- il y a 8 mois
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bonjour à tous et bienvenue ce matin sur Europe 1 jusqu'à 9h30 pour l'heure des pros et sur ces news jusqu'à 10h30.
00:08Mélanie est morte hier, victime d'une époque qui a placé des couteaux dans les cartables des écoliers.
00:15Mélanie est morte comme Elias, 14 ans, poignardé.
00:20Comme Matisse, 15 ans, poignardé.
00:23Comme Benoît, 17 ans, poignardé.
00:26Comme Aboubacar, 22 ans, poignardé.
00:32Mélanie est morte et en ce jour de deuil, Emmanuel Macron a cru utile de polémiquer.
00:37Il a ciblé la responsabilité des médias qui diffuseraient dans le pays un climat anxiogène.
00:44Au fond, nous dit Emmanuel Macron, il y a toujours eu de la violence.
00:47Mais il y a 20 ans, les réseaux sociaux n'existaient pas, les chaînes info n'existaient pas.
00:52J'ai envie de lui répondre qu'il y a 20 ans, les adolescents ne mourraient pas poignardés.
00:58J'ai aussi envie de lui répondre que François Bayrou, hier soir, a parlé d'épidémie, de crime à l'arme blanche.
01:05Épidémie.
01:06Ce ne sont pas les chaînes info qui le disent, c'est le Premier ministre.
01:10Les mots d'Emmanuel Macron ne me surprennent pas.
01:12Je crains qu'il révèle le cœur de sa personnalité.
01:17Le Président de la République exclut toujours sa responsabilité des désastres qui ravagent la France sous son double quinquennat.
01:26Ce n'est pas ma faute et son mantra.
01:29Et tant pis si le bilan sécuritaire est calamiteux.
01:33Et tant pis si la France est ruinée.
01:36Et tant pis si la réforme de l'État n'a pas eu lieu.
01:39Et tant pis si son action diplomatique est un échec.
01:44Ce n'est pas sa faute.
01:45Ce n'est jamais sa faute.
01:47Je sais combien le mot déconnexion est galvaudé.
01:50Jamais il ne m'a semblé aussi juste de l'employer que ce matin.
01:55Déconnexion.
01:57Ce Président sait tout.
01:59Mais décidément, il ne comprend rien.
02:02Il est 9h01.
02:03Chana Lousteau.
02:049h, 9h30, l'heure des pros sur CNews et Europe.
02:09Bonjour Pascal, bonjour à tous.
02:18Elisabeth Borne demande une minute de silence dans tous les établissements scolaires demain matin.
02:23Un hommage à Mélanie, poignardée à mort hier par un adolescent de 14 ans à Nogent.
02:28Cet individu est toujours en garde à vue ce matin.
02:31Il n'avait pas d'antécédent judiciaire.
02:33En revanche, il avait fait l'objet de deux exclusions temporaires en début d'année.
02:36Selon le Parisien, l'une pour un coup de poing sur un camarade, l'autre pour une tentative d'étranglement.
02:42Après ce drame, François Bayrou a fait plusieurs annonces.
02:45Le Premier ministre veut interdire la vente de couteaux aux mineurs.
02:49Jusqu'à maintenant, seule la vente de poignards était interdite.
02:52Il veut donc élargir cette mesure et mieux contrôler les achats en ligne.
02:56François Bayrou se dit également favorable à l'expérimentation de portiques à l'entrée des établissements scolaires à risque.
03:02Et puis le procès des trois mineurs accusés d'un viol antisémite sur une collégienne à Courbevoie s'ouvre aujourd'hui.
03:09Ils seront jugés à huis clos devant le tribunal pour enfants de Nanterre.
03:13L'un d'eux est soupçonné d'avoir entraîné la victime de 12 ans dans un local désaffecté où ses deux complices l'auraient violé.
03:20Il en aurait voulu à l'adolescente de confession juive qu'il fréquentait au moment des faits d'avoir fait croire qu'elle était musulmane.
03:26Le verdict est attendu demain.
03:27Voilà pour l'essentiel de l'information. C'est à vous Pascal.
03:29Merci Chanel Oustot.
03:31Est-ce que le président reprochera à Elisabeth Borne de demain demander une minute de silence à tous les élèves de France ?
03:38C'est une question qu'on pourrait lui poser s'il venait sur ce plateau.
03:42Myriam Meilleur est avec nous.
03:43Vous êtes professeure de droit et de latin.
03:44Vous étiez venue nous présenter votre livre.
03:47Wesh.
03:48Wesh Madame.
03:49Wesh Madame.
03:50Et votre témoignage forcément nous intéresse puisque vous êtes au contact de ces jeunes enfants, jeunes écoliers.
