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  • il y a 1 an
La ministre de l'Éducation a annoncé la tenue d'une minute de silence ce jeudi 12 juin après la mort d'une surveillante, mortellement poignardé par un élève dans un collège de Nogent en Haute-Marne.

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Transcription
00:00Et avec nous pour en parler, Jacques-Charles Fonbonne, bonjour, général en retraite de gendarmerie, vous êtes notre consultant en police-justice,
00:11Raphaël Grabli, spécialiste tech de BFM TV, et Elisabeth Alain Moreno, bonjour.
00:15Bonjour.
00:15Vous êtes la secrétaire générale du syndicat enseignant UNSAM.
00:18Il y aura, on l'a appris il y a quelques minutes, une minute de silence demain à la mi-journée.
00:22Il y avait eu une minute de silence aussi pour Dominique Bernard à Arras il y a un petit peu plus d'un an.
00:27Encore une minute de silence, est-ce que vous avez l'impression que quand même depuis hier, il y a eu une espèce de prise de conscience,
00:31que le problème était large et qu'il fallait le prendre à bras le corps ?
00:34À chaque fois qu'un drame se produit, on a l'impression que ça y est, les choses ont été entendues, qu'il y a une prise de conscience collective,
00:41et on voit bien que quelques semaines après, de nouveau, il y a un oubli collectif, et qu'il faut malheureusement un nouveau drame à chaque fois
00:48pour sensibiliser tout le monde sur ce que subit l'école maintenant depuis plusieurs années,
00:53c'est-à-dire un désinvestissement important de la part d'un gouvernement sur les réelles mesures à prendre.
00:59Mais vous, quelle réponse vous attendez ce matin ? On a entendu hier le Premier ministre et le Président aborder l'interdiction des réseaux sociaux,
01:07aborder l'interdiction de la vente de couteaux aux mineurs, aborder les portiques.
01:10On va prendre ces trois mesures les unes après les autres, mais quelle est la réponse la plus adéquate, la plus immédiate
01:15qu'il faudrait avoir ce matin pour les enseignants ?
01:19– Alors déjà, soutenir, marquer un soutien important tel que ça a pu être fait par la ministre, déjà dans un premier temps,
01:26ça c'est la moindre des choses, à toute la communauté éducative, puisqu'on a quand même un collège à nouveau,
01:32que ce soit les familles, les personnels ou les élèves qui sont complètement sous le choc,
01:35donc il est important qu'ils puissent mettre en place très rapidement les cellules de crise et d'écoute,
01:40ça c'est la première chose indispensable, tout à fait à court terme.
01:43– Et ensuite sur la réponse, à moyen et à long terme, ça ne peut pas être le tout sécuritaire.
01:48Si la sécurité des écoles et des établissements est importante,
01:50on ne l'aura jamais renié en tant que personnel de l'éducation nationale,
01:54aujourd'hui on a besoin de moyens pour de la prévention.
01:57On a un nombre de professionnels de santé, que sont les infirmiers, que sont les assistants sociaux,
02:03que sont les psychologues de l'éducation nationale ou les médecins,
02:05qui sont largement en nombre insuffisant, et qui ont d'ailleurs chuté ces dernières années en nombre,
02:11et on n'a pas de réponse par rapport à ça.
02:13On sort des assises de la santé scolaire, que la ministre Borne a tenue le 14 mai dernier justement à Paris.
02:20Aucune mesure concrète n'a été prise justement pour la prévention.
02:23– Alors hier on a quand même entendu parler de santé mentale, ce qui n'est pas toujours le cas,
02:26là vraiment ça a émergé hier, l'interdiction des réseaux sociaux,
02:29elle peut s'inscrire aussi dans ce cadre-là ?
02:31Est-ce que vous vous faites ce lien entre l'omniprésence des réseaux sociaux
02:35dans la vie des collégiens, des lycéens, et l'effet de violence qu'il peut y avoir ?
02:40– Il est évident qu'aujourd'hui les réseaux sociaux, et tout moyen d'ailleurs de communication,
02:45donnent accès aux élèves avant un âge possible pour pouvoir comprendre les choses,
02:51les décrypter, les analyser par rapport à il y a 30 ou 40 ans, ou même 10 ans.
02:55Donc c'est vrai qu'il y a un accès beaucoup plus précoce à une certaine violence,
03:00à certaines images, y compris pornographiques, des élèves qui ne sont pas en capacité justement de les analyser,
03:05et derrière ça peut avoir des impacts négatifs sur leurs agissements.
03:10Mais au-delà de ça, on n'a même pas tiré, en termes de mesures concrètes,
03:14le son de ce qui s'est passé aussi pendant la crise sanitaire,
03:17quand la crise sanitaire a été terminée, on a eu le constat collectif,
03:21et ce n'est pas moi qui le dis, ce sont des professionnels de santé,
03:23la dégradation sur l'état psychologique et la santé mentale des élèves,
03:28on n'a eu aucune mesure qui a été à l'issue.
03:29C'est pour ça que je dis, la mémoire elle est trop à court terme, souvent.
03:32Maintenant, Raphaël Grablis, cette interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans,
03:36on a l'impression qu'on en entend parler depuis des mois, voire des années,
03:39qu'est-ce qui coince ? C'est l'Union Européenne ?
03:41Oui, alors vous parlez de mémoire à court terme,
03:43je tiens quand même à rappeler que l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans,
03:46ça a déjà été adopté...
03:47Été 2023.
03:48Exactement, été 2023, ça n'a jamais été appliqué,
03:51il n'y a pas de décret d'application.
03:53Pourquoi ? Et ça c'est même Emmanuel Macron qui le disait lui-même
03:55pendant la campagne des Européennes en 2024,
03:58parce que c'est exclusivement une compétence européenne.
