- il y a 10 mois
Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, était l'invitée de France Inter ce jeudi, à l'occasion de la sortie de son livre "À ma place" (éd. Buchet-Chastel). Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-jeudi-10-avril-2025-3303540
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00:00France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10
00:06Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la présidente de l'Assemblée Nationale.
00:11Elle publie « À ma place » aux éditions Bûcher-Chastel,
00:15où elle raconte le parcours de sa vie.
00:18Vos questions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France.
00:24Yael Brunpivet, bonjour.
00:25Bonjour.
00:26Bonjour.
00:26Et bienvenue sur Inter, c'est un livre très personnel, sans filtre,
00:30qui raconte l'émergence d'une femme puissante dans la sphère politique.
00:35Première femme à occuper le perchoir à l'Assemblée Nationale
00:39au terme d'un parcours qui n'a franchement pas été facile.
00:43Souvent, Yael Brunpivet, les politiques attendent d'avoir quitté leur fonction pour écrire leur mémoire.
00:50Ce fut le cas d'Elisabeth Borne ou de Jean-Michel Blanquer.
00:54Pourquoi le quatrième personnage de l'État, que vous êtes, a éprouvé la nécessité d'écrire et de se livrer ?
01:02Vous nous faites une Bruno Le Maire, entre guillemets, c'est-à-dire le seul qui fait exception à cette règle
01:08et qui écrivait tout en exerçant le pouvoir.
01:11Il y a effectivement des petits bouts que j'avais écrits juste après avoir vécu des événements intenses
01:17et je ne voulais pas qu'ils s'échappent de ma mémoire.
01:20J'avais écrit beaucoup de choses au fil de l'eau et j'ai éprouvé le besoin de tout réunir
01:25et donner de la cohérence à ce récit.
01:28Mais aussi parce que les Français commencent à me connaître en tant que présidente de l'Assemblée Nationale.
01:33Mais comme je ne suis pas en politique depuis longtemps, ils ne me connaissent pas,
01:37ils ne savent pas qui je suis, quel est mon parcours, etc.
01:40Et j'ai voulu donc fendre un peu l'armure, les faire entrer dans les coulisses,
01:44alors les coulisses de ma vie, les coulisses de l'Assemblée Nationale,
01:47qu'ils puissent savoir qui j'étais et ce qui m'avait construit et ce qui m'animait.
01:52Les coulisses aussi des coups bas en politique.
01:54Ce qui marque dans votre livre à la lecture, c'est qu'on a l'impression que les coups les plus durs
01:57viennent de votre camp.
01:58On va y venir, mais ce livre s'ouvre par une figure, celle de votre grand-père,
02:03Calman Brown, tailleur juif polonais réfugié en France à Nancy,
02:07où il rencontre en 1933 Rose, qui va devenir votre grand-mère, juive allemande réfugiée.
02:13Pourquoi avoir eu besoin d'évoquer la figure de votre grand-père ?
02:16En quoi est-il marquant pour vous dans votre parcours ?
02:19Et que dit-il ce parcours de votre grand-père de la République française ?
02:23J'étais extrêmement attachée à mon grand-père.
02:27Et son parcours montre qu'un destin, ça se construit, qu'on ne doit pas nécessairement
02:35subir le poids des événements, le poids de l'histoire, le poids de cette fatalité.
02:41Là où vous naissez, lui, il était né en Pologne avant la Première Guerre mondiale.
02:45Et il a construit sa vie à force de travail, d'acharnement, de grandes décisions aussi.
02:51La décision de quitter la Pologne, puis de venir en France, de s'engager pour l'armée française,
02:57ce pays qui était en train de l'adopter, mais dont il n'avait pas la nationalité, puis dans la résistance.
03:02Bref, un parcours valeureux, droit, mais aussi simple, sans prétention.
03:08Quand il est décédé, j'avais 18 ans, il n'avait rien.
03:12Il n'avait pas fait fortune.
03:13C'était juste un petit artisan, mais qui avait construit son destin.
03:18Et ça a toujours été très inspirant pour moi parce que, et c'est aussi le cas de ma mère,
03:24c'est le message aussi que je veux porter dans ce livre.
03:27C'est qu'il faut prendre sa vie en main, il faut être capable.
03:32Ce n'est pas facile, mais il y a des moments où il faut arrêter de subir
03:36et se dire qu'on peut avoir une influence sur le cours de sa vie.
03:40Alors, vous l'avez eu en 2017.
03:42Oui, vous faites partie des macronistes de la première heure,
03:45élus en 2017 dans les Yvelines, sur la promesse de faire de la politique autrement.
