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  • il y a 8 mois
Olivier Faure et Nicolas Mayers-Rossignol s'affrontent pour le poste de premier secrétaire du PS lors d'un second tour qui se tiendra ce jeudi. Ils ont accepté de répondre aux questions de Benjamin duhamel l'un après l'autre dans Tout le monde veut savoir.

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Transcription
00:00– Et pour commencer, le challenger Nicolas Maillard-Rossignol,
00:05maire de Rouen, est en train d'arriver sur ce plateau.
00:09Bonsoir, merci d'être avec nous.
00:11Bon, vous espériez le ralliement du troisième homme, Boris Vallaud.
00:14C'est raté, il va voter pour Olivier Faure.
00:17C'est perdu d'avance pour vous, demain, vous rentrez à Rouen
00:19sans accéder à la tête du Parti Socialiste ?
00:21– Non, d'abord, je suis très heureux d'être à Rouen,
00:23mais non, ce n'est pas du tout perdu d'avance.
00:25Et comme il l'a dit, vous parlez de Boris Vallaud,
00:26c'est une décision personnelle.
00:28Il y a plein de soutiens de Boris Vallaud au premier tour
00:31qui ont déjà exprimé leur soutien à ma candidature pour le second tour.
00:35Pour une raison très simple, c'est que ce parti doit changer.
00:38Il doit changer, il doit s'affirmer par le travail, par les idées.
00:41Qu'est-ce qu'on a vu là ?
00:42De moins en moins de militants, on n'en a jamais vu aussi peu.
00:45Des débats, des débats quand il y en a,
00:47parce qu'on voit même le premier secrétaire les esquive.
00:50– Vous auriez aimé qu'il y ait un débat ?
00:51– Évidemment, mais évidemment.
00:52– Mais pourquoi il n'y en a pas eu alors ?
00:53– Il faudra demander à celui qui les a refusés.
00:55Moi, j'ai toujours dit, quand le Parti Socialiste était fort,
00:58quand il gagnait des élections, il y avait des sensibilités différentes.
01:02Emmanueli, Strauss-Kahn, Aubry, Royal,
01:05et il y avait des affrontements idéologiques de fond.
01:06– Quand on interroge les débats sur les débats, il dit,
01:08mais moi j'ai débattu dans les fédérations,
01:09il n'y a pas besoin de faire un débat sur un plateau de télévision.
01:11Moi, je crois au contraire qu'on a besoin d'un parti socialiste
01:13qui s'affirme par ses idées, par ses propositions,
01:17et que la confrontation des idées, qui serait respectueuse sur la forme,
01:19ce n'est pas une question de…
01:21Évidemment, on partage évidemment des valeurs,
01:23elle est essentielle pour montrer qu'un parti,
01:26ce n'est pas juste un appareil.
01:28Il ne faut pas confondre les deux.
01:29Moi, je veux un parti qui vive, une famille politique.
01:31Et une famille, on peut s'engueuler des fois sur le fond,
01:33mais on vit ensemble et on bosse ensemble surtout.
01:36– Qu'est-ce que vous dites à celui qui va vous succéder dans un instant, Olivier Faure ?
01:39Est-ce que si vous gagnez, vous l'associerez ?
01:41Et si vous perdez, est-ce que vous travaillerez avec lui ?
01:44– D'abord, moi je l'ai proposé,
01:45je crois que je suis le seul d'ailleurs à l'avoir dit très clairement,
01:48je veux une direction qui fasse toute sa place à toutes les sensibilités.
01:52Parce que ce qu'on a vu, écoutez, on est si peu nombreux,
01:54on ne va pas commencer à se taper entre nous, c'est idiot.
01:57On a besoin d'être ensemble.
01:58Et moi, j'ai envie que justement, on ait un parti qui s'affirme.
02:01Donc tout le monde a sa place dans la direction.
02:03Et on a besoin de cette complémentarité.
02:05Moi, mon objectif, c'est de faire émerger une équipe, une dream team.
02:07Il faut un premier secrétaire de mission.
02:09Il faut aussi qu'il soit clair sur les ambitions personnelles.
02:11Moi, je n'ai pas d'ambition personnelle.
02:12– C'est-à-dire qu'il soit clair ?
02:13– L'élection présidentielle.
02:15– Ah, il veut être candidat avec son présidentiel ?
