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  • há 8 meses
Tissée de répressions et de désastres militaires, mais aussi de victoires décisives, l'histoire de l'Armée rouge épouse celle de l’URSS. Michaël Prazan en restitue les grandes étapes dans cette fresque dense pour déconstruire un mythe insubmersible. Armée de libération ou armée d’oppression ?

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Diversão
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00:0025 décembre 1991 devant les caméras du monde entier le président mikhail
00:14gorbatchev à la tête d'un empire en miettes déclare solennellement la fin de l'urss
00:20ya pas qu'il d'ailleurs ce voile aux trésorés nois n'a d'ailleurs c'est verre et waz
00:29wash ou moudre et si l'on d'où j'allais ou c'est un bon sam au top en quelques minutes
00:39l'adjectif soviétique est banni du vocabulaire avec lui disparaît le bloc communiste qui a
00:49fracturé le monde d'après guerre mais aussi l'armée rouge la grande armée soviétique
00:54qui avait forgé sa légende en remportant la victoire contre le nazisme
01:19et
01:24Musique d'ambiance
01:54Nous sommes partis en guerre, gamin de 17-18 ans, sans premier amour dans nos cœurs pour traverser ce cauchemar.
02:20Nous n'avons pas eu d'adolescence ni de jeunesse.
02:24Tous, nous sommes revenus mutilés.
02:31L'armée rouge a gagné la grande guerre patriotique.
02:34Ses soldats s'attendent à être accueillis en héros.
02:38Mais sur ce territoire dévasté, où 25 millions de personnes n'ont plus de toit, leurs espoirs sont douchés.
02:45L'aide promise par la propagande est dérisoire.
02:50Les emplois difficiles à trouver.
02:55Les invalides de guerre n'ont d'autre choix que de s'adonner au marché noir ou à la mendicité.
03:01Quant aux prisonniers de guerre, dont la moitié seulement a survécu au mauvais traitement, au travail forcé, à la famine organisée par les nazis,
03:20ils sont dès leur retour suspectés de trahison.
03:23Igor Trapitsin se souvient de son retour au pays en juillet 1945.
03:35Mitraillette, chien policier, ça nous a quand même un peu surpris.
03:40Le smerch, le contre-espionnage militaire, nous a internés derrière les barbelés.
03:53Considérés comme dangereux, les prisonniers de guerre passent sans transition du camp nazi au camp soviétique.
04:00Les autres sont condamnés aux unités disciplinaires de l'armée rouge ou transférés dans les bataillons de reconstruction, tout aussi harassants.
04:23Pour Staline, la gloire de l'armée rouge est révolue.
04:26Aux yeux du dictateur, elle est devenue trop puissante, trop populaire.
04:37Personne, pas même son armée, ne doit lui faire de l'ombre.
04:40A partir du 24 décembre 1947, une série de mesures bat en brèche l'héritage glorieux de l'armée rouge.
04:57Le 9 mai, jour de la victoire sur le nazisme, ne sera plus férié.
05:07Les allocations attribuées aux vétérans médaillés sont supprimées.
05:11Le maréchal Zhukov, le héros de Stalingrad, est tombé en disgrâce au lendemain du conflit mondial.
05:22Son trésor de guerre et son amitié avec le traître Vlasov ont servi de prétexte à Staline pour se débarrasser de lui.
05:33Le général Vlasov, passé à l'ennemi pendant la guerre, est condamné pour haute trahison et pendu en 1946.
05:47Zhukov est relevé de ses fonctions par le politbureau et envoyé en mission à Odessa, en Chine, puis aux confins du Turquestan, le plus loin possible de Moscou.
06:06En 1949, Staline ordonne de débarrasser les villes du RSS de leurs mendiants et grands mutilés de guerre.
06:25C'est le dernier clou planté dans le cercueil de l'armée rouge.
06:28« Tous, avec nos décorations et nos médailles, nous sommes devenus des lavettes, des chiffons avec lesquels on pouvait laver le plancher », témoigne Grigory Pomeranz,
06:42engagé volontaire dans l'armée rouge pour défendre Moscou, à l'automne 1941.
06:49Le pouvoir nous disait « Vous imaginez être quelqu'un ? Eh bien non, vous êtes des héros. »
06:58La grande guerre patriotique a laissé place à un nouveau conflit.