03:51Vous avez abandonné à ce moment-là votre carrière d'avocate pour entrer en politique,
03:56comme beaucoup de ceux qui ont été élus à cette date, à la suite d'Emmanuel Macron.
04:01À l'époque, vous l'écrivez, je suis enthousiaste, mais je n'y connais rien.
04:05Je ne sais pas comment faire.
04:06Et ce fut le cas d'ailleurs de beaucoup de ceux qui entrèrent en politique à ce moment-là.
04:11Ça vous vaudra d'être taxé d'amateur ?
04:13Complètement.
04:14C'était très bizarre parce qu'en fait, les Français avaient souhaité
04:18un profond renouvellement de la classe politique.
04:20Ils voulaient justement que la société civile rentre en politique.
04:23Ils voulaient se débarrasser des politiques de carrière.
04:26Et en même temps, dès que nous sommes arrivés aux responsabilités,
04:29on a effectivement été taxé d'amateur, de godillot, etc.
04:32Comme s'il avait fallu qu'en une journée,
04:37on se transforme nous-mêmes en professionnels de la politique,
04:40ce que l'on n'était pas.
04:41Donc c'est vrai qu'au début, ça a été difficile.
04:43Et puis, c'est un monde qui est particulier, qui est compliqué.
04:47Il faut en apprendre les codes.
04:48Je crois que je les ai appris au fur et à mesure,
04:50en travaillant, en regardant, en écoutant.
04:53Et il faut avoir beaucoup d'humilité aussi
04:55quand on débarque comme ça dans un milieu que l'on ne connaît pas.
04:58Mais en même temps, je crois profondément,
05:01et c'est aussi ce que j'essaye de dire dans mon livre,
05:04à ce que la société civile s'engage en politique.
05:06Moi, je ne veux pas qu'on revienne en arrière
05:08et qu'on revienne avec des professionnels de la politique.
05:11On a besoin de l'engagement de tous.
05:12Même si vous écrivez qu'au-delà de l'idéalisme,
05:15certains diraient de la naïveté,
05:16ce qui nous animait au départ,
05:17nous ne sommes pas parvenus à la tenir.
05:19C'est la promesse de faire de la politique différemment.
05:22Et vous racontez sans phare
05:23les difficultés que rencontrent les députés macronistes dès 2017.
05:26Le manque de formation, d'accompagnement,
05:28la pratique du pouvoir,
05:29surtout la pratique du pouvoir au sein du parti,
05:31de votre parti, La République En Marche à l'époque,
05:33qui s'est révélée très verticale.
05:35En fait, vous dites clairement,
05:37très vite, c'est la douche froide,
05:38puisque vous êtes nouveau,
05:40vous êtes amateur, entre guillemets,
05:41vous arrivez, vous ne connaissez pas la politique,
05:43sauf qu'à la tête du parti,
05:45ça fonctionne à l'ancienne.
05:46C'est très vertical et on décide des choses.
05:48Et vous donnez des exemples.
05:49C'est ça, mais parce que je pense
05:51qu'au départ, avec une majorité absolue,
05:55il faut dérouler, il faut passer les réformes
05:57qui ont été promises et on ne s'embarrasse pas
06:00effectivement d'avoir de la participation,
06:03que ce soit de la participation citoyenne,
06:05la participation des corps intermédiaires
06:07ou la participation des parlementaires.
06:10Tout le monde l'a dit,
06:10je ne suis pas la première à le dire,
06:12un exercice du pouvoir très vertical,
06:14alors que la promesse en marche,
06:17effectivement, ça n'était pas ça.
06:18Ça n'était pas ça,
06:19c'était quelque chose de beaucoup plus participatif.
06:22Et vous donnez des exemples.
06:23Oui, il y a les coups bas dont parlait Léa,
06:25les rapports de force sont les pages les plus édifiantes.
06:27Vous racontez les conditions de votre élection au perchoir.
06:30Emmanuel Macron et ses proches ne voulaient pas de vous
06:33pour succéder à Richard Ferrand.
06:35Ils préféraient Roland Lescure.
06:37Vous racontez comment Alexis colère le bras droit
06:40d'Emmanuel Macron à l'Elysée,
06:41puis Elisabeth Borne vous ont sommé de renoncer
06:45à votre candidature.
06:47Si tu te présentes,
06:48si tu présentes ta candidature,
06:50tu perdras ton poste de ministre,
06:52vous dit Alexis colère.
06:54Après vous avoir expliqué qu'Aurore Berger,
06:56étant déjà présidente,
06:58ça vous fait rire,
06:59du groupe macroniste,
07:01il fallait un homme au perchoir
07:03pour des raisons de parité.
07:05Elisabeth Borne, à l'époque première ministre,
07:07vous accuse de jouer contre eux.
