00:00Votre choix, Christophe Barbier, ce soir, on va revenir sur ce rapport qui doit être officiellement dévoilé demain,
00:07mais qui a été révélé aujourd'hui par le Figaro, rapport sur les frères musulmans,
00:11sur les progrès de l'islamisme qui défraient aujourd'hui la chronique.
00:15De quoi parle-t-on exactement ?
00:16C'est un rapport commandé il y a deux ans par Gérald Darmanin, alors ministre de l'Intérieur,
00:20une longue enquête menée par un préfet, un ambassadeur, rapport remis à Bruno Reuterio,
00:25et vous l'avez dit, il a été en partie révélé par le Figaro.
00:27À côté de cela, mais c'est convergent, il y a un autre document, une note de la Fondapol,
00:32c'est le principal think tank de la droite, note réalisée par l'ancien directeur de cabinet de Gérald Darmanin à Beauvau.
00:39Cette note, combattre l'islamisme sur le terrain, c'est un témoignage,
00:43ce n'est pas une enquête d'un préfet de la République.
00:45Voyez, on est dans une inspiration de droite, mais le constat, lui, il est sans appel.
00:50En fait, on nous parle d'un iceberg.
00:52Un iceberg, il y a la partie émergée, c'est l'islamisme guerrier, terroriste, c'est le djihadisme.
00:57Qui crée des naufrages comme les icebergs.
00:59Et puis, il y a la partie immergée.
01:01Et ça, c'est l'islamisme politique qui entend pénétrer toute la société et déstabiliser la République.
01:07Alors pénétrer la société, c'est s'infiltrer dans tous les lieux de culte.
01:11Par exemple, le rapport en recense 139, contrôlé par les islamistes, 68, suspecté d'être contrôlé.
01:18Ça fait au total 7% des lieux de culte musulmans en France, ça n'est pas rien.
01:22Il y a aussi des associations culturelles, sportives, même humanitaires.
01:26Ce sont des incubateurs pour faire progresser une idée parmi les musulmans de France.
01:31La loi religieuse, la charia, doit s'imposer, se substituer à la loi de la République.
01:36Bruno Retailleau utilise une métaphore pour décrire cette offensive islamiste.
01:41C'est un islamisme à bas bruit qui se répand notamment en tentant d'entrer, d'infiltrer des associations sportives, culturelles, sociales ou autres.
01:52Ce rapport indique qu'il y a une menace très claire vis-à-vis de la République, qu'il y a une menace sur la cohésion nationale et qu'il y a une menace vraiment de subversion.
02:02Sous une forme très particulière qu'emploient les frères musulmans, c'est un entrisme, c'est un islamisme à bas bruit.
02:09– Il l'a dit deux fois, à bas bruit, mais avec du bruit quand même, parce que cet entrisme utilise notamment deux outils.
02:15Le voile, c'est plus fort que la parole, disent les islamistes, parce que c'est la force de la visibilité.
02:20Et on en a eu des débats sur le voile, la baïa, etc.
02:23Et puis, le mot islamophobie, avoir mis ce mot dans le débat public, c'est une manœuvre islamiste pour dire,
02:29vous voyez, si vous critiquez l'islam, en fait vous détestez les musulmans.
02:32C'est un amalgame et ça culpabilise évidemment les républicains.
02:35– Le rapport dont vous parlez ce soir pointe les frères musulmans, qui sont-ils ?
02:39– C'est une organisation sunnite créée en Égypte en 1928 par Hassan al-Banna.
02:44Hassan al-Banna, c'est lui.
02:46On lui voulait tout simplement imposer la charia dans tous les instants de la vie quotidienne des musulmans.
02:51Dans la rue, à l'école, dans leur vie de loisir, au travail, bien entendu dans les institutions politiques.
02:57Et il est connu en France par son petit-fils, Tariq Ramadan, le petit-fils d'Hassan al-Banna.
03:01Tariq Ramadan lui-même virtuose dans le double discours, modéré dans l'espace médiatique,
03:05et même moderne, et puis évidemment radicale auprès de ses fidèles.
03:10Rappelez-vous le travail de Caroline Fouret sur frère Tariq.
03:13Pour les auteurs du rapport, ces frères musulmans, ils ont été chassés de nombreux pays du Moyen-Orient.
03:18Ils sont en chute libre en Afrique du Nord, mais ils arrivent en Europe par trois canaux.
03:22Les Balkans, la Turquie et puis la Belgique et le Royaume-Uni.
03:26Et ils ont le but, toujours le même, de renverser l'ordre des valeurs dans les sociétés européennes.
03:32Mais comment l'État peut-il s'y prendre pour contrer cette menace-là ?