07:14La conférence de Potsdam, en juillet 1945, a réuni Staline, le britannique Churchill et le président américain Truman.
07:28Censée jeter les bases de l'après-guerre, elle n'a fait qu'entériner l'affrontement inévitable des deux systèmes en présence.
07:38Communistes et capitalistes sont désormais face à face.
07:42Via le plan Marshall, le président Truman aide matériellement 16 pays du bloc occidental.
07:56Les pays libérés par l'armée rouge se retrouvent dans la sphère d'influence soviétique.
08:01L'Allemagne est divisée en plusieurs zones d'occupation, comme Berlin, sa capitale.
08:10Suite au blocus d'un an mené par Staline pour asphyxier Berlin, la partition de l'Allemagne est actée, de même que celle de l'Europe.
08:24L'opposition Est-Ouest se matérialise par un rideau de fer qui fracture le continent.
08:35Le monde est entré de plein pied dans la guerre froide.
08:379 mars 1953, 4 jours après sa mort, Staline a droit à des funérailles grandioses.
09:00Venu en masse des quatre coins de l'Empire, les soviétiques rendent un dernier hommage au tyran, qui a régné sur eux pendant près de 30 ans.
09:12Les gens de l'Empire, les soviétiques de l'Empire, les soviétiques de l'Empire, on peut être уверées en ce que la Partie et le Conseil de l'Empire ne pas à la part de l'Empire,
09:32ne pas à la part de l'Empire et la part de l'Empire et la part de l'Empire et la part de l'Empire,
09:36L'Avrenti Beria, le chef du NKVD, la police politique,
09:51et Nikita Khrouchev, qui a organisé les funérailles, incarnent la nouvelle direction de l'Union soviétique.
10:00Déjà, il s'apprête à liquider l'héritage de Staline.
10:06Le maréchal Zhukov, tiré de son exil dans l'Oural, est rappelé à Moscou.
10:23Le 14 mai 1955, il signe le pacte de Varsovie, une alliance militaire créée pour faire front à l'OTAN, le bras armé de l'Occident.
10:33Pour le maréchal soviétique, c'est un retour en grâce.
10:45Nommé ministre de la Défense par Khrouchev, il s'emploie à réhabiliter le souvenir de la Grande Guerre Patriotique.
10:51Joukov est posé des stèles, élevé des statues à Stalingrad, Leningrad ou Minsk.
11:02Dès le jardin d'enfants, on vivait dans une sorte de célébration perpétuelle de la guerre, se rappelle un habitant de Minsk.
11:15La maîtresse nous a emmenés devant le monument dédié à Marat Kazeï.
11:25Regardez les enfants, c'est un jeune héros.
11:28Il n'avait que 14 ans quand il s'est fait exploser, avec une grenade, en tuant beaucoup de fascistes.
11:34Quand vous serez grand, vous devrez être comme lui.
11:41J'étais sûr de m'engager dans l'armée dès que j'aurai fini mes études secondaires, conclut-il.
11:46Les vétérans invités à témoigner en salle de classe créent des vocations.
12:00Après les années noires de l'après-guerre, faire carrière dans l'armée redevient attractif.
12:16Le 25 février 1956, au 20e congrès du PCUS, Khrouchev, qui s'est emparé du pouvoir,
12:26officialise la déstalinisation en divulguant son rapport secret sur les crimes de Staline.
12:33Il y condamne aussi le culte de la personnalité et annonce la libération des prisonniers de guerre incarcérés.
12:40Un million et demi de ces vétérans voient rétablir leurs allocations, supprimées dix ans plus tôt par Staline.
12:55Diffusé partout en Europe centrale, le rapport Khrouchev alimente les espoirs de libéralisation des pays frères.
13:04Dès le 28 juin 1956, des émeutes éclatent en Pologne.
13:10Elle se propage rapidement en Hongrie, où les manifestants réclament l'indépendance et la démocratie.
13:20Khrouchev et Zhukov envoient l'armée rouge mater l'insurrection.
13:24Quand les chars soviétiques entrent à Budapest, le 24 octobre 1956,
13:40la situation se révèle plus explosive que prévu.
13:46Place des héros, la statue de Staline a été déboulonnée.