02:16– Là encore, il faut lui demander.
02:18– Je lui demande régulièrement et il ne ferme pas la porte,
02:20mais il ne dit pas qu'il veut être candidat avec son présidentiel.
02:22– Tour de France.
02:24– Vous avez vu que c'était un Tour de France un peu particulier.
02:27– Non, mais je ne veux pas faire de procès d'intention.
02:29– Si vous expliquez qu'il y a des ambitions cachées.
02:32– Non, non, chacun a le droit d'avoir des ambitions personnelles.
02:35Moi, je n'ai jamais été pour cette forme de façon jésuite
02:38de dire qu'on fait de la politique,
02:39qu'il n'y a pas d'ambition des personnes.
02:40Bien sûr qu'il y a des ambitions des personnes.
02:41Simplement, je dis que l'état du Parti socialiste aujourd'hui
02:44est si grave qu'on a besoin d'un premier secrétaire
02:46qui soit complètement à cette tâche-là.
02:48– C'est quoi votre principale différence avec Olivier Faure,
02:50Nicolas Maier-Rossignol ?
02:51– La clarté et l'affirmation.
02:53C'est ça la première grande différence.
02:55La clarté sur les alliances en particulier, sur les valeurs.
02:58– Mais c'est-à-dire que vous ne le trouvez pas clair sur les alliances ?
03:00– Les Français ne nous le trouvent pas clair.
03:01Les Français nous le disent tous les jours.
03:03– Il lui dit qu'il n'y aura plus d'alliance avec la France insoumise.
03:06– Clair sur la ligne, d'abord.
03:08Et il faut poser les questions clairement aussi.
03:10Si demain, il y a une dissolution ?
03:12On sait, d'ailleurs, est-ce qu'on est prêt ?
03:14Parce que, franchement, est-ce que le Parti socialiste est prêt sur le fond ?
03:17Aujourd'hui, s'il y avait une dissolution, ça pourrait arriver dans un mois.
03:20On ne l'est pas.
03:21Donc, clarté et affirmation.
03:23Moi, je suis maire.
03:24Donc, je sors dans la rue à Rouen ou ailleurs,
03:27les gens m'interpellent.
03:28Et quelle est la ligne du Parti socialiste ?
03:30Sur les retraites, sur la sécurité.
03:32On parle de sécurité.
03:34Sur l'immigration, sur l'écologie, sur le pouvoir d'achat,
03:37sur l'économie, sur la production, sur l'industrie.
03:39Voilà.
03:40– C'est intéressant que vous parliez des retraites.
03:42Vous, votre position sur les retraites, c'est quoi ?
03:44Un projet porté par un patron du Parti socialiste, Nicolas Maier-Russignol.
03:47Est-ce que c'est le retour à 60 ans ?
03:50Est-ce que c'est le retour à 62 ans ?
03:52C'est quoi la réforme des retraites ?
03:53– Moi, je pense qu'il faut dire deux choses.
03:56D'abord, la réforme d'Emmanuel Macron, elle est injuste.
03:59Pourquoi ?
03:59Parce qu'elle a supprimé des critères de pénibilité.
04:01– Donc, vous revenez dessus.
04:02– Ah oui, bien sûr.
04:03– Donc, retour à 62 ans.
04:04– Non, je vais être très précis.
04:06Un, il y a un conclave en ce moment.
04:08En fait, je reprends à peu près ce que dit Marie-Élise Léon
04:11ou Laurent Berger à l'époque.
04:12C'est-à-dire d'essayer de trouver un compromis
04:13sur l'âge légal de départ à la retraite.
04:17Plus, on peut le faire revenir vers 62 ans, mais on se porte.
04:19– Mais si 63, ça vous irait ?
04:21– Mais ce que j'essaye de dire, c'est qu'il y a 6 à 10 ans
04:24de différence d'espérance de vie, d'espérance de vie
04:28entre un cadre et un ouvrier.
04:30C'est là qu'on doit travailler.
04:31Tout le monde comprend bien, franchement.
04:32Moi, à Rouen, les ouvriers à Rouen comme ailleurs,
04:35ils vous le disent tous les jours.
