- il y a 8 mois
Cette année marque le 50e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l'UE. Un demi-siècle de coopération a engendré des réalisations fructueuses dans les domaines économique, commercial, scientifique, technologique et culturel. Pourtant, face à un monde en mutation - où conflits géopolitiques, transitions économiques et rivalités technologiques se multiplient - des questions s'imposent : la Chine et l'Europe peuvent-elles transformer les pressions extérieures en une dynamique interne pour approfondir leur coopération ? Comment va évoluer la relation économique entre la Chine et l'Europe ? Et plus particulièrement dans les divers domaines, tels que l'économie numérique, les industries vertes et l'intelligence artificielle, comment les deux parties pourront-elles élargir les horizons de cooperation ?
CGTN Français et BFM Business ont réalisé une émission spéciale intitulée « Le monde bouge, quelles opportunités pour la relation économique Chine-Europe ? », dans laquelle des invités ont discuté des opportunités et des défis pour la coopération économique Chine-UE.
CGTN Français et BFM Business ont réalisé une émission spéciale intitulée « Le monde bouge, quelles opportunités pour la relation économique Chine-Europe ? », dans laquelle des invités ont discuté des opportunités et des défis pour la coopération économique Chine-UE.
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00:00Générique
00:00Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans notre émission spéciale.
00:15Suite aux décisions politiques et économiques prises aux Etats-Unis,
00:19l'économie mondiale traverse une période d'incertitude.
00:23Dans ce contexte, comment évolue la relation économique entre la Chine et l'Europe ?
00:29Nous avons réalisé une émission spéciale avec BFM Business, regardons ensemble.
00:35Bienvenue à toutes et à tous dans ce hors-série de Chineco intitulé « Le monde bouge,
00:40quelles opportunités pour la relation économique Chine-Europe ? »
00:43Je suis Gilane Barret, journaliste à BFM Business à Paris
00:46et j'ai le plaisir de co-présenter cette émission avec ma consoeur, Ma Jaiying,
00:51en duplex de Pékin, journaliste CGTN en français.
00:54Bonjour Jaiying, comment ça va ?
00:56Très bien, merci Gilane.
00:58Alors aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir deux invités avec nous à Pékin
01:02pour éclairer ce sujet.
01:04Adam Dunette, secrétaire général de la Chambre de commerce de l'Union Européenne en Chine,
01:09bonjour.
01:10Bonjour.
01:10Et Zhang Shenhui, commandatrice de CGTN, bonjour.
01:13Bonjour.
01:14Et sur le plateau de BFM Business à Paris,
01:16j'accueille Robin Rivaton, président de Stonal et essayiste.
01:20Bonjour Robin.
01:21Bonjour.
01:21Alors pour commencer, est-ce qu'il y a une carte à jouer pour la Chine et pour l'Europe
01:25face à la déstabilisation de Donald Trump ?
01:28Quelles sont les premières conséquences de la guerre commerciale ?
01:31Donc la guerre commerciale et l'augmentation soudaine et brutale des tarifs douaniers sur
01:36les marchandises qui a été décidées par l'administration Trump,
01:39poussent forcément les grands acteurs que sont l'Union Européenne et la Chine
01:42à se poser des questions, à savoir comment aussi ils vont pouvoir réorienter leur production.
01:48On sait que les États-Unis absorbaient une grande partie des exportations chinoises.
01:53Et donc la question, c'est est-ce que la Chine va pouvoir passer par des pays tiers,
01:57type le Vietnam par exemple, pour continuer d'exporter vers les États-Unis ?
02:01Ou est-ce qu'elle va rediriger vers l'Europe une partie de sa production ?
02:05On sait que la Chine continue d'avoir une déflation,
02:09c'est-à-dire que les prix industriels baissent pour le 31e mois consécutif
02:12et ces produits-là sont très compétitifs
02:15et ils pourraient trouver à se vendre sur le vieux continent en Europe.
02:19Il y a un découplage aussi du commerce chino-américain ?
02:22Oui, le découplage a été très brutal.
02:25On a vu un effondrement des transports et des cargaisons de bateaux,
02:30des portes-conteneurs entre la Chine et les États-Unis ces dernières semaines.
02:34Et ce découplage, évidemment, pèse et donc réorientation.
02:39Alors sur ce dialogue et ce commerce Chine-Europe,
02:42est-ce que vous diriez qu'on est dans une phase de maturité et de réalisme ?