07:08Elle finit par exiger votre démission immédiate.
07:12Ambiance !
07:13Ambiance, oui.
07:14Oh là là !
07:15Qu'est-ce que ça révèle,
07:17je dirais,
07:17de la substance même de la Macronie, tout ça ?
07:21Alors je ne sais pas si c'est propre à la Macronie,
07:23soyons honnêtes ce matin ensemble.
07:27Il y a toujours eu,
07:28dans tous les partis politiques,
07:30pour des fonctions telles que le perchoir,
07:32ou la présidence du Sénat,
07:34des candidats qui étaient fléchés,
07:35estampillés par l'Elysée.
07:37Et on voit bien qu'il y a deux sortes de présidents,
07:40ceux qui avaient les faveurs de l'Elysée
07:42et les autres.
07:43Et j'apprenais encore récemment
07:45que certains de mes prédécesseurs,
07:47type Jean-Louis Debré,
07:48n'avaient pas les faveurs de l'Elysée
07:51au moment où il s'était présenté.
07:53Donc en fait, c'est assez classique finalement.
07:55Et moi, je fais partie de ceux
07:56qui effectivement n'avaient pas les faveurs de l'Elysée.
07:59Mais après, il faut se battre.
08:01Ce que je trouve très intéressant,
08:02c'est la question de la parité.
08:03Quand c'est deux hommes,
08:05il n'y a pas de sujet de parité pour les hommes,
08:08mais quand il y a une femme,
08:09ça suffit.
08:10Donc c'est 50%, pas plus.
08:12Assez classique,
08:13mais tout de même,
08:13il y a une spécificité.
08:15Vous êtes nombreuses,
08:17à La République En Marche,
08:18dans la majorité depuis huit ans,
08:21à dire en off que c'est un boys club,
08:23que ça a toujours été un boys club,
08:25que tous les conseillers du président,
08:26des premiers ministres,
08:28mis à part Elisabeth Borne,
08:29mais ça n'a pas duré longtemps,
08:30sont entourés d'hommes.
08:31C'est les hommes qui décident,
08:33c'est comme ça.
08:34Les hommes du président.
08:35Les hommes du président.
08:36Mais vous le reconnaissez.
08:38Non mais évidemment,
08:39mais tout ça pendant huit ans,
08:40vous êtes une exception.
08:41Ça saute aux yeux.
08:41Ça saute aux yeux,
08:42on le voit.
08:43Mais à nouveau,
08:44le monde politique
08:45reste un monde très masculin.
08:47C'est pour ça que moi,
08:48je me suis battue
08:48cette semaine,
08:49lundi dernier,
08:50pour que l'on puisse voter
08:51à l'Assemblée nationale,
08:52une loi qui fait la parité
08:54à toutes les élections locales,
08:55parce qu'aujourd'hui,
08:56nous n'avons encore
08:57que 20% de femmes mères.
08:5816% de femmes
08:59présidentes de conseils d'agglomération.
09:01Ça n'est plus possible.
09:02Vous racontez aussi.
09:04C'est très puissant,
09:05Macroni,
09:05vous avez raison,
09:06de le rappeler,
09:07mais ça n'est pas non plus là
09:08une exception.
09:09Vous racontez,
09:09il y a eu le braune pivot
09:10avant la bagarre
09:11pour le perchoir,
09:12il y a eu la bagarre
09:12pour la commission des lois
09:14de l'Assemblée nationale.
09:14Ça, c'est en 2017.
09:15Vous arrivez,
09:16vous briguez la présidence
09:17de la commission des lois,
09:19vous l'obtenez,
09:19et là,
09:20le patron du parti,
09:23le conseiller du président,
09:24Stéphane Séjourné,
09:25qui est aujourd'hui
09:25à la commission européenne,
09:27vous appelle pour vous demander
09:28de démissionner de ce poste.
09:29Vous le citez.
09:30Il vous explique
09:30que la commission des lois
09:31est très stratégique,
09:32que c'est une fonction
09:33très importante,
09:34que vous n'avez pas
09:34l'expérience requise
09:35pour l'exercer en tant que novice
09:36et que d'ailleurs,
09:38vous n'arriverez pas
09:38à vous occuper de vos cinq enfants
09:39avec cette fonction
09:40qui va occuper tout votre temps.
09:43Je n'ai pas de questions.
09:44Non, mais moi,
09:44je n'ai pas de réponse à dit tout
09:46et je ne le commande pas
09:46dans mon livre
09:47parce que tout est dit
09:49entre la démarche
09:51et les motivations.
09:52mais c'est sur ça
09:55et c'est ça
09:55qu'il faut que l'on combatte
09:57aujourd'hui ardemment.