04:36Tout le monde comprend bien que selon votre parcours de vie
04:39et aussi selon que vous êtes un homme ou une femme,
04:41parce qu'il y a aussi cette inégalité-là,
04:42si vous allez travailler comme cantonnier,
04:44si vous avez transporté des charges lourdes,
04:46si vous avez été exposé aux hydrocarbures,
04:48ce n'est pas la même chose que si vous avez travaillé
04:50dans des bureaux.
04:51Tout le monde comprend bien ça.
04:52Et donc, il faut moduler la durée de cotisation
04:54pour pouvoir partir de façon différente,
04:56y compris moins de 60 ans,
04:57pour certains métiers extrêmement pénibles.
04:59– En tout cas, dire on revient à tous,
05:00tout le monde revient à 62 ans, ce n'est pas raisonnable.
05:02– Je pense que dire que pour tout le monde,
05:05ce que disait la NUPES,
05:06revenir à 60 ans pour tous, c'est mentir.
05:09– Et 62 aussi ?
05:10– 62, ça peut être une barrière générale,
05:13mais il faut moduler pour que certains qui ont une carrière
05:16et qui ont bien gagné leur vie,
05:17qui ont une carrière moins pénible,
05:19puissent partir plus tard, et ce n'est pas grave,
05:21et qu'à l'inverse, qu'on ajoute des critères de pénibilité.
05:24Je vous donne un exemple,
05:25vous travaillez aux urgences au CHU,
05:27vous ne croyez pas que ce n'est pas pénible ?
05:28C'est extrêmement dur, y compris mentalement.
05:30Est-ce que c'est pris en compte aujourd'hui ?
05:31D'ailleurs, ce sont souvent des femmes.
05:33Est-ce que c'est pris en compte ?
05:34Pas du tout.
05:35Voilà ce genre de pénibilité-là
05:36qui devrait être pris en compte.
05:37– J'ai encore deux questions à vous poser,
05:38Nicolas Maillard-Rassino.
05:39La première, est-ce que, Olivier Faure,
05:40puisque vous l'accusez,
05:42mais en tout cas vous expliquez
05:43qu'il faut qu'il y ait de la clarté sur les ambitions,
05:45est-ce que ça ferait un bon candidat à l'élection présidentielle ?
05:47– Ce sera aux Français d'en juger.
05:49Ce que je sais, en tout cas,
05:50c'est qu'aujourd'hui, nous sommes dans un congrès
05:51pour élire le premier secrétaire du Parti Socialiste,
05:55qui est dans un État qui n'est pas bon.
05:57Il y a de moins en moins de militants,
05:58il n'y en a jamais eu aussi peu.
05:59– C'est quoi le candidat idéal pour vous ?
06:01C'est quoi, c'est Raphaël Glucksmann, plutôt ?
06:03– Moi, je n'en sais rien à ce stade.
06:05Ce que je sais…
06:06– Si vous voulez être patron du Parti Socialiste.
06:07– Non, excusez-moi, mais aujourd'hui,
06:09la gauche, elle n'est nulle part à l'élection présidentielle.
06:11Moi, je ne fais pas de langue de bois.
06:12La gauche, elle ne gagne pas à l'élection présidentielle aujourd'hui.
06:14Elle pèse moins de 30% en prenant tous les partis ensemble
06:17et elle n'atteint même pas le second tour.
06:19Donc, la vraie question, c'est est-ce qu'on continue
06:22dans cette stratégie qui, jusqu'à présent,
06:24a été plutôt dominée par la France insoumise,
06:26mais qui, au final, est perdante,
06:28ou bien est-ce qu'on fait émerger à gauche
06:29une gauche qui est clairement à gauche ?
06:31Moi, je n'ai aucune leçon de gauche à recevoir
06:33et je demande d'être jugé sur les actes des politiques que je mène.
06:36Moi, je mène l'union de la gauche tous les jours à Rouen,
06:38avec des écologistes, avec des communistes,
06:40j'ai même l'effi dans mon conseil de la métropole rouennaise,
06:42avec place publique.
06:44Émerger un pôle de gauche clairement à gauche,
06:46mais clairement républicain,
06:48sans compromission sur la laïcité,
06:50sur l'universalisme.
06:52Ce sont des sujets absolument majeurs,
06:54pro-européennes,
06:55et qui n'ont pas de tabou sur des questions
06:56qui sont au cœur des préoccupations des Français,
06:58la sécurité, par exemple.
