00:00Ça va beaucoup mieux sur RTL.
00:03Ça va beaucoup mieux avec vous Agathe Landais, spécialiste de santé ici à RTL.
00:0640 000 chercheurs du monde entier sont en ce moment réunis, ça se passe à Chicago,
00:10où se déroule le grand congrès annuel de la recherche contre le cancer et même contre les cancers.
00:15Et alors Agathe, il y a du nouveau assez bluffant dans la lutte contre le cancer du sein.
00:20Oui, je vais vous parler d'une étude internationale à laquelle ont participé nos chercheurs de l'Institut Curie.
00:25Au total, 3 000 patientes ont été incluses, toutes atteintes d'un cancer du sein hormono-dépendant.
00:32Un type de cancer dans lequel la tumeur se nourrit des hormones féminines pour se développer.
00:37Ça représente à peu près 80% des cancers du sein.
00:40Aujourd'hui, pour soigner ces patientes, le traitement de base, c'est une chimiothérapie,
00:45puis un traitement pendant plusieurs années par hormonothérapie.
00:48Sauf que bien souvent, malheureusement, ces patients ou ces patientes subissent une récidive de leur cancer.
00:53Oui, parce que leurs tumeurs finissent par s'habituer au traitement.
00:56Elles deviennent plus résistantes et le médicament perd alors en efficacité.
01:01C'est pour ça que la tumeur recommence à se développer.
01:04Nos chercheurs de l'Institut Curie ont donc cherché à savoir s'il était possible de repérer dans le sang des malades,
01:11après une simple prise de sang, ce moment clé où la tumeur commence à muter,
01:15où elle commence à devenir résistante à ces traitements.
01:18Ils sont parvenus tout récemment à repérer ce marqueur qui indique que la tumeur va évoluer.
01:24Quel est l'intérêt de repérer cette mutation ?
01:26C'est révolutionnaire parce qu'aujourd'hui, on repère la mutation d'une tumeur en faisant des scanners réguliers.
01:33C'est beaucoup plus contraignant pour les patientes qui sont soumises à des radiations.
01:37Faire ce contrôle par de simples prélèvements sanguins tous les 2-3 mois, c'est une véritable avancée.
01:42Ça va permettre aux médecins d'agir plus vite parce que les prises de sang peuvent être réalisées plus fréquemment que les scanners.
01:50Dans cette étude, les chercheurs ont aussi testé un tout nouveau médicament développé par AstraZeneca.
01:55Ils l'ont donné aux patientes dès que cette mutation est repérée dans leur sang, avant même que la tumeur n'évolue.
02:01Mais c'est d'autant plus révolutionnaire que les résultats sont impressionnants.
02:04Exactement. Après un an de traitement, chez 60% des patientes traitées, on n'a constaté aucune progression de leur cancer.
02:13A l'inverse, chez les patientes qui n'avaient pas reçu ce traitement, les 2-3 avaient connu une rechute.
02:18Ces bons résultats semblent également se confirmer dans le temps car après 2 ans, 30% des patientes sous ce traitement n'ont toujours aucune rechute
02:26contre seulement 5% des patientes sans traitement.
02:29On est donc sur un espoir considérable parce que grâce à une simple prise de sang et à ce nouveau médicament,
02:35on parvient à ralentir la progression de la maladie et donc à gagner des années de vie pour les patientes.
02:40Bon mais est-ce qu'on sait déjà dire à partir de cette étude, Agathe, si cette nouvelle thérapie pourrait bénéficier à beaucoup de patientes ?
02:46Oui, on estime que 40% des malades qui ont un cancer du sein hormonodépendant présenteraient ces mutations.
02:53Et puis plus largement, cette étude va faire date parce que de nombreux chercheurs vont s'en inspirer
02:57pour eux aussi chercher ces mutations pour d'autres types de cancers,
03:01pour essayer d'avoir toujours un coup d'avance sur la maladie.
03:04Un espoir formidable ce matin. Merci beaucoup.
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