13:50La veille, la police politique a tiré sur les étudiants.
14:08Pour se défendre et faire face, les manifestants se servent dans les dépôts d'armes de l'armée hongroise.
14:26Depuis les toits, des grenades et des cocktails Molotov sont jetés sur les tanks.
14:32Les soldats sont débordés.
14:55La situation échappe de plus en plus au Kremlin.
15:02Le 4 novembre, ce ne sont pas moins de 2500 blindés soviétiques qui envahissent Budapest.
15:24Les directives de Zhukov sont sans équivoque.
15:32Nettoyer la canaille, désarmer la contre-révolution.
15:39« Si nous quittons la Hongrie, déclare Khrouchev,
15:42les impérialistes américains, britanniques et français percevront cela comme une faiblesse de notre part
15:48et partiront à l'offensive.
15:51Nous n'avons pas le choix. »
15:54Fin novembre, l'insurrection est écrasée.
16:14Les chiffres officiels déclarent 2500 victimes côté hongrois.
16:22Plus de 19 000 blessés et 10 000 arrestations.
16:29À la faveur du chaos, 180 000 personnes se sont enfuies à l'ouest.
16:33L'armée rouge a fait ses preuves dans sa nouvelle mission de maintien de l'ordre.
16:50C'est le moment pour Zhukov de professionnaliser son armée.
16:54Les soldats ne seront plus réquisitionnés pour les travaux agricoles
17:02ou toute autre tâche qui ne relève pas de leurs fonctions.
17:08Dans le même temps, Zhukov réduit drastiquement les effectifs.
17:12En l'espace de deux ans, l'armée rouge passe de 5 à 3 millions d'hommes.
17:21Ses équipements et son armement sont modernisés pour concurrencer l'arsenal américain.
17:25Dans le contexte de la guerre froide, la bombe atomique a tout changé.
17:49Le monde est entré dans ce que l'on appelle l'équilibre de la terreur.
18:04Conçu dès 1949 par des scientifiques nazis, dans les laboratoires du NKVD.
18:11L'arme nucléaire ne doit pas échapper au contrôle de l'armée.
18:14Zhukov obtient de superviser ce secteur en pleine expansion.
18:25Les Etats-Unis ont déjà produit plus de 3000 ogives nucléaires
18:29quand l'URSS n'en compte guère plus de 300.
18:31Le 14 septembre 1954, lors de l'opération Boules de neige,
18:46une bombe atomique est lancée à 8000 mètres d'altitude,
18:50au sud des monts Oural.
18:51Zhukov observe l'essai nucléaire à 10 km de l'explosion
19:09qui souffle les casquettes des observateurs.
19:11L'irradiation des soldats et des populations environnantes
19:20demeurent aujourd'hui encore un sujet tabou.
19:23Ces armes sont mises au point au sein de villes cachées,
19:38construites dans les années 40,
19:40pour accueillir ceux qui travaillent dans les domaines ultra-sensibles du nucléaire,
19:44des armes biologiques ou chimiques.
19:49Ces villes ne sont indiquées sur aucune carte.
19:53Les militaires et les scientifiques qui y vivent
19:56sont sous la surveillance constante du KGB.
19:59Le nouveau nom du NKVD, la police politique.
20:06Un scientifique qui a vécu dans l'une de ces villes
20:10préfère évoquer les avantages dont il bénéficie.
20:14Nous y étions bien payés, 20% de plus qu'ailleurs.
20:19Et nous pouvions acheter des choses auxquelles le reste du pays n'avait pas accès.
20:23Dans nos magasins, on trouvait des saucisses,
20:28une denrée rare en Union soviétique.
20:30En parallèle au nucléaire,
20:49Américains et Soviétiques se sont lancés dans une compétition d'un nouveau genre,
20:53la conquête spatiale.
20:54L'ingénieur militaire Sergei Korolov,
21:01qui conçoit des missiles à longue portée,
21:03convainc Zhukov qu'ils peuvent aussi percer la stratosphère
21:06et même envoyer des hommes dans l'espace.
21:09Le programme spatial est placé sous l'autorité de l'armée rouge.
21:21Le lancement de Spoutnik 1, le 4 octobre 1957, est un succès.
21:39Le mois suivant, Spoutnik 2 entre en orbite.