06:59Une dernière question,
07:00est-ce que vous considérez, comme Olivier Faure,
07:02que Bruno Rottaglio, le ministre de l'Intérieur,
07:03attise ce qu'il appelle un racisme d'atmosphère ?
07:08Je pense, et en cela, je partage une partie de...
07:11Je n'aurais peut-être pas utilisé cette expression,
07:13mais je pense que, quand on est ministre,
07:15et en particulier ministre régalien,
07:18on doit faire attention aux mots qu'on emploie.
07:20Et j'observe depuis maintenant plusieurs mois,
07:23plusieurs années,
07:23et pas seulement de la part de M. Rottaglio,
07:25mais effectivement...
07:26Mais racisme d'atmosphère,
07:27c'est la bonne expression ?
07:28Il a tendance à, vous savez,
07:29c'est ce qu'on appelle la fenêtre d'Overton,
07:31à mettre dans le débat,
07:32comme si c'était des mots acceptables,
07:34le sentiment de submersion,
07:36les barbares.
07:37Barbares, ça veut dire étrangers, quand même,
07:39alors que je signale quand même
07:40que les auteurs des troubles, là,
07:41et des dégradations,
07:42ce sont des jeunes Français.
07:45Mettre des civilisations,
07:47attaquer le voile,
07:48en sous-entendant, en gros,
07:49que tous les Arabes seraient musulmans
07:51et que tous les musulmans seraient islamistes.
07:53C'est ça, l'espèce de doxa
07:55qu'on entend derrière.
07:56Je ne dis pas que c'est dit explicitement,
07:58je dis que c'est insidieux
08:00et que quand on est ministre,
08:02on doit faire très attention
08:03aux mots que l'on emploie.
08:04Et on observe clairement
08:06une dérive là-dessus,
08:07qui, d'ailleurs, profite à qui ?
08:08Profite à l'extrême droite.
08:10Et ça, c'est très grave.
08:11Merci, Nicolas Maillard-Rossineul,
08:13d'être venu ce soir
08:14dans Tout le monde veut savoir.
08:15Vous pouvez donc laisser votre place
08:18à celui qui est le favori de cette élection.
08:21Vous pouvez donc...
08:23Allez-y, on va avoir cette chorégraphie
08:25entre vous deux.
08:29Ah, voilà, il y a une accolade.
08:32Il n'y a pas de poignée de main.
08:33Mais bon, en même temps...
08:35Non, c'est une accolade.
08:36Là, parce qu'en tête, on est devant vous,
08:39mais la réalité, c'est qu'on n'a effectivement
08:41aucune raison de ne pas se saluer,
08:43de ne pas s'apprécier
08:44et avoir aussi à gérer nos différences
08:47parce qu'on est dans un parti démocratique
08:49et que c'est pas mal, la démocratie.
08:50Oui, mais alors, bonsoir Olivier Faure.
08:52Merci d'être avec nous.
08:54Pour revenir tout de suite
08:55sur ce que vient de dire Nicolas Maillard-Rossineul
08:57sur la question du débat.
08:58Pourquoi vous n'avez pas voulu débattre avec lui
09:00une grande formation politique
09:01qui a donné deux présidents à la Ve République
09:04qui ne veulent pas faire de débat
09:05sur un plateau de télévision ?
09:06Mais d'abord, je l'ai déjà fait
09:07à plusieurs reprises
09:08et j'ai toujours pensé...
09:10Oui, pas cette fois-ci.
09:11Oui, moi là, je parle de cette élection.
09:13Mais je l'ai fait dans les autres congrès.
09:14Pourquoi je ne veux pas le faire ?
09:15Parce que je ne veux pas rendre
09:17les positions des uns et des autres irréconciables.
09:19Je connais les virtudes de la télévision.
09:21J'en connais aussi les défauts.
09:22Et je sais que dans ces cas-là,
09:24le ton monte,
09:24qu'on cherche à faire le gros bras.
09:27Et puis à la fin,
09:28on ne peut plus se parler
09:28et on n'arrive plus à travailler ensemble.
09:30Moi, ce que je veux,
09:30c'est rassembler les socialistes.
09:32Ce que j'ai fait depuis deux ans, figurez-vous.
09:34On avait dit que le congrès de Marseille,
09:35c'est horrible, c'est affreux.
09:36Il s'entretue.
