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  • il y a 1 an
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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, c'est Benjamin Glaze.
00:048h15 sur Sud Radio, nous sommes vendredi et c'est l'heure de la chronique de Guy Carlier.
00:09Bonjour mon cher Guy.
00:10Bonjour Benjamin, bonjour Arlette, bonjour à tous.
00:13Bon, comme chaque vendredi, vous allez nous dire ce qui a retenu votre attention dans l'actualité de la semaine qui s'achève.
00:20Oui, les historiens diront plus tard que ce fut un instant suspendu,
00:25une gifle dans l'air lourd de l'Asie tropicale, une gifle à la jointure exacte de l'humiliation et du grotesque,
00:33une scène trop parfaite, trop théâtrale pour ne pas être vraie et que pourtant on a voulu faire passer pour fausse.
00:39Oui, je me suis appliqué pour donner à ce début de chronique une patine littéraire, vu le niveau auquel elle se situe.
00:49L'avion présidentiel venait de se poser sur le tarmac d'Hanoï,
00:52la caméra montée astucieusement sur un transpalette, était là, curieuse, innocente, à hauteur d'homme,
00:58ou plutôt à hauteur de vaudeville.
01:01Un officier ouvre la porte, laissant apparaître dans l'embrasure un rectangle de lumière
01:04et dans ce cadre net, presque cinématographique, apparaît furtivement un visage,
01:10celui d'un homme d'État et soudain une main fuse, pas celle d'un ennemi infiltré,
01:14non une main conjugale, la main de Brigitte qui lui assène un bourg pif avec l'autorité et la colère de l'épouse contrariée.
01:21En un coup d'œil, le président aperçoit la caméra sur le transpalette,
01:26alors dans un réflexe de survie médiatique, en une fraçon de seconde,
01:29il tente de se ressaisir, essaye de donner le change,
01:32en affichant un sourire niais et d'une main tremblante,
01:35fait un coucou un peu ridicule du genre
01:37« Ah tiens, coucou le Vietnam, vous êtes là ? »
01:41C'est le coucou stupide, vous savez, de l'amant qui sort de la chambre et se retrouve face au mari cocu.
01:47Cet instant me revient, à cet instant me revient cette formule usée des éditorialistes,
01:52vous la connaissez Arlette, qui pour souligner la médiocrité des personnages politiques contemporains,
01:57ont pris l'habitude de dire « Imagine-t-on le général de Gaulle dans cette situation ? »
02:02Non, on n'imagine pas Tant Yvonne balancer une droite au général à la porte de l'avion présidentiel.
02:08Imagine-t-on le général de Gaulle ?
02:09Elle est terrible cette phrase, car à chaque fois, la comparaison est cruelle pour les politiques contemporains.
02:15Cette scène a fait le tour du monde, mais le pire, c'est que comme d'hab,
02:19il y a un conseiller en communication à l'Elysée,
02:21il faudrait parvenir à le trouver, ce type qui n'a que des idées à la cong.
02:25Et ce jour-là, il s'est dit « Tiens, on va publier un communiqué pour dire que ce sont des images
02:30générées par l'intelligence artificielle, un fake créé par les Russes.
02:35Tellement ils craignent notre président.
02:37Seulement, les images de la baigne font l'ouverture des journaux télévisés du monde entier.
02:41C'est la risée, personne ne croit une seule seconde que Poutine, avec son Photoshop,
02:45soit puéril au point d'inventer une scène de théâtre de boulevard pareil.
02:49Alors, le président, acculé, bredouille, vous interprétez les images,
02:54on se chamaille comme tous les couples.
02:56Et dans l'entourage du président, on en rajoute,
02:58« Ce sont des querelles de tourtereaux ! »
03:01Du genre, vous savez, c'est toi qui raccroche,
03:03mais c'est moi, on en était à peu près là.
03:05Bon, sur le strict plan ornithologique,
03:08tourtereaux me semblent un peu exagérés, Brigitte, en tourterelles.
03:12Franchement, j'y crois pas.
03:13C'est pas plus une tourterelle qu'un pire drôle de l'année.
03:16Quant au président, sur l'échelle des rapaces,
03:18plus proche de la buse que de l'aigle royal.
03:20Oui, je sais, c'est cruel, je ne peux pas m'en empêcher.
03:23Finalement, c'est moins humiliant que cette situation pour le président et sa femme.
03:27Je sais, c'est même pas une prise de position politique.
03:33Toujours est-il que la BBC envoie un expert en lecture labiale
03:37qui révèle qu'au moment où elle évite la main de son mari en descendant l'escalier,
03:41Brigitte murmure « Dégage, espèce de loser ! »
03:45Et là, le président de la République française répond « Essayons, s'il te plaît ! »
03:50Et ces mots claquent plus fort que la gifle,
03:52parce qu'ils trahissent une vérité plus profonde, plus douloureuse.
03:55La comédie des apparences, le naufrage intime dans les eaux glacées du protocole.
03:59Alors, je pose la question, mais je n'ai même plus envie de rire.
04:02Imagine-t-on Yvonne de Gaulle dire au général « Dégage, espèce de loser ! »
04:08Oui, on rit. Bien sûr qu'on rit, on s'en amuse,
04:10mais derrière le rire, quelque chose comme une gêne, un malaise,
04:14un effritement du symbole, c'est plus la politique, c'est du boulevard.
04:16On n'a pas eu de Gaulle, on a Courteline, et nous voici au point de bascule de cette chronique.
04:21Vous avez compris que la légèreté de la forme, ce gag, ce running gag,
04:25imagine-t-on le général, n'est qu'une catharsis pour dédramatiser le terrible malaise
04:30qui nous saisit à la vue de cette séquence.