21:46A son bord, laïka, une chienne errante trouvée dans les rues de Moscou.
21:57Elle sera le premier être vivant à naviguer dans l'espace.
22:00La petite chienne mourra sept heures après le lancement de la fusée.
22:07Le temps de prouver qu'il est possible de survivre aux effets de la pesanteur.
22:19Dans la compétition qui les oppose à l'URSS,
22:23les Etats-Unis sont loin derrière.
22:24Pour rattraper leur retard,
22:32ils créent la NASA
22:33et investissent massivement dans les vols habités.
22:39Entre 1957 et 1961,
22:43les Etats-Unis multiplieront par sept
22:45le budget de l'agence spatiale
22:47jusqu'à talonner les soviétiques.
22:50Mais là encore,
22:52ils sont coiffés au poteau par l'armée rouge.
23:00Le 12 avril 1961,
23:03Radio Moscou diffuse un communiqué
23:05qui sidère le monde.
23:07Yurie Gagarin,
23:31un militaire de 27 ans,
23:33tourne en orbite à la vitesse de 28 260 km à l'heure.
23:36L'ingénieur Korolov a supervisé la préparation du vol.
23:44Après deux heures de vol,
24:11Gagarin est de retour sur terre.
24:15En une journée,
24:17il est devenu une légende.
24:18« Tout le monde était dans la rue »,
24:25se rappelle Margarita Pogrebitskaya.
24:29On riait,
24:30on s'embrassait,
24:31on pleurait.
24:32Svetlana Alekseyevitch se souvient de la réaction de son père.
24:43Il s'était mis à croire dans le communisme.
24:47Grâce à Gagarin,
24:48nous étions les premiers.
24:49Rien ne nous était impossible.
24:56Ce triomphe est avant tout celui de Sergei Korolov,
25:00l'ingénieur en charge du programme spatial.
25:02Mais aux yeux du monde,
25:06c'est celui de Khrushchev.
25:07En 1962,
25:21un an après la construction du mur de Berlin
25:23et l'élection de John Fitzgerald Kennedy
25:25à la présidence des États-Unis,
25:28le monde retient son souffle.
25:29La crise des missiles à Cuba
25:46est à deux doigts de jeter les deux superpuissances
25:49dans une guerre atomique.
25:56Pour calmer le jeu,
25:57Kennedy et Khrushchev
25:59s'engagent sur la voie de la détente.
26:03La diplomatie permet de renouer le dialogue.
26:08Pour autant,
26:10les États-Unis et l'URSS
26:12continueront de se faire la guerre
26:14par pays interposés.
26:16Au Vietnam,
26:19au Moyen-Orient,
26:22en Amérique latine.
26:27L'armée rouge fournit
26:36à ce que la propagande nomme
26:38la lutte des opprimés.
26:40Des fusils mitrailleurs Kalachnikov,
26:43des missiles solaires,
26:44des avions de chasse,
26:46des instructeurs militaires.
26:47La jeunesse soviétique
26:55se passionne pour l'internationalisme.
26:59Particulièrement Cuba
27:00et sa révolution castriste.
27:02Margarita Pogrebitskaya
27:11était étudiante en médecine.
27:15Nous rêvions tous de Cuba.
27:19Nous étions si faciles à tromper.
27:23Mais quand même,
27:24je n'oublierai jamais
27:25cette époque exaltante.
27:26Les rêves de liberté
27:49portés par les damnés de la terre
27:51reviennent comme un boomerang
27:53dans le giron de Moscou.
27:56En Tchécoslovaquie,
27:59le printemps de Prague
28:00défie le Kremlin.
28:04Alexandre Dubček,
28:06le premier secrétaire du PC local,
28:09promeut un socialisme à visage humain.
28:14Ces réformes vont
28:15de la suppression de la censure
28:16au multipartisme
28:18et passent par l'arrestation
28:20du chef de la police politique.
28:26L'histoire se répète.
28:38Dans la nuit du 20 au 21 août 1968,
28:42300 000 soldats du pacte de Varsovie,
28:44dont une majorité de soviétiques,
28:47envahissent la Tchécoslovaquie.
28:49Léonide Brezhnev,
28:56le successeur de Khrouchchev,
28:58a envoyé l'armée rouge
28:59rétablir l'ordre.