09:37Mais la réalité, c'est que depuis deux ans...
09:38Donc ce n'est pas que vous craignez le débat ?
09:39Non, pas du tout.
09:40Mais le débat, on l'a eu tous les soirs.
09:41Cette semaine encore,
09:42j'étais avec Nicolas Meilleur-Rossignol
09:43en débat à Amiens.
09:45C'est vous dire à quel point
09:45je ne crains pas le débat
09:46et je l'ai eu pendant ça fait deux mois
09:48qu'on est sur les routes.
09:49Et tous les soirs,
09:50on se retrouve les uns et les autres
09:51pour débattre.
09:53Et je l'ai fait
09:53parce que c'est un débat interne.
09:54Mais vous n'avez pas eu de débat
09:55Rotaillot-Vauquiez non plus.
09:57Parce que nous n'avons pas forcément intérêt
09:59à exposer aux yeux du monde
10:01des désaccords
10:02qui sont des désaccords parfois
10:03assez incompréhensibles
10:04du point de vue de l'extérieur.
10:06Donc voilà.
10:06Mais bien sûr que le débat
10:08est parfaitement légitime
10:09et reconnaissait que ce Parti Socialiste
10:12est un parti de débat.
10:13En quatre ans,
10:14c'est le troisième congrès
10:16que nous organisons.
10:17Voilà.
10:17Olivier Faure,
10:18vous êtes premier secrétaire
10:19du Parti Socialiste
10:20depuis 2018.
10:21Je vais redonner
10:22les quelques chiffres
10:23du premier tour,
10:24ce qu'on appelle les votes
10:25sur les textes d'orientation.
10:2623 000 votants,
10:28à peine 40 000 militants.
10:30Quel échec !
10:31C'est votre échec
10:32d'avoir un parti réduit
10:35à seulement à peine 40 000 militants
10:38là où il y a 20 ans
10:39ils étaient plus de 200 000,
10:41seulement 23 000 votants.
10:42Quand on sait que les Républicains,
10:43il y avait quasiment 100 000 personnes
10:45qui ont voté pour départager
10:46Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau.
10:47Vous prenez votre part
10:48dans cet échec ?
10:49Mais d'abord,
10:50je vais commencer par vous dire
10:51que les règles sont différentes.
10:53Si on avait accepté l'idée
10:54que tout le monde peut voter
10:56en adhérant la veille,
10:57nous aurions certainement eu
10:58des milliers de militants supplémentaires.
10:59Il y avait des règles aussi
11:00pour les Républicains
11:01de date butoir pour voter.
11:02Pas du tout.
11:02La règle,
11:03c'était 15 jours avant.
11:04Non, non.
11:04Et vous pouviez,
11:05c'était quelques jours avant.
11:06J'en ai parlé avec eux,
11:08ils m'ont dit
11:08quelles étaient leurs règles.
11:10Chez nous,
11:10c'est six mois de cotisation,
11:11enfin c'est six mois
11:12pour arriver à être votant
11:14et c'est des cotisations
11:16et ce n'est pas des cotisations mineures.
11:17Et donc c'est la raison
11:18pour laquelle effectivement
11:19il y a moins de personnes.
11:20Mais la réalité,
11:21quelle est-elle ?
11:22C'est que nous avons perdu
11:23des militants.
11:24À quel moment à votre avis ?
11:25Quand je suis arrivé moi ?
11:27Non.
11:28On a perdu les militants,
11:29on en a perdu 100 000
11:30pendant le quinquennat 2012-2017.
11:34Donc vous en êtes encore
11:35à jouer le coup de l'inventaire
11:36de François Hollande
11:37à la première année en 2025 ?
11:38Mais vous m'interrogez,
11:40je vous réponds
11:40et je vois bien
11:42que certains auraient envie
11:44de pouvoir m'attribuer
11:45en fait y compris
11:46les échecs des autres.
11:47La réalité,
11:48c'est que nous avons
11:49au contraire
11:49reconstruit un parti,
11:51renouvelé les générations,
11:52renouvelé les équipes,
11:53fait en sorte
11:53de faire émerger
11:55de nouveaux talents aussi
11:56ce qui est
11:57une des grandes fiertés
11:57de ce mandat.
11:58Mais donc la situation du PS
11:59aujourd'hui,
12:00c'est à cause de François Hollande ?