09:59C'est ce que j'ai combattu
10:00pendant huit ans.
10:01Il faut continuer à le faire.
10:02Ça suffit le sexisme en politique.
10:04Ça suffit le sexisme
10:05dans notre vie au quotidien.
10:07Nous devons,
10:08en tant que femmes,
10:09nous représentons 50%
10:10de la population.
10:11Nous devons simplement
10:13avoir notre juste place
10:14et donc nous pouvons
10:16mener des carrières professionnelles,
10:18avoir des familles
10:19et la société doit pouvoir
10:20permettre cela
10:21partout,
10:22en politique,
10:23au plus haut niveau.
10:24Après,
10:24on peut avoir une lecture
10:25qui n'est pas sexiste.
10:26Sébastien Chenu,
10:27qui est le vice-président
10:28de l'Assemblée nationale
10:28et qui vient du Rassemblement national,
10:29dit dans Le Monde
10:30que c'est juste
10:31que vous ne vous entendez pas
10:32avec Emmanuel Macron.
10:34Il dit
10:34qu'elle est vue
10:35comme une chieuse
10:36dans un monde
10:36où il était plus facile
10:37de s'arranger
10:38sur un coin de table
10:39avec Richard Ferrand.
10:40A-t-il raison ?
10:41C'est un compliment.
10:43En tout cas,
10:44j'ai de l'autonomie,
10:45j'ai une liberté de penser
10:47parce que j'ai
10:48beaucoup de convictions,
10:50j'essaye d'être très cohérente
10:51entre ce que je suis
10:53et ce que je porte
10:53et c'est ce que j'essaye
10:54de développer
10:55dans le livre
10:56et je crois qu'aujourd'hui,
10:58si j'ai été réélu
11:00présidente de l'Assemblée nationale
11:01en 2024,
11:03c'est justement
11:03parce que j'ai aussi
11:04cette autonomie.
11:05Après,
11:06mes relations
11:06avec le président de la République
11:08et je vous l'assure,
11:09sont aujourd'hui excellentes
11:10parce qu'on a appris
11:11à se connaître.
11:12On ne se connaissait pas
11:13jusqu'en 2022
11:14et on s'est apprivoisés.
11:16Pardon,
11:17vous écrivez,
11:17il y a quelque chose
11:18d'insaisissable
11:19qui me déroute toujours
11:20chez Emmanuel Macron.
11:22Oui,
11:22mais ça ne nuit pas
11:23à la qualité de notre relation
11:24qui est très franche
11:25et très sincère.
11:26On continue à se voir
11:27en tête à tête,
11:28on se dit les choses
11:29et c'est important
11:30parce que,
11:31aux fonctions qui sont
11:31les nôtres aujourd'hui,
11:32dans les temps
11:33qui sont les nôtres compliqués,
11:34nous avons besoin
11:35d'avoir une relation
11:36de confiance
11:37et cette relation
11:38s'est créée,
11:39ça se construit la confiance,
11:40c'est normal,
11:41ça ne se décrète pas.
11:42Vous racontez,
11:43Yael Broun-Pivet,
11:44aussi le cancer du sein
11:46que vous avez dû combattre,
11:47un cancer qui vous a été
11:48diagnostiqué il y a trois ans,
11:50en 2022,
11:51lors d'une mammographie.
11:52C'est important pour vous
11:54comme femme politique,
11:55femme publique,
11:56de dire les choses,
11:57de montrer qu'on peut
11:59se battre contre un cancer
12:01et présider l'Assemblée nationale ?
12:03Oui,
12:04c'est important d'appeler
12:05à la prévention aussi
12:06et avant tout,
12:07de dire aux femmes,
12:07allez-y,
12:08aujourd'hui on n'a que 50%
12:10des femmes qui bénéficient
12:11du dépistage national organisé
12:13qui est gratuit,
12:14il faut que ça soit davantage
12:16parce que ça peut leur sauver la vie
12:18et puis des témoignages
12:21qui m'ont été apportés
12:23m'ont montré que j'avais eu raison
12:24aussi de le dire
12:25parce qu'effectivement,
12:27on a besoin aujourd'hui
12:28de lever le tabou de la maladie
12:29et vous l'avez fait,
12:31on a besoin de montrer
12:32qu'on peut travailler
12:33en ayant été atteint
12:35d'une maladie,
12:35qu'on n'est pas devenu
12:36des incapables,
12:37qu'on n'est pas des parias
12:38et il faut montrer
12:40qu'en fait,
12:41on est capable de livrer
12:42des grands combats,
12:43que tout ne s'arrête pas
12:44et qu'on ne se résume pas
12:45à une maladie
12:46et c'est ce que j'ai voulu dire
12:48aujourd'hui,
12:48moi je vais bien,
12:49j'ai cette chance-là
12:50d'avoir été guérie
12:51et on doit créer
12:52une société
12:53beaucoup plus inclusive,
12:55beaucoup plus tolérante
12:56vis-à-vis de chacun,
12:57quels que soient
12:58les parcours
12:59qui sont les nôtres
13:00et montrer aussi
13:01qu'on est comme tout le monde.