03:58Eugénie Bastier, Éric Nolo, Vincent Hervouet, Thomas Bonnet et Amoury Bucco qui nous parlera tout à l'heure de ce qui s'est passé dans les rues du 16e arrondissement
04:08après la rencontre, la victoire du Paris Saint-Germain.
04:12Mais avant cela, je voudrais qu'on voit un rappel des faits avec Félix Perola de ce qui s'est passé hier.
04:20Il est aux alentours de 8h15 devant ce collège de Nogent en Haute-Marne.
04:25Une fouille des sacs à l'entrée de l'établissement est organisée par les services de gendarmerie
04:29lorsqu'un élève de 14 ans d'une classe de 3e attaque une surveillante avec un couteau.
04:35L'élève, on le voyait, il faisait des allers-retours comme s'il réfléchissait à ce qu'il allait faire, etc.
04:40Et donc après que la plupart des élèves soient rentrés dans l'établissement,
04:44l'élève, il brandit le couteau et il a couru sur la surveillante, justement.
04:51Et donc à ce moment-là, on entend la surveillante qui crie, etc.
04:56Elle tombe au sol.
04:58Âgée de 31 ans, Mélanie, mère d'un petit garçon,
05:02a été prise en charge en urgence absolue par les secours,
05:05avant de succomber à ses blessures.
05:06Une enquête a été immédiatement ouverte
05:10et je tiens à souligner le sang-froid et la réactivité des gendarmes
05:14qui ont maîtrisé immédiatement l'agresseur.
05:18La ministre de l'Éducation nationale s'est immédiatement rendue sur place.
05:22C'est un jeune d'une famille dont les deux parents travaillent
05:25qui ne présentait pas de difficultés particulières,
05:31qui était ambassadeur harcèlement
05:34et ses professeurs sont totalement sidérés de ce qui a pu se produire.
05:39Un gendarme a même été légèrement blessé à la main
05:41par l'arme blanche du suspect lors de son interpellation.
05:44Placé en garde à vue, l'élève est inconnu des services de police.
05:48Mais il avait été exclu de l'établissement à deux reprises en début d'année
05:51pour avoir perturbé la classe.
05:54Elisabeth Borne était ce matin sur France Inter.
05:55Elle a donné des précisions sur les conditions.
05:59Ce sont bien des policiers, des gendarmes,
06:01qui organisent ces fouilles pour ne pas exposer les personnels de l'Éducation nationale.
06:06L'enquête permettra de préciser les circonstances
06:10qui font que cette jeune femme était là,
06:12mais elle n'était pas en train de participer à l'opération de fouilles.
06:16Et les gendarmes étaient là.
06:17Un gendarme a essayé de s'interposer.
06:19Malheureusement, ça n'a pas pu lui sauver la vie.
06:22On va écouter Emmanuel Macron.
06:23C'est une catastrophe d'audience hier soir.
06:27Un million et demi de téléspectateurs.
06:29Les Français ont dit non à Emmanuel Macron
06:32et à ce qu'il a voulu faire passer comme message.
06:35Les Français n'étaient pas au rendez-vous.
06:37Un million et demi, je crois que ça doit être un des plus faibles scores
06:40d'un président de la République dans une prise de parole.
06:44Déconnexion.
06:45Déconnexion.
06:46Ce président hier qui parle des océans après ce qui s'est passé hier,
06:49il aurait dû annuler.
06:50Il aurait dû annuler cette intervention qui était hors de propos.
06:54Les Français ont dit non.
06:55Un million et demi.
06:56C'est catastrophique.
06:57C'est une catastrophe, mais je n'en suis pas surpris.
07:01Ça vient de tomber un instant.
07:03Puisque nous l'avons dit hier,
07:05le bon sens eût été de ne pas prendre la parole hier soir.
07:08Ce n'était pas ni le moment, ni le jour, ni l'heure.
07:11Un million et demi de téléspectateurs.
07:13Un million et demi de téléspectateurs.
07:14Je vous dis, je pense, dans l'histoire de la télévision,
07:17un président de la République à 20h30 qui prend la parole
07:19et qui fait un million et demi de téléspectateurs,
07:21je pense que ce n'est jamais arrivé.
07:23Il n'y avait plus de 6 millions pour son interview la dernière fois,
07:25ce qui était déjà franché de basse.
07:27Là, on est vraiment...
07:28Un million et demi de téléspectateurs.
07:29Avec effectivement une interview de complaisance
07:31qui est faite avec le président de la République
07:34qui était chez lui hier.
07:36Et ça s'appelle des interviews de complaisance.
07:38Les Français jugeront.