12:01Mais pas du tout,
12:02ce n'est pas ce que je vous dis.
12:03Ce que je vous dis,
12:05comparé avec
12:06La République en Marche,
12:07combien il y a eu
12:08de votants à leur congrès
12:09pour élire Gabriel Attal ?
12:10Très peu.
12:11Très peu.
12:12Autour de 10 000.
12:13Bon, voilà.
12:14Eh bien écoutez,
12:15je suis fier d'être
12:16dans un parti qui,
12:17même s'il est en opposition,
12:18fait mieux.
12:19Là encore,
12:20puisque on n'a pas pu
12:21organiser de débat,
12:22mais j'imagine que vous avez
12:23entendu ce qu'a dit
12:23Nicolas Maillard-Rossignol,
12:24il dit,
12:25moi dans les différences
12:26que j'ai avec Olivier Faure,
12:27c'est qu'il faut de la clarté
12:28sur les ambitions
12:29des uns et des autres.
12:30Et au fond,
12:30il dit, Olivier Faure,
12:32en fait,
12:32il fait tout ça
12:33parce qu'il a envie
12:33d'être candidat
12:34à l'élection présidentielle.
12:34Non mais,
12:35écoutez,
12:36moi je veux bien
12:36entrer dans ces débats
12:37qui n'ont aucun sens
12:38pour les gens
12:39qui nous regardent.
12:40La réalité,
12:40c'est qu'aujourd'hui,
12:41les socialistes,
12:41les communistes,
12:42les écologistes,
12:43les ex-insoumis,
12:44Raphaël Luxman,
12:45aucun d'entre nous
12:46n'est en mesure
12:46de prétendre à quoi que ce soit.
12:48Enfin,
12:49on est très très loin du compte.
12:50On est dans une situation
12:51où l'extrême droite
12:52est à 40% dans les sondages.
12:54Bon,
12:55et vous pensez
12:55que c'est le moment
12:56pour tout le monde
12:56de s'égayer.
12:57J'en vois d'ailleurs
12:58beaucoup qui soutiennent
12:59Nicolas Mérot-Rossignol
12:59en pensant eux-mêmes
13:01que s'ils prenaient
13:01le parti de main,
13:02ils pourraient être candidats.
13:03Je pense à France Hollande,
13:04je pense à Carole Delga,
13:05je pense à Karim Boramran
13:05qui ont tous fait état
13:07de leurs ambitions présidentielles.
13:08Et vous en avez aussi ou pas ?
13:09Ce n'est pas mon cas.
13:10Je n'ai jamais dit ça.
13:10Vous n'avez aucune ambition présidentielle ?
13:12Je vous ai dit
13:12la chose suivante.
13:13Je vous ai dit,
13:14moi je souhaite
13:14un candidat commun
13:16à tout cet espace
13:17qui va de Ruffin
13:18à Glucksmann.
13:19et le moment venu,
13:20on choisira
13:21le meilleur ou la meilleure
13:22et à ce stade,
13:24je ne sais pas
13:24qui sera le meilleur
13:25ou la meilleure
13:25mais pour l'instant,
13:26ce que je vois,
13:26c'est que personne
13:27n'est en mesure
13:28de contrecarrer
13:29les ambitions
13:30de l'extrême droite
13:30ce qui me navre
13:32et c'est la raison
13:32pour laquelle
13:33je me bats
13:33de toutes mes forces
13:34pour que nous arrivions
13:35d'abord à une plateforme commune
13:37et ensuite à un candidat commun.
13:38Et donc,
13:39en vous disant
13:39que je veux un candidat commun,
13:40c'est bien l'expression
13:41de quelque chose de clair,
13:43c'est vous dire
13:43que je suis loin
13:44de chercher
13:45à imposer une candidature,
13:46j'ai cherché à dire
13:47qu'il faudra faire le choix
13:48parmi celles et ceux
13:49qui, nombreux,
13:50dans toute la gauche,
13:51peuvent être en mesure
13:51de nous faire gagner.
13:52Autre reproche
13:53qui vous est fait,
13:54une forme d'ambiguïté
13:55vis-à-vis de la France insoumise,
13:55je voudrais vous faire écouter
13:56ce que disait Manuel Bompard,
13:58le coordinateur de l'FI
13:59ce matin
13:59chez nos confrères de TF1.
