00:00En direct de Nice.
00:01RTL, il est 18h17 et nous sommes toujours en direct de Nice, vous l'avez compris.
00:05Bonsoir, Paul Vanier, vous êtes député France Insoumise du Val d'Oise,
00:08co-rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur les violences commises à Notre-Dame de Bétarame.
00:12Merci de prendre la parole ce soir sur RTL et en direct.
00:15François Bayrou sera donc entendu le 14 mai par la commission.
00:18Je rappelle que le Premier ministre est cité dans cette affaire.
00:21Il est accusé d'avoir eu connaissance des faits en tant que ministre de l'éducation nationale dans les années 90 et de n'avoir rien dit.
00:27Qu'attendez-vous clairement de cette audition de François Bayrou ?
00:32Bonsoir, nous attendons qu'il livre à la commission d'enquête un discours de vérité.
00:37M. Bayrou sera entendu sous serment et il devra donc à notre commission,
00:42mais aussi à toutes les Françaises et à tous les Français qui en suivent les travaux,
00:46des propos précis, factuels.
00:48Il sera bien sûr libre de ses réponses, mais il devra répondre à nos questions et aux déclarations,
00:54aux déclarations tenues sous serment là encore, d'autres personnes,
00:59je pense au juge Miranda, je pense au gendarme Hontan que nous entendions aujourd'hui,
01:03qui point par point contredisent entièrement la version du Premier ministre.
01:07Que vous a-t-il dit aujourd'hui le juge Miranda justement ? Expliquez-nous, c'est intéressant.
01:11Le juge Miranda aujourd'hui nous a affirmé qu'il avait reçu chez lui,
01:15à sa demande en 1998, François Bayrou, pour qu'il évoque avec lui les accusations de viol contre le père Caricard.
01:26Le père Caricard est l'un des violeurs en série de Bétarame.
01:29Et François Bayrou, lui, de son côté, a toujours nié, a longtemps nié,
01:33avoir eu connaissance de ses agressions sexuelles dès 1998.
01:37Il faut dire que cette année-là, François Bayrou est à la fois député
01:40et président du conseil départemental des Alpes-Maritimes,
01:43qu'il a donc en charge la protection de l'enfance,
01:46et que donc informé de ses agressions sexuelles, de ses faits de viol,
01:49il aurait dû agir pour les faire cesser, et manifestement, il ne l'a pas fait.
01:54Donc le juge Miranda a ce matin, point par point, déconstruit, démonté les affirmations
02:00que le Premier ministre a tenues à la fois devant les députés à l'Assemblée nationale,
02:04mais aussi plus récemment devant les victimes de Bétarame à Pau.
02:07Il s'est toujours défendu d'avoir eu connaissance des faits, et à plusieurs reprises.
02:12Il a évoqué des méthodes autoritaires, mais en aucun cas des violences
02:14comme celles dont il est question aujourd'hui.
02:17Exactement, il a toujours nié avoir eu connaissance, notamment de faits de violences sexuelles.
02:21Or, le juge Miranda nous indique de façon extrêmement précise
02:24qu'en 1998, chez lui, lors d'une conversation de plus de deux heures,
02:28il le renseigne sur l'accusation de viol sur un ancien élève
02:32qui pèse sur le père Caricard, qui a été l'un des chefs de l'établissement Bétarame.
02:37Donc, M. Bayrou, depuis 1998, au moins était informé de ces faits de violences sexuelles.
02:43Il n'a rien fait pour les faire cesser, et pour dissimuler son inaction,
02:47il a choisi de mentir ces dernières semaines à l'Assemblée nationale et aux Français.
02:51Savez-vous si, lors justement de ces échanges qu'il a eus,
02:54il posait des questions pour aller plus loin, ou si simplement il était en quelque sorte récepteur ?