13:02En fait, parfois,
13:03on a une image de politique
13:04qui serait des surhommes
13:06complètement désincarnés.
13:08On n'est pas désincarnés.
13:09On a nos forces,
13:10on a nos faiblesses,
13:11on a nos souffrances,
13:13etc.
13:13On est des hommes
13:14et des femmes,
13:15tout simplement.
13:16Et puis,
13:16il y a des considérations
13:17et des réflexions
13:18plus politiques dans le livre,
13:19on a commencé par l'intime.
13:21La défense du 49-3,
13:23vous le défendez,
13:24vous estimez que c'est un outil
13:26qui n'est pas un passage en force,
13:27que c'est un outil,
13:29et vous défendez
13:29qu'Elisabeth Borne
13:30ait passé la réforme des retraites
13:32par le 49-3.
13:33Ça, vous l'écrivez très clairement.
13:34Aucun regret.
13:35Et puis,
13:36vous parlez de la marche
13:36contre l'antisémitisme
13:38organisée le 12 novembre 2023
13:40avec Gérard Larcher.
13:41Vous dites,
13:41c'est mon plus beau souvenir politique.
13:43Vous revenez sur la montée
13:44de l'antisémitisme
13:45dans le sillage du 7 octobre.
13:47Le fameux tweet
13:48de Jean-Luc Mélenchon
13:48qui vous a accusé
13:49de camper à Tel Aviv
13:50pour encourager le massacre
13:52parce que vous êtes allé
13:52très vite après le 7 octobre
13:54sur place en Israël.
13:55Vous dites d'ailleurs
13:56avoir appelé Robert Badinter
13:58qui vous a conseillé
13:59à ce moment-là
13:59de ne pas bouger.
14:01Mais au-delà
14:02du tweet controversé
14:04de Jean-Luc Mélenchon,
14:05vos positions
14:06sur la question du Proche-Orient
14:07ont interrogé
14:07jusque dans votre camp.
14:08Elisabeth Borne,
14:09alors première ministre,
14:10raconte dans son livre à elle,
14:11on l'avait reçu,
14:12et à elle,
14:13Brown-Pivet s'est rendue en Israël
14:14et a réaffirmé
14:14un soutien inconditionnel
14:16à Israël.
14:17Le président,
14:18Emmanuel Macron et moi-même,
14:19n'avons pas été prévenus
14:20à la dernière minute
14:22seulement de ce voyage,
14:23mais à la fois
14:24le choix du moment
14:25comme le message,
14:26ce soutien inconditionnel,
14:28interpelle.
14:28C'est Elisabeth Borne
14:29qui dit ça.
14:30Un an et demi après,
14:31vous le redites,
14:32vous parlez du soutien
14:32inconditionnel
14:33de la France à Israël ?
14:34Alors, le mot a été
14:36effectivement mal choisi
14:38parce que,
14:39de toute évidence,
14:41il a été mal compris,
14:43donc forcément mal choisi
14:44et c'est de ma responsabilité
14:46puisque mon expression
14:47n'a pas été comprise.
14:50J'ai été,
14:51comme tous les Français,
14:52choquée
14:53par ce qui s'est passé
14:54lors des attentats
14:56du 7 octobre.
14:57et j'ai réaffirmé
14:59à l'Assemblée nationale
15:00le soutien
15:01qui était celui
15:02de la France
15:03à un pays meurtri
15:04par le terrorisme
15:06et ce soutien
15:06qui n'avait pas
15:08de conditions.
15:10On devait soutenir Israël
15:12sans dire
15:13oui mais
15:13ils sont en fait
15:15responsables
15:16de leur propre malheur
15:17et c'est ce qu'on entendait
15:18chez certains
15:19hommes et femmes politiques.
15:20Je n'aurais pas choisi
15:21ce mot.
15:22Un an et demi après
15:23je vois bien
15:24que j'ai eu tort
15:24de choisir ce mot
15:25parce qu'il ne reflétait
15:26pas ma pensée
15:27et il a été compris
15:28de telle sorte
15:29que ça ne correspond pas
15:30à ce que je voulais dire.
15:31Donc voilà,
15:32il faut le reconnaître.
15:33Et aujourd'hui
15:33le soutien de la France...