14:01Les deux disent
14:02qu'ils ne veulent plus travailler
14:03avec la France insoumise.
14:04Il y en a un
14:05qui le dit plus fort que l'autre.
14:06Ah bon ?
14:07Vous avez l'impression ?
14:08Moi, je ne sais pas,
14:09je lis ce que les gens disent.
14:11Les deux disent
14:11donc c'est un parti rabougri
14:15et divisé
14:16et qui prendra
14:17en tout état de cause
14:18une décision
14:18de rabougrissement
14:19et de division.
14:22Décision de rabougrissement
14:23et de division.
14:24Je laisse ces mots-là
14:25pour Manuel Bompard.
14:27Moi, je souhaite au contraire
14:28faire émerger
14:29une offre politique
14:30qui ne se limitera d'ailleurs
14:31pas au seul parti socialiste,
14:32je vous l'ai dit,
14:33parce que je souhaite
14:33que toute la gauche
14:35qui refuse l'alignement
14:36sur Jean-Luc Mélenchon
14:37puisse se retrouver
14:38et puisse faire émerger
14:40une offre
14:40qui soit de la nature
14:41à aborder le second tour
14:43et à gagner le second tour.
14:45Jean-Luc Mélenchon
14:45est un candidat
14:46qui est parfaitement
14:47capable d'atteindre
14:49effectivement
14:49des scores importants
14:50sur un premier tour.
14:51Mais chacun le sait bien,
14:53il est celui aussi
14:54qui est au second tour
14:55et le plus mauvais candidat
14:56pour la gauche
14:57parce qu'il est celui
14:58qui coalise la droite
14:59avec l'extrême droite.
15:00Et moi, ce que je veux,
15:01ce n'est pas simplement
15:02témoigner,
15:03ce n'est pas simplement
15:04faire un tour de piste
15:05avec l'idée
15:07que ce ne serait déjà
15:08pas si mal.
15:08Ce que je veux,
15:09ce n'est pas résister,
15:11c'est gagner pour demain,
15:12gouverner et faire en sorte
15:13que nous puissions
15:13changer effectivement
15:15la vie des Français.
15:15Est-ce que vous pouvez dire
15:16avec beaucoup de certitude
15:18qu'il n'y aura plus jamais
15:18d'alliance avec la France insoumise ?
15:20Mais je vous ai dit
15:21de Ruffin et Glucksmann,
15:21qu'est-ce qui n'est pas clair ?
15:23Plus jamais.
15:24C'est-à-dire que si demain
15:24il y avait une dissolution,
15:25si demain il y avait de nouveau
15:27un péril...
15:27Revenons sur la...
15:29Une victoire du Rassemblement
15:31national,
15:31est-ce que vous excluez
15:32tout à fait la possibilité
15:33d'une nouvelle alliance
15:34avec la France insoumise ?
15:35J'ai écouté tout à l'heure
15:36ce que disait en fait
15:37Nicolas Mayer-Rossignol.
15:38Et j'ai écouté surtout
15:39ce que tous ces gens-là
15:40ont pu dire
15:41parce que quand j'ai proposé
15:43le nouveau Front populaire
15:44avec François Ruffin,
15:46c'est comme ça que c'est né
15:46le Front populaire,
15:48eh bien,
15:49qu'est-ce qui s'est passé ?
15:50Est-ce qu'il y en a
15:50un seul d'entre eux
15:51qui a dit
15:52non, non,
15:52je ne veux pas rentrer
15:53dans le nouveau Front populaire ?
15:54Ils sont tous venus
15:55de François Hollande
15:56à Carole Delga.
15:57Donc ça pourrait arriver de nouveau.
15:58Et je continue
15:59en vous disant
16:00que quand le 7 juillet
16:01le nouveau Front populaire
16:02est en tête
16:03et que tout le monde pense
16:05que la tradition républicaine
16:07soit respectée
16:08par le président de la République,
16:09qu'est-ce qui se passe ?
16:10Est-ce que vous croyez
16:11que ces gens-là
16:11boutent quelque part ?
16:12Non, Nicolas Mayer-Rossignol
16:13il est derrière moi,
16:14juste derrière moi
16:15et il est bien entendu
16:16prêt à venir gouverner
16:18avec les uns et les autres.
16:19Alors, ce que je vous dis
16:20c'est que moi
16:21j'ai une grande fierté.
