Le Kremlin a qualifié "d'inacceptable" "l'ultimatum" lancé à Moscou par Kiev et ses alliés européens d'accepter un cessez-le-feu de 30 jours avant des négociations directes entre la Russie et l'Ukraine sur l'issue du conflit.
00:00Mais d'abord, votre choix, El Zavidal, ce soir, c'est de nous parler de la paix, la paix en Ukraine.
00:04Je lis ce que vous m'avez écrit sur ma petite feuille, parce que c'est vous qui écrivez le lancement.
00:07En effet.
00:08La paix est-elle en vue ? Point d'interrogation.
00:10Je n'en reviens pas ce soir que vous osiez écrire cela.
00:13On va remettre les choses dans le contexte.
00:15Il y a un rendez-vous prévu jeudi à Istanbul.
00:19Zelensky a dit « J'y serai ».
00:21Trump a dit « Ce soir, je pourrais y être, j'envisage d'y être ».
00:25Et maintenant, on attend la réponse de Vladimir Poutine.
00:28Est-ce qu'on est ce soir à un moment de bascule ?
00:30On est ce soir clairement à un moment de bascule.
00:33Militairement, la paix n'est pas encore en vue.
00:35Personne n'a perdu.
00:36Mais politiquement, cela ressemble à un qui tout double pour les deux présidents, l'américain et le russe.
00:42Car entre Vladimir Poutine et Donald Trump, l'un des deux va devoir céder aux exigences des autres,
00:48avec à la clé un risque considérable en termes d'image.
00:52Jugez plutôt, avant de partir pour sa première tournée au Moyen-Orient aujourd'hui,
00:56Donald Trump s'est fendu d'un message très déterminé qui ne laisse aucun doute sur les enjeux de la rencontre de jeudi.
01:05C'est le feu, l'autre refuse, ils font des allers-retours.
01:08J'ai dit « Écoutez, nous devons arrêter, aller juste à cette réunion, la rencontre a été organisée.
01:14Allez à ce rendez-vous jeudi, j'envisage de m'y rendre par avion.
01:17Je ne sais pas où je serai jeudi.
01:18J'ai tellement de réunions, mais j'ai pensé à m'y rendre, si je pense que cela peut aider. »
01:24Difficile pour le Kremlin de ne pas obtempérer.
01:27En gros, quand Zelensky dit « Moi j'y serai, venez, que Poutine l'ignore, ça à la limite on s'y attend. »
01:32Mais quand Trump dit « Attendez, moi je pourrais y être, là c'est difficile de ne pas obtempérer. »
01:35Là, ça devient beaucoup plus difficile et en même temps, répondre aux ultimatums, ce n'est vraiment pas du goût du Kremlin.
01:42Et j'en veux pour preuve la dernière réaction qui date d'aujourd'hui.
01:45Le porte-parole de Vladimir Poutine a fait entendre que pour lui, accepter le cessez-feu inconditionnel était inacceptable.
01:54Les ultimatums, ce n'est pas pour la Russie.
01:57On ne peut pas parler comme ça à la Russie.
01:59– Il refuse les ultimatums comme il l'a toujours fait très bien, mais quand même, Poutine a répondu à la demande de cessez-le-feu américano-européenne,
02:07celle dont on a beaucoup parlé ce week-end.
02:09– Oui, Vladimir Poutine a tenu, dans la nuit de samedi à dimanche, à organiser une conférence de presse.
02:15Quand je dis dans la nuit de samedi à dimanche, c'est dans le matin, après minuit.
02:18Preuve qu'il avait compris que pour Donald Trump, quelque chose était en train de se déliter dans la relation avec le Kremlin
02:25et qu'il fallait une preuve de bonne volonté.
02:29Il doit faire des concessions.
02:30Il a donc entreouvert une porte sans jamais répondre au président ukrainien
02:37que le Kremlin a mis beaucoup de soin à décrédibiliser pendant des mois.
02:41Et donc, il y a la réponse de Vladimir Poutine à Donald Trump.
02:46– Nous sommes déterminés à mener des négociations sérieuses avec l'Ukraine.
02:52L'objectif est d'éliminer les causes profondes du conflit
02:55et d'établir une paix durable à long terme dans une perspective historique.
03:00Nous n'excluons pas que lors de ces négociations,
03:03il soit possible de convenir de nouvelles trêves, d'un nouveau cessez-le-feu.
03:07– C'est donc un qui perd-gagne.
03:11Soit Vladimir Poutine vient à Istanbul
03:14et il conservera l'estime de Donald Trump et la relation,
03:18mais il perdra un peu en prestige.
03:19S'il ne vient pas, il gardera son prestige,
03:22mais il perdra la relation avec Donald Trump.
03:24Nous allons être fixés dans quelques heures.
03:26– Oui, parce qu'on attend maintenant la réponse de Vladimir Poutine.
03:29Christophe Gaëtan au commentaire ce soir.
03:31– Il y a une chance infime.
03:32Ces 10 sons-là, allons au bout.
03:34Il y a du piège, il y a du gain de temps,
03:36il y a des manœuvres dilatoires, mais il y a une chance infime.
03:38– Est-ce qu'il a vraiment le choix, Vladimir Poutine ?
03:40– Moi, je suis de ceux ou de celles
03:42qui pensent qu'il n'a pas vraiment le choix,
03:44puisqu'effectivement, il peut au contraire
03:46s'isoler dans sa tour d'ivoire.
03:49Il perdrait alors son moyen d'action
03:50sur Donald Trump.
03:52Or, c'était ce qui le motivait le plus.
03:54Mais on dit aussi que ce sont les structures de force,
03:58les hommes de l'ombre,
03:59qui, pour le moment, murmurent le plus
04:01à l'oreille de Vladimir Poutine
04:02et l'encouragent dans une voie de confrontation.
04:05Encore une fois, quelques heures à patienter.
04:06– Oui, mais précisément, ça fait des mois,
04:08pas des mois, en réalité, ça fait des années.
04:10– Ça fait des années, c'est le même 10 ans.
04:11– Que jamais, jamais il ne négociera,
04:13qu'il va vouloir aller au bout.
04:14Et là, vous dites ce soir, peut-être qu'il y a
04:17une infime chance d'eux ?
04:18– Alors, honnêtement, j'étais malhonnête
04:20en posant cette question,
04:21parce qu'il ne s'agit pas de paix.
04:23Il s'agit au mieux d'arriver
04:25à céder à Vladimir Poutine
04:27pour qu'il vienne s'asseoir
04:29à la table des négociations.
04:30Pour le moment, personne ne parle
04:32des conditions concrètes de la paix.
04:34– C'est simplement un début de négociation,
04:36effectivement, et on attend donc maintenant
04:37la réponse de Poutine,
04:39qui pourra intervenir dans les heures qui viennent.
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