Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 mois
Jacques Legros, journaliste et ancien présentateur du 13h de TF1 était l'invité de BFM Story ce 29 mai 2025.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00– Mais parce que l'antenne, c'est une drogue ?
00:02– Ah non, ce n'est pas du tout ce que je veux dire.
00:05– Non mais on peut aussi, ça pourrait y avoir un manque.
00:07– Pour certains, c'est une drogue, c'est évident.
00:11En tout cas, Claire, je ne pense pas, et moi, certainement pas.
00:15Mais c'est un bonheur récurrent, un bonheur avec l'équipe,
00:20pour le travail, avec le plateau, avec les téléspectateurs.
00:24C'est un moment de complicité qu'on aime bien retrouver chaque jour.
00:29– Mais il n'y a pas eu de frustration à dire « je suis le joker » et pas le titulaire ?
00:32– Ah, ça, on m'a posé mille fois la question, je suis désolé,
00:36mais non, parce que c'était mon choix, là encore, c'était mon choix dans la mesure.
00:41Alors, le deal avec Jean-Pierre Pernault, puisque c'est avec lui que j'ai commencé,
00:46d'abord on avait dix mois d'écart d'âge seulement, j'étais dix mois plus jeune,
00:50bon, tant m'en dit, on avait le même âge, et je lui avais dit,
00:52tu sais Jean-Pierre, n'aie crainte, on a le même âge,
00:56et jamais je ne prendrai ton fauteuil, jamais.
00:59Même pour te succéder, je ne prendrai jamais ton fauteuil,
01:03et comme ça on va vivre heureux tous les deux,
01:06et si je fais une bonne audience, peut-être un peu meilleure que l'Étienne,
01:09ne t'inquiète pas, c'est pour l'honneur de ton journal.
01:12Il l'avait très bien pris, on avait bien rigolé.
01:15– Mais il n'y a jamais eu de rivalité, donc ?
01:17– Non, aucune.
01:18– Mais cela dit, être le joker du trésor, c'est rester complètement dans les pantoufles
01:25de ce qui se fait au trésor, non ?
01:28– Non, non, et pantoufles, je récuse le mot, dans la ligne éditoriale,
01:36mais la ligne éditoriale, elle a des fondamentaux,
01:39et puis après autour, on a une liberté d'être comme on est,
01:43d'avoir ses propres passions, sa propre sensibilité.
01:46– C'était la fainéasse le joker.
01:47– Mais bien sûr.
01:49– Non, parce qu'il travaillait quasiment autant que Jean-Claude.
01:53– J'essaie de lui faire plaisir un peu.
01:54– Non, mais à côté, vous avez votre vie tranquille, vous menez votre vie.
01:58– Non, ce n'est pas vrai.
01:59– Non, parce que Jean-Pierre Perleau était souvent absent.
02:01– Oui, déjà.
02:02– Et donc, vous étiez souvent à l'antenne en fait.
02:05– Oui, absolument, j'étais bien plus souvent, parce qu'on me dit les vacances.
02:08Non, non, non, il n'y avait pas que les vacances.
02:10Et puis, je vous rappelle le Covid, je vous rappelle les problèmes aux yeux de Marie-Sophie, etc.
02:14Et puis, on reste au fait de l'actualité tout le temps, tout le temps, tout le temps.
02:19Donc, on ne débranche jamais.
02:21Mais est-ce qu'on appelle ça un travail ou pas ? Je n'en sais rien.
02:24Et puis, j'ai d'autres activités aussi.
02:25– Alors, c'est aussi toute une carte de journaliste,
02:28parce qu'avant TF1, il y a eu la radio.
02:31– Oui, RTL.
02:32– Un homme de radio au départ.
02:33– Oui, au départ, oui.
02:34– D'ailleurs, on reste un homme de radio quand on a commencé la radio ?
02:37– Oui, ça reste la vie.
02:39La radio, c'est tellement intime, on parle à l'oreille des auditeurs,
02:45c'est tellement, comment dirais-je, complice,
02:48c'est tellement le poids des mots, plus que le choc des photos d'ailleurs.
02:53Le poids des mots, c'est merveilleux.
02:56Tout ce qu'on met dans la tête des gens par des mots, par des phrases, etc., j'adore.
03:01– Et refaire la radio, ça pourrait…
03:02– Évidemment, je n'attends que ça.
03:04– Vous n'attendez que ça ?
03:05– Ah bah que ça !
03:06– Ah, 74 ans !
03:07– Vous savez ici que dans le groupe, il y a des radios.
03:10– Non mais…
03:11– Il y a RMC notamment, il y a BFM Business.