04:00Donc ça devra se faire au niveau européen.
04:02Mais Emmanuel Macron, hier soir, a dit,
04:04oui, mais si ça ne se fait pas au niveau européen, on va le faire, il va pouvoir ?
04:06Alors là, j'avoue que quand on interroge les spécialistes,
04:09tout le monde est un peu dubitatif,
04:11on ne voit pas du tout comment la Commission européenne
04:12pourrait dire non, ce n'est plus notre compétence.
04:14Si, c'est la compétence de la Commission européenne,
04:16il y a un règlement européen, ça s'appelle le DS1,
04:18on en a suffisamment parlé, il y a un article, c'est même l'article 28,
04:21qui justement doit réguler les réseaux sociaux.
04:23Après, il y a une vraie question,
04:25c'est la question du comment.
04:26Est-ce que c'est les plateformes qui régulent ?
04:28Est-ce que ça se fait au niveau du smartphone,
04:30iOS, Android ?
04:31Il y a Instagram qui fait toute une campagne pour dire...
04:33En ce moment, oui.
04:34Voilà, pour dire, non, non, ce n'est pas notre problème,
04:35les ados, vous demandez à Apple et à Google de le faire.
04:38Et puis après, techniquement,
04:40est-ce que ça veut dire que vous mettez votre pièce d'identité ?
04:42Est-ce qu'il y a une reconnaissance faciale
04:43avec une estimation de l'âge ?
04:45Emmanuel Macron en a parlé hier soir.
04:47Et puis ça veut dire que vous demandez aux millions de Français
04:50qui sont sur les réseaux sociaux
04:51de vérifier leur âge ou leur identité.
04:54Donc voilà, c'est quelque chose à mettre en place,
04:55qui est extrêmement lourd.
04:56Et de toute façon, une certitude,
04:58la France n'a pas le pouvoir de réguler les réseaux sociaux.
05:01Jacques-Charles Fonbonne,
05:02dans toutes les propositions
05:04et toutes les mesures envisagées par l'exécutif,
05:06il y a aussi l'interdiction de la vente de couteaux aux mineurs.
05:10Dès maintenant, dit François Bayrou.
05:12Comment on la met en place, une telle interdiction ?
05:14C'est-à-dire que cette interdiction était en fait déjà en place.
05:17Les armes blanches sont interdites à la vente pour les mineurs
05:21avec une dérogation.
05:23C'est-à-dire que lorsque l'on est un mineur de plus de 16 ans
05:25et qu'on est accompagné par un adulte responsable,
05:27votre père, votre mère, votre tuteur,
05:30à ce moment-là, vous pouvez l'acheter.
05:31En pratique, de toute façon...
05:34En pratique, un adolescent,
05:35il y a des couteaux dans la cuisine de ses parents.
05:37Évidemment.
05:37Et puis, je veux dire,
05:38les armes de catégorie A, les armes de guerre,
05:40vous en trouvez, et pour pas très cher,
05:42par des réseaux complètement détournés.
05:44Évidemment que c'est tellement facile à acheter,
05:45c'est tellement facile à procurer.
05:46François Bayrou, hier soir, il parlait de la culture du couteau.
05:50Alors, après, pourquoi ?
05:53Pour agresser, pour tuer.
05:56On est quand même, malheureusement,
05:58parce que c'est toujours dramatique,
05:59sur quelque chose d'assez marginal.
06:01Peut-être pour se protéger,
06:03parce qu'un climat de délinquance,
06:08un climat de peur, malheureusement,
06:09on en parlait,
06:10même dans l'école de la République,
06:12ça peut devenir un lieu
06:14où on ne se sent pas en sécurité,
06:16alors qu'on a besoin de toute la sérénité nécessaire
06:18pour travailler,
06:19surtout quand on est un collégien.
06:21Et puis, il y a toujours, avec le couteau,
06:25on le voit beaucoup d'expériences
06:28dans les agressions sexuelles.
06:29Il y a souvent un rapport de masculinité
06:32avec le couteau,
06:34ce qui fait qu'un gamin de 13, 14, 15 ans
06:37peut être tenté d'avoir ça dans sa poche,
06:40peut être tenté d'avoir ça dans son cartable,
06:42on va dire, pour, comme on dit dans le midi,
06:44faire le kékou devant les copains.
06:45Pour faire le malin.
06:45Voilà, pour faire le malin,
06:47pour montrer qu'on est impressionné par rien,
06:50et même si, effectivement,
06:51ça peut être tout à fait dramatique.
06:53Ce qui est étonnant dans cette affaire,
06:54pour ce que l'on en sait,
06:56je rejoins ce que vous disiez,
06:57c'est-à-dire que ce gosse a quand même été,
07:00exclu deux fois,
07:01enfin, il a eu des problèmes disciplinaires deux fois.
07:03Oui, il était perturbateur dans la classe.
07:04Une fois parce qu'il a frappé un de ses camarades,
07:06la deuxième fois, il aurait essayé de l'étrangler.
07:09Ne doit-on pas, avant la phase judiciaire,
07:12se poser la question du pourquoi ?
07:14Pourquoi ce garçon est-il dans cette situation
07:17qui est certainement une situation de détresse,
07:20qui se manifeste par l'incapacité à verbaliser,
07:23c'est-à-dire le recours à la violence ?
07:26Que fait-on ?
07:27On en saura plus, de toute façon,
07:29sur son profil et sur ses motivations,
07:30puisque sa garde à vue se poursuit.
07:32Elle doit...
07:3348 heures de garde à vue,
07:34donc elle doit s'assurer demain matin.
07:34C'est ça, c'est 24 heures normalement,
07:36puisqu'il a moins de 16 ans.
07:37Elle peut être prolongée exceptionnellement
07:39par le procureur de la République.
07:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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