une guerre qui se prépare
00:09:50A regarder ces jeunes gens pleins d'enthousiasme hisser les bombes dans les avions de chasse
00:09:55On a presque l'impression d'assister au départ d'une manœuvre d'entraînement
00:09:58Tant que personne ne meurt, tout n'est que technique
00:10:02Tant qu'il n'y a pas de sang, tout cela n'est qu'une joyeuse aventure
00:10:06Mais Hitler a des idées bien arrêtées sur cette aventure
00:10:18Anéantissement
00:10:20Le cœur verrouillé a toute forme de pitié
00:10:24Brutalité absolue
00:10:26Même envers les femmes et les enfants
00:10:361939 est également l'année du 50e anniversaire de Hitler
00:10:55Les images de la gigantesque parade militaire
00:10:58Organisée pour l'occasion à Berlin le 20 avril
00:11:01Ont été relayées par les salles de cinéma du monde entier
00:11:04Staline, qui fête ses 60 ans en décembre de la même année
00:11:08Les a probablement vus
00:11:09Elle confirme le constat qu'il a fait en trinquant avec Ribbentrop
00:11:13Oui, le peuple allemand aime son fureur
00:11:17Une démonstration de force
00:11:33A destination des lâches de la population civile
00:11:36Et des démocrates de l'étranger
00:11:38Une menace
00:11:39Le NSDAP offre à son fureur une maison
00:12:01Le Kielstein House
00:12:03Dans les Alpes bavaroises
00:12:05A deux pas de l'Obersalzberg
00:12:07Ce bâtiment, taillé en partie dans la roche
00:12:10Est une prouesse technique
00:12:12Il occupe tout le sommet du plateau
00:12:14Hitler l'appellera son nid d'aigle
00:12:16Le fureur n'y est venu que très rarement
00:12:20Mais au beau jour
00:12:22Cela suffit pour attirer aujourd'hui encore
00:12:24Des milliers de visiteurs
00:12:25Ils empruntent l'ascenseur de Hitler
00:12:31Et déambulent dans les couloirs voûtés de son bunker
00:12:34Mais quoi qu'ils soient venus chercher
00:12:39Ils ne trouveront ici aucune trace de l'histoire
00:12:42Hitler a passé la majeure partie de l'été 39 sur l'Obersalzberg
00:12:55En septembre, alors que la guerre fait rage en Pologne
00:12:58Berlin et Moscou signent un nouvel accord
00:13:01Un traité d'amitié
00:13:02Une formulation que Staline n'a accepté qu'avec réticence
00:13:06Il a du mal à oublier les tombereaux d'insultes
00:13:09Que Hitler a déversé sur lui des années durant
00:13:12Mais il les oubliera
00:13:14Le 17 septembre 1939
00:13:22Quelques jours après la guerre éclair allemande
00:13:24L'armée soviétique envahit l'est de la Pologne
00:13:27Avec plus d'un million d'hommes
00:13:29Staline attend que Hitler ait mené son attaque
00:13:32Puis il frappe à son tour
00:13:34L'invasion soviétique à l'est de la Pologne
00:13:38Une reconquête d'anciens territoires biélorusses
00:13:41Est l'une des dispositions prévues dans le protocole secret
00:13:44Du pacte de non-agression entre l'Allemagne et l'URSS
00:13:48Certains territoires de la Pologne passent sous souveraineté soviétique
00:13:52Ce qui se traduit par des déportations, des tortures
00:13:56Et des exécutions
00:13:57Au nom de la lutte des classes
00:13:59De ce point de vue là
00:14:01Staline fera tout pour ne pas se démarquer de Hitler
00:14:11Un autre épisode s'inscrit lui aussi
00:14:17Dans l'histoire préliminaire de ce 22 juin 1941
00:14:20Au mois de novembre de l'année précédente
00:14:23Le ministre des affaires étrangères Molotov
00:14:25S'était rendu à Berlin
00:14:26Hitler veut tester Molotov
00:14:31Il veut savoir si l'Allemagne et l'URSS
00:14:33Sont, comme il le dira
00:14:34Face à face ou côte à côte
00:14:37L'international, l'hymne soviétique
00:14:46Ne sera pas joué ce jour là
00:14:48De peur sans doute qu'elle ne soit reprise
00:14:51Par quelques Berlinois frondeurs
00:14:53Quelle est cette Allemagne
00:14:57Qui reçoit le ministre des affaires étrangères soviétique
00:14:59Molotov rencontre Hitler
00:15:01L'homme dont Staline a dit
00:15:03C'est un expert de la guerre éclair
00:15:05Il connait son ouvrage
00:15:07A part l'Angleterre, il a vaincu tout le monde
00:15:09Surtout la France
00:15:11Après la capitulation française
00:15:13Staline a été pris d'un mauvais pressentiment
00:15:16Maintenant, c'est sans doute à nous
00:15:18Qu'il va tordre le cou
00:15:19Hitler et Staline
00:15:24Compagnons et concurrents
00:15:27Voleurs de territoire l'un comme l'autre
00:15:29Hitler, je sais que l'histoire se souviendra de Staline
00:15:33Mais elle se souviendra également de moi
00:15:35Molotov, bien sûr qu'elle se souviendra de vous
00:15:39A l'ambassade soviétique de l'avenue Unter den Linden
00:15:51Une attaque aérienne britannique
00:15:53Contra les invités à se réfugier au sous-sol
00:15:56Ribbentrop avait pourtant laissé entendre
00:15:58Que la guerre contre l'Angleterre était quasiment gagnée
00:16:00Molotov, mais alors
00:16:02D'où viennent les bombes qui tombent en ce moment ?
