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  • il y a 7 mois
Le PS est en passe d'élir son nouveau premier secrétaire pour prendre la suite d'Olivier Faure, candidat à sa propre succession face à d'autres partisans comme Nicolas Mayer-Rossignol. 

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Transcription
00:00Christophe Barbier, votre choix ce soir, on va parler du PS, demain les militants socialistes votent pour choisir leur premier secrétaire.
00:07Pourquoi ce moment politique, je lis la question que vous avez, pourquoi ce moment politique passe-t-il quasiment inaperçu ?
00:13Et encore, les médias font des efforts, tout à l'heure on a reçu les deux candidats, vous voyez, on en parle la veille du jour-vie.
00:19On n'a pas été pendant des semaines passionnés par ce débat, pour trois raisons.
00:22D'abord le parti socialiste c'est plus grand chose quand même.
00:241,75% la dernière présidentielle à Nidalgo, 39 815 militants inscrits, 120 000 pour les LR il y a quelques jours, et 24 000 votants seulement sur ces inscrits.
00:35D'accord, il y a un groupe de députés, mais la plupart n'auraient pas été élus sans le nouveau Front populaire, donc sans l'absence d'un candidat LFI dans leur circonscription.
00:43Il y a des élus locaux, régionaux, très importants, très investis, mais qui n'osent plus sortir de leur collectivité locale pour s'occuper d'ambitions nationales, première crise.
00:51Deuxième raison, la fiche de la compétition. Olivier Faure, Nicolas Maillard-Rossignol sont des politiques tout à fait honorables, mais ils ne sont pas dans le camp des gros présidentiables.
01:00Maillard-Rossignol ne veut pas briguer l'Elysée, et Olivier Faure aurait du mal à rivaliser avec Mélenchon.
01:05D'ailleurs, les présidentiables sont hors du PS. Ruffin, Glucksmann, ceux qui sont cités.
01:10Et puis il y a François Hollande, qui est beaucoup dans l'ambition, bien sûr, qui est actif dans le groupe, mais qui s'est tenu hors de la compétition de ce congrès et hors des débats.
01:18Et puis enfin, et c'est le plus grave pour le PS, ce n'est plus un parti qui produit des idées, des idées autour desquelles s'organise le débat.
01:25La dernière idée, proposition, qui a fait parler, qui fait encore parler, c'est le revenu minimum d'existence.
01:30Benoît Hamon, 2017, il y a 8 ans. Que pense le PS sur l'immigration, l'intégration, l'éducation, la culture ?
01:37On aurait bien du mal à le dire. C'est un parti de contestation du pouvoir, c'est pas un parti de proposition pour le gouvernement.
01:42Non, ils nous disent, Retailleau, ça va pas, racisme d'atmosphère, comme Olivier Faure, Macron, ça va pas, mais ils ne nous disent pas ce que le PS ferait au gouvernement.
01:50J'entends tout ce que vous dites, néanmoins, il y a compétition. Il y a compétition entre les deux, Olivier Faure et Nicolas Maillard-Rossignol.
01:55Qu'est-ce qui les sépare ?
01:57C'est la guerre des roses, comme le titre Front Tireur cette semaine. Ce qui les sépare, c'est essentiellement l'attitude par LFI.
02:04Parce que cette guerre des roses avec des roses sans pétales, c'est pas des roses sans épines.
02:08Et sur ce point, quelle attitude par rapport à la France insoumise ? Il y a une vraie distinction.
02:12Pour le maire de Rouen, il faut une rupture définitive. Il le dit dans l'interview à Front Tireur, la gauche, pour être clairement républicaine, universaliste,
02:19elle doit rompre complètement avec LFI. C'est-à-dire que même s'il y avait dissolution, on ne refait pas le Front Populaire.
02:26Olivier Faure est resté un petit peu plus ambigu, le premier secrétaire sortant.
02:30Il a pris ses distances avec Mélenchon depuis le début de l'année 2025.
02:33Mais quand il dit on va aller de Ruffin à Glucksmann, c'est pour éviter de répondre à la question.
02:39Que feriez-vous en cas de dissolution ? Referiez-vous le nouveau Front Populaire ?
02:42Si Olivier Faure ne refait pas une alliance avec LFI, Olivier Faure n'est plus député dans sa circonscription de Seine-et-Marne.
02:48Or, il ne peut y avoir de parti socialiste, de social-démocratie qui reviennent au pouvoir que si on purge ce rapport à LFI
02:55parti révolutionnaire dont la stratégie est de tout conflictualiser.