29:04Le soldat Boris Shmelov
29:06s'imagine déjà rentrer
29:08chez lui en héros.
29:11Nous nous attendions
29:13à un groupe pitoyable
29:14de contre-révolutionnaires
29:16que nous vaincrions rapidement.
29:19On imaginait la joie
29:20et la reconnaissance
29:21des Tchécoslovaques,
29:23les fleurs qui volent
29:24sous nos chars,
29:25comme en 1945.
29:37Les tankistes ne se doutaient pas
29:39que les Tchèques
29:39approuvaient massivement
29:41les réformes de Dubček.
29:42L'incompréhension est totale.
29:49Les visages des gens
29:50dans les rues se sont durcis,
29:52se souvient le soldat Shmelov.
29:55« Que venez-vous faire ici ? »
29:57ont-ils demandé,
29:58en examinant notre équipement.
30:01Vaincre la contre-révolution.
30:04Mais regardez,
30:06nous vivons heureux ici
30:07et il n'y a pas
30:08de contre-révolution.
30:13Le dialogue de Sour
30:14se répète à chaque carrefour,
30:16sur chaque blindé.
30:17D'abord pacifique.
30:29La confrontation se tend
30:30au fil des heures.
30:40Les manifestants se postent
30:42devant le bâtiment
30:42de la radio publique,
30:44qui continue à dénoncer
30:45l'invasion.
30:46Les troupes du pacte
31:12de Varsovie
31:13ouvrent le feu.
31:16Loin de calmer le jeu,
31:28ce coup de force
31:29réarme la détermination
31:30des Praguois,
31:32qui recouvrent
31:32les noms de rues
31:33de peinture blanche,
31:35pour désorienter
31:35les envahisseurs.
31:36Sur les vitrines des magasins,
31:51les commerçants placardent
31:52des messages hostiles
31:53aux grands frères russes.
31:57Les commerces de bouche
31:58refusent de vendre
31:59de la nourriture
31:59aux soldats étrangers.
32:00Le haut commandement soviétique
32:05était persuadé
32:06que la population
32:07tchécoslovaque
32:08les nourrirait.
32:10Rien n'a été prévu
32:11pour les approvisionner.
32:12Le 22 août,
32:21mis sous pression
32:21par Brezhnev,
32:23Dubček capitule.
32:27Le printemps de Prague
32:28a vécu.
32:29Mais Moscou maintient
32:38ses troupes
32:38sur le sol tchécoslovaque.
32:46L'armée rouge
32:47est déboussolée.
32:50Certains officiers
32:51sont convaincus
32:52que les manifestants
32:53étaient manipulés
32:53par l'Occident
32:54et que l'armée soviétique
32:57a empêché
32:57la Troisième Guerre mondiale.
32:59D'autres pensent
33:02que la répression
33:02de Prague
33:03entache la réputation
33:05de l'armée rouge
33:05et risque d'entraîner
33:07de nouvelles secousses.
33:22Le questionnement
33:24des officiers
33:25fait écho
33:26au désarroi des soldats.
33:29La recherche
33:30et le développement
33:31de l'arsenal militaire
33:32absorbent une part
33:34de plus en plus importante
33:35du budget
33:35de la défense
33:36au détriment
33:39de leurs conditions
33:40de vie.
33:44Dans les casernes
33:45surpeuplées,
33:47chaque soldat
33:48dispose de moins
33:48de 2 mètres carrés,
33:50lits compris.
33:50la cantine
33:58est une déception
33:59sans cesse
33:59renouvelée,
34:01des rations minuscules,
34:03aucun produit frais.
34:04le harcèlement
34:19est le lot quotidien
34:21des jeunes recrues.
34:24Le réalisateur
34:25Alexei Hanyutin
34:26en rendra compte
34:28dans un documentaire
34:29saisissant.
34:30de l'arsenal militaire,
34:31de l'arsenal militaire,
34:32C'est-à-dire que t'as pas pu faire de l'arrivée ?
34:35Regarde, je vais te faire de l'arrivée.
34:38...
34:39...
34:40...
34:41...
34:42...
34:43...
34:44...
34:45...
34:46...
34:47...
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34:49...
34:50...
34:51...
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34:53...