00:16:05Peu de temps auparavant
00:16:06Une exposition de photographie avait émerveillé Berlin
00:16:09Miracle de la nature
00:16:11A présent, ce sont ces images
00:16:13Qui apparaissent aux Berlinois
00:16:14Comme un phénomène naturel impressionnant
00:16:16Et quelques années plus tard
00:16:18Ce seront les rares endroits
00:16:19Qui n'auront pas été réduits en cendres
00:16:21Qu'ils contempleront comme un miracle
00:16:23Dans un moment d'abattement
00:16:34Hitler avouera
00:16:35La Russie me fait penser aux Hollandais volants
00:16:37Dans le vaisseau fantôme
00:16:38Une porte s'est ouverte à nous
00:16:40Et nous ne savions pas ce qu'il y avait derrière
00:16:42Mais en juin 1941
00:16:48Tout va encore pour le mieux
00:16:49Hitler se voit à Moscou en quatre semaines
00:16:52Ses soldats se ruent à l'assaut
00:16:54Comme s'ils craignaient d'arriver en retard
00:16:56Au défilé victorieux sur la place rouge
00:16:58Hitler est euphorique
00:17:02Il se voit en conquérant du monde
00:17:04Au lendemain de l'attaque contre l'URSS
00:17:07Il s'installe dans son nouveau quartier général
00:17:09La Wolfschanse
00:17:10Il prend ses aises à l'est
00:17:12Ses hommes également
00:17:15Il se dit comblé de pouvoir vivre cette guerre
00:17:20Et s'il n'avait qu'un seul vœu à formuler
00:17:22Pour le peuple allemand
00:17:23Ce serait celui de le voir engagé dans une guerre
00:17:26Aussi héroïque tous les 15 ou 20 ans
00:17:28Le peuple en question
00:17:33Qui défile en uniforme
00:17:35A travers les villes conquises
00:17:36Semble partager son avis
00:17:38Longtemps
00:17:40Les actualités cinématographiques
00:17:42Présenteront la guerre
00:17:43Comme un voyage d'agrément
00:17:45Au cours duquel les soldats allemands
00:17:47Piétinent des pavés
00:17:48Et non des êtres humains
00:17:49Le moral de Hitler est au beau fixe
00:18:03Il croit en son étoile
00:18:04Surtout depuis qu'il a vaincu la France
00:18:06L'ennemi héréditaire
00:18:08Au premier jour de juillet 1940
00:18:12Il met en scène son propre triomphe
00:18:14Dans les rues de Berlin en Liès
00:18:16Il rentre de Paris
00:18:17Ville conquise
00:18:18Où il s'est incliné avec émotion
00:18:20Sur la tombe de Napoléon
00:18:22Il y a 129 ans
00:18:24Bonaparte était parti en campagne
00:18:26Contre Moscou un 24 juin
00:18:27Hitler est parti le 22
00:18:29Il est obsédé par l'histoire
00:18:32Selon ses propres dires
00:18:35Il vient de remporter en France
00:18:36La victoire la plus glorieuse
00:18:38De tous les temps
00:18:38Et la capitale du Reich
00:18:40L'acclame
00:18:41Lui
00:18:41Le fils d'un douanier autrichien
00:18:43Cette foule en Liès
00:18:46N'imagine pas un instant
00:18:47Que sa joie
00:18:47Pourrait être de courte durée
00:18:49Elle ne conçoit pas
00:18:51Que lorsqu'on s'abandonne
00:18:52A autant d'euphorie
00:18:53Les désillusions
00:18:54N'en sont que plus amères
00:18:55Hitler dans la Wolfschanze
00:19:09Emmuré
00:19:11Mais ivre de ses conquêtes
00:19:13Alors que la Wehrmacht
00:19:15Assiège et anéanti
00:19:16Tour à tour
00:19:17Les villes de Bialystok
00:19:18Minsk et Smolensk
00:19:19Hitler récompense ses secrétaires
00:19:22En leur permettant de l'embrasser
00:19:23Lui qui est appelé à devenir
00:19:25Le plus grand Allemand de l'histoire
00:19:27Le grand Allemand
00:19:40Et son chien
00:19:41Une bête
00:19:43Dont il ne se séparera
00:19:44Qu'au prix d'une grande douleur
00:19:46Contrairement à son peuple
00:19:48Qu'il sacrifiera son sourcier
00:19:50Depuis le début de la guerre
00:20:11Au Kremlin c'est la confusion
00:20:13Staline semble dépasser
00:20:15Ses ordres pour tenter
00:20:16De repousser l'ennemi
00:20:17Sont confus et inefficaces
00:20:19Il panique et s'énerve
00:20:21Ce fils d'un cordonnier alcoolique
00:20:23Menace ses généraux
00:20:24Et ses collaborateurs
00:20:25La réalité est amère
00:20:28En une semaine
00:20:29Les Allemands ont parcouru
00:20:31500 kilomètres
00:20:31Des centaines de milliers
00:20:33De soldats soviétiques
00:20:34Ont été tués
00:20:35Ou faits prisonniers
00:20:36Chaque semaine
00:20:38Hitler compare
00:20:39Les actualités filmées
00:20:40Du front Est
00:20:41A une épopée héroïque
00:20:42Pendant ce temps
00:20:43Staline multiplie
00:20:45Directives et instructions
00:20:46Il interdit toute retraite
00:20:48Livrant ainsi
00:20:50D'innombrables soldats
00:20:51A une mort inutile
00:20:52Staline se barricade au Kremlin
00:21:09Et il a pour cela
00:21:10De bonnes raisons
00:21:11Il a fait disparaître
00:21:12Tous les hauts dignitaires
00:21:13De l'armée
00:21:14Lors des purges
00:21:14De plus
00:21:16Il a ignoré
00:21:17Tous les avertissements
00:21:17Quant au risque de guerre
00:21:19Criant à la désinformation
00:21:20Pour lui
00:21:22L'Union soviétique
00:21:23Devrait signifier
00:21:24Un seul et même peuple
00:21:26Les yeux rivés
00:21:27Sur un avenir radieux
00:21:28Or c'est un regard
00:21:29Chargé de terreur
00:21:30Que ce peuple
00:21:31Lui adresse aujourd'hui
00:21:32Au commissariat à la défense
00:21:48Quand Staline apprend
00:21:49L'encerclement d'une de ses armées
00:21:51Aux portes de Minsk
00:21:52Il prend enfin conscience
00:21:54Du danger
00:21:54Selon le témoignage
00:21:56D'un général
