00:0013h, 14h, Europe 1 13h.
00:02Avec Stéphanie Demiru sur Europe 1, il est 13h20.
00:05Stéphanie, l'heure d'accueillir vos deux chroniqueurs du jour pour décrypter l'actualité de ce mercredi 28 mai.
00:10Avec vous aujourd'hui, Jules Therès et Nathan Devers.
00:14Bonjour Jules Therès, bonjour Nathan Devers.
00:17Alors François Beyrou a promis pour début juillet un plan d'ensemble de retour à l'équilibre des finances publiques.
00:25Alors ça va quand même durer 3 ou 4 ans cette affaire.
00:27Devinez quoi, devinez quoi, le Premier ministre va demander un effort à tous les Français.
00:34Alors vous êtes jeune, Jules Therès, je ne compte pas qu'avant que vous m'attaquiez là-dessus.
00:40Non mais on entend ça, moi je suis sortie du berceau, j'entendais déjà qu'il fallait c'est dire.
00:45Est-ce qu'il n'y a pas de temps ?
00:46Voilà, c'est dire, on l'entend depuis toujours demander des efforts aux Français.
00:51En fait, depuis quand on entend cette phrase ?
00:53Et surtout, quel effort ? Et pour quel résultat ?
00:56François Beyrou joue un petit peu quand même avec le feu en disant cette phrase.
01:01Parce que je pense que chez les Français, une très très grande majorité considère déjà qu'ils font des efforts.
01:09On n'a pas voté, je crois, un budget à l'équilibre depuis 1974.
01:13Donc ça montre bien que ce sujet des finances publiques, eh bien, tient les Français à cœur.
01:18Alors qu'ils ont déjà contribué, que ce soit les retraités, sans doute un peu moins que les actifs, mais les actifs particulièrement.
01:25Donc je comprends pourquoi François Beyrou le fait.
01:28Normalement, les premières orientations du budget, elles interviennent au mois de juillet.
01:32C'est la première fois que les Français en entendent parler.
01:34Et les vraies propositions, les solutions, c'est à la rentrée en septembre ou en octobre.
01:38François Beyrou, lui, il sait qu'il y a cette Himalaya de difficultés, comme lorsqu'il a dit dans son discours de politique générale.
01:45Et donc il a voulu faire prendre conscience aux Français l'effort qui est allé intervenir.
01:50C'est la raison pour laquelle il a organisé, vous savez, une grande conférence sur les finances publiques le mois dernier, le 15 avril.
01:56Et c'est aussi pour ça qu'il essaye de marteler à chaque fois qu'il parle cette initiative.
02:04Bon, le problème, c'est que ça ne fonctionne pas chez les Français.
02:07C'est aussi pourquoi, la raison pour laquelle François Beyrou est très très bas dans les soudages, parce qu'il veut prendre les Français à témoins, mais c'est compliqué.
02:15On va parler de cet aspect politique, justement, ce qui risque, ce qui joue François Beyrou.
02:20Mais j'aimerais qu'on s'attarde un petit peu sur ces efforts, quand même, qu'on demande aux Français.
02:24Mais je voudrais d'abord vous faire écouter Benoît Perrin.
02:28Il était ce matin chez Dimitri Pavlenko, directeur des Contribuables Associés.
02:33Écoutez ce qu'il en pense.
02:34Tant que les Français n'ont pas cette conviction-là, on va chercher les fraudeurs et on fait des efforts à la fois symboliques et de fond sur l'État et les collectivités locales.
02:41Je crois qu'effectivement, ce sera très difficile de demander des efforts aux Français.
02:46Est-ce que, selon vous, le consentement à l'impôt est menacé ?
02:48Alors, je crois que le consentement à l'impôt est largement menacé.
02:51On voit tous, dans nos vies respectives, que notre pouvoir d'achat baisse, d'une part, et que, d'autre part, on n'a pas cette espèce de retour sur investissement.
02:59Il suffit d'aller dans un hôpital, il suffit d'aller dans un commissariat de police.
03:02Il y a un moment où la réalité vous rattrape.
03:04Alors, la question, c'est quand est-ce que la réalité va nous rattraper ?
03:07Donc, quand est-ce que, concrètement, les marchés financiers vont commencer à s'affoler ?
03:11Personne n'en sait rien.
03:12En tout cas, on est certain qu'il y a un mur en face de nous.
03:15On a du mal à évaluer à quelle distance on est du mur.
03:17Mais ce qui est certain, c'est que pour éviter de se taper le mur, il faut absolument trouver des moyens de rétablissement des finances publiques.
03:23On attend de verre, Benoît Perrin dit deux choses importantes.
03:26C'est que les Français sont déjà mis à contribution.
03:29On le rappelle, est-il nécessaire de le rappeler ?
03:3042,8% de prélèvements parmi les plus grands de l'Europe.
03:34Et surtout, pour quels résultats, quand on voit l'état des services publics qui se dégradent chaque année, ça va être compliqué d'aller chercher l'argent, en tout cas dans les impôts ?