04:32J'aurais pu continuer sur le mode de l'humour, vous dire qu'en voyant ces images,
04:36Adrien Quatennens aurait déclaré « Ah ben voilà, juste un moment de décompression !
04:40Ça fait des mois que je me tue à vous le dire ! »
04:43Mais non, en riant de cette pantalonnade présidentielle, c'est de nous dont le monde rit.
04:49Ça, c'est humiliant.
04:50Et de la même façon que l'histoire retiendra de la présidence de François Hollande,
04:54l'image d'un homme descendant de scooter au petit matin,
04:57boutiné dans un costume étriqué, coiffé d'un casque de moto,
05:00tenant un sac de croissant pour aller réveiller sa maîtresse.
05:03Dans 50 ans, il ne restera d'Emmanuel Macron que ses gifles.
05:07Et ses gifles, c'est nous qui la prenons.
05:09Merci beaucoup Guy Carlier.
05:16Arlette Chabot est avec nous.
05:17Je retiens notamment cette phrase de Guy.
05:20« C'est plus de la politique, c'est du boulevard. »
05:22Est-ce qu'on n'en a pas un peu trop fait, les médias, sur cette gifle ?
05:26Je crois qu'il y a une erreur, surtout de la part déjà,
05:29effectivement, du service de communication, on va le dire comme ça, de l'Élysée.
05:33Alors franchement, on aurait pu dire que c'est un moment privé,
05:38et il n'y a aucun commentaire à faire sur ce moment privé qui précède.
05:41Voilà, terminé.
05:43Donc là, ils se sont embarqués dans un truc ridicule avec...
05:48Avec cette volonté de plus en plus de la part de l'Élysée
05:52de débunker les fausses informations.
05:54Et peut-être qu'ils ont réagi de manière un peu trop automatique.
06:01Mais l'histoire, par exemple, du petit carré blanc
06:04dans le train qui emmenait le président de la République
06:07et autres premiers ministres, le fameux mouchoir.
06:11Certains ont dit que c'est de la coke.
06:14Il est en train de sniffer de la coke avant d'arriver à Kiev.
06:17Ça, c'est une énorme bêtise.
06:18Donc que l'Élysée dise, regardez, qu'il fasse effectivement un zoom
06:22et qu'on s'aperçoive que c'est un mouchoir, ça, ça s'appelle effectivement répliquer.
06:26Mais en revanche, imaginez une espèce d'image.
06:29Alors, toutes les versions ont été données avec beaucoup de précision par Guy.
06:33Mais c'est n'importe quoi.
06:35Donc au fond, il y a une image.
06:37Elle est exploitée par ceux qui veulent l'exploiter.
06:40Ce n'est pas un fait politique.
06:41On dit que c'est une image privée.
06:43Mais alors de là, dire intelligence artificielle, complot des Russes derrière,
06:48c'est absolument grotesque.
06:50Comme dit Benjamin, la volonté, c'est de débunkiser, comme tu dis.
06:55Oui, mais là, non, c'est l'inverse.
06:56Et là, c'est l'effet inverse.
06:58C'est-à-dire qu'on recrée une fête.
07:01T'as réflexe, Pablo Vian, presque.
07:03La question que je voudrais vous poser, Arlette, c'est,
07:06est-ce que d'après vous, c'est un système de communication,
07:09c'est-à-dire est-ce qu'on est sur un mensonge permanent sur la com ?
07:17Est-ce qu'on gouverne comme les enfants font des bulles, vous savez, dans les petits jeux comme ça ?
07:22Est-ce qu'on n'est même plus dans l'écume ?
07:25Est-ce qu'on est dans les bulles au-dessus de l'écume ?
07:27Ou est-ce qu'il y a encore de la profondeur dans cette présidence ?
07:31Non, mais il y a l'immédiateté.
07:33Je pense que des services de communication ne sont pas adaptés.
07:36En tout cas, ce qu'il y a, n'est pas là.
07:38C'est que l'image, elle a fait le tour du monde, évidemment, en quelques secondes.
07:43Nous avons été informés, comme le reste du monde,
07:46à la même, j'allais dire, à la même seconde, ou à la même minute.
07:50Il y a quelques secondes de décalage.
07:50C'est-à-dire qu'elle disait, ils ont pensé que ça suffisait pour la France.
07:53Oui, parce qu'on stop, c'est fini.
07:54Les Français vont comprendre ça.
07:55Manque de peau, ça fait l'ouverture de tous les journaux.
07:58Et du coup, en France, on arrête très vite.
07:59En revanche, c'est l'image qui est donnée d'un président français
08:03qui a visiblement, c'est ce que dit la presse internationale,
08:07des problèmes avec son épouse.
08:08Et vous rappelez, il n'est pas le premier.
08:10On remonte dans le temps.
08:12On va reprendre les derniers.
08:13Nicolas Sarkozy, puis François Hollande.
08:16Et aujourd'hui, Emmanuel Macron.
08:18Si tant est que.
08:20Je ne suis pas remonté dans le temps.
08:22Il y en a deux.
08:23Mais ce n'était pas une époque où il y avait effectivement une image
08:29qui fait le tour du monde dans quelques secondes.
08:31Arlède Chabougui, Carlier, vous restez avec nous dans un instant.
08:33On en parle avec Maxime Troulot.
08:35Et puis, je rappelle mon invité politique.
08:38Tout à l'heure, à 8h30, ce sera Nicolas Dupont-Aignan,
08:41président de Debout la France et candidat à l'élection présidentielle.
08:44On va revenir d'ailleurs avec lui de cette affaire de la baffe.
08:47Et puis, Maxime, il va nous parler de quoi ?
08:50Il va nous parler d'une autre affaire.
08:51A suivre, tout de suite.
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