15:34Mais je ne regrette absolument
15:35pas d'avoir été en Israël
15:36parce qu'il faut se tenir
15:38aux côtés des nations
15:39amies
15:40qui subissent
15:41quelque chose
15:42d'effroyable
15:42et donc ce déplacement
15:44je ne le regrette pas.
15:45Mais aujourd'hui
15:45un an et demi après
15:46alors que les bombes
15:49tombent toujours sur Gaza
15:50est-ce que le soutien
15:51de la France
15:51doit être toujours
15:53aussi fort ?
15:54Mais on doit
15:55et c'est l'action
15:56du président de la République
15:58on doit absolument
15:59permettre à ce que
16:01la paix puisse s'installer
16:02dans la région
16:03à ce que les populations
16:04civiles puissent être
16:06complètement secourues
16:08et qu'elles puissent
16:08vivre, revivre
16:10et c'est l'action diplomatique
16:13que mène aujourd'hui
16:13le président de la République
16:14une reconnaissance
16:15de deux États
16:17l'État d'Israël
16:17et l'État de Palestine
16:19avec des garanties
16:19de sécurité
16:20apportées aux deux États
16:22La France pourrait reconnaître
16:23l'État palestinien
16:24en juin
16:25c'est ce qu'a déclaré
16:26hier Emmanuel Macron
16:28en annonçant
16:29une conférence internationale
16:30présidée
16:31par la France
16:33et l'Arabie saoudite
16:34et voilà
16:35l'État palestinien
16:37maintenant
16:38vous êtes pour
16:38une reconnaissance ?
16:40Je suis pour
16:42dans la mesure
16:42où nous arrivons
16:43à avancer sur cette solution
16:45à deux États
16:45c'est un État
16:46palestinien
16:47et un État israélien
16:49avec des garanties
16:50de sécurité
16:51pour les deux États
16:52et c'est cette voie
16:53que le président
16:54de la République porte
16:55je voudrais juste
16:56apporter une toute
16:57petite précision
16:58évidemment que l'Élysée
16:59était au courant
17:00de mon déplacement
17:01en Israël
17:02je ne fais
17:03aucune action
17:04diplomatique
17:05sans mettre
17:06l'Élysée
17:07et le Quai d'Orsay
17:08dans la boucle
17:09je ne leur demande pas
17:10l'autorisation
17:10puisque je suis
17:12en vertu
17:13de la séparation
17:13des pouvoirs
17:15complètement autonomes
17:16mais il n'y a
17:17aucune action diplomatique
17:18qui est menée
17:19dans le dos
17:20de l'Élysée
17:21c'est la moindre
17:21des responsabilités
17:23qui est la mienne
17:23de faire attention
17:24à cela
17:25vous les avez informés
17:26de ce voyage
17:27dites-vous
17:28Yael Broun-Pivet
17:29ils ne vous ont pas
17:30informés
17:30de la décision
17:31de la dissolution
17:32que vous revenez
17:33sur la dissolution
17:34dans votre texte
17:36vous racontez
17:36les coulisses
17:37de cette décision
17:38que vous jugez
17:38incompréhensible
17:39encore aujourd'hui
17:40vous racontez la scène
17:40où à 19h
17:41le 9 juin
17:42on est au soir
17:43des Européennes
17:43vous êtes convoqués
17:44à l'Élysée
17:44aux côtés de Richard Ferrand
17:45Gabriel Attal
17:46Gérald Darmanin
17:47Stéphane Séjourné
17:48encore beaucoup de femmes
17:49le président vous annonce
17:51sa décision
17:51de dissoudre
17:52et ce qui est frappant
17:53à vous lire
17:53c'est que sur le moment
17:54personne ne conteste
17:55la décision du président
17:56écrivez-vous
17:57Argan
17:57qu'il s'agit de sa prérogative
17:58et qu'il est libre
17:59de l'exercer à sa guise
18:00autour de la table
18:01les mines sont déconfites
18:02mais personne n'ose dire
18:04à Emmanuel Macron
18:05qu'il commette une erreur
18:06personne n'ose parler
18:07ce que vous racontez
18:08c'est vrai
18:09en fait je pense que
18:10tout le monde
18:10est un peu tétanisé
18:14un peu sous le choc
18:15de cette décision
18:16et c'est vrai
18:17qu'il n'y a pas
18:18de contestation
18:19autour de la table
18:20et c'est vrai
18:20que le tour de table
18:21dure très peu de temps
18:22et finalement
18:23c'est pour ça que moi
18:24je demande cet entretien
18:25particulier avec le président
18:26de la république
18:27que j'obtiens
18:28et là pendant
18:28plus de 15 minutes
18:30j'essaye de lui expliquer
18:31pour quelle raison
18:32ça n'est pas une bonne décision
18:34et pour quelle raison
18:35on pourrait trouver
18:36un autre chemin
18:37il vous répond quoi ?