03:36Ce n'est pas facile parce que ce prosélytisme-là, il est sans violence matérielle et il profite des libertés qui sont les nôtres.
03:41Libertés d'expression, d'association, de manifestation pour faire avancer son pouvoir politique
03:46à travers des revendications qui semblent venir de la société civile, des associations notamment.
03:51Musulmans de France, la vitrine des frères musulmans, c'est très difficile de l'impliquer dans une mécanique
03:56qui pourrait mener à la dissolution.
03:58Par ailleurs, il faut faire attention aux amalgames.
04:01Les musulmans ne sont pas tous des islamistes et ce n'est pas simple d'éviter à une société de tomber dans ces travers-là.
04:07Les musulmans d'ailleurs sont les premières victimes de ces islamistes, victimes de leur propagande, de leur bourrage de crâne.
04:12Alors on peut quand même agir. Demain, vous l'avez dit, conseil de défense.
04:16Conseil de défense, c'est l'article 15 de la Constitution.
04:18C'est un outil institutionnel très solennel et très puissant.
04:22Bruno Retailleau parle de combat, cinq fois en cinq paragraphes dans sa préface à la note de la Fondapol que je citais.
04:28Et puis Emmanuel Macron, lui, il a déjà commencé à amorcer une riposte.
04:31C'était le 2 octobre 2020, la loi contre le séparatisme.
04:36Quand nous aurons des financeurs dont les projets ne sont pas compatibles avec les lois de la République,
04:41nous ne les certifierons pas et nous créerons dans la loi, justement, des procédures qui permettent de les bloquer.
04:48Et ça nous permettra aussi de compléter le travail lorsqu'il faudra ou interdire ou dissoudre des associations
04:53qui auraient recours à ces financements parce que bien souvent, ça vient compléter d'autres pratiques.
04:58Voilà, ça c'était un angle de cette loi, le problème du financement, de la surveillance du financement.
05:02Mais deux semaines après ce discours des Mureaux le 2 octobre 2020,
05:06Samuel Paty a été décapité par un terroriste, par un islamiste.
05:09Aujourd'hui, les auteurs du rapport proposent d'abord qu'un état des lieux soit présenté au Parlement tous les deux ans.
05:16Gabriel Lattal, lui, a profité de la révélation de ce rapport pour avancer, plus vite que prévu,
05:21des propositions qui sont les siennes, des propositions fortes.
05:23Interdiction du voile dans l'espace public pour les moins de 15 ans.
05:27Au nom de la protection de l'enfance, dit-il, et de l'égalité homme-femme.
05:31Mais également, création d'un délit de contrainte si des parents imposent le port du voile à leurs jeunes filles.
05:38Vous voyez, on monte d'un ton.
05:40La prise de conscience, on y est.
05:43L'organisation d'une riposte qui soit républicaine, on n'y est pas encore.
05:47Et attention, elle ne sera efficace que si elle est acceptée, confortée, ralliée par tous les musulmans français
05:55qui comprennent que leur avenir, c'est la République.
05:58Réaction Amélie Thierry.
06:00À mon sens, on ne prend pas le problème par le bon bout.
06:03Et je pense notamment au fait que dans notre loi, il n'y a pas de définition claire de ce qu'on nomme une dérive sectaire, par exemple.
06:10Et ça, ça brosse de manière beaucoup plus large d'autres types d'influences, d'autres types de courants.
06:15Parce que finalement, est-ce qu'on ne peut pas considérer qu'une forme d'islamisme ultra-régoriste serait une dérive sectaire ?
06:21Tout comme il peut y en avoir aussi dans des courants chrétiens.
06:25C'est très compliqué de lutter contre les frères musulmans par le biais des critères qu'on a, en effet, à la Mivilude, pour lutter contre les sectes.
06:34Parce qu'on n'en a pas encore.
06:35Parce qu'ils sont dans une forme de capillarité sociétale qui les rend très difficiles à appréhender.
06:40Il n'y a pas de gourou, il n'y a pas d'organisation, il n'y a pas cela.
06:43Et par ailleurs, il y a aussi une action sociale qui est menée, qui les rend évidemment très populaires.
06:47C'est évidemment.
06:47Pour autant, ils sont connus, et leurs méthodes le sont également depuis très longtemps.
06:51Et il y a d'autres pays qui ont été beaucoup plus radicaux dans la lutte contre les frères musulmans.
06:55Et qui les ont interdits.
06:56Et qui les ont interdits.
06:56Beaucoup de pays musulmans qui y ont interdits.
06:58Absolument, et des pays musulmans particuliers.
07:00Absolument.
07:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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