00:21:56Il perd totalement
00:21:58Son sang-froid
00:21:58Vociférant insultes
00:22:00Et imprécations
00:22:01Abattu
00:22:02A bout de nerfs
00:22:03Mal informé
00:22:04Staline quitte le Kremlin
00:22:06Avant le début
00:22:08De cette guerre
00:22:09Il avait choisi
00:22:10De ne pas réagir
00:22:11Face à Hitler
00:22:12Il comprend à présent
00:22:13Que c'était une erreur
00:22:14Et se retire
00:22:15Pendant quelques jours
00:22:16Dans sa dacha
00:22:17Dans les territoires
00:22:34Balte
00:22:34En Biélorussie
00:22:35Et en Ukraine
00:22:36Les monuments
00:22:37Que Staline a fait ériger
00:22:38A sa propre gloire
00:22:40Sont abattus
00:22:41Les uns après les autres
00:22:42Dans les territoires
00:22:44Annexés par l'Union soviétique
00:22:45En 1939 et 1940
00:22:47Staline a été impitoyable
00:22:49Des populations entières
00:22:51Ont été déplacées
00:22:52Chassées
00:22:52Asservies
00:22:53Les occupants allemands
00:22:54Sont accueillis
00:22:55Comme des libérateurs
00:22:56Mais c'est bien plus
00:22:58Qu'un monde de propagande
00:22:59Que la vindicte populaire
00:23:01Réduite en lambeaux
00:23:02Staline voulait faire
00:23:14De l'Union soviétique
00:23:15Le premier paradis
00:23:16Pour ouvriers et paysans
00:23:17L'industrialisation
00:23:19Et l'alphabétisation
00:23:21Ont profondément
00:23:22Remodelé le pays
00:23:23Des millions de personnes
00:23:24Ont repris espoir
00:23:26Et tout cela serait fini
00:23:29Six jours après
00:23:33Le début de la guerre
00:23:34Staline avec une franchise
00:23:36Inaccoutumée déclare
00:23:37Lénine a créé notre pays
00:23:40Et nous, nous l'avons souillé
00:23:41Nous
00:23:42Lénine avait dénoncé
00:23:45L'absence de moralité
00:23:46Et la soif de pouvoir
00:23:48De Staline
00:23:48Quelques jours durant
00:23:52Staline est perdu
00:23:53Dans ses pensées
00:23:54Jusqu'au moment où
00:23:55Molotov et quelques membres
00:23:56Du politburo
00:23:57Font irruption chez lui
00:23:58Khrouchev dira plus tard
00:24:01Qu'à cet instant
00:24:01Staline était convaincu
00:24:03Qu'on était venu l'arrêter
00:24:04Mais au lieu de cela
00:24:05On le presse
00:24:06D'aller au Kremlin
00:24:07Au plus vite
00:24:07Une prédiction circule
00:24:10Nous l'avons vu
00:24:11Dans son pire moment
00:24:12De faiblesse
00:24:12Il ne nous le pardonnera jamais
00:24:14Staline sait maintenant
00:24:26Qu'il lui faut agir
00:24:27Hitler a été catégorique
00:24:30Dans quelques semaines
00:24:31A-t-il dit
00:24:31Nous serons à Moscou
00:24:32Sans l'ombre d'un doute
00:24:33Je raserai alors la ville
00:24:35Et ferai creuser
00:24:36Un lac artificiel à la place
00:24:37Le nom de Moscou
00:24:39Doit être totalement effacé
00:24:40On sait aujourd'hui que ses amis du politburo
00:24:53Ont dû convaincre Staline de rester au pouvoir
00:24:56Mais a-t-il vraiment voulu partir ?
00:24:59Ou s'est-il fait prier pour des raisons tactiques ?
00:25:02Le 3 juillet
00:25:05Staline prononce son premier discours depuis le début de la guerre
00:25:09L'allocution est retransmise à la radio
00:25:11Staline s'adresse à ses frères et sœurs
00:25:14Sur un ton inhabituellement familier
00:25:16C'est à cause à cause qu'il est
00:25:19Et qu'il faut prendre
00:25:21Pour que le sang
00:25:22D'un convaincre
00:25:23Président
00:25:25Nous devons
00:25:26Donc
00:25:27Pour que les gens
00:25:28Les gens
00:25:29Entendent
00:25:29Que les découlades
00:25:30D'un d'une
00:25:31La danger
00:25:32Que nous
00:25:33C'est
00:25:33La danger
00:25:36Dans la Wolfschanse, Hitler brandit son crayon rouge comme une arme.
00:25:59Fièvreusement, il reporte sur les cartes l'avancée de ses troupes.
00:26:02Il décrit Staline comme l'un des personnages les plus étranges de l'histoire,
00:26:08qui ne quitte que rarement son bureau et qui exerce son pouvoir par le biais d'une bureaucratie totalement soumise.
00:26:15Hitler, en revanche, est un voyageur infatigable, qui aime poser sur les lieux de ses victoires.
00:26:21En août 1941, il visite les ruines de la forteresse de Brest, en compagnie du dictateur italien Benito Mussolini.
00:26:28Le spectacle des ruines de Staline, l'ennemi juré, le conforte dans ses délires de conquête mondiale.
00:26:41Mussolini, profitant d'un silence de Hitler, lance ironiquement,
00:26:44si la volonté de conquête allemande avance au rythme où elle progresse en Russie,
00:26:50le Führer finira un jour par envahir la Lune.
00:26:58Les paysages lunaires, Hitler peut s'en délecter dès à présent,
00:27:09dans les villes détruites de Minsk et de Smolensk.
00:27:12Il dit à ses généraux qu'il ne croit pas à une grande résistance en Russie européenne.
00:27:17Il ajoute qu'il ignore où les Russes iront se terrer,
00:27:20mais qu'il poursuivra Staline où qu'il aille.
00:27:22La chute de Staline, l'ascension de Hitler,
00:27:39paromètre des tendances d'une guerre qui, pour beaucoup,
00:27:42est l'occasion d'un règlement de compte avec leur propre dictateur.
00:27:48L'étoile rouge semble sur le point de s'éteindre.
00:27:52Nous tiendrons Moscou, dit Staline.
00:28:06Déjà, Leningrad est encerclée.
00:28:08L'Ukraine est perdue.
00:28:10Ainsi que Kiev, dont Staline avait dit,
00:28:13cette ville est soviétique, elle l'a toujours été et elle le restera.