18:38nous sommes en désaccord
18:40lui il pense que
18:41l'Assemblée nationale
18:42n'est pas en capacité
18:43de continuer à travailler
18:44qu'on va aller
18:45vers un blocage croissant
18:47là où moi je pense
18:49que nous sommes capables
18:50avec les républicains
18:51à l'époque
18:52de nouer une alliance
18:53et de construire
18:54une coalition
18:55qui nous permettrait
18:56d'avoir un gouvernement commun
18:58qui à l'époque
18:59aurait pu s'appuyer
19:01sur une majorité absolue
19:02à l'Assemblée nationale
19:03puisque
19:03le socle commun
19:05et les républicains
19:06constituaient à l'époque
19:07une majorité absolue
19:08Avez-vous été troublé
19:09comme François Bayrou
19:10par la condamnation
19:11de Marine Le Pen
19:12à une peine
19:13d'inéligibilité
19:15de 5 ans
19:15avec exécution immédiate
19:17qu'elle ne puisse pas
19:18se présenter
19:19à l'élection présidentielle
19:21en 2027
19:22cette hypothèse-là
19:23est-ce un problème démocratique
19:25à vos yeux ?
19:26Le problème démocratique
19:27c'est qu'on est
19:28des responsables politiques
19:29qui sont condamnés
19:32pour des faits
19:32très graves
19:33les Français ont besoin
19:35et je le rappelle
19:35c'était ça aussi
19:36la promesse
19:37de renouveau démocratique
19:37ils ont besoin
19:38d'avoir des responsables politiques
19:40qui soient complètement intègres
19:43qui soient irréprochables
19:45ils souhaitaient
19:46et sont très majoritaires
19:47à souhaiter
19:48qu'on ait un casier judiciaire vierge
19:50pour se présenter
19:51et donc moi
19:53ça ne me trouble absolument pas
19:54qu'un responsable politique
19:56qui subisse
19:57une condamnation pénale importante
20:00ne puisse pas se présenter
20:01à une élection
20:01quelle qu'elle soit
20:02vous savez
20:03les peines d'inéligibilité
20:04elles existent
20:04depuis que le code pénal existe
20:06donc depuis 1812
20:08Puisqu'on est sur le RN
20:09le RN a annoncé hier soir
20:11qu'il refuse de reprendre
20:12les travaux à l'Assemblée nationale
20:13après votre décision
20:14d'exfiltrer de l'Assemblée
20:15le média identitaire frontière
20:17il vous accuse
20:18de museler la presse
20:20qu'est-ce que...
20:22Alors je n'ai pas
20:22exfiltré un média
20:24malheureusement
20:24je n'ai pas le pouvoir
20:26je ne fais pas le tri
20:27des médias
20:28qui sont accrédités
20:29à l'Assemblée nationale
20:30quand on exerce
20:31et qu'on a une carte de presse
20:32en France
20:33dans une démocratie
20:34on a le droit d'accéder
20:35au lieu de la délibération publique
20:37donc les titulaires
20:37de cartes de presse
20:38peuvent rentrer
20:39dans l'enceinte
20:40de l'Assemblée nationale
20:40Qu'est-ce qui s'est passé hier ?
20:41Il y a eu un incident
20:43à l'Assemblée nationale hier
20:44avec une manifestation
20:45organisée par des collaborateurs
20:48de la CGT
20:51et de la France Insoumise
20:52qui suite à l'apparution
20:54du journal Frontière justement
20:56et à un moment donné
20:58il y a eu un trouble
20:59et la sécurité
21:01des uns et des autres
21:02n'était plus assurée
21:03je suis en charge
21:04de cette sécurité
21:05je suis en charge
21:05de permettre aux journalistes
21:07de travailler
21:08dans de bonnes conditions
21:09et en même temps
21:10de permettre aux collaborateurs
21:11de manifester
21:11c'est un droit constitutionnel
21:13à moi de réussir
21:14à concilier tout cela
21:15pour que nous puissions
21:16préserver ce temple
21:18de la démocratie
21:18c'est ce que j'ai essayé de faire
21:20après que ça déborde
21:21dans l'hémicycle
21:22c'est intolérable
21:23dans l'hémicycle
21:24c'est le lieu
21:24de la délibération
21:25du débat politique
21:26et il ne faudrait pas
21:27que les uns ou aux autres
21:29se servent de ce prétexte
21:30pour entraver la délibération
21:31et pour entraver
21:33la marche normale
21:34de l'Assemblée nationale
21:35Allez on file au standard
21:36on nous attend Julien
21:38bonjour, bienvenue
21:39bonjour, merci
21:41de prendre mon appel
21:42quand je vous écoute
21:44je me demande
21:45si ce livre critique
21:46de madame Braun-Pivet
21:47il n'est pas révélateur
21:49d'une prise de distance
21:51en vue de se positionner
21:53pour les présidentielles
21:55et je pense notamment
21:56à des choses analogues
21:57avec Edouard Philippe
21:59c'est très clair
22:00d'accord, merci Julien
22:01pour cette question
22:03en 2027
22:05vous serez où
22:06Yael Braun-Pivet ?