16:22Vous ne dites pas
16:23Je finis d'un mot
16:25en vous disant
16:26que si je suis face
16:28à l'extrême droite
16:28comme c'était le cas
16:29au mois de juillet
16:30il y avait une possibilité
16:31pour l'extrême droite
16:31de gagner
16:32et grâce au Front populaire
16:34puis grâce au Front républicain
16:35nous avons conjuré
16:37cette perspective-là.
16:38Je n'en ai aucun remords.
16:40Au contraire,
16:41j'en suis fier
16:41et donc je le dis
16:43je me battrai toujours
16:44face à l'extrême droite
16:45et je ferai toujours
16:46tout ce que je peux
16:46pour éviter à la France
16:48ce cauchemar.
16:48Un mot encore avec vous
16:49Olivier Faure,
16:50vous avez reproché
16:50à Bruno Retailleau
16:51le ministre de l'Intérieur
16:52d'être responsable
16:53je cite d'un racisme
16:54d'atmosphère.
16:55Est-ce que vous considérez
16:56qu'il y a un racisme
16:57systémique en France ?
16:59Je ne dirais pas
16:59qu'il est systémique
17:00je dirais qu'il est très important
17:01et que malheureusement
17:02il y a des gens
17:03qui flattent
17:04ces sentiments
17:06et il suffit
17:07de reprendre
17:08toutes les déclarations
17:09de Bruno Retailleau
17:09depuis des années
17:10pour voir qu'il a
17:11à chaque fois cherché
17:12à lier
17:12immigration et insécurité
17:14qu'il a cherché
17:15à dire
17:16y compris parfois
17:17qu'il y avait même
17:17des régressions ethniques
17:19de la part de ceux
17:20Bruno Retailleau
17:21Je ne dis pas
17:22qu'il est raciste
17:22je n'en sais rien
17:23en tout cas
17:24ce qui est sûr
17:24c'est qu'il est clientéliste
17:25et qu'aujourd'hui
17:27il cherche une chose
17:28c'est effectivement
17:29à flatter
17:30un électorat
17:31dont il pense
17:32qu'il pourrait le récupérer
17:33demain
17:33celui de l'extrême droite
17:34il accuse
17:36la gauche
17:37et la France insolite
17:38de la même chose
17:38de clientélisme
17:39vis-à-vis d'un certain électorat
17:41Prouvez-moi
17:42que je suis clientéliste
17:43C'était pas vous
17:44j'indiquais la réponse
17:45que faisait Bruno Retailleau
17:46Peut-être
17:47mais qu'il me prouve
17:48en quoi je serais clientéliste
17:49moi je n'ai jamais
17:50cherché à flatter quiconque
17:52quand je dois dire
17:53la vérité à quelqu'un
17:55sur son comportement
17:56je le dis
17:56je ne suis pas
17:57à chercher
17:58à lier tel ou tel comportement
18:00à telle ou telle ethnie
18:01ou religion
18:02ça n'est pas mon cas
18:03donc je ne vois pas
18:04en quoi je pourrais
18:05être accusé de clientélisme
18:06et ni même
18:07je ne défends jamais
18:08quiconque
18:09alors même qu'il est coupable
18:10donc ça me paraît évident
18:11En fait j'ai encore
18:12une autre dernière question
18:13Eh ben allez-y
18:14Pour un parti progressiste
18:15comme le parti socialiste
18:16est-ce que c'est dommage
18:17que les deux candidats
18:18à la tête du parti
18:19et il y avait d'ailleurs
18:21Boris Vallaud juste avant
18:22soient tous des hommes
18:22Oui c'est dommage
18:24c'est dommage
18:26mais reconnaissez aussi
18:27que nous avons aussi
18:29eu une femme
18:30comme première secrétaire
18:31une très belle
18:32très grande
18:32première secrétaire
18:33Martine Aubry
18:33que nous avons eu
18:34deux candidates
18:35à l'élection présidentielle
18:36ce n'est pas le cas
18:37de tout le monde
18:38Bon
18:38Donc la prochaine fois
18:39vous laisserez votre place
18:41à une femme
18:41C'est bien possible
18:42Merci beaucoup
18:43Olivier Faure
18:44d'être venu nous voir
18:45ce soir
18:45dans Tout le monde veut savoir
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