00:28:16Unis dans un même sursaut patriotique,
00:28:23les moscovites se préparent à affronter l'ennemi.
00:28:27Comme si, en ces temps difficiles, il fallait tout oublier.
00:28:30Oublier que les conquêtes du communisme et les promesses d'un monde meilleur,
00:28:34sur lesquelles l'Union soviétique fonde sa légitimité,
00:28:37ont surtout accouché d'un état dictatorial,
00:28:40verrouillé par la peur du goulag.
00:28:41Bien avant l'attaque de Hitler, les morts se comptaient déjà par millions.
00:28:48Beaucoup de soviétiques savent ce que signifie vivre dans un pays
00:28:51où les purges, les procès pour l'exemple, la mise au pas et l'arbitraire
00:28:54sont les instruments du progrès.
00:28:56Pouchkine, le poète national, a lui aussi des allures de général d'armée.
00:29:08Ses vers résonnent comme une injonction poétique.
00:29:11Patrie, n'oublie pas tes tourments quotidiens,
00:29:14mais aujourd'hui, concentre-toi sur ce qui t'apportera le salut.
00:29:18Une population qui manque de tout se découvre souvent une capacité d'abnégation insoupçonnée.
00:29:28Pour habiller le désespoir, une parka, même en lambeaux, fait parfaitement l'affaire.
00:29:38Les grenades sont considérées comme des trésors.
00:29:40Des armes qui semblent sortir d'un musée.
00:30:00La guerre dure depuis quatre mois.
00:30:02Le cours été qu'elle était censée durer a fait place à l'automne.
00:30:07Déjà, les soldats allemands aperçoivent dans leur longue vue les tours du Kremlin.
00:30:11Le 2 octobre, Moscou essuie la première attaque aérienne.
00:30:14Sous-titrage Société Radio-Canada
00:30:20C'est parti.
00:30:50A ce moment-là, il n'existait pas encore la statue de Vladimir Mayakovsky, le poète de la Révolution, mais une station de métro portait déjà son nom.
00:31:06Le 6 novembre 1941, c'est là que se déroulent les festivités du comité central pour l'anniversaire de la Révolution d'Octobre.
00:31:15Suite au bombardement, le théâtre Bolchoy n'est plus qu'un immense cratère.
00:31:20C'est parti.
00:31:50C'est parti.
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00:46:54L'Union soviétique lance une contre-offensive aux portes de Moscou ...
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00:48:14Mais son antisémitisme coûte lui aussi la vie à de nombreux juifs.
00:48:19Adolf Eichmann est le principal technicien de cette nouvelle industrie allemande.
00:48:27Auschwitz-Birkenau devient le symbole de l'inconcevable génocide des juifs d'Europe.
00:48:35Dans sa fugue de mort, le poète Paul Ceylan sublime le destin des victimes assassinées en une image d'éternité à l'adresse des vivants.
00:48:44« La mort, écrit-il, est un maître d'Allemagne. Il crie plus sombre les archers, et votre fumée montra vers le ciel. »
00:48:57À la naissance, chaque vie est l'intouchable héritière de l'innocence.
00:49:02Mais seulement à la naissance. Hitler et Staline ont eux aussi été enfants.
00:49:14La statue de la mer Russie sur la colline de Mamayev à Volgograd.
00:49:33Elle exprime l'idée que le poète Yevgeny Yevtouchenko a résumé dans ce vers « Notre cœur devint une épée ».
00:49:43Le 19 novembre 1942 à Stalingrad, l'armée soviétique lance une offensive qui sera déterminante.
00:50:01Après deux mois et demi de combat, la sixième armée commandée par le général von Paulus est une armée morte.
00:50:08Près d'un demi-million de soldats soviétiques ont eux aussi trouvé la mort.
00:50:11Les Russes sont vainqueurs, mais seuls ceux qui se trouvent loin de cet enfer peuvent prononcer le mot « Victoire » d'un cœur léger.
00:50:24La chaussure de corde.
00:50:26Pour Hitler, elle est le symbole du sous-développement russe.
00:50:30Mais ce sont peut-être ces chaussures qui permettront à l'un de ces soldats de survivre.
00:50:35Dans la Wolfschanse, Hitler dit « Que signifie vivre ? »
00:50:41« Au-delà de notre destin personnel, ce qui reste, c'est le peuple. »
00:50:47Au sujet du général Paulus, il ajoute « Cet homme doit se tirer une balle dans la tête. »
00:51:11Hitler voit du poison partout, même dans une savonnette.
00:51:23Il fait régulièrement analyser son dentifrice et sa mousse à raser.
00:51:26Il prend des stimulants tous les jours.
00:51:28Il se gratte les oreilles et la nuque jusqu'au sang.
00:51:31Ses médecins lui prescrivent du repos sur l'Auber-Salzberg.
00:51:34Hitler chute, Staline se relève.
00:51:41Ce sont maintenant les reliques de Hitler qu'on détruit et qu'on arrache des murs.
00:51:46Baromètre des tendances d'une guerre.
00:51:48La guerre, justement, Hitler refuse d'en parler.
00:52:00Cela ne l'empêche pas de signer les condamnations à mort d'officiers du front Est,
00:52:04qui osent affirmer que la cause est perdue.
00:52:05Non loin de l'Auber-Salzberg, la grogne se fait également sentir.
00:52:20À Nuremberg, la ville des glorieux rassemblements du parti nazi,
00:52:24on déchire les journaux qui parlent de Stalingrad comme d'une victoire.
00:52:27Pour Staline aussi, la bataille de Stalingrad est un tournant.
00:52:38Au début de la guerre, dira l'écrivain Ilya Ehrenburg,
00:52:41la victoire exigeait qu'on y croit, en dépit de tous les signes qui prédisaient le contraire.
00:52:46Dorénavant, elle ne faisait plus aucun doute.
00:52:48Staline part pour sa Dacia avec la certitude que rien ne l'arrêtera plus.
00:53:00De fait, jusqu'à Berlin, rien ne l'arrêtera plus.
00:53:11Comme toujours, les hommes manifestent un certain flair
00:53:14quand il s'agit de savoir à quel moment accrocher quel portrait.
00:53:18Staline, lui, sent les opportunités.
00:53:22Il se nomme lui-même maréchal de l'Union soviétique,
00:53:25son premier grade militaire.
00:53:27Il revêtira souvent son nouvel uniforme,
00:53:30même si, d'après lui, il ressemble à un maître d'hôtel.
00:53:33Commémoration des héros, le 21 mars 1943,
00:53:49à l'arsenal de Berlin.
00:53:51Une rumeur circule selon laquelle on aurait envoyé un sosie
00:53:54et que le vrai fureur aurait été mis au repos forcé
00:53:57pour cause de crises de nerfs.
00:53:59La déprime change de camp.
00:54:14Dans la cour d'honneur du Schluterhof,
00:54:17on a pris soin de voiler les masques des géants
00:54:19pour cacher leur visage figé dans la douleur.
00:54:22Ces mêmes géants voués aux enfers
00:54:25pour avoir tenté de renverser les dieux de l'Olympe.
00:54:36La Providence s'est volatilisée.
00:54:38Une plaine non loin de Volgograd.
00:54:50Théâtre d'âpres combats.
00:54:53Sous terre, des milliers de morts et de disparus
00:54:56invoquent les deux mots les plus dérisoires
00:54:58de l'histoire de l'humanité.
00:55:00Plus jamais.
00:55:02Ici, c'est toujours le vent qui a le dernier mot.
00:55:04Durant les six premiers mois de l'année 1943,
00:55:32Hitler se terre dans la Wolfschanse.
00:55:35Dans l'isolement de son quartier général,
00:55:37il confond de plus en plus la réalité
00:55:39et l'idée qu'il s'en fait.
00:55:41Il persiste à croire qu'il est l'invincible général d'armée
00:55:44qui impose les théories de Darwin
00:55:46et la raison du plus fort en tant que loi
00:55:47inaliénable du peuple allemand sur les champs de bataille.
00:55:51Comme si la gloire était toujours son unique destin.
00:55:53Comme si le monde continuait à le considérer
00:55:55avec respect et crainte.
00:55:57Comme si l'uniforme était son seul passeport pour l'histoire.
00:56:00Quand les peuples étrangers pensent au peuple allemand,
00:56:04que ce soit avec crainte et respect,
00:56:06comme on pense à une machine que rien ne peut arrêter.
00:56:15Peu à peu, Hitler est gagné par le pressentiment
00:56:18que son peuple est indigne du destin qu'il voulait lui donner.
00:56:21Dans l'obscurité de son bunker,
00:56:42Hitler s'enferre dans un déni de plus en plus absurde de la réalité.
00:56:45En juillet 1943, après la bataille de Kursk,
00:56:49il s'écrit
00:56:50« Tout cela finira par la victoire de l'Allemagne ».
00:56:53Il balaye les rapports faisant état de la résistance russe.
00:56:57Ce sont des cas isolés.
00:56:58J'ai d'autres informations.
00:56:59Voilà à quoi ressemble sa liaison radio avec la réalité.
00:57:11Mais son entêtement coûte la vie à des milliers de soldats.
00:57:14La bataille de Kursk,
00:57:15où les belligérants s'affrontent non pas d'homme à homme,
00:57:18mais par char interposé,
00:57:19devient le point d'orgue sanglant de l'ère de la guerre mécanique.
00:57:22Le nom de code choisi pour l'attaque soviétique est « Acier »,
00:57:27ce qui signifie « Staline ».
00:57:29Mais un soldat russe rapportera
00:57:32« Pour être honnête, nous ne pensions pas à Staline.
00:57:36Nos cœurs étaient habités par Dieu. »
00:57:43En novembre 1943, au Leuvenbräu Keller de Munich,
00:57:52Hitler s'adresse une dernière fois à sa vieille garde.
00:57:57La défaite de 1918 ne se répétera pas, rugit-il.
00:58:01Il a pourtant été averti d'une invasion alliée imminente.
00:58:05Une fois de plus, il récite ses couplets habituels.
00:58:08C'est son dernier hommage aux victimes du Putsch de 1923.
00:58:11Les observateurs présents ce jour-là évoquent
00:58:14un homme en train de s'éteindre doucement.
00:58:22Ce que Hitler redoute va finalement se produire.
00:58:26À Téhéran, les alliés se mettent en ordre de bataille.
00:58:30Churchill, Roosevelt et Staline se sont donnés rendez-vous
00:58:32dans la capitale iranienne du 28 novembre au 1er décembre 1943.
00:58:41L'Allemagne n'est pas encore vaincue,
00:58:47mais déjà les alliés préparent l'après-guerre.
00:58:55Staline propose de faire fusiller 50 000 officiers allemands.
00:58:59Quand Churchill sursaute, il ajoute,
00:59:01« C'est une plaisanterie, bien entendu. »
00:59:03En revanche, il insiste pour ouvrir un deuxième front contre Hitler.
00:59:08Celui-ci, reclus dans sa résidence du Berghof,
00:59:11s'obstine à ignorer la situation.
00:59:13Mais parfois, dans un éclair de lucidité,
00:59:16il parle de Staline comme d'un type génial.
00:59:18Staline reçoit un cadeau des mains de Churchill,
00:59:23l'épée de Stalingrad.
00:59:25Il s'en saisit et l'embrasse à la Russe.
00:59:29Churchill est ému.
00:59:36De la part du roi George VI au vainqueur de Stalingrad.
00:59:40Au Berghof, Hitler essaie de sauver sa guerre
00:59:49d'une manière très personnelle.
00:59:51Pour les actualités hebdomadaires,
00:59:52il fait remonter des images d'assauts allemands
00:59:54datant de 1941.
00:59:56Il avance par mensonge,
00:59:58en rembobinant les fils de l'histoire.
01:00:03Une fois de plus,
01:00:05la vérité est gommée et chassée des mémoires.
01:00:08Comme si la réalité ne devait pas existir.
01:00:10Elle existe pourtant.
01:00:12L'attaque allemande s'est transformée en retraite.
01:00:15La défense russe métamorphosée en marche en avant.
01:00:18Et les morts sont restés là où ils sont tombés.
01:00:21Ces morts ne parlent plus de destin ou d'utopie.