02:59C'est-à-dire qu'il ne faisait qu'écouter une affaire à laquelle il n'allait visiblement pas participer,
03:04en tout cas dans sa publication, dans les jours, les semaines et même les années qui suivaient ?
03:10Alors, le juge Miranda nous dit que c'est François Bayrou qui est à l'initiative de ce rendez-vous
03:14et de cette discussion, et que le souci de François Bayrou, en 1998, concerne son fils.
03:20Son fils est scolarisé dans l'établissement Bétarame,
03:22et François Bayrou cherche auprès du juge Miranda à savoir si son fils a des raisons de craindre
03:27ou d'avoir été agressé par le père Caricard.
03:32Et le juge va le rassurer, je crois, sur ce point.
03:34Ce matin, je demandais au juge si François Bayrou s'était soucié du sort des autres élèves de Bétarame.
03:39Ben oui, c'est une vraie question.
03:41Et c'est une question absolument décisive, parce que je rappelle qu'il était à l'époque en charge de la protection de l'enfance
03:46pour le département des Pyrénées-Atlantiques.
03:49Et le juge nous a indiqué très précisément que les questions de François Bayrou ne portaient que sur le sort de son fils.
03:55Alors ce matin, si j'ai bien compris, vous avez auditionné aussi l'ancien gendarme Alain Hontang.
03:59J'espère que je prononce correctement son nom.
04:01Ce dernier a réaffirmé devant vous qu'un magistrat lui avait bel et bien parlé d'une intervention de François Bayrou
04:07lorsqu'il enquêtait justement sur l'effet de viol visant un religieux de l'établissement en 1998.
04:13Expliquez-nous.
04:14Eh bien, cet ancien gendarme qui était à la section de recherche de Pau
04:20devait, ce jour-là, nous sommes le 26 mai 1998, présenter au juge d'instruction Mirande
04:27le père Caricard à l'issue de sa garde à vue.
04:29Et lorsqu'il se présente au bureau du juge, le juge lui dit qu'il faut reporter l'audience
04:33car le juge vient d'être contacté par le procureur général
04:37qui lui a dit que François Bayrou lui demandait de pouvoir accéder au dossier du père Caricard
04:42juste avant qu'il soit présenté au juge Mirande.
04:45C'est une information qui est extrêmement importante.
04:48D'abord parce qu'elle nous indique que François Bayrou, en 1988, sait qui est le père Caricard,
04:53qui le connaît puisqu'il demande à accéder à son dossier.
04:55Et cette information, elle révèle aussi une intervention de François Bayrou à l'époque député
05:01dans une procédure judiciaire en cours, au mépris du principe de séparation des pouvoirs
05:05et de l'indépendance de la justice.
05:07Et ce matin, le gendarme Ontan, qui, je dois le dire, a des états de service qui sont exceptionnels,
05:12qui est un gendarme très expérimenté, nous a aussi révélé qu'un autre gendarme,
05:17dont il nous a communiqué l'identité, avait été témoin de cette scène
05:22et est en situation d'affirmer lui aussi que le juge, à ce moment-là,
05:27indique que c'est sur demande de François Bayrou que le procureur général intervient auprès de lui.
05:32Alors, un ancien élève de Bétaram qui fut en classe avec l'un des enfants Bayrou
05:35affirme que toute la famille était au courant du scandale.
05:39C'est une évidence pour vous et au moment où nous parlons,
05:42et en l'état de vos connaissances, estimez-vous que le Premier ministre, tout simplement,
05:45nous cache une vérité qu'il a connue et si oui, pourquoi ?
05:48Écoutez, un ancien gendarme, un ancien juge d'instruction, des victimes,
05:54un très grand nombre de journalistes, point par point, de façon très précise,
05:58remettent en cause les versions successives de François Bayrou
06:02et tout indique aujourd'hui que François Bayrou, dès 1996,
06:05a la connaissance de violences physiques à Bétaram,
06:07dès 1998, de violences sexuelles,
06:10que dans ces années 90, où il est successivement ministre de l'Éducation nationale,
06:14puis président du Conseil départemental et député,
06:16il a tous les moyens de dénoncer ces violences,
06:19de les faire cesser, mais qu'il ne fera rien.