34:54...
34:55...
34:56...
34:57...
34:58...
34:59La violence, le racket, le viol se généralise dans les casernes.
35:18Le racisme s'y manifeste avec la plus grande brutalité.
35:23L'écrasante majorité des officiers sont russes.
35:28Les autres nationalités sont cantonnées aux échelons subalternes.
35:32...
35:33...
35:46...
35:51...
35:54L'armée rouge est devenue un repoussoir.
36:09Les plus diplômés cherchent par tous les moyens à éviter la conscription.
36:15Entre 1954 et 1978, le nombre de jeunes qui tentent d'échapper au service militaire fait plus que quadrupler.
36:24De 9 à 38%.
36:27Les engagés sont des enfants d'ouvriers et de petits employés de bureaux.
36:36La plupart se moquent de la défense du communisme ou de la lutte contre l'impérialisme.
36:44Le général Epitchov, chef de la direction politique de l'armée, tire la sonnette d'alarme.
36:51Nos jeunes recrues diffusent des idées politiquement naïves, pacifiques et indifférentes à la guerre menée par nos ennemis de classe.
37:01Les idéaux de la révolution bolchevique et de la grande guerre patriotique semblent bien loin.
37:12Pour cette nouvelle génération de soldats, l'armée, c'est avant tout la garantie de l'emploi et quelques avantages sociaux.
37:29Le salaire régulier, le logement de fonction, un bouclier contre la crise économique qui s'installe.
37:36Mais à la fin de la décennie 70, l'armée rouge est remise en selle par la crise afghane.
37:46Nour Mohamed Taraki, le président afghan au pouvoir depuis 1978, est soutenu par l'URSS.
38:03Il est éliminé le 14 septembre 1979 par son premier ministre, qui veut prendre ses distances avec Moscou.
38:16Le Kremlin s'inquiète et brandit la menace d'une intervention armée.
38:21Elle est loin de faire l'unanimité.
38:29André Gromico, le ministre des Affaires étrangères, est le plus réticent.
38:36Contre qui allons-nous combattre ?
38:39C'est une affaire interne à l'Afghanistan, objecte-t-il.
38:42Brezhnev, qui gouverne l'URSS depuis 15 ans, malade et âgé de 73 ans, n'écoute plus que le chef du KGB, Yuri Andropov.
38:58Ce dernier assure que l'intervention ne durera que quelques semaines.
39:02Les buts de guerre sont limités.
39:09Il s'agit d'installer dans ce pays frontalier un gouvernement favorable au Kremlin.
39:16En somme, une opération de maintien de l'ordre, comme à Budapest en 1956, comme à Prague en 1968.
39:24Le 24 décembre 1979, les deux premières divisions aéroportées de l'opération Prague atterrissent à Kaboul.
39:44Elles exécutent le président autoproclamé et prennent le contrôle des aéroports du pays.
39:50Trois jours plus tard, 20 000 hommes équipés d'armes lourdes s'emparent de Kaboul et d'autres villes afghanes.
40:02Le Kremlin installe au pouvoir un gouvernement qui lui est favorable et impose ses conseillers à tous les niveaux de l'État.
40:09Le 1er janvier 1980, 55 000 soldats soviétiques campent dans le pays.
40:27Trois mois plus tard, ils sont 85 000.
40:30Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, l'armée rouge livre bataille.
40:50Jusque là, tout se passe comme prévu.
41:17Que peuvent faire ces paysans à pantalons bouffants contre une telle force ?
41:25Se réjouit trop tôt, le maréchal Sokolov.
41:27C'était sans compter la détermination des combattants afghans et la faiblesse morale des soldats de l'armée rouge.
41:45L'invasion soviétique a provoqué un sursaut de patriotisme et un regain de religiosité dans la population.
41:57Les soviétiques sont perçus comme un envahisseur athée qui tente d'imposer la mécréance par la force sur une terre musulmane.
42:05Des groupes de combattants se constituent pour leur faire front.
42:15Contrairement aux envahisseurs, les moudjahidines connaissent les routes escarpées, les vallées encaissées, le moindre village de leur région.
42:23Ils mènent une guérilla efficace, alimentée par les livraisons d'armes américaines et saoudiennes.