02:46Oui, je pense que ce bouleversement, parce qu'au-delà des tarifs douaniers,
02:49on sent qu'il y a une volonté à travers l'agenda America First,
02:54porté par l'administration Trump, d'un isolationnisme,
02:58en tout cas d'un repli sur la sphère nationale,
03:01la sphère domestique des États-Unis.
03:03Et donc, ça ouvre le champ pour des relations plus matures, moins dogmatiques.
03:09Aujourd'hui, on voit que l'Union européenne, par exemple,
03:12a mis fin à sa politique d'interdiction des déplacements des parlementaires européens en Chine
03:17et d'accueil de diplomates chinois au Parlement.
03:20Et c'est une bonne chose.
03:21On voit que des liens sont en train de se retisser,
03:23avec certains pays en avance, comme l'Espagne et Pedro Sanchez.
03:27Aujourd'hui, il y a l'idée d'avancer, et pas seulement que sur le commerce.
03:32La coopération doit aller plus loin sur les domaines scientifiques.
03:35La Chine est devenue un très, très gros producteur de littérature scientifique,
03:39défenseur de la propriété intellectuelle aussi,
03:41mais aussi sur le sujet de la lutte contre le réchauffement climatique
03:44et des émissions de CO2, d'équivalent CO2.
03:47Donc, on voit aujourd'hui qu'un champ s'ouvre pour avoir une relation plus mature,
03:51plus réaliste, moins empreinte de bons sentiments aussi.
03:53Finalement, il y a aussi quand même une opportunité pour les exportateurs européens
03:57qui veulent conquérir la Chine.
03:59Oui, parce que la Chine, c'est quand même un marché aussi de consommation.
04:02Il y a eu la relance de la foire internationale des importations de Shanghai,
04:07qui aura lieu cette année encore en novembre.
04:10La Chine, l'année dernière, entre 2023 et 2024,
04:13c'est plus de 200 milliards de consommation.
04:15Donc, c'est le pays de très, très loin qui a augmenté le plus sa consommation dans le monde.
04:18Et donc, c'est une opportunité pour les exportateurs européens,
04:22avec aujourd'hui différents segments ou différents secteurs qui tirent leur épingle du jeu.
04:25Les machines de précision sont devenues la première catégorie d'exportation,
04:28notamment les machines lithographiques avec le néerlandais ASML.
04:32Les produits aéronautiques, la Chine est toujours 20% du débouché d'Airbus.
04:36Et ce qu'on appelle les autres machines, notamment instruments de mesure et de précision.
04:39Donc, on voit qu'il y a encore un marché qui est disponible.
04:42Et des quelques produits agroalimentaires,
04:43notamment avec la levée des dernières restrictions sur le port qui a été fait le mois dernier.
04:47Alors, on retourne à Pékin, retrouver Jaïng,
04:49pour voir les réactions des acteurs en Chine maintenant, justement.
04:53Effectivement. Merci, Robin, pour ce déclatissement.
04:56Alors, pour les acteurs qui s'implantent en Chine,
05:01je vais commencer par M. Dunette.
05:02Alors, comment réagit-on initialement à cette guerre de tarifs
05:07dans le milieu des entreprises européennes ?
05:11Bon, merci. D'abord, merci pour l'invitation aujourd'hui.
05:15Pour les entreprises européennes ici installées en Chine,
05:19pour eux, ce n'est pas la première fois qu'ils affrontent ce genre de problème.
05:24Déjà, le président Trump, dans son premier mandat,
05:27il a commencé son premier lancé avec cette guerre de tarifs.
05:31Et c'est à cause ou à grâce de ça, en fait,
05:34qu'il y a pas mal d'entreprises européennes qui sont déjà un petit peu préparées.
05:39Ils savaient qu'on est dans un monde d'insécurité maintenant.
05:43Alors, ils ont pris des mesures pour se protéger un petit peu plus.
05:47Cependant, on a fait une enquête sur l'impact sur nos entreprises
05:53et 33 % de nos entreprises qui font de l'exportation vers les États-Unis
06:01ont été affectées.
06:02Et 44 % des entreprises qui font de l'importation ici en Chine
06:08ont été affectées par ces mesures.
06:12Mais il faut dire que le plus gros problème,
06:14ce n'est pas le tarif eux-mêmes.
06:17Les entreprises, elles peuvent s'adapter,
06:20elles peuvent passer par les pays tiers et tout ça.