07:39En revanche, écoutez ce qu'il a dit sur Brian Washer
07:43et sur la responsabilité qu'il a ciblée
07:46des médias, des chaînes d'infos,
07:49et sans doute au-delà des chaînes d'infos,
07:50de certaines chaînes d'infos, j'imagine.
07:52Écoutez le président de la République.
07:53On ne peut pas vivre dans une société
07:56où on passe d'un fait divers à l'autre.
07:58Qui brainwash ?
07:59Certains de vos collègues, il faut bien le dire,
08:01et certains des mouvements politiques
08:03qui considèrent que c'est bon pour eux
08:05d'être tout le temps là-dedans
08:06et qui disent au fond,
08:07vous ne faites jamais rien.
08:09Et donc, ils finissent par rendre les gens fous
08:11parce que les gens ont le sentiment
08:12de vivre dans un monde
08:13d'un fait divers à l'autre.
08:15Et en effet, on passe des punaises de l'île le matin
08:17à un drame qui s'est passé la journée.
08:19Donc, c'est la faute des journalistes ?
08:21Non, mais je dis tous qu'on devrait avoir
08:25une forme de discipline collective
08:27qui est évidemment de commenter l'actualité,
08:30mais aussi de parler, comme on le fait ce soir,
08:32des sujets de fond.
08:33C'est-à-dire que, oui, il faut être aux côtés.
08:35Il faut être aux côtés de celles et ceux
08:37qui sont des victimes.
08:39Oui, il faut répondre de manière intraitable.
08:41Mais il faut s'attaquer aux causes profondes.
08:43En tout cas, si on veut une société qui avance.
08:46Et il est président depuis huit ans.
08:47La France brûle et Emmanuel Macron regarde ailleurs.
08:50Moi, ce qui me frappe dans l'époque,
08:52c'est l'affrontement entre la réalité
08:54et le déni de réalité.
08:56Et ce matin, il y a un cas d'école avec Libération.
08:59Libération fait sa une sur l'assassinat de Mélanie,
09:02mais à l'intérieur, les chroniqueurs
09:04avaient écrit leur chronique avant cet événement.
09:06Donc, les deux chroniqueurs,
09:07Thomas Legrand et Daniel Schneiderman,
09:09pour eux, c'est l'objet de leur chronique
09:12avec des mots différents,
09:13c'est la faute des médias de Bolloré.
09:14Tout ça, c'est une invention des médias de Bolloré.
09:17Donc, il y a une collision entre la réalité,
09:20dont on rencontre la une,
09:22et l'idéologie à l'intérieur des pages.
09:24Nous sommes accusés, le JDD, Europe 1, CNews,
09:28nous tous, nommément, de noircir la réalité.
09:30Moi, à titre personnel,
09:31je ne sais pas comment on peut noircir
09:32la réalité d'un membre du corps enseignant
09:35assassiné à coup de couteau par un gamin de 14 ans.
09:37Je ne sais pas comment on peut noircir ce genre d'événement.
09:40Eh bien, nous sommes accusés.
09:41Ces gens-là continuent dans leur couloir de l'idéologie,
09:44comme Emmanuel Macron.
09:46Emmanuel Macron trouve malheureusement des relais
09:48dans cette presse idéologisée.
09:51Voilà.
09:52Génie Bastier, après on écoutera la mère d'Elias
09:54qui a pris la parole.
09:56Quelque chose de pathologique,
09:57c'est qu'il ne peut pas reconnaître qu'il a eu tort.
09:59Et là, il aurait dû dire,
10:00je suis désolé d'avoir employé ces mots
10:02qui sont blessants pour les victimes.
10:04Il en est incapable.
10:05Oui, mais c'est vraiment le problème,
10:06parce que là, il s'enfonce en fait.
10:08Il s'enfonce en essayant de légitimer.
10:09Les deux années vont être pires.
10:11Ce type de personnalité, il ira jusqu'au bout.
10:14Il faut comprendre qu'on est un mot de travers
10:15et qu'on aille trop loin dans sa pensée
10:17et qu'on blesse certaines personnes.
10:18Et d'ailleurs, moi je pense que c'est tout à l'honneur
10:20quand un homme politique arrive à reconnaître ses erreurs.
10:21Lui, il ne peut pas.
10:22C'est impossible de dire, j'ai eu un mot de travers.
10:25Il blesse des personnages qui se tracent depuis le début de son mandat.
10:28Là, il dit, on passe des punaises de lit à un fait divers.
10:30Enfin, c'est incroyable.
10:32Mais comment dire, le bilan est calamiteux.
10:36Sur ce type de personnalité, tout s'effondre s'il le reconnaît.