03:14– Jacques, il connaît.
03:15– Oui, oui, je connais, oui.
03:16– On peut transmettre un CV.
03:18– Bon, d'accord, je te laisse en partant.
03:20Non, mais la radio, c'est magique, c'est magique.
03:22Et puis en plus, je boucle la boucle.
03:24J'ai commencé par la radio.
03:25– Mais je vous ai aussi entendu dire qu'il y avait des…
03:28Bien sûr, on est obligé de rester professionnel,
03:31avoir une certaine distance avec l'actualité et les infos qu'on donne,
03:34mais il y a des infos qui forcément marquent plus que d'autres.
03:38Et comment on cache son émotion ?
03:39Parce que vous l'aviez dit, parfois, on peut être au bord des larmes
03:42lorsqu'on donne certaines informations.
03:44– On ne la cache pas forcément, moi.
03:46Il y a des sujets qui m'étranglent,
03:48et même en vie repensée, je m'étrangle.
03:51Les sujets qui concernent la maladie des enfants.
03:53Les enfants à l'hôpital, les enfants avec le cancer.
03:56Bon, tout ce qui touche, ou alors les enfants maltraités,
03:59comme on peut le voir en ce moment.
04:00Ça, ce sont des choses qui m'insupportent à un point tel
04:04que j'ai du mal à reprendre mon souffle après avoir vu le sujet.
04:11Alors ça, ça fait partie des…
04:13Tout ce qui touche aux injustices et aux maltraitances,
04:17ça sont des choses qui me touchent profondément.
04:19– Et est-ce que vous avez eu parfois eu envie de dire quelque chose,
04:23d'aller un peu au-delà de simplement donner l'information,
04:25peut-être donner votre avis parce que ça vous choquait,
04:27parce que vous ne provoquez une colère en vous ?
04:28– Oui, et je pense que je l'ai fait,
04:31mais à la condition que ce ne soit pas un jugement personnel,
04:34mais que ce soit le ressenti que je partageais avec les téléspectateurs.
04:39Voilà, j'exprimais leur ressenti.
04:41C'est comme ça que je voyais.
04:42– Est-ce que vous avez connu les grandes heures de la télé, finalement ?
04:45Parce qu'aujourd'hui, le média est multiple,
04:47avec les réseaux sociaux, avec les chaînes info et autres, Jacques Le Gros.
04:51– Oui, ça commence quand ?
04:54Parce que la télé, moi, la première fois que je l'ai vue,
04:57c'était chez ma grand-mère, un petit poste en noir et blanc,
05:00où il y avait plus de neige que d'images.
05:02– Quand je dis vous, c'est même en tant que présentateur,
05:05avec des audiences de dingue, quoi.
05:06– Mais comme j'ai commencé très tard,
05:09à plus de 30 ans,
05:11que par la suite j'ai fait beaucoup de radio,
05:13je suis arrivé à la télé avec la création de LCI, en fait.
05:16Donc, oui, j'ai connu des grands noms et des grandes voix de la radio,
05:22surtout, surtout ça, à l'époque Europe 1, RTL.
05:26– Il y en a moins ?
05:28– Il y en a moins.
05:29– Comment l'expliquer ?
05:30– Parce qu'on assiste à un rajeunissement des équipes de rédaction, déjà.
05:40Et je pense que pour devenir, je me souviens,
05:43les grandes voix d'Europe 1, etc., etc.,
05:45des noms qui marquaient,
05:48il faut déjà beaucoup d'années.
05:51Et aujourd'hui, je pense qu'il n'y a plus beaucoup de vieux,
05:55comme moi, dans les médias.
05:57– Il faut de la bouteille ?
05:59– Je trouve que c'est dommage,
06:01parce que, un, il faut de la bouteille
06:03pour parler sereinement des choses,
06:05avec du recul, une culture,
06:08mais…
06:09– Il y a moins de culture générale aujourd'hui ?
06:10– Et en même temps, on a une mission de transmission.
06:13– Il y a moins de culture générale, Jacques Lebrot, aujourd'hui ?
06:15– Oui, oui, oui.
06:16– Donc, il y a un appétit pour tout ce qui se passe dans le monde,
06:20une curiosité.
06:21– Pourtant, la base, quand même, de ce métier, d'être curieux.
06:24– Oui, la curiosité, c'est la définition du journalisme.
06:27C'est être curieux de tout.
06:29– Vous avez travaillé sur une chaîne Info,
06:31mais aujourd'hui, vous seriez un jeune journaliste.
06:33– Oui.
06:34– Sur quelle chaîne vous auriez envie d'aller ?