42:35Face à cette guerre d'embuscade et de harcèlement, les lourds blindés soviétiques sont inadaptés.
42:40L'armée rouge perd du terrain.
42:43L'armée rouge perd du terrain.
43:13Les moudjahidines ne font pas de prisonniers.
43:31Les tortures et les exécutions qu'ils leur réservent horrifient les soldats soviétiques.
43:43L'armée rouge n'est pas en reste.
44:07Les pillages, les viols sont de plus en plus fréquents.
44:14Des villages entiers sont réduits en cendres.
44:16En 1983, on estime que 50% des écoles, 60% des hôpitaux et 70% des coopératifs agricoles ont été détruits.
44:33Aujourd'hui encore, le nombre des victimes civiles demeure un mystère.
44:40Chez les soldats comme Yevgeny Koltenikov, le doute s'installe.
45:03C'est moi qui avais demandé au bureau de recrutement « Envoyez-moi en Afghanistan ».
45:13Aux séances d'instructions politiques, on nous racontait des prouesses militaires, des actes de bravoure.
45:20C'est vexant d'avoir été aussi crédule.
45:22Les conditions de vie sont bien pires que dans les casernes d'Union soviétique.
45:33L'infirmière Tatiana Gaïsenko se rappelle.
45:35« Nos soldats mouraient pour 3 roubles par mois.
45:43Ils mangeaient de la viande véreuse, du poisson avarié.
45:48Nous avions tous le scorbut.
45:50Là-bas, j'ai perdu mes incisives.
45:53Les brimades, l'exploitation violente des jeunes recrues par les soldats expérimentés.
46:09Tous les dysfonctionnements de l'armée rouge sont exacerbés en Afghanistan.
46:12L'alcool, le hachis et l'héroïne sont les seuls échappatoires.
46:30« Ça rendait fort, ça libérait de tout », témoigne l'infirmière Tatiana Gaïsenko.
46:38« Dans cet état, il était plus facile de tuer.
46:42On n'avait plus de haine, plus de pitié.
46:46C'était facile de mourir.
46:55Pour la plupart, les conscrits sont affectés aux avant-postes,
47:00ces îlots de solitude plantés au milieu du désert de Rocaille.
47:06Ils y restent cantonnés 18 mois sans rien faire,
47:10dans l'attente d'une attaque des Moudjahidines.
47:12Ils n'ont droit qu'à dix jours de permission,
47:18qu'ils passeront dans des camps de repos sans être autorisés à rentrer chez eux.
47:22A la fin de leur service, les conscrits, comme Yevgeny Kotelnikov,
47:41sont fermement avertis sur ce qu'ils ont le droit de dire ou non en public.
47:45Pas le droit de parler des morts, parce que nous sommes une grande et puissante armée.
47:54Nous n'avons pas tiré, pas bombardé, pas empoisonné.
47:59Nous sommes une grande armée puissante et saine sur le plan moral.
48:02Au pays, l'inquiétude ronge la société soviétique.
48:15Chaque famille a un fils, un frère, un cousin, dans l'armée rouge.
48:19Les victoires ont beau être vantées par les actualités,
48:25la fin de leur service est sans cesse reportée.
48:30Poser la moindre question risque d'attirer l'attention du KGB.
48:33Les familles demeurent dans un flou savamment entretenu par l'État.
48:47L'infirmière militaire Tatiana Gaisenko s'en souvient.
48:54Nous ne pouvions même pas écrire la vérité sur la vie de décès.
48:57Quand des garçons sautaient sur des mines, nous écrivions
49:02tués dans un accident de la route ou morts d'une intoxication alimentaire.
49:11Dans un cimetière de la banlieue de Minsk, un père s'en indigne.
49:18J'ai voulu écrire sur la tombe de mon fils, mort en Afghanistan, mais on nous l'a interdit.
49:23C'est nous qui avons payé le faux soyeur pour rajouter RDA pour République démocratique d'Afghanistan.
49:34À cause de ces trois lettres, j'ai été convoqué régulièrement pendant une année.
49:38Dans le même cimetière, une mère fait effacer l'épitaphe officiel de la tombe de son fils
49:49pour y faire inscrire.
49:52Au nom de quoi ?
49:55La guerre s'éternise.