10:41Le bilan est calamiteux.
10:42Les deux ans qui vont arriver seront les pires de ce double quinquennat.
10:47Ce n'est que le début, je vous le dis.
10:50Ça va être terrible parce que vous avez affaire à une psychologie.
10:53Ce n'est pas de sa faute.
10:54Ça dure deux ans parce que ça peut durer.
10:54Donc, rien n'est de sa faute.
10:57Rien n'est de sa faute.
10:59Donc, Vincent Herouette ?
11:02Non, je ne sais pas quoi en penser.
11:03En fait, ce que vous dites sonne juste.
11:07Et rien n'est de sa faute, c'est vraiment la phrase d'un adolescent.
11:11Oui.
11:12Rien n'est de ma faute.
11:13En fait, le président est lui-même une sorte d'adolescent enfermé dans le déni.
11:19C'est ça qui est fascinant.
11:20On a l'impression que ce qui lui est arrivé,
11:23la chosifier, la conserver dans cette obstination
11:29à être un gamin éternellement sur l'estrade
11:33en train de plastronner au lycée d'Amiens.
11:39Je voulais vous lire ce qu'avait dit Elisabeth Borne
11:42lorsqu'elle disait qu'il ne fallait pas réagir à chaud.
11:47Et ça aussi, c'est extrêmement intéressant.
11:50Elle a dit le rapport sur le frérisme,
11:52la mort d'Elia sous les violences en marche du PSG
11:54choque à juste titre les Français,
11:55mais on ne doit ni légiférer à chaud, ni dans l'émotion.
11:58Ce serait bien d'éviter la surencherche des mesures éculées
12:00qu'on trouve sur étagères à chaque actualité dramatique.
12:02J'observe que hier soir, le président de la République a dit
12:05qu'il faut interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans.
12:08Donc, il contredit Mme Borne.
12:10C'est évidemment impossible.
12:12Vous ne pouvez pas interdire les réseaux sociaux.
12:14Ce n'est pas impossible, je suis désolée.
12:15Mais comment vous faites ?
12:16Ça a été fait en Australie.
12:18Et comment vous faites ?
12:18Il y aura des contournements, comme pour tout.
12:21Il y a des contournements pour les jeunes qui vont acheter de l'alcool au supermarché.
12:23Mais vous faites comment ?
12:25Vous demandez une pièce d'identité pour s'inscrire sur les réseaux sociaux, c'est tout.
12:28Il n'y a qu'une chose qui pourrait...
12:29C'est vrai qu'en Australie, c'est ce qu'ils ont fait, c'est vrai.
12:31Il n'y a qu'une chose qui pourrait...
12:33On n'en fait rien, enfin...
12:34Non, mais sur soi, on ne peut rien faire.
12:36Il n'y a qu'une chose qu'on pourrait faire, c'est lever l'anonymat des réseaux sociaux.
12:41Mais c'est la même chose, c'est demander une pièce d'identité.
12:42Oui, mais Twitter et X ne le feront pas.
12:46Moi, je pense qu'il faut interdire, effectivement, l'accès aux réseaux sociaux en moins de 16 ans.
12:53Parce que c'est dramatique ce qui est en train de se passer pendant notre journée.
12:55Ce n'est pas que d'ailleurs sur la violence.
12:56Oui, enfin, il y a beaucoup de gens aussi qui ont des réseaux sociaux et qui savent s'en servir.
13:00Non, mais les jeunes de 13 ans ne peuvent pas passer 8 heures par jour sur TikTok.
13:03Ce n'est pas possible.
13:04En tout cas, je pense que ce n'est pas...
13:05Et vous avez, comment dire, M. Bayrou, qui, lui, souhaite interdire les poignards...
13:12La vente de couteaux pour les mineurs.
13:15Alors, donc, Mme Borne a dit cela.
13:17Mais je voulais vous faire écouter la réaction de la mère d'Elias,
13:22qui était hier chez nos amis de BFM.
13:24Et ce témoignage est d'une puissance, évidemment, et d'une très grande force,
13:29et qui montre là aussi la déconnexion qui existe entre ceux qui gouvernent et, aujourd'hui, la population française.
13:35Elisabeth Borne, qui est ministre de l'Éducation nationale,
13:44nous a terriblement choqués, le père d'Elias et moi.
13:48Elle a tenu ses propos.
13:51Je la cite.
13:52« Le rapport sur le frérisme, la mort d'Elias ou les violences en marge du match du PSG choquent à juste titre les Français.
14:01Mais on ne doit ni légiférer à chaud, ni dans l'émotion.