06:22Et je veux dire que cette inaction est extrêmement grave,
06:24puisqu'elle conduira, après 1996 et après 1998,
06:28à ce que les violeurs en série de Bétaram prolongent leurs crimes
06:32et ravagent, détruisent la vie de dizaines, de centaines d'enfants et d'adolescents,
06:37avec des plaintes qui sont en ce moment collectées par Alain Esquer,
06:40le porte-parole du collectif des victimes de Bétaram.
06:42Plus de 200 plaintes sont aujourd'hui déposées devant la justice,
06:47et des plaintes pour des faits qui sont parfois récents, dans les années 2010,
06:51et probablement que des plaintes pourraient signaler des faits jusque dans les années 2020.
06:56Bien sûr.
06:57Depuis près d'un mois, vous avez entendu les victimes,
06:59puis les institutions religieuses,
07:02ainsi que les administrations de l'État.
07:05Finalement, qu'avez-vous appris que vous ne saviez pas vous-même ?
07:07Beaucoup de choses.
07:10Nous avons découvert à quel point il y avait une immense désorganisation
07:14en matière de contrôle par les services de l'État,
07:17des établissements scolaires,
07:19en particulier des établissements privés sous contrat,
07:21et ces contrôles manquants, insuffisants, défaillants,
07:24ne permettent pas de détecter ces violences,
07:27ou quand elles sont détectées,
07:28il y a beaucoup de questions qui se posent sur le traitement des signalements,
07:31sur leur remontée.
07:33Des signalements ne remontent pas,
07:34des signalements, quand ils remontent, se perdent parfois.
07:36Il y a beaucoup d'informels,
07:38il y a une dilution des responsabilités.
07:41Donc, nous sommes en train d'identifier ces défaillances
07:43avec la volonté de les corriger,
07:46et de faire à l'issue de nos travaux des propositions
07:48pour refonder, à mon avis, de façon très importante,
07:51ce système de contrôle,
07:53afin d'empêcher d'autres bétarames,
07:55et de protéger tous les enfants,
07:57quel que soit l'établissement scolaire dans lequel ils sont scolarisés,
08:00public, privé sous contrat, privé hors contrat.
08:02Une toute dernière question, s'il vous plaît,
08:04si je peux avoir une réponse brève, je vous en remercie.
08:07Est-ce que vous enquêtez sur d'autres établissements ?
08:11Que retenez-vous de cette expérience particulière ?
08:12Et avez-vous d'autres enquêtes que vous allez mener
08:15avec vos confrères députés sur d'autres établissements ?
08:19Oui, nous allons continuer à nous déplacer.
08:21Ces déplacements sont indispensables
08:23parce qu'ils participent d'un mouvement de libération de la parole.
08:26Et puisque j'ai peu de temps,
08:27je veux inviter toutes les victimes qui nous entendraient ce soir
08:29à prendre la parole, à aller en justice,
08:31à dénoncer leurs agresseurs, à se faire entendre.
08:34Merci beaucoup, Paul Vannier, député France Insoumise du Val-d'Oise,
08:37d'avoir pris la parole sur l'antenne d'RTL.
08:40Nice, vainqueur de notre opération Pièces Jaunes.
08:43Vous le savez, c'est pour ça que nous sommes aujourd'hui
08:45et pendant 24 heures sur place
08:47pour pouvoir faire toutes nos émissions
08:49et avec infiniment de plaisir.
08:50Jusqu'où le tourisme est-il supportable ?
08:52On dénonce de plus en plus souvent le surtourisme.
08:55C'est le cas à Nice ou à Paris.
08:57Plus 20% en un an de touristes américains,
08:59notamment sur la promenade des Anglais.
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