49:58En 1984, le soutien du président américain Ronald Reagan au Mujahideen
50:15atteint 280 millions de dollars.
50:20L'URSS est exsangue, en proie à la pénurie et au mécontentement.
50:25Mikhaïl Gorbatchev, le nouveau secrétaire général du PCUS,
50:35comprend que la guerre ne peut être gagnée.
50:38Pour lui, il s'agit de trouver une issue honorable au conflit.
50:42Pendant que les premiers régiments sont rapatriés d'Afghanistan,
51:02500 familles de soldats exigent des nouvelles de leurs enfants.
51:05La création du comité des mères de soldats ébranle le pouvoir.
51:17Sous la glace nostre, initiée par Gorbatchev,
51:22la censure ne s'applique plus.
51:25C'est le début du grand déballage.
51:27Les silences de l'État,
51:47les erreurs stratégiques,
51:49les maltraitances,
51:50le racisme,
51:52les viols.
51:53Tous ceux qui gangrènent l'armée
51:55se retrouvent sur la place publique.
51:57Ils n'assiluent en частях,
52:00ils mençent dans la procuriatrie,
52:01бог le sait,
52:02depuis,
52:03ils ne couldent la porte.
52:04Ils allaient et empattent en la chasse.
52:07Et même ici,
52:09je ne m'assureux,
52:10on ne s'éthique pas.
52:12Les masques ne s'éthique pas.
52:14Je vous ai voulu.
52:15...
52:16...
52:17...
52:17...
52:18...
52:19...
52:20...
52:20...
52:21...
52:21...
52:21...
52:21...
52:22...
52:23...
52:23...
52:24...
52:24Le 15 février 1989, l'armée rouge jette l'éponge.
52:39Les derniers blindés quittent l'Afghanistan.
52:43Le conflit aura duré près d'une décennie, deux fois plus longtemps que la grande guerre patriotique.
52:54Et l'histoire s'accélère.
53:16Le 9 novembre 1989, la chute du mur de Berlin a ouvert la voie à la réunification allemande.
53:25Le 30 septembre 1990, la RDA se retire du pacte de Varsovie.
53:34Les démocraties populaires reprennent le contrôle de leur destin et réclament le départ des soviétiques.
53:44Plus de 650 000 militaires rentrent avec leurs familles en URSS.
53:49La puissance continentale de la Russie soviétique n'est plus.
53:58Le plus grand pays du monde est un château de cartes près de s'effondrer.
54:03Et l'armée rouge avec lui.
54:17Gorbatchev cherche à sauver ce qui peut l'être.
54:20Mais il est trop tard.
54:31Au mois d'août 1991, soutenus par le KGB,
54:36des officiers de l'armée rouge qui refusent la disparition de l'URSS
54:40tentent un coup de force à Moscou.
54:42Cette fois, ce n'est pas à Prague ou à Budapest
54:57que les chars se heurtent à la population,
55:01mais dans la capitale même de la Russie.
55:02Boris Yeltsin,
55:18qui a pris la tête de l'opposition à Gorbatchev,
55:22fait barrage au putsch des militaires.
55:26Il est propulsé à la présidence de la Nouvelle-Russie.
55:28En 1992,
55:33l'armée rouge est rebaptisée
55:35Force armée de la Fédération de Russie.
55:40Elle comptait alors près de 3 millions d'hommes.
55:44Restructurés et dégraissés,
55:46elle perdra en 20 ans
55:48la moitié de ses effectifs.
55:50Vladimir Poutine,
56:01qui prend le pouvoir le 26 mars 2000,
56:04poursuit les transformations engagées par son prédécesseur.
56:06Il en profite pour écrire un roman national attrape-tout,
56:16qui récupère l'héritage de l'armée rouge,
56:19autant que celui des armées tsaristes,
56:22ravivant le patriotisme de la population.
56:24L'armée rouge a disparu
56:49dans la modernité post-soviétique.
56:51Mais elle a été élevée au rang de mythes fondateurs,
56:57de ceux qui racontent l'héroïsme d'un peuple
57:02et le destin d'une nation.
57:06Cette Russie éternelle
57:07qui aura survécu à toutes les tragédies de l'histoire.
57:11Sous-titrage Société Radio-Canada
57:25Sous-titrage MFP.
57:55Sous-titrage MFP.
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