14:06On parle, au milieu de tout ça, du meurtre d'Elias.
14:10Ce serait bien d'éviter la surenchère de mesures éculées qu'on trouve sur l'étagère à chaque actualité dramatique.
14:19On doit s'attacher à identifier les causes qui conduisent à ces faits,
14:23à apporter avec sang-froid des réponses cohérentes, efficaces et réalistes. »
14:28De qui se moque-t-on ?
14:29Elisabeth Borne est ministre de l'Éducation nationale.
14:33Elle est au gouvernement depuis 2017.
14:36Elle a occupé plusieurs postes de ministre.
14:38Elle a été premier ministre.
14:40On nous dit qu'elle est la numéro 2 du gouvernement.
14:43Elle est ministre de l'Éducation nationale.
14:46Madame Elisabeth Borne veut réfléchir,
14:49veut prendre le temps de réfléchir.
14:51Mais on n'a plus le temps de réfléchir.
14:53Le meurtre d'Elias, ce n'est pas un fait divers.
14:56C'est un fait de société.
14:58On ne comprend pas comment cette femme,
15:00qui est ministre de l'Éducation nationale,
15:03qui s'occupe de notre jeunesse,
15:05est capable de prendre la parole
15:07en parlant du meurtre d'Elias
15:09et en disant tout simplement
15:11« On va réfléchir, on va prendre le temps. »
15:14En fait, on n'a plus le temps de réfléchir.
15:16Notre fils, il est mort.
15:18On le sait.
15:19Mais il y a plein d'autres enfants,
15:21il y a plein d'autres adolescents.
15:23Stéphanie, la mère d'Elias.
15:25Myriam Meilleur est avec nous.
15:26Vous êtes professeure de français et de latin.
15:28Vous étiez venue pour nous présenter
15:29Wesh, madame.
15:30Et vous êtes au contact
15:31de cette jeune génération.
15:33Quel est le regard que vous portez
15:34sur ce que nous disons
15:35depuis le commencement de l'émission ?
15:37C'est infernal.
15:38Il faut vraiment que ça s'arrête.
15:41J'entends la phrase
15:43« Oh, c'est un élève normal.
15:45Il n'y a pas eu de problème particulier. »
15:47C'est un élève qui est passé quand même deux fois
15:48en conseil de discipline.
15:50La première fois pour avoir tenté
15:52d'étrangler un ou une élève de sixième
15:55et ensuite après avoir asséné un coup de poing
15:57à un autre élève.
15:58Mais ils ont combien de chances à chaque fois ?
16:01Parce que Mélanie n'en a pas eu.
16:03Elle n'a pas eu cette deuxième chance.
16:05Sham Cédine qui a été rouée de coups
16:06à Virichatillon non plus.
16:08Chahina qui a été brûlée à Creil non plus.
16:11Moi, j'arrive à un stade, si vous voulez,
16:12où les portiques de sécurité,
16:15les marches blanches,
16:17les mallettes pédagogiques,
16:18parce que je m'attends
16:18à ce qu'on nous sorte ça,
16:19un webinaire, une formation,
16:21une mallette pédagogique, que sais-je.
16:23C'est inaudible.
16:25Nous avons, à l'heure actuelle,
16:26un vrai problème.
16:28À savoir qu'à l'éducation nationale,
16:30un problème, on ne le règle pas.
16:32On le fait mise, on le minore,
16:35on le déplace.
16:37Quand un élève a porté la main
16:38sur un autre élève,
16:40il ne devrait plus être
16:42dans le circuit normal.
16:44Alors on en fait quoi ?
16:45Alors écoutez, sincèrement,
16:46je pense qu'il faut que
16:47tous les partis politiques
16:48et tous les Français
16:49se trouvent autour d'une table
16:51et se disent que fait-on.
16:52Est-ce qu'il ne faut pas
16:53des centres vraiment spécialisés,
16:56humains, sérieux,
16:59avec de la discipline
17:00pour permettre aux gamins
17:01qui vrillent
17:02de reprendre le droit chemin
17:03mais en protégeant
17:04le reste des élèves,
17:05en protégeant les agents ?
17:07On a une jeune femme de 31 ans
17:08qui décide de devenir
17:09assistante d'éducation.
17:11C'est un métier extrêmement difficile,
17:12qui a beaucoup de sens,
17:13qui est mal payé.
17:14Elle le fait pour sa santé,
17:16pour son petit garçon.
17:17Elle veut même devenir AESH.
17:19Je ne sais pas si vous imaginez
17:20le niveau d'altruisme
17:21qu'il faut pour vouloir
17:21devenir AESH.
17:22Et elle se fait poignarder.
17:23C'est quoi AESH ?