03:44Bien sûr, le problème du consentement à l'impôt, il ne vient pas d'une résistance à payer des impôts.
03:49Il vient du constat qu'on est un pays où nous sommes extrêmement taxés et que chaque fois qu'on est confronté, à l'échelle individuelle, à la question de voir ce qui est fait avec nos impôts.
03:59C'est-à-dire concrètement, quand on rentre dans un hôpital public, quand on rentre dans une école, quand on voit la politique des transports, etc.
04:06On se dit, si c'est ça qui est fait avec nos impôts pour avoir un service public qui, à vue d'œil, se dégrade d'année en année, c'est quelque chose qui est de l'ordre de l'insupportable ou qui peut le devenir.
04:16Sur la notion d'effort, en fait, ce qui est assez drôle, enfin ce n'est pas drôle, mais ce qui est contradictoire, c'est que c'est un discours qui est très vieux, de demander sans cesse de faire des efforts aux Français.
04:25Et en même temps, alors ce n'est pas le cas de François Bayrou, parce que François Bayrou, pour le coup, il faut lui reconnaître que depuis sa première campagne présidentielle,
04:31il a toujours dit qu'il y a un problème, c'est la dette, c'est le déficit, enfin, il ne l'invente pas aujourd'hui, il a toujours été sur ce constat.
04:37Mais en fait, on a des dirigeants qui sont dans une logique où ils veulent flatter l'opinion publique.
04:42Et chaque fois qu'il y a une crise, ils y répondent en s'imaginant que l'opinion publique attend qu'on signe des chèques de plus en plus démesurés.
04:51Et c'est vrai que souvent, l'opinion publique attend cela. Je crois que le seul effort qu'il faut attendre, que les Français doivent faire,
04:58et enfin, je veux dire que tout le monde doit faire, que nous devons faire, c'est un effort consistant à se dire,
05:02quand demain nous aurons des problèmes, il ne faut pas rentrer dans une logique du quoi qu'il en coûte, sans se préoccuper des répercussions pour demain.
05:11Je vous donne un exemple qui est, à mon avis, très fort.
05:13Le moment de la crise sanitaire, vous aviez en effet une opinion publique, il faut le reconnaître,
05:17qui plébiscitait le quoi qu'il en coûte, qui plébiscitait les mesures qui étaient prises,
05:22le chômage partiel, la fermeture de l'économie, la paralysie globale,
05:26et les rares personnes qui disaient que c'était irresponsable, que ça créait du déficit pour rien,
05:31qu'il y avait d'autres manières de faire, etc., on nous traitait d'irresponsables, de menteurs, de criminels, d'égoïstes, etc.
05:37Et là, il y a un effort à fournir, de la part des dirigeants, qui doivent à un moment dire stop à cette démagogie,
05:43et de la part aussi de l'opinion publique de dire,
05:45le chèque en blanc n'est pas la solution magique à tous nos problèmes.
05:48Il n'a quand même pas tort, Nathan Devers, c'est vrai que le quoi qu'il en coûte, personne n'aurait pas son réplacé.
05:55Vous demandez aux Français, vous posez une question dans un sondage,
05:59êtes-vous favorable à la retraite à 58 ans ?
06:02Ils vont toujours répondre oui.
06:03Ça va être massif pour le oui.
06:05Et c'était la même chose pendant le quoi qu'il en coûte.
06:07Et on a la même question, par exemple, qui se pose pour notre propre réforme des retraites.
06:11Pourquoi ? On a aujourd'hui des personnalités politiques qui ne disent pas la vérité,
06:16qui disent que notre système de retraite à 64 ans actuel fonctionne très bien.
06:22On a une certaine partie de l'échiquier politique, la gauche, le RN,
06:26qui nous disent qu'il faut revenir à 62, voire même aller à 60 ans,
06:29alors qu'on sait que le système actuel, dans 15 ans, nous coûtera 30 milliards d'euros.
06:34C'est parce que les retraités...
06:36Vous les suivez, le RN, vous pouvez nous répondre.
06:38Absolument.
06:39Les retraités, dans certaines élections, représentent un électeur sur deux.
06:43Donc évidemment, on ne veut pas se fâcher avec les retraités.
06:45Le quoi qu'il en coûte, on ne veut pas se fâcher avec les actifs.
06:47Donc évidemment, on laisse ensuite filer la dette.
06:50Donc il faut édire parfois l'opinion,
06:52bon ben là, il va y avoir des efforts à faire.
06:53Et pour le coup, je suis plutôt d'accord avec Nathan François Bayrou le fait,
06:56et il ne le fait pas depuis hier avant-hier.
06:57Il a fait sa campagne de 2007 sur ce sujet-là.
07:01Et ensuite, il faut que des dirigeants aient du courage,
07:04et des réformes, proposent des réformes courageuses.
07:07On continue d'en parler dans quelques instants.
07:10Et surtout, le politique sera apte à faire cela quand il regardera le budget de l'État.
07:14Oui, parce que François Bayrou joue gros sur ce budget.
07:17On en parle dans quelques instants.
07:18Heureux.
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