06:25Mais c'est le manque de prévisibilité.
06:28Parce que si c'est quelque chose qui dure seulement 90 jours
06:32et ça s'arrête, bon, ça va.
06:34Mais si ça va être quelque chose qui dure des années,
06:37même si c'est seulement 10 ou 20 % de tarifs,
06:40bien sûr, ils vont prendre d'autres mesures.
06:42Et alors, en attendant qu'on sache pour de vrai,
06:47la période que ça va durer,
06:50on va être dans un mode d'attente et on ne peut rien faire.
06:53Et ça, ça va empêcher l'investissement en Chine,
06:56l'investissement en Europe et aux États-Unis.
06:58On est dans une période d'attente maintenant.
07:00Donc, même après les négociations à Genève,
07:04il y a toujours cette...
07:05Mais c'est 90 jours.
07:08Est-ce que vous pouvez me garantir que ça ne va pas continuer comme ça après ?
07:12Oui.
07:13Personne ne le sait.
07:14Oui, justement, je le tourne vers Jean-Louis.
07:16Quelle est la position de la Chine maintenant face à tout ça ?
07:18La position de la Chine, au début, juste après l'annonce tarifaire de Trump,
07:23eh bien, ça a été le total mécontentement et puis cette incompréhension du côté de la Chine.
07:27Parce que non seulement c'était cette politique unilatérale,
07:30et aussi c'est une politique qui a violé les règles de l'OMC.
07:33Donc, c'est quelque chose qui n'est pas juste.
07:35Et puis, après aussi, c'était aussi le moment pour toutes les entreprises chinoises
07:38de se replier sur elles-mêmes, de se dire, finalement, où nous sommes ?
07:42Nous ne sommes pas dans une situation aussi mal que ça.
07:44Pourquoi ? Parce que la Chine, les entreprises chinoises,
07:47elles sont très bien entourées par toute une chaîne d'approvisionnement intégrée en Chine.
07:53Donc, en fait, ils se disent, tiens, peut-être l'impact n'est pas aussi grave
07:56et aussi violente qu'on en avait imaginé.
07:58Donc, il faut avoir de la confiance dans les commerces extérieurs.
08:01Et après, justement, là, vous avez vu, après cette discussion entre la Chine et les États-Unis,
08:08le 14 mai, eh bien, ce qui s'est passé, c'est que tout de suite, il y a eu une reprise.
08:12Une reprise, là, j'ai fait quelques recherches, sur le nombre de conteneurs qui ont été réservés,
08:18en fait, ça a augmenté de 300%.
08:20Juste après cette annonce de ce délai de 90 jours.
08:26Donc, je pense qu'en fait, le marché chinois et aussi les entrepreneurs chinois
08:29s'adaptent très, très vite, de pouvoir profiter de cette période,
08:33de pouvoir s'exporter davantage.
08:35Et en même temps, malheureusement, nous avons entendu tout à l'heure, M. Dunette,
08:39vous avez parlé aussi d'une certaine manière, les entreprises européennes,
08:41finalement, sans vouloir, sont aussi impactées, un peu le bouc émissaire de cette guerre tarifaire.
08:47Et donc, maintenant, ce qui est peut-être aussi une opportunité à trouver dans tous ces problèmes,
08:52c'est que maintenant, c'est un très bon moment pour toutes les entreprises chinoises,
08:58aussi les entreprises implantées en Chine, les entreprises européennes,
09:02de se dire, tiens, nous allons pouvoir encore monter en cam, encore améliorer nos compétitivités,
09:07et puis aussi de diversifier nos pays destinataires, les pays exportateurs,
09:13pour pouvoir profiter pleinement de la croissance mondiale,
09:16mais pas uniquement dépendre de la réaction des États-Unis.
09:19C'est ça, il faut créer quelques certitudes dans tout ce qui est imprévisible.
09:25Alors, Gilane, voilà un peu les analyses en Chine, je vous donne la parole.
09:31Oui, car nous célébrons cette année, on le rappelle, les 50 ans des relations diplomatiques
09:35entre Chine et Europe.
09:36Alors, au-delà de la diplomatie, il y a bien sûr l'économie.
09:39Cinq décennies, c'est à la fois long et très court.
09:41Robin, qu'est-ce qui est le plus marquant, selon vous, dans la transformation de la Chine ?
09:45Sur cinq décennies, la transformation de la Chine a été totale,
09:50d'un pays totalement émergent jusqu'à un pays plutôt producteur de biens à faible valeur ajoutée.
09:58Et aujourd'hui, la consécration d'un pays qui produit des biens à forte valeur ajoutée,
10:04évidemment, on pourra en parler de certaines filières,
10:06mais il y a des filières où la Chine occupe aujourd'hui le rôle de leader mondial en termes d'innovation.
10:12Et donc, c'est un rapport de force qui s'est inversé,
10:16puisqu'on avait un pays qui demandait des équipements, des technologies européennes.
10:22On pense à la machine outil allemande, par exemple,
10:26et qui progressivement s'est autonomisée à créer ses propres filières.
10:30On peut penser aussi aux voitures, logiquement.
10:34Et ce n'est pas fini.
10:34Je parlais tout à l'heure de l'aéronautique, qui est encore une filière force d'exportation de l'Europe.
10:40Mais on sait que Comac, le fabricant chinois d'avions civils,
10:44essaye de rentrer sur le marché européen.
10:47Après, qui dit un pays qui produit plus, dit un pays qui s'enrichit.
10:52Et donc, ce pays qui s'enrichit, il consomme aussi des produits du reste du monde.
10:56Justement, la consommation des Chinois, ça change aussi via tout cela ?
10:59Oui, on pense au luxe, évidemment, qui a été énormément porté par cette croissance de la consommation.
11:07On peut penser également au tourisme, puisque ces citoyens chinois dont le niveau de vie progresse,
11:15ils vont aussi, à l'étranger, dépenser une partie de leurs revenus.
11:20Et donc, ça aussi, ces relations d'interdépendance qui existent,
11:23se sont tissées au fur et à mesure de la montée en puissance de ce géant industriel qu'est la Chine.
11:30Alors, justement, une question pour vous, Shanhui, à Pékin.
11:33Est-ce que vous pourriez nous en dire plus sur la présence et sur la perception des produits européens sur le marché chinois ?
11:40Je pense que les produits européens sont très bien reçus sur le marché chinois.
11:44Pourquoi ? Ce n'est pas uniquement pour sa haute qualité, ce n'est pas uniquement sur ses innovations,
11:49c'est aussi pour les normes.
11:51En fait, les normes qui garantissent, par exemple, soit pour les normes sanitaires,
11:55soit pour les normes de l'innovation.
11:58L'Europe, ça reste une image très brillante, je pense, sur le marché chinois.
12:04Et en même temps, c'est aussi dû à quoi ?
12:06C'est aussi dû à l'amélioration de l'économie chinoise.
12:09J'ai fait aussi une recherche avant d'intervenir dans cette émission.
12:12Le salaire moyen urbain a doublé pendant 10 ans.
12:16Donc, c'est-à-dire, si vous comparez le salaire moyen pour quelqu'un qui habite en Chine,
12:22dans les milieux urbains,
12:24et aujourd'hui, c'est 10 ans d'écart, en fait, leurs salaires ont doublé.
12:28Et aussi, bien sûr, cela est accompagné par la croissance économique dans les provinces du sud-ouest de la Chine,
12:33comme dans la province du Yunnan, dans la province du Sichuan.
12:36Là, les gens gagnent plus, donc là, ils sont bien sûr d'accord à dépenser plus.
12:40Ils ont plus la capacité de dépenser.
12:43Alors, je retourne vers M. Dunette.
12:47Vous, vous avez exprimé lors d'une interview récente sur cette 50 ans de relations diplomatiques
12:52entre la Chine et l'Europe.
12:54Et il y a une phrase qui m'a marquée.
12:57Vous avez dit que, je cite mon message,
12:59et celui de la réflexion et de l'opportunité.
13:02Pouvez-vous nous partager un peu votre analyse un peu plus profonde ?
13:06Bon, ben, merci d'avoir remarqué ça.
13:10Je trouve ça très intéressant, parce que souvent, on demande aux politiciens et aux gens d'affaires
13:16ce qu'ils pensent des relations et de l'avenir et tout ça.
13:20Et souvent, la réponse, c'est quelque chose, une réponse d'optimisme.
13:24Mais il faut dire que, déjà, on parlait tout à l'heure des tarifs et tout ça,
13:28et il faut dire qu'il y a du protectionnisme qui monte partout dans le monde,
13:33des concernes, d'inquiétude, de sécurité et tout ça.
13:37Et alors, je pense que c'est très important qu'on ne tient pas pour acquis
13:42les données et tout le succès qu'on a eu dans les dernières 50 années.
13:49Il faut se rendre compte que ça a donné beaucoup de succès.
13:53Et la Chine a bénéficié, les consommateurs ont bénéficié, l'Europe,
13:56tout le monde a bénéficié, mais ils ont bénéficié parce que c'était pendant une période
14:01où tout le monde croyait dans le système multilatéral de commerce international,
14:07d'investissement.
14:09Et c'est ça qui a donné ce grand succès.
14:13Alors, pour moi, je pense que c'est très important qu'on fasse de la réflexion sur ça
14:18et qu'on se rend compte.
14:20Et comme ça, pour les problèmes qu'on a aujourd'hui,
14:23on peut en discuter et il faut les résoudre.
14:26Ça, c'est très important.
14:27J'ai dit opportunité aussi parce que le succès qu'on a eu dans les dernières
14:32cinq décennies, on peut l'avoir dans l'avenir aussi.
14:35Vous voyez avec l'intelligence artificielle, avec tout le progrès que la Chine a fait,
14:43il est un leader dans plusieurs secteurs et tout ça.
14:47Et le monde entier peut en bénéficier.
14:50Ça, c'est l'opportunité, ce dont je parle.
14:53Alors, merci beaucoup, M. Lunette.
14:56Et je voudrais tourner vers notre invité à Paris.
14:59Robin, je voudrais vous poser une question aussi sur l'avenir.
15:02Quels sont, selon vous, les secteurs les plus prometteurs dans l'avenir ?
15:07Dans cette coopération entre la Chine et l'Europe.
15:10De multiples secteurs peuvent être intéressants ou considérés comme innovants.
15:18Je pense notamment aujourd'hui au secteur du véhicule particulier,
15:22donc de l'automobile, qui est un secteur où on a vécu aussi ce renversement.
15:28C'est-à-dire qu'on avait des fabricants, des constructeurs européens
15:31qui étaient très en avance sur les moteurs thermiques et notamment les moteurs diesel.
15:35Et aujourd'hui, on voit des constructeurs chinois qui ont plutôt pris le lead
15:39sur les véhicules électriques, avec des positions extrêmement fortes,
15:44notamment acquises par BYD récemment.
15:48On rappelle que BYD a dépassé cette année, en chiffre d'affaires
15:51et en nombre de voitures vendues, l'américain Tesla.
15:54C'est un symbole.
15:55Tout à fait, tout à fait.
15:56Donc, c'est un vrai symbole.
15:57Et avec des ventes qui ne vont pas que vers l'Europe.
15:59C'est des ventes aussi qui sont dirigées vers le Brésil, vers les Philippines, l'Indonésie.
16:03Donc, d'autres pays, des grands pays au sein du sud global.
16:07Et donc, aujourd'hui, cette compétition-coopération,
16:12et c'est bien normal de ne pas être naïf, on est un peu dans les deux.
16:14Il ne faut pas avoir ni l'un, ni que l'un, ni que l'autre.
16:17Aujourd'hui, sur le véhicule électrique, on voit bien l'avance qui a été prise
16:22et surtout la capacité à continuer à baisser les prix.
16:26Pas plus tard qu'avant-hier, BYD a annoncé une baisse de prix
16:31de ses véhicules électriques en Chine jusqu'à moins 34%.
16:34Avec son véhicule d'entrée de gamme, la Cigle,
16:36qui maintenant est à 7 700 euros.
16:39Et donc, c'est vrai que cet effort continu de modernisation,
16:43d'innovation et de travail sur le prix,
16:46il pousse aussi les fabricants européens à devoir se dépasser,
16:50s'améliorer parce qu'il ne sera pas possible de faire face
16:54sans une innovation extrêmement forte.
16:56Alors, on parle de la voiture électrique énormément en ce moment dans l'actualité.
17:00Un peu de prospective, on s'intéresse aussi beaucoup à la voiture autonome.
17:03La voiture autonome, c'est sans doute l'avenir du véhicule particulier
17:08et pas que du véhicule particulier parce qu'aujourd'hui, ça concerne aussi les autobus,
17:12les camions, les poids lourds.
17:14Donc, on va sur un échantillon qui est plus large que simplement le véhicule particulier.
17:19Et dans ce paysage-là, pareil, les fabricants chinois ont investi assez tôt
17:25sur ces technologies-là.