17:24C'est les personnes
17:26qui s'occupent des élèves
17:27en situation de handicap.
17:28C'est déconsidéré,
17:29c'est essentiel.
17:30C'est l'aide de vie scolaire ?
17:32Non, c'est encore autre chose.
17:34C'est à peu près quand même
17:35dans les équipes pédagogiques.
17:38Et moi, c'est pour Mélanie
17:40que je pleure aujourd'hui.
17:41C'est pour Chamsédine,
17:43c'est pour Elias.
17:44On ne peut plus continuer
17:45de mettre nos agents
17:46et nos élèves en danger.
17:49Et sincèrement,
17:49je comprendrais,
17:50malheureusement,
17:51ça n'arrivera pas,
17:52mais je comprendrais
17:53que tous les enseignants,
17:54les PERDIR,
17:55les AED,
17:56les CPE
17:56se mettent en grève illimitée.
17:58On sait que les portiques
17:59de sécurité
18:00ne régleront rien.
18:01Il ne faut vraiment pas
18:02connaître les adolescents
18:02pour penser
18:04qu'avec un portique,
18:05on va régler un souci.
18:08Et très honnêtement,
18:09je reprends le travail
18:10en septembre,
18:10je me dis,
18:11est-ce que j'ai échappé
18:12à un cancer
18:12pour me faire planter
18:13bêtement
18:13à la sortie du collège ?
18:16Et à ce stade,
18:18la sécurité de l'emploi,
18:19vous savez,
18:20on nous a beaucoup parlé,
18:21c'est notre avantage,
18:22on a peut-être
18:22la sécurité de l'emploi,
18:24mais on n'est pas du tout sûr
18:25quand on part le matin
18:25qu'on reviendra le soir.
18:27Alors, j'entends
18:27ce que vous dites,
18:29je pense que François Bayrou
18:30sait également
18:30que le portique
18:31ne sert à rien.
18:32Simplement,
18:33ils font de la com,
18:33toujours de la com,
18:34rien que de la com.
18:35Mais ce qui est le plus terrible,
18:37c'est le déni.
18:38Le déni d'un président
18:39de la République
18:39qui ne comprend rien
18:41à ce pays.
18:42Qu'est-ce qu'on fait ?
18:43On a deux ans devant nous,
18:44qu'est-ce qu'on fait
18:45avec un président
18:46qui dit
18:46ce dont vous me parlez
18:48n'existe pas ?
18:49Qu'est-ce qu'on peut faire
18:50pour dire à ce président
18:51regardez,
18:53écoutez les Français,
18:54voyez la société française ?
18:56Qu'est-ce qu'on peut lui dire ?
18:58Plutôt qu'il vienne
18:59jeter l'anathème
19:00sur les chaînes info ?
19:03Qu'est-ce qu'il faut faire
19:04qu'il vienne sur ce plateau ?
19:06Il n'est pas venu
19:06une seule fois
19:07sur CNews depuis huit ans.
19:09Ce qui dit tout.
19:11Ce qui dit tout.
19:12Moi je ne suis absolument pas...
19:13CNews est la chaîne
19:15qui est en chaîne info,
19:16qui est la première chaîne info
19:17de France.
19:18Il n'est pas venu
19:18une fois
19:19se confronter
19:20à d'autres voix
19:22que celles
19:23qu'il entend
19:24autour de lui.
19:25Il n'est jamais venu.
19:28Donc je viens
19:28de réinviter ce matin
19:29avec Vincent Hervouet,
19:31avec Éric Nolo,
19:32et qu'on fasse trois heures.
19:33On fait neuf heures midi.
19:36On fait neuf heures midi
19:37et on parle de tout.
19:39Moi je ne veux pas
19:40être tout seul
19:40parce que si je suis tout seul,
19:43il va parler tout le temps.
19:44Donc ça ne sert à rien.
19:46Mais en revanche,
19:47si on est six
19:48autour de la table,
19:49là on va pouvoir lui parler
19:51et ça sera salutaire
19:52non pas pour lui,
19:53pour la France.
19:54Et c'est la seule chose
19:55qui doit nous mobiliser.
19:58Bernanos avait une phrase
19:58magnifique
19:59qui disait que
19:59les hommes de ce siècle
20:00avaient le cœur dur
20:01et la tripe sensible.
20:03Je crois que
20:03on est exactement
20:05dans ce type
20:06de réaction politique
20:07où on nous dit
20:08qu'il ne faut pas réagir
20:09par l'émotion.
20:10Mais ils réagissent
20:11avec l'émotion
20:11quand on fait
20:12une minute de silence,
20:13quand on fait le tour
20:13de la télé, etc.