01:00:24Ils ne parlent que du prix d'une guerre totale
01:00:26quand elle met face à face deux adversaires
01:00:29qui veulent la victoire totale.
01:00:37Le constat est amer.
01:00:39Mais l'humain ne redevient l'humain
01:00:41que dans les pleurs et dans le silence mortifié.
01:00:44Tout à ses larmes et à son mutisme,
01:00:47il ne trouve plus la force de chanter des hymnes à la guerre.
01:00:50Sous-titrage Société Radio-Canada
01:02:25Le 17 juin 1944, des milliers de moscovites sont dans la rue.
01:02:38Le spectacle auquel ils assistent corrige l'une des affirmations de cette guerre,
01:02:43selon laquelle aucun soldat allemand n'est jamais entré dans Moscou.
01:02:46Ce jour-là, 70 000 prisonniers de guerre allemands sont envoyés en Sibérie depuis la gare de Biélorussie.
01:03:13Auparavant, ils sont conduits à travers les rues de la capitale soviétique.
01:03:18Un cortège silencieux devant un public muet.
01:03:26Les derniers allemands reviendront de captivité en 1955,
01:03:30dix ans après la mort de Hitler et deux ans après celle de Staline.
01:03:33Il faudra le retour de ces prisonniers pour donner à la disparition des deux dictateurs une dimension définitive.
01:03:40En juillet 1944, près de trois ans après le début de l'attaque allemande,
01:04:03l'armée rouge arrive là où tout a commencé, à Brest.
01:04:18Taillés dans la pierre, les premières heures de la guerre.
01:04:21Hitler quitte l'Aubersalzberg durant l'été 1944.
01:04:41Il se doute que c'est pour toujours.
01:04:44Est-ce la fin d'un dément ?
01:04:45Après la guerre, on demandera à Staline si Hitler était vraiment fou.
01:04:52Il répondra,
01:04:53« L'armée rouge a dû se battre pour arriver jusqu'à Berlin.
01:04:56À aucun moment, le prolétariat allemand n'a songé à se révolter contre le fascisme.
01:05:02Un fou serait-il capable de rassembler ainsi une nation derrière lui ? »
01:05:15En 1944, les festivités pour le 27e anniversaire de la révolution d'octobre ont lieu alors que la guerre fait encore rage.
01:05:24Pour Staline, c'est le début d'une ère.
01:05:33Jamais plus cet homme ne sera dans la situation où le politbureau aura à le supplier de rester au pouvoir.
01:05:40Staline est adulé et craint.
01:05:41On peut être à la fois l'homme providentiel d'un peuple et un génocidaire.
01:05:50Pour Hitler, la Wolfschancen est plus un avant-poste mais un trou de souris.
01:05:54La hauteur du mur d'enceinte a été rehaussée de 2 à 7 mètres.
01:05:58Chaque jour, son médecin personnel lui administre 28 comprimés différents.
01:06:04Mais sa folie ne lui laisse aucun répit.
01:06:06Sa schizophrénie se cramponne à un peuple qui n'existe plus que dans ses rêves.
01:06:11Même si ses rêves ont été autrefois réalités.
01:06:13Les acclamations l'ont accompagné comme un motif wagnerien.
01:06:33Par le culte dont il faisait l'objet, cet homme inhibé à l'existence perturbée s'est senti conforté dans sa vocation de rédempteur.
01:06:45Hitler a hypnotisé les foules par l'illusion gratifiante qu'elles avaient besoin de ce rédempteur.
01:06:51Aujourd'hui encore, l'exaltation de cet abandon collectif surprend et fait peur.
01:06:56Sous-titrage Société Radio-Canada
01:07:26Dans un moment d'euphorie, Hitler a déclaré un jour
01:07:32« Seul Martin Luther a été acclamé à ce point par les Allemands ».
01:07:36En effet, de toute l'histoire allemande, aucun homme politique n'a été aussi populaire que Hitler.
01:07:42Parce qu'il s'est opposé au bolchevisme, au traité de Versailles et aux réparations de guerres.
01:07:47Parce qu'il a su tirer profit de la crise de régime et de la récession économique du début des années 30.
01:07:52Maintenant, il dit de son peuple qu'il est trop inconstant pour faire l'histoire.
01:07:58Effectivement, le peuple allemand n'a plus la force de changer quoi que ce soit.
01:08:03Il se débat dans la misère la plus noire.
01:08:04Sûr de sa victoire, Hitler avait installé son quartier général en Prusse orientale.
01:08:30En novembre 1944, il quitte définitivement la Wolfshanssen en faisant sauter le site derrière lui.
01:08:39Les ruines sont sa marque distinctive.
01:08:41Les visiteurs qui parcourent aujourd'hui le lieu semblent désemparés.
01:09:04Malgré la masse de décombres qu'ils laissent derrière lui, ce monde englouti est irréel.
01:09:09En février 1945, Staline retrouve Roosevelt et Churchill à Yalta, en Crimée.
01:09:27Il est fermement décidé à profiter de la défaite de Hitler pour créer en Europe de l'Est un ordre politique
01:09:32qui garantira à Moscou la sécurité que le système d'avant-guerre n'a pas réussi à lui offrir.
01:09:39Et il joue carte sur table.
01:09:46Cette guerre, dit-il, est différente des guerres passées.
01:09:49Chacun poussera son système politique aussi loin que parviendra son armée.
01:09:54En clair, à la domination de Hitler succédera la domination de Staline.
01:09:58Yalta va créer les conditions qui aboutiront à la guerre froide.
01:10:09Staline déclare, les tâches les plus difficiles ne viendront que plus tard,
01:10:14lorsque les alliés seront divisés par leurs intérêts respectifs.
01:10:18C'est la voie du réalisme.
01:10:19Hitler, de son côté, est de moins en moins en prise avec la réalité.
01:10:27Le 20 mars 1945, il fait sa dernière apparition devant les caméras.
01:10:32Il remet la croix de fer à quelques membres des jeunesses hitlériennes.
01:10:37Cynique exploitation de ses enfants, qui en pleine débâcle croient encore en la victoire finale.
01:10:42La dernière troupe appelée à sauver Berlin ressemble à la première troupe qui a défendu Moscou.
01:10:48Mais ces hommes sont surtout les victimes de l'ultime perversion de Hitler.