17:28Et aujourd'hui, il y a plusieurs marques qui ont des autorisations
17:33pour faire circuler des véhicules avec des niveaux d'autonomie.
17:36Alors, on n'est pas sur le niveau le plus élevé, le niveau maximal,
17:39où là, le pilote ne fait plus rien.
17:40On est sur des niveaux d'autonomie où le pilote n'a plus les mains sur le volant,
17:45mais doit pouvoir en reprendre le contrôle très rapidement.
17:48Et là aussi, on a eu une stratégie encore.
17:50Alors, le but n'est pas de parler que de BYD,
17:53mais c'est vrai qu'étant donné que c'est le leader de cette industrie aujourd'hui,
17:56et on va dire qu'ils ont pris une certaine avance,
17:58BYD a annoncé offrir l'assistant à la conduite autonome
18:03pour tous ces véhicules en Chine gratuitement.
18:07Et ça aussi, c'est un virage assez fort par rapport à d'autres stratégies de constructeurs
18:11qui étaient de dire qu'en fait, ce n'est pas le hardware,
18:13ce n'est pas le véhicule qui compte, mais c'est le software à l'intérieur,
18:16c'est le logiciel et on va vendre ce logiciel.
18:18C'est notamment la stratégie de Tesla.
18:19Là, c'est une stratégie inverse, de dire non, ce qui compte,
18:21c'est le véhicule et le logiciel est gratuit.
18:24Et donc, c'est des vrais changements, on va dire, culturels.
18:28Et aujourd'hui, ces véhicules fonctionnent.
18:31Là, par contre, on va se heurter à une barrière réglementaire,
18:34puisqu'en Europe, aujourd'hui, il n'y a pas de volonté actuelle ni future
18:38d'autoriser la conduite autonome généralisée sur les routes.
18:42Et puis, il y a des investissements à faire dans les infrastructures aussi.
18:45C'est-à-dire que pour qu'un véhicule soit totalement autonome,
18:48c'est le véhicule, mais aussi une route ou une autoroute dite intelligente
18:52qui lui permet de voir à peu près où il en est et de se déplacer en sûreté.
18:57Alors justement, ces autoroutes intelligentes, on en est où ?
18:58Il y a des expérimentations, notamment en Chine.
19:00Et l'Europe, est-ce qu'elle va dire oui à tout ça ?
19:03Alors, ces autoroutes intelligentes existent, effectivement.
19:05Il y a des pilotes, je ne saurais plus le nom, mais par exemple,
19:08la ville de Chengdu qui a été retenue pour mener un pilote avec une autoroute intelligente,
19:13donc pour pouvoir rendre le véhicule totalement autonome
19:16en ayant ce dialogue entre l'infrastructure routière et le véhicule.
19:21En Europe, aujourd'hui, il y a quelques petites initiatives.
19:24Il y avait une initiative en Allemagne, mais ça reste très petit
19:27par rapport au déploiement à l'échelle qu'est capable aujourd'hui de faire la Chine.
19:32D'un mot, le drone passager aussi ?
19:34Oui, on y va aussi.
19:37La voiture n'est pas le dernier avatar ou le dernier chaînon de l'évolution du véhicule et du transport.
19:43Et on sait qu'il existe aujourd'hui des drones de transport de passagers
19:46qui sont mis, alors c'est des tout petites unités, c'est des petits effectifs,
19:50mais ces drones existent aujourd'hui déjà dans un certain nombre de grandes villes chinoises.
19:54Là, j'ai une un peu de prospective pour vous.
19:56Merci Robin pour ce déclaxissement très futuriste et passionnant.
20:00Alors, le secteur automobile, c'est sûrement un secteur clé.
20:04Et d'une manière plus générale, M. Duned, quels sont les secteurs, selon vous,
20:08qui sont les plus prometteurs dans l'avenir ?
20:11Moi, je pense au rapport gouvernemental qui a été publié au mois de mars,
20:18où on a beaucoup parlé des forces productives de haute qualité,
20:24de nouvelles forces productives de qualité.
20:27Ça, c'est le mot-clé maintenant pour toutes les autorités et pour les entreprises.
20:33Alors, tout ce qui est relié au data, à l'intelligence artificielle, au biopharma,
20:40ça, c'est, je pense que ça, c'est une opportunité.
20:42Mais aussi, le gouvernement chinois encourage les entreprises étrangères
20:50d'investir dans les secteurs de plus en plus reliés aux services.