20:15Mais dans les faits,
20:15je n'ai pas du tout
20:16l'impression que
20:17tous ces morts
20:18comptent réellement.
20:19J'espère que
20:25ces morts comptent,
20:26bien sûr,
20:27je le crois,
20:27je ne lui ferai pas
20:28ce procès-là.
20:29Je pense qu'il s'analyste
20:30en séquence politique,
20:31il y a une séquence politique.
20:34C'est comme ça
20:35qu'il l'interprète.
20:35Madame Borne parle
20:36de la mort d'Elias
20:37dans une énumération.
20:38Pour elle,
20:39c'est qu'une ligne statistique
20:40et on va passer à autre.
20:41On peut le revoir,
20:42vous avez raison d'ailleurs.
20:43Revoyons ce qu'elle a dit
20:44Madame Borne.
20:45Vous avez raison,
20:45le rapport sur le frérisme,
20:46la mort d'Elias,
20:47la violence en marche du PSG,
20:48je crois qu'ajuste-t-il
20:49les Français pour elle.
20:50Vous avez raison.
20:51Un meurtre à la machette,
20:52c'est la même chose.
20:52Vous ajoutez les punaises
20:53de lit avec Macron.
20:54Voilà, les punaises de lit,
20:55c'est ça.
20:55Oui, c'est la même chose,
20:56la punaises de lit
20:56ou quelqu'un qui se fait
20:57assassiner à la machette,
20:59c'est la même chose.
21:01C'est des sujets sales
21:01qui ne les intéressent pas aussi,
21:03il faut le dire.
21:03Eugénie Bastier.
21:04Je suis d'accord avec vous
21:06qu'il y a une part de déni,
21:07mais je ne pense pas
21:08qu'il y ait une solution unique
21:09à un problème aussi vertigineux.
21:10À partir du moment
21:11où on a un gamin de 14 ans
21:12qui s'attaque à son maître.
21:16On a passé beaucoup de temps
21:17ces derniers temps,
21:17vous savez,
21:17à parler de l'affaire Bétharame
21:18et à juger avec parfois
21:20beaucoup d'arrogance
21:21l'éducation du passé
21:22qui nous révulse aujourd'hui
21:23et ce temps heureusement révolu
21:26où les maîtres
21:27maltraitaient les élèves.
21:28Mais on est arrivé
21:29dans une autre époque
21:29où ce sont les élèves
21:30qui tuent les maîtres.
21:31Et je crois que ce basculement,
21:33on ne mesure pas à quel point
21:35effectivement l'éducation du passé
21:36était très dure,
21:37elle a fait souffrir
21:38certains enfants,
21:38mais nous avons produit
21:39une autre éducation
21:40qui produit des autres enfants
21:42et ces enfants-là
21:43s'attaquent aux adultes.
21:44Et je crois qu'on est vraiment
21:46dans un vertige,
21:47on est dans quelque chose
21:48de civilisationnel
21:49et ça ne s'aglera pas
21:49avec des portiques
21:50ou en regardant
21:51une série Netflix en classe
21:53ou en reprenant
21:53des cours d'empathie.
21:55Même si cette série
21:56d'ailleurs Netflix
21:56Adolescence
21:58dont a parlé Elisabeth Borne
21:59est une série
22:00qui montre une certaine réalité
22:01c'est-à-dire
22:02une jeunesse
22:03aspirée par les écrans
22:04qui peut,
22:05je pense que c'est un facteur
22:06parmi d'autres.
22:07On ne peut pas isoler un facteur
22:08mais c'est vrai
22:09que quand on voit
22:09le parcours de ce jeune homme
22:10qui ressemble d'ailleurs
22:12à d'autres,
22:12vous vous souvenez
22:12de ce jeune homme
22:13qui avait tué
22:13une autre jeune fille
22:14après avoir perdu
22:15aux jeux vidéo
22:16ou ce lycéen à Nantes
22:17qui a poignardé
22:18sa camarade de classe
22:19et qui venait aussi
22:20d'une famille assez stable.
22:22Donc on voit bien
22:22qu'il n'y a pas vraiment
22:23de profil aujourd'hui
22:24qui puisse,
22:25en se disant
22:25voilà celui-là
22:26il va mal tourner.
22:28Donc il y a quelque chose
22:29de global,
22:30de vertigineux,
22:30une espèce de mal-être
22:31même dans cette jeunesse.
22:32Et voyons,
22:33il y a la même chose
22:33aux Etats-Unis
22:34depuis 20 ans
22:34il y a des fusillades
22:35dans les écoles,
22:36des fusillades de jeunes
22:37qui viennent avec un nihilisme.