01:10:53Berlin, dit-il, restera allemande.
01:10:55Jamais l'Europe ne sera russe.
01:10:59Ces Berlinois qui érigent des barricades sont les frères des habitants de Moscou ou de Leningrad
01:11:04qui tentaient de sauver leur ville.
01:11:07Face à la guerre, les combattants sont tous égaux.
01:11:12L'Audeur.
01:11:19L'ouragan qui s'élance ici contre les Allemands le 16 avril 1945
01:11:23dépasse de loin la violence avec laquelle Hitler avait envahi l'URSS quatre ans auparavant.
01:11:28Staline veut arriver à Berlin rapidement.
01:11:45Il pousse son armée à aller de l'avant.
01:11:47Il ne croit pas à la promesse des Alliés de lui laisser Berlin.
01:11:50De plus, il ne veut partager avec personne le triomphe dans la capitale de Hitler.
01:11:54Il n'a aucune confiance en ses généraux et prend lui-même le commandement de la campagne contre l'Allemagne.
01:12:00Quand ses troupes peinent à franchir l'Audeur, ils ne décolèrent pas.
01:12:09Ils passent trois jours sans téléphoner au général Yukov.
01:12:16Hitler a toujours traité ses généraux comme des sous-fifres.
01:12:19Dans le bunker de la chancellerie du Reich, quand il apprend la percée soviétique sur l'Audeur,
01:12:25il entre dans une colère noire.
01:12:29Non seulement contre ses militaires, mais aussi contre la lâcheté et l'infamie du peuple allemand
01:12:34qui a laissé les Russes entrer dans le pays.
01:12:38Maintenant, il voit dans les peuples slaves la nouvelle race des seigneurs.
01:12:42L'Allemagne devra attendre.
01:12:43Lui-même, au regard de ce peuple de ratés, incapable de résister au bolchevisme,
01:12:52est arrivé au pouvoir bien trop tôt.
01:12:59Il joue ainsi sa propre tragédie pendant une quinzaine de jours encore.
01:13:06C'est le temps qu'il faut à Staline pour venir à bout du gredin à la mèche noire,
01:13:11comme il appelle Hitler.
01:13:13Pour l'armée rouge, la bataille de Zélo sur l'Audeur est le dernier obstacle avant Berlin.
01:13:26Cette ultime étape réclamera un tribut particulièrement sanglant,
01:13:30comme pour mieux souligner l'absurdité de la résistance forcenée
01:13:33que Hitler impose à son peuple.
01:13:35pour oublier l'an
01:13:38pour les tsibilités de la Bataille.
01:13:39É adviser à l'icc verté en tout moment,
01:13:40c'est ça, il existe un belly qui va à sa traline de nominal.
01:13:45Que vais discours à l'Audeur ?
01:13:46Vous, d'avoir éc Meredith,
01:13:51que est une grande résistance non pleine.
01:13:53Cette ultime faite est notre niche de cela.
01:13:57La création d'un témoin est censurant
01:13:59ou la Coeur des groupes d'une nicolais
01:14:01Staline avait promis à ses soldats que celui qui brandirait le drapeau de la victoire sur le Reichstag
01:14:27serait fait héros national de l'Union soviétique.
01:14:29Le 30 avril, c'est chose faite.
01:14:33Le même jour, Hitler se suicide.
01:14:59Après 12 ans de régime hitlérien, Berlin, capitale d'un empire qui devait durer mille ans,
01:15:12ressemble à un lieu où la civilisation mettra mille ans à renaître.
01:15:15Pendant un certain temps, l'Allemagne avancera ainsi, droit devant elle, en s'arrêtant parfois pour regarder en arrière.
01:15:36Un jour peut-être, plus personne ne se retournera.
01:15:42Et ce jour-là, si le vent balaie à nouveau les ruines de notre maison,
01:15:46nous nous demanderons sans doute une fois encore comment nous en sommes arrivés là.
01:15:49Les trophées de Staline, dans le Tiergarten à Berlin,
01:16:05à l'endroit où devaient être exposés les trophées de Hitler.
01:16:09Berlin devait alors s'appeler Germania.
01:16:11Le 1er mai, Staline est réveillé dans sa dacha à 5 heures du matin,
01:16:26comme il y a 4 ans, au début de la guerre.
01:16:29Et comme il y a 4 ans, c'est Yukov au téléphone.
01:16:32Staline, il l'a fait, le salopard.
01:16:35Quel dommage que nous ne l'ayons pas attrapé vivant.
01:16:41Une fin entre ruines et immondices éparpillées.
01:16:47Mais mieux vaut cela, avait dit Hitler,
01:16:49que d'être exposé dans une cage sur la Place Rouge
01:16:52avant d'être lynché par une foule déchaînée.
01:17:03À Berlin, on déblaie et on nettoie les débris de la bataille
01:17:07pour le grand jour de Staline.
01:17:11La Place Rouge à Moscou,
01:17:17avec ses pavés pétris d'histoire.
01:17:20Le défilé de la victoire a lieu le 24 juin 1945.
01:17:30L'homme qui monte à la tribune du mausolée Lénine
01:17:32a transformé l'URSS.
01:17:35Il l'a sorti de l'âge de la charrue
01:17:37pour en faire une puissance mondiale
01:17:39qui bientôt maîtrisera le nucléaire
01:17:41et sera la première à envoyer un homme dans l'espace.
01:17:46Les célébrations durent un mois sans interruption.
01:17:49Staline redort son blason.
01:17:51Car au-delà des millions de morts de la guerre,
01:17:54les millions de vivants sont désormais convaincus
01:17:56que cette victoire,
01:17:58la plus grande de l'histoire russe,
01:18:00n'a été possible que sous la conduite
01:18:02du plus grand dirigeant de l'histoire russe.
01:18:04Et que seul cet homme-là
01:18:06est capable de garantir au pays
01:18:08un avenir radieux.