20:54Par exemple, le secteur de l'éducation, tourisme.
20:59Ça, c'est un secteur qui, je pense, a beaucoup de possibilités pour croître ici en Chine.
21:05Vous voyez beaucoup de villes qui sont développées maintenant,
21:08mais il n'y a pas autant de touristes qui viennent ici en Chine
21:12comme comparé à avant la période Covid.
21:16Et je pense que ça représente une très bonne opportunité pour la Chine aussi.
21:21Et quel est votre avis, Jean-Rouet ?
21:23Surtout, vous faites beaucoup de travail pour améliorer les compréhensions entre les deux parties.
21:29Comment on peut mieux faire dans l'avenir pour favoriser ces échanges économiques ?
21:32Exactement.
21:33Alors, moi, je construis des ponts entre la Chine et l'Europe.
21:35Je construis des ponts dans le milieu économique, dans le milieu culturel, dans le milieu des médias.
21:41En fait, c'est aussi intéressant.
21:42Pourquoi est-ce que je vois l'avenir entre la Chine et l'Europe en rose ?
21:45Parce qu'il y a tellement d'intérêts communs à chercher ensemble.
21:48Tout à l'heure, notre ami Robin à Paris, il a mentionné ces possibilités
21:53de développement de l'infrastructure électrique en Europe,
21:58puisque, effectivement, peut-être que le véhicule autonome,
22:01ce sera dans un très proche avenir.
22:03Dans ce cas-là, nous avons besoin de meilleures infrastructures en Europe et en Chine.
22:08Et donc là, je vois tout de suite des champs de coopération,
22:11et aussi dans les champs de coopération de 5G, dans les champs de coopération de l'énergie verte.
22:16La Chine prône toujours cette dépollution et la réduction de CO2.
22:21Et c'est aussi le cas pour la France et aussi pour l'Europe avec l'accord de Paris.
22:24Donc je pense que là, avec le développement de l'énergie verte comme l'hydrogène,
22:30c'est aussi une opportunité entre les deux parties,
22:33et aussi le côté de l'intelligence artificielle,
22:35comment établir les normes ensemble pour le monde entier.
22:38Je pense que c'est aussi une piste très importante à explorer entre la Chine et l'Europe.
22:43Et puis aussi, je souhaiterais aussi mentionner ce que j'ai fait il y a deux jours.
22:47Je suis allée animer un événement en lien avec la semaine de la coopération d'échange
22:51de villes amies internationales de Chindon, dans la province de Chindon.
22:55Et en fait, c'est très fort en l'industrie, et aussi en agriculture,
22:59et aussi en tout ce qui est le côté portuaire.
23:03Donc là, ce qui est intéressant, c'est parce que cette province de Chindon
23:06est jumelée avec la région de la Bretagne en France il y a 40 ans.
23:10Donc cette année, ils fêtent le 40e anniversaire.
23:13Et depuis, ils ont fait beaucoup d'échanges entre les enfants pour l'emprendissage de la langue.
23:18Et aussi, cette fois-ci, nous avons vu toute une délégation bretonne venir sur place
23:23dans la province de Chindon, non seulement pour nouer cette coopération,
23:28mais aussi de voir s'il y a de nouvelles opportunités de venir sur place,
23:32d'aller à la rencontre des entreprises, d'aller à la rencontre de leurs amis,
23:37leurs futurs partenaires.
23:38Et tout ça, c'est quelque chose de très important.
23:40Donc il faut venir, il faut nouer ces coopérations,
23:43il faut nouer ces contacts humains à humains.
23:46Donc là, je pense que c'est quelque chose de très important entre les deux parties.
23:49Oui, c'est comme l'émission qu'on est en train de faire,
23:52c'est créer des ponts entre les médias français et les médias chinois.
23:55Alors, Gilane ?
23:56Merci, Jaïn, pour cette émission réalisée depuis Paris et Pékin.
23:59C'était un plaisir de présenter ce hors-série avec vous.
24:03Merci, Gilane, le plaisir à partager.
24:05Et merci de nous avoir suivis sur BFM Business.
24:07On se retrouve bientôt.
24:08Alors, je vous remercie, M. Dunette,
24:11et j'en prie d'avoir participé à notre émission.
24:13Merci.
24:14Avec plaisir, merci.
24:15Et je vous remercie d'avoir suivi notre discussion.
24:18À la prochaine.
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