22:39Moi je pense
22:39que le mot nihilisme
22:40il est juste.
22:41Il y a un nihilisme
22:42dans la jeunesse
22:42et ça,
22:44ça ne se réglera pas
22:44à Coupe Portique,
22:45ça c'est certain.
22:46D'abord vous avez
22:46évidemment raison
22:47mais bien sûr
22:50que c'est vertigineux
22:52et qu'on ne va pas
22:52le régler en 24 heures
22:53mais ce qui est insupportable
22:54c'est le déni.
22:55Si le président Macron
22:57hier,
22:58d'abord s'il n'avait pas
22:58fait cette émission,
23:00s'il n'avait pas fait
23:01cette émission
23:01parce qu'il voulait absolument
23:03parler de ça.
23:04Cette émission,
23:04je le rappelle,
23:04qui est un échec,
23:05un million et demi
23:06et les Français
23:07lui ont dit
23:08que c'était un échec,
23:08qu'il ne voulait pas
23:09l'entendre hier soir
23:10sur ce sujet-là.
23:11C'est ce qu'ils lui ont dit.
23:12S'il avait dit
23:13effectivement
23:13le président de la République
23:14on va réfléchir ensemble
23:17mais je ne lance pas
23:19l'anathème,
23:20je ne parle pas
23:21des faits divers.
23:22Oui,
23:22le mot fait d'hiver
23:23il est inaudible.
23:24Lorsqu'on sait,
23:25je voulais vous faire écouter
23:26ce qu'a dit
23:26M. Bellamy.
23:29Écoutons ce que dit
23:29M. Bellamy
23:30et après on sera
23:31avec Thomas et Hille.
23:32Mais écoutez ce que dit
23:33M. Bellamy
23:34parce que ça
23:34c'est des statistiques.
23:36C'est-à-dire que c'est
23:37une violence
23:38qui a augmenté.
23:39Écoutez ce qu'il disait
23:40la semaine dernière
23:41chez nous.
23:43Les agressions graves.
23:44On peut prendre
23:45plein de statistiques
23:46parce que j'entendrais
23:46André Valigny
23:47qui nous disait
23:48mais finalement
23:48il y a toujours eu
23:49de la violence.
23:50C'est vrai,
23:50il y a toujours eu
23:51de la violence,
23:51personne ne le nira.
23:52Et pourquoi est-ce qu'il faut
23:53qu'il y ait une police ?
23:53Pourquoi est-ce qu'il faut
23:54qu'il y ait une justice ?
23:55Précisément parce que
24:00le fait est qu'on ne peut
24:02pas relativiser
24:03ce qui est en train
24:03de se produire
24:04y compris sur une période
24:05récente.
24:06En 2003,
24:08il y avait 200
24:09agressions graves
24:10pour 100 000 habitants
24:11en France.
24:12En 2024,
24:14il y en avait 625.
24:15De 200 à 625
24:17agressions graves.
24:18Les chiffres,
24:20c'est quelles sources ?
24:21Ça, c'est les sources
24:22du ministère de l'Intérieur.
24:23Donc ça multiplie par 3 ?
24:24Oui.
24:25En 20 ans ?
24:25En 20 ans.
24:26Ça, ce n'est pas
24:27les chaînes info.
24:28Dans le monde occidental,
24:29CNews n'est pas partout
24:31que je sache.
24:32Il y a des agressions
24:33partout.
24:33Vous avez parlé
24:34des Etats-Unis.
24:35Ça va.
24:36Donc vous le direz aussi
24:37à vos amis de Libération.
24:40Pour le coup,
24:41cette violence,
24:42elle est partout.
24:43Elle n'est pas que française.
24:46Europe 1 est avec nous.
24:47Thomas, il est avec nous.
24:48Je sais que vous recevez
24:48Michel Drucker.
24:50Oui, absolument.
24:51Magnifique.
24:51Il est là.
24:52Vous savez qui sera
24:52avec nous à 10 heures ?
24:54Non, dites-nous.
24:55Michel Drucker.
24:57Formidable.
24:58Magnifique.
24:58Donc il fait Europe 1 ?
25:00Alors je précise
25:01qu'Europe 1 est dans
25:01le même immeuble
25:02que CNews.
25:04Donc il montera
25:05d'un étage.
25:06N'y voyez rien
25:07de métaphorique.
25:08Là-dedans,
25:09il viendra
25:09vers le succès.
25:11Il viendra nous rejoindre.
25:13On est en retard.
25:14Merci Thomas.
25:14A tout à l'heure.
25:15A tout à l'heure.
25:17Merci.
25:18Merci.
Commentaires