06:35– Attention à ce que vous allez dire.
06:37– Vous excluez les chaînes de votre groupe.
06:39– Alors, avec qui je me mets mal ?
06:41– Non, on exclue les…
06:42– Non, vous excluez vos…
06:43– On exclue LCI, par exemple.
06:44– Voilà, votre employeur LCI.
06:46– BFM, évidemment.
06:47– Mais aujourd'hui, qui est le meilleur présentateur JT ?
06:53– Ah, JT ?
06:54– Oui.
06:56– Qui a ce que vous disiez ?
06:57– Ah, moi, je pense que…
06:58– Cet aplomb, cette culture…
06:59– Non, mais parmi les gens qui ont beaucoup de bouteilles,
07:02Jean-Gilles Boulot…
07:03Bon, bref, je pense que Jean-Baptiste Boursier
07:08a un très, très bel avenir.
07:09Vous le connaissez bien.
07:10– Il est resté des années chez nous, effectivement.
07:12– Exactement.
07:13Un claircoudré, mais elle fait partie déjà des présentateurs seniors.
07:17– Très installé, oui.
07:17– Mais parmi les jeunes, puisque c'était ça la question,
07:21je crois beaucoup à Jean-Baptiste Boursier.
07:23– Oui.
07:23Vous avez présenté le 13h, nous, on va passer sur la 13 bientôt.
07:27– Oui.
07:28– Ça va nous porter bonheur.
07:29– Oui, bien sûr.
07:30Tout ce qui est 13, porte-bonheur.
07:32– C'est sûr ?
07:33– C'est certain.
07:34– Est-ce que parfois, ça vous a manqué de ne pas donner votre avis ?
07:37Parce que, de toute façon, le présentateur d'un journal télévisé
07:40a un rôle plus neutre, en tout cas,
07:44doit s'effacer devant l'information,
07:46et ce n'est pas péjoratif de ma part,
07:47mais est-ce que ça ne vous a pas manqué de temps en temps
07:49d'être capable de donner votre avis ?
07:50– Ça démange.
07:51Non, mais ça démange parfois.
07:53Parfois, on est devant un tel constat d'injustice, etc.,
08:00que oui, ça démange…
08:01– Jean-Pierre Pernault le faisait de temps en temps.
08:03– Oui, il le faisait, mais c'était sa marque de fabrique,
08:04ce n'était pas la mienne.
08:05Donc, j'étais plus neutre par rapport à lui,
08:09mais évidemment, que ça démange comme dans la vie.
08:12On est journaliste, certes, donc neutre,
08:16mais on est aussi citoyen.
08:17– Bien sûr.
08:18– On est père, on est mari, on est employé.
08:21Donc, pour ces sujets-là, oui, effectivement,
08:23par moment, on serre les poings.
08:25– On sait que l'information en tant que journaliste
08:28a été votre passion.
08:29Il y en a une autre aussi qui vous a guidé dans la vie.
08:33On a une image, justement, Jacques Legrault, de vous,
08:35au milieu des vignes.
08:39Ça date de quand, cette passion du vin ?
08:41Est-ce qu'elle est toujours là ?
08:42– Elle est toujours là, oui, oui.
08:43J'ai toujours un pied dans le vin, la vigne et les vignobles.
08:48Moi, je suis du pays, je suis du Pas-de-Calais,
08:50du pays de la bière.
08:51Quand je raconte aux enfants qu'à la cantine,
08:54à l'école primaire, on buvait de la bière,
08:57ils sont sidérés.
08:59Comment ?
09:00Je disais, oui, mais attendez, c'était une bière à un degré,
09:02une bière de ménage, comme on dit.
09:04Mais on buvait de la bière, il n'y avait pas d'eau à table,
09:08c'était fou.
09:09C'était une autre époque.
09:11Et ayant été élevé à la bière,
09:14je me suis intéressé au vin,
09:16parce que je n'aime pas du tout la bière.
09:17– Vous avez un site de vin qui vend du vin.
09:19Et aujourd'hui, plus de vignes, plus rien ?
09:23– Plus de vignes, c'est terminé, trop d'ennuis,
09:25trop de problèmes.
09:26Surtout dans la région Midi-Pyrénées,
09:29parce que c'était à Cahors, oui.
09:30On a tout vu, la grêle, la tempête, le gel tardif,
09:34enfin tout.
09:34– C'est toujours tout compliqué pour les vignes.
09:35Donc, vous savez, il y a un adage qui dit
09:38« Quand on veut devenir millionnaire avec un vignoble,
09:43il faut partir milliardaire ».
09:44– Sous-titrage ST' 501
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations