00:00Alors justement, oui, cette croissance que vous avez revue à la baisse, c'est la troisième fois que vous voyez la croissance à la baisse en très peu de mois.
00:09Est-ce qu'on peut vous faire confiance, là, encore cette fois-ci ?
00:12Nous faisons de façon indépendante. Il y a la meilleure prévision possible. Pourquoi est-ce que nous révisons à la baisse ?
00:19Parce que, vous en témoignerez avec moi, l'incertitude internationale depuis mars, qui était notre prévision précédente, a beaucoup augmenté.
00:26On a eu sur la table toutes les annonces de M. Trump sur des droits de douane très élevés.
00:33Et ça, ça freine d'abord la croissance américaine, je veux le souligner, mais ça pèse par contre-coup sur la croissance mondiale et européenne.
00:41Et surtout, ça augmente beaucoup l'incertitude dont nous parlions.
00:44Mais on ne peut pas changer l'autre côté de l'Atlantique.
00:47Par contre, l'appel très fort que nous lançons, c'est à muscler notre côté, à nous unir, nous, Européens,
00:55d'abord pour nous défendre face aux mesures commerciales américaines, mais surtout pour nous muscler.
01:02Nous avons, nous, Européens, beaucoup de moyens disponibles pour pousser notre propre croissance. C'est le moment.
01:09Là, il y a l'incertitude, parce qu'on est toujours en négociation avec les Américains sur les droits de douane.
01:13Cette incertitude, vous l'avez dit, elle a un impact sur la croissance.
01:16Mais si on décide de répliquer, de faire de la réciprocité avec les Américains,
01:20est-ce qu'en gros, on va plus se faire de mal à nous qu'aux Américains ?
01:24Alors, les droits de douane font du mal à tout le monde.
01:27Des deux côtés, donc le meilleur accord possible, attendant début juillet,
01:32c'est celui qui comporte le moins de droits de douane possible de part et d'autre.
01:36Au passage, je souligne que les droits de douane, c'est une taxe.
01:38Et c'est une taxe qui est payée par les consommateurs américains, aujourd'hui.
01:42Donc c'est quelque chose qui est tout à fait négocié.
01:44Si on répond nous, ça n'aura pas, nous semble-t-il, d'effets inflationnistes équivalents en Europe.
01:53Pourquoi ? Parce que d'éventuels droits de douane européens seront plus faibles.
01:56Ils ne porteront que sur les importations d'origine américaine,
02:00alors que M. Trump taxe tout le monde.
02:02Et puis, on bénéficie de la baisse du prix du pétrole et du gaz, de l'euro qui est fort.
02:06Enfin, il y a un certain nombre de facteurs qui font que nous ne craignons pas l'inflation en Europe.
02:10Mais en dehors de ce que je veux souligner très fort, c'est qu'il faut un agenda positif.
02:15Il est temps que l'Europe sorte du bantouche dans ce match mondial.
02:18Mais ça veut dire quoi, ça ? Il faut un agenda politique, concrètement ?
02:21C'est des investissements ?
02:22Allons-y sur l'agenda positif.
02:25Le diagnostic, il a été fait.
02:26Souvenez-vous, c'est le rapport Draghi, dont on a parlé l'année dernière,
02:30ou le rapport l'État, un autre ancien Premier ministre italien.
02:33Moi, j'ai tendance à dire qu'aujourd'hui...
02:35Alors, l'Europe doit s'unir dans le domaine de la défense.
02:37Mais si je reste à l'économie, l'Europe doit conquérir sa souveraineté
02:42à travers trois nouvelles frontières.
02:45Il y a la finance.
02:46Nous avons beaucoup d'épargne en Europe.
02:48Utilisons-la pour nos besoins d'investissement à nous.
02:50Il y a l'intelligence artificielle.
02:52Je crois que vous receviez...
02:53On avait le même tout à l'heure.
02:55C'est la preuve que la bataille de l'intelligence artificielle n'est pas perdue.
02:59Si nous, Européens, nous mettons nos forces en commun,
03:02nous pouvons avoir une IA européenne.
03:05Et puis, il y a une troisième nouvelle frontière, c'est l'énergie décarbonée,
03:09que ce soit le renouvelable ou le nucléaire.
03:11Au passage, si on réussit sur la finance,
03:14ce qu'on appelle l'union d'épargne et d'investissement,
03:15à utiliser nos propres sources,
03:17nous allons pouvoir financer les investissements
03:19dans l'intelligence artificielle
03:21et dans l'énergie décarbonée que je cite.
03:23Et si nous faisons cela...
03:26Tout ça n'avance pas.
03:27Vous nous parlez de rapports qui ont été rendus il y a plusieurs mois
03:29et dont on ne parle plus.
03:30Oui, alors il y a un certain nombre de propositions de la Commission.
03:33Peut-être que Bruxelles est trop discret.
03:35Mais moi, je propose par rapport à ça
03:36un repère, une mobilisation extrêmement claire.
03:40Il y a longtemps, on s'en souvient peut-être,
03:42Jacques Delors avait fait le marché unique
03:44avec une date mobilisatrice,
03:46le 1er janvier 1993.
03:47Tout le monde avait capté cette date,
03:51il y avait cru,
03:52et donc il y avait eu un alignement
03:53des réformes politiques
03:54et des intentions du chef d'entreprise.
03:57Aujourd'hui, je crois qu'il nous faut une date
03:59pour cette souveraineté économique européenne.
04:01La finance, l'intelligence artificielle,
04:03l'énergie décarbonée.
04:05Et cette date, elle doit être pendant les années Trump.
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