02:59C'est exactement le problème qui se posait au PS le 13 juin 1971.
03:04Congrès d'Épinay, création du PS.
03:06Mais là, la gauche radicale dominante, c'était le parti communiste.
03:09Et Pierre Moroy, futur premier ministre de Mitterrand, dit ceci de la révolution.
03:14Le pays repousse la révolution dans le désordre et la confusion.
03:21Ce qu'il souhaite, en tous les cas la gauche, c'est la seule révolution qu'il admette.
03:26C'est la révolution dans la clarté et dans la sécurité, c'est-à-dire sans la violence.
03:32Il dirait aujourd'hui non à LFI, comme il disait non aux révolutionnaires communistes.
03:36Il n'y a pas que la méthode pour conquérir et exercer le pouvoir.
03:38Il y a aussi la relation psychologique entre les forces de gauche.
03:42Et le 13 juin 1971, celui qui en parle le mieux,
03:45c'est celui qui n'est pas du PS, mais qui va en prendre la tête, François Mitterrand.
03:50Le parti socialiste est un parti prêt à recevoir quotidiennement la leçon.
03:55Et lorsqu'on ne s'entend pas, lorsqu'une divergence est reconnue,
03:59est-il nécessaire que nous soyons toujours en posture d'accusé ?
04:03Effectivement, on pourrait copier-coller ça aujourd'hui.
04:05LFI accuse le PS de traîtrise quand il ne vote pas la censure pour le budget.
04:09Mais ça veut dire que pour vous, gagner les prochaines élections, c'est illusoire pour le PS ?
04:13En politique, tout est possible.
04:15Mais il y aura une vraie différence si Olivier Faure ou Maillard Ossignol l'emportent demain.
04:20Si c'est Olivier Faure, il y aura cette volonté d'aller de Ruffin à Glucksmann.
04:24Ils ont tous les deux récusé cette hypothèse.
04:26Donc il y a la volonté d'avoir un candidat du PS, qui pourrait être Olivier Faure lui-même.
04:30Mais comment passer devant Mélenchon au premier tour ?
04:32Ça semble impossible.
04:34Et donc si c'est Mélenchon qui est au premier tour, voire au second, le leader,
04:37il y aura derrière le nouveau Front populaire,
04:39et donc la soumission aux insoumis pour les législatives de 1027.
04:42Si c'est Maillard Ossignol, ça ne sera pas miraculeux non plus.
04:45Il ne veut pas de primaire.
04:46Comment trouver un leader, un champion pour la présidentielle de 1027, pour le PS ?
04:51Le renouveau de l'époque de François Mitterrand.
04:54Il est venu au bout de 10 ans.
04:55Et il est résumé dans ce slogan de son affiche de 1981.
04:59L'affiche « La force tranquille ».
05:01Qui voulait réconcilier la France des villages et la France ouvrière qui votait déjà à gauche.
05:06« La force tranquille ».
05:07Aujourd'hui, le PS est un parti qui n'a plus de force et qui est loin d'être tranquille.
05:12Demain, si ça se passe mal en 2027, s'il n'existe pas,
05:15PS, ça voulait rire post-scriptum.
05:18C'est ce qu'on écrit au bas de la page quand l'histoire est terminée.
05:20Je ne pourrais pas être davantage d'accord avec Christophe.
05:24Ah, vous avez d'accord là-dessus !
05:25Comme quoi, vous voyez…
05:26Ce n'était pas le cas.
05:27Non, c'est bien, on avance dans cette émission.
05:29Ça fait plaisir à voir.
05:30Non, le PS ne crée plus d'idéologie, vous l'avez dit.
05:35Et j'y remonterai même à bien avant Benoît Hamon et sa proposition de revenu minimum.
05:41Donc depuis, allez, 30 ans peut-être ?
05:42Allez !
05:43C'est bien dommage.
05:45C'est comme quand on dit de quelqu'un qu'il ne sait plus où il habite.
05:49Voilà, le PS ne sait plus où il habite, ni où il doit aller.
05:53Et c'est bien dommage.
05:53Et il laisse, orphelins me semble-t-il, une bonne partie pour le coup de Français
05:58non représentés dans le nombre d'adhérents aujourd'hui.
06:01Oui, être ou avoir été, il faut choisir.
06:04Ça c'est lui Shakespeare, mais revisité.
06:06Ils sont revenus en Grande-Bretagne, dans quelques années,
06:09un peu à la surprise générale.
06:11Encore une fois, tout est possible, mais il faut un leader des idées du travail.
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