00:00Bonjour, je m'appelle Clarisse Durand, je suis chef du bureau des risques naturels
00:07terrestres à la direction générale de la prévention des risques du ministère chargé
00:11de l'environnement. Aujourd'hui, je vais vous parler des risques d'origine glaciaire et périglaciaire,
00:15les ROGP. Les ROGP sont des risques naturels qui prennent leur origine en haute montagne. Il
00:28peut s'agir de risques liés au glacier lui-même, avec un risque d'effondrement du glacier, de vidange
00:34ou de rupture de poche d'eau sous le glacier. Cela peut aussi désigner les risques liés à la fonte des
00:41terrains qui autrefois étaient gelés en permanence, c'est ce que l'on appelle le tergélisol ou le
00:45permafrost, et ce dégel va entraîner une dégradation, une déstabilisation des terrains, voire leur
00:51effondrement. Ces phénomènes peuvent avoir des conséquences catastrophiques pouvant toucher
00:57les populations habitant en aval. On peut citer l'exemple récent survenu en Isère à l'Aberard
01:03en juin dernier, où une grande partie du village a été ensevelie. C'était dû à la concomitance
01:08de deux événements, un événement météorologique notable avec de la pluie et de la fonte de neige,
01:13et un événement d'origine glaciaire avec la vidange d'un lac.
01:16Oui, les ROGP ont un lien avec le changement climatique. Le changement climatique induit une
01:27augmentation et l'émergence de risques naturels en montagne, notamment en haute montagne, avec
01:31les risques d'origine glaciaire et péridglaciaire. Globalement, les territoires de montagne sont
01:36particulièrement touchés par le changement climatique, avec une augmentation de la
01:40température qui est plus importante que dans le reste du territoire, 2 degrés contre 1,4, et les
01:45scientifiques estiment que d'ici à 2100, il n'y aura quasiment plus de glaciers en France.
01:49Ça fait une dizaine d'années que le ministère chargé de l'Environnement est très mobilisé
01:58sur la question des ROGP. Nous avons lancé des études pour améliorer la connaissance sur
02:03ces phénomènes et pour nous aider à aller plus loin et à passer de la recherche à l'opérationnel.
02:09En 2022, le gouvernement a diligenté une mission des inspections générales sur les ROGP. Sur la base
02:15de leur rapport, nous avons préparé un plan d'action interministériel qui court sur la
02:20période 2024-2026 et qui est organisé en quatre axes. Un premier axe sur le renforcement de la
02:26recherche, un deuxième axe essentiel sur une démarche qu'on appelle la démarche de levée
02:31de doute et qui permet d'identifier les sites qui sont les plus à risque. Sur ces sites,
02:36conduire des actions de prévention et de gestion des risques en accompagnant les collectivités et
02:42enfin un axe qui est transverse à tous les à tous les risques avec un développement de la
02:47culture du risque et de l'information des populations, ce qui est essentiel pour des
02:52risques émergents. L'essentiel des actions qui sont dans ce plan d'action figurent également
02:56dans le plan national d'adaptation au changement climatique qui a été publié en mars 2025.
03:02C'est un travail que nous avons confié à l'Office national des forêts et à son service de
03:10restauration des terres en montagne. Donc la levée de doute consiste à identifier les bassins
03:15susceptibles de générer des risques d'origine glaciaire et périglaciaire. Si on prend le massif
03:20alpin, sur 600 bassins analysés, 360 sont susceptibles d'être concernés. Ensuite, pour chaque bassin,
03:27l'ONF émet un avis qui donne la sensibilité. En fonction du niveau de sensibilité, il peut être
03:35nécessaire d'aller plus loin dans la connaissance du site, de prendre des mesures de sauvegarde ou
03:40alors de réaliser des travaux. Je vais donner l'exemple du lac glaciaire des Bossons à Chamonix,
03:45qui a été entièrement vidangé entre 2023 et 2024. Donc la démarche élevée de doute, elle est très
03:50avancée dans les Alpes. Elle devrait être terminée d'ici à la fin de l'année 2025. Pour réaliser cette
03:56mission, l'ONF s'appuie sur les connaissances acquises par les opérateurs, INRAE, CNRS et Centre d'éthique de la Neige,
04:04à la fois sur les phénomènes et sur les moyens des détectives.
04:08Les ROGP sont des risques émergents, donc on a un enjeu important sur la recherche. Il est
04:18nécessaire de fédérer la communauté de recherche et de faire en sorte que les ROGP soient davantage
04:24visibles dans les appels à projets nationaux et internationaux. C'est un travail qui est mené
04:28par le ministère chargé de la recherche. 2025, c'est également la première année internationale
04:34de préservation des glaciers. C'est une occasion pour sensibiliser le grand public à ces risques
04:40émergents. Enfin, il y a un enjeu d'accompagnement des collectivités qui sont gestionnaires de ces
04:46risques. Pour cela, il y a un accompagnement technique avec les services de l'État, des
04:52DT préfectures avec l'appui de l'Office national des forêts. Un accompagnement financier avec le fonds
04:59barnier ou le fonds vert qui permettent d'améliorer les connaissances, de conduire des travaux de
05:04prévention ou de protection. Dans ce cadre, on peut donner l'exemple également des stratégies
05:10territoriales de prévention des risques en montagne, les CTEPRIM, qui visent à faciliter la
05:15gestion intégrée des risques à l'échelle d'un territoire. On peut donner l'exemple de la CTEPRIM du
05:20territoire du brillant saunet qui couvre à la fois des risques dits de vallée avec les feux de forêt et
05:26des risques d'origine glaciaire et périglaciaire. L'ensemble de ces actions permettent d'améliorer
05:32la résilience des territoires de montagne alors que ces territoires sont particulièrement vulnérables
05:38aux changements climatiques.