00:00Fins cartonne en streaming, comment expliquez-vous le succès de Conclave ?
00:04Depuis lundi, Amazon Prime, qui a mis en ligne le film pour ses abonnés,
00:08a constaté une augmentation de l'audience de 283%.
00:11Si le film d'Edouard Berger, récompensé par l'Oscar du meilleur scénario adapté,
00:15avait déjà été un succès en salle,
00:17ces nouveaux spectateurs viennent sans doute pour découvrir le processus d'élection papale.
00:22Et sur la forme, ils apprendront beaucoup de choses.
00:24Le long métrage en plus d'être divertissant,
00:26de bénéficier de l'excellente interprétation d'un casting 5 étoiles et d'une esthétique sublime,
00:32se distingue par le réalisme de sa reconstitution.
00:35Le spectateur est plongé dans le huis clos de la chapelle Sixtine, comme s'il y était.
00:39Et le fonctionnement du Conclave est montré avec beaucoup de réalisme.
00:42Les rites et les coutumes de cette élection, pas comme les autres,
00:45sont reproduits dans les moindres détails.
00:47Et reconnaissons-le, le suspense tient en haleine.
00:50Et en revanche, sur le fond, Alexandre, le propos du film vous a moins convaincu ?
00:53Oui, car derrière l'efficace thriller mystique se cache en réalité un manifeste woke.
00:58Le film tente de dépeindre les luttes de pouvoir
01:01et l'affrontement entre conservateurs et progressistes au sein de l'église.
01:05Un sujet passionnant, mais les deux camps sont montrés de manière extrêmement caricaturale.
01:09Les conservateurs sont ainsi présentés comme des extrémistes islamophobes,
01:13tandis que les progressistes ressemblent moins à des cardinaux qu'à des militants LGBT.
01:17On est très loin de la réalité de l'église.
01:19Pour être honnête, ce manichéisme va surtout apparaître dans une dernière partie involontairement burlesque.
01:25Il y a d'abord un attentat qui vise le Vatican,
01:28et le prêche vivre-ensemble-lise de l'évêque de Kaboul
01:30qui préconise de tendre l'autre joue pour mieux combattre l'islamisme.
01:34On pense alors à la célèbre phrase de Chesterton
01:36sur le monde moderne, rempli d'anciennes vertus chrétiennes devenues folles.
01:41Et enfin vient l'ultime rebondissement,
01:43où l'on découvre l'identité du nouveau pape,
01:46ainsi qu'un détail étonnant sur son CV.
01:47Celui-ci est né hermaphrodite et possède des organes féminins internes.
01:52Les cardinaux ont ainsi élu, sans le savoir, un pape intersexe.
01:56Par ce coup de théâtre, le réalisateur et les scénaristes
01:59ont sans doute voulu sonner la charge contre le patriarcat de l'église catholique
02:04et conclurent leur film de manière sulfureuse, en bousculant les dogmes.
02:08En vérité, ils n'ont fait que se conformer aux politiquement corrects de l'époque.
02:12Les catholiques seront moins choqués que les cinéphiles consternés.
02:15Et alors le pape François, que d'aucuns décrivaient comme progressiste,
02:18voire comme woke, est-ce qu'il aurait approuvé le message du film, Alexandre ?
02:21Rappelons tout de même qu'avant d'être un pape de gauche,
02:23François était un pape catholique.
02:25Il avait condamné durement l'avortement ou l'euthanasie
02:28et défendu le célibat des prêtres.
02:30Autant dire que le cardinal Bergoglio
02:32était tout de même très loin des délières d'Hollywoke.
02:34Et c'était l'édito d'Alexandre Devecchio.
02:36Bon dimanche, Alexandre.
02:36Merci, bon dimanche.
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