01:18:09Applaudissements
01:18:11Applaudissements
01:18:12Applaudissements
01:18:13Applaudissements
01:18:14Applaudissements
01:18:15Applaudissements
01:18:17Applaudissements
01:18:19Applaudissements
01:18:21Applaudissements
01:18:23Applaudissements
01:18:24Applaudissements
01:18:26Applaudissements
01:18:27Applaudissements
01:18:28Applaudissements
01:18:30Applaudissements
01:18:31Applaudissements
01:18:32Applaudissements
01:18:34Applaudissements
01:18:36Applaudissements
01:18:38Applaudissements
01:18:40究its
01:18:44C'est parti.
01:19:14C'est parti.
01:19:44Autrefois, le général d'armée Kutuzov avait fait déposer au pied du tsar Alexandre Ier les emblèmes de Napoléon.
01:19:51Aujourd'hui, on jette au pied de Staline l'attirail symbolique de Hitler.
01:19:57C'est son heure de gloire.
01:19:58C'est parti.
01:20:28A Potsdam, les vainqueurs se partagent le monde.
01:20:40Du 17 juillet au 2 août 1945, Staline, Churchill et Truman, le nouveau président américain, se retrouvent au palais de Cecilienhof.
01:20:50Staline a imposé un lieu proche de Berlin, symboliquement.
01:20:53Les acteurs des conférences de Téhéran et de Yalta étaient alliés.
01:21:02Après la mort de Hitler, derrière les sourires de façade, les anciennes rivalités refont surface.
01:21:07Staline retrouve son cheval de bataille habituel, l'impérialisme.
01:21:13Dans une atmosphère glaciale, Potsdam aboutit à un statu quo.
01:21:17Staline prend l'Europe de l'Est, l'Amérique à la bombe atomique.
01:21:21En amont de la conférence, Churchill avait écrit à Truman « Un rideau de fer est tombé sur le front russe, et nous ignorons ce qui se passe derrière ».
01:21:32Après la conférence, Staline dira à Molotov « Je crois que cette fois, c'en est fini de la bonne entente ».
01:21:39Le 21 décembre 1949
01:22:05Le 70e anniversaire de Staline est l'occasion d'une célébration du communisme mondial.
01:22:12Un office religieux.
01:22:14Staline, dirigeant unique et messie autoproclamé, a construit son système de pouvoir sur le culte de sa seule personne et sur un appareil répressif brutal.
01:22:25A telle enseigne que Hitler, son ennemi juré, est également son alter ego.
01:22:35A un journaliste occidental qui lui demande s'il préfère que son peuple lui soit fidèle par conviction ou par crainte,
01:22:58Staline répond par crainte, les convictions changent, la crainte reste.
01:23:28Le monde communiste retient son souffle.
01:23:42Le 5 mars 1953, à 9h50, Joseph Staline rend son dernier soupir.
01:23:48Quelques temps plus tôt, il avait avoué à Khrouchev « Je n'ai plus confiance en personne, même pas en moi-même ».
01:23:58Ce n'est pas sans rappeler Hitler, rongé par la suspicion, errant dans les ruines de la chancellerie du Reich.
01:24:04Comme Hitler avant lui, Staline était devenu inaccessible.
01:24:10Élevé au rang de divinité, il disposait d'un tel pouvoir qu'au fil du temps, il avait perdu toute considération pour les besoins et les désirs de ceux qui le vénéraient et lui faisaient confiance.
01:24:22Il n'en éprouvait d'ailleurs aucun remords, porté par la conviction de n'être que l'exécutant du verdict de l'histoire.
01:24:34La dépouille de Staline est exposée au Kremlin.
01:24:38Des milliers de personnes se pressent pour le voir une dernière fois.
01:24:42Un deuil sincère, alors que paradoxalement, les goulags sont plus peuplés que jamais.
01:24:52Le culte de la personnalité occultera longtemps le fait que Staline fait partie des grands monstres de l'histoire.
01:24:59Pour les Russes, il était l'homme qui les avait menés à la victoire contre Hitler.
01:25:07Une victoire de portée historique, à laquelle ils subordonnaient tout le reste, notamment les dangers et les peines de leur vie quotidienne.
01:25:15La même année, ces drapeaux sont brûlés à Berlin-Est.
01:25:32Trois ans plus tard, à Budapest.
01:25:34Et en 1968, à Prague.
01:25:37Staline est mort, mais ses chars sont toujours là.
01:25:41Ils écrasent la moindre rébellion contre l'ordre qu'ils ont instauré.
01:25:44Au peuple d'Europe de l'Est, Staline a apporté la libération.
01:25:49Mais il leur a refusé la liberté.
01:25:50Trois ans après la mort de Staline, Khrouchev révèle ses crimes à l'occasion du 20e congrès du Parti communiste.
01:26:15Mais le stalinisme perdure.
01:26:16Des milliers de portraits et de statues sont escamotés en silence.
01:26:24Et ce qui n'a pas été entièrement détruit ressemble aujourd'hui à ceci.
01:26:32La dépouille de Staline est retirée du mausolée et enterrée ailleurs.
01:26:37Son buste est dissimulée.
01:26:38L'opération, lancée en 1970 depuis une base militaire soviétique à Magdebourg, devait rester secrète.
01:26:50Commanditée par le chef du KGB à Moscou, elle a reçu l'aval du secrétaire général du parti.
01:26:56Aux premières lueurs de l'aube, deux officiers creusent la terre en plusieurs endroits avant de trouver ce qu'ils cherchent.
01:27:03Un troisième soldat monte la garde, l'arme à la main.
01:27:08Ils extraient du sol quatre caisses de munitions qu'un camion emporte à l'extérieur de la ville.
01:27:16Les caisses contiennent des restes célèbres.
01:27:18Peut-être ceux de Hitler que des soldats de l'armée rouge ont emporté en quittant Berlin après la guerre.
01:27:24Quelque part sur les bords de l'Elbe, les quatre caisses sont brûlées.
01:27:28Puis le camion repart.
01:27:29Comme s'il n'y avait aucun lieu à ces secrets pour se débarrasser d'un tel chargement.
01:27:41Près du village de Bideritz, ils jettent les cendres dans la haile, depuis ce pont, appelé Pont aux Cochons.
01:27:49Un petit ruisseau disperse les restes de ce qui, une dernière fois, aura mis Moscou en émoi.
01:27:58Un petit ruisseau disperse les restes de l'armée.
01:28:28Un petit ruisseau disperse les restes de l'armée.
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