22:08je n'en sais rien
22:08parce que je ne me suis jamais
22:10projetée sur des places
22:12ou sur des fonctions
22:13ce que je sais
22:14c'est que je continuerai
22:15à m'engager
22:16je continuerai
22:16à essayer
22:17autant que faire se peut
22:18à être le plus utile possible
22:20aux autres
22:20et à mes concitoyens
22:21après
22:22je n'ai pas le sentiment
22:23que ce soit
22:24une prise de distance
22:25dans le sens où
22:26ce que j'essaye
22:28de décrire
22:29c'est mon parcours
22:30et des positions
22:31qui sont constantes
22:32et donc
22:33c'est plus peut-être
22:35une révélation
22:36de ces positions
22:37et de cette personnalité
22:38qui peut vous apparaître
22:39comme étant
22:40une prise de distance
22:40mais finalement
22:42ça n'est pas nouveau
22:43et c'est simplement
22:44le prolongement
22:45de mon action
22:46et de mon parcours politique
22:47pourquoi pas vous ?
22:50mais parce que
22:51je crois
22:52en tout cas
22:52aujourd'hui
22:52pour moi
22:53cette question
22:53ne se pose pas
22:54après
22:55parce que
22:56j'essaye
22:57et vous voyez
22:58moi ce qui m'intéresse
22:59c'est qu'à 9h
22:59l'Assemblée nationale
23:00puisse travailler
23:01et puisse exercer ses missions
23:02et je suis 100%
23:04là-dedans
23:05je ne suis pas
23:05dans 2027
23:06vous y pensez ?
23:07bah non
23:07je n'y pense pas
23:08jamais
23:08parce que
23:10je ne suis pas capable
23:13de me projeter
23:14je vous dis à nouveau
23:14en termes de fonction
23:16se projeter
23:16en 2027
23:17ça voudrait dire pour moi
23:18commencer à établir
23:20un programme
23:20vous avez lu mon livre
23:22ça n'est pas un livre programme
23:23il n'y a pas
23:24de grand projet
23:27pour la France
23:27ça n'est pas mon sujet
23:28aujourd'hui
23:29mon sujet aujourd'hui
23:30il est d'avoir
23:32un pays
23:33qui fonctionne démocratiquement
23:34je suis inquiète
23:35sur l'état de notre démocratie
23:37je suis inquiète
23:38sur l'état de droit
23:38on voit qu'il y a des attaques
23:40sur la justice
23:40notamment
23:41lorsque la décision
23:42justement à l'endroit
23:43de Marine Le Pen
23:44a été rendue
23:44et je crois qu'à la place
23:46qui est la mienne aujourd'hui
23:47de président de l'Assemblée nationale
23:48il faut que je préserve cela
23:50l'état de droit
23:51nos institutions
23:51la vie démocratique
23:53Edouard Philippe
23:53est à vos yeux
23:54la personne
23:54qui peut incarner
23:55le centre
23:57j'espère qu'il y aura
23:58plein de personnes
23:59qui pourront incarner
24:00le centre
24:01et qu'on pourra
24:02former une immense équipe
24:03évidemment que dans cette équipe
24:05moi j'aurai
24:06toute ma place
24:08parce qu'on a besoin
24:09d'être nombreux
24:11pour justement
24:12oeuvrer
24:13pour notre pays
24:14et dans cette
24:16dans cette
24:16projection là
24:18effectivement
24:18en 2025
24:19j'occuperai
24:21ma place
24:21vous voyez
24:22je suis incapable
24:23de me projeter
24:24vous n'y arrivez pas là
24:26et pour l'instant
24:27comme dirait
24:27donc c'est à ma place
24:28on l'a bien compris
24:30vous êtes sur le perchoir
24:31et vous agissez bien
24:33au palais Bourbon
24:35l'Elysée attendra
24:36merci beaucoup
24:37Yael Broun-Pivet
24:38d'avoir été au micro d'Inter
24:39ce matin
24:40merci à vous
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