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  • il y a 10 heures
Anne Hidalgo, maire socialiste de Paris, affirme que "toutes les responsabilités de la Ville doivent être examinées, et sanctionnées si elles sont avérées" dans l'affaire des violences dans le périscolaire. Elle assure avoir licencié "un certain nombre de personnes". Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-18-fevrier-2026-8273470

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00:00Dans le grand entretien ce matin, nous recevons donc la maire de Paris.
00:03Venez avec nous, chers auditeurs, et avec vos questions 0145 24 7000 et sur l'application Radio France.
00:10Bonjour Anne Hidalgo.
00:11Bonjour à vous.
00:12Merci d'avoir choisi France Inter pour votre première interview dans le cadre des élections municipales.
00:18On attend de connaître votre regard sur la campagne, vous qui êtes si discrète,
00:22notamment en ce qui concerne la candidature d'Emmanuel Grégoire, votre ancien premier adjoint.
00:27On parlera aussi de votre bilan des scandales autour du périscolaire à Paris.
00:33Mais d'abord, Anne Hidalgo, la classe politique continue de se fracturer.
00:36Après le meurtre de Quentin Deran, clinché jeudi dernier dans les rues de Lyon,
00:41la France Insoumise est pointée du doigt pour sa proximité avec la jeune garde.
00:46Neuf personnes ont été arrêtées hier, dont un assistant parlementaire du député LFI, Raphaël Arnaud.
00:51Sébastien Lecornu demande à LFI de faire le ménage dans ses idées et dans ses rangs.
00:57Est-ce que vous vous joignez à cette demande du Premier ministre ?
01:01Moi d'abord, je trouve ça horrible ce qui s'est passé.
01:04Et je pense bien sûr à ce jeune homme, Quentin Durand, qui a été assassiné.
01:13Ses idées ne devaient pas le conduire à cette violence-là.
01:18Donc la violence en politique, la violence dans la vie démocratique,
01:21est quelque chose que je réfute, que je récuse, que je condamne.
01:25Et bien sûr qu'il faut que les politiques, les médias aussi, nous regardions en quoi cette violence qui monte,
01:36une violence verbale, ce climat d'injures, d'agressions permanentes,
01:41une assemblée qui se transforme en lieu permanent d'invectives et d'injures,
01:47plus que de débats de fond sur les idées,
01:50en quoi tout cela conduit finalement à ce que des groupes violents,
01:53et quelle que soit, je dirais, l'orientation politique de ces groupes violents,
01:58en viennent à se fracasser et à s'assumer à un jeune homme.
02:01Oui, sauf que là, Nidalgo, dans le cas d'Espèce,
02:04c'est la France Insoumise qui est pointée du doigt pour sa proximité avec la jeune garde.
02:07On voit parmi les profils de ceux qui ont été interpellés,
02:10qui est effectivement notamment cet assistant parlementaire.
02:12Est-ce que vous considérez, comme le dit par exemple la porte-parole du gouvernement,
02:15que la France Insoumise a une responsabilité morale dans ce qui s'est passé dans les rues de l'Une
02:20?
02:20Les responsabilités, c'est à la justice de le faire.
02:22Mais quand j'entends Jean-Luc Mélenchon, ce matin sur votre antenne,
02:26prendre finalement en meeting hier soir,
02:30et glorifier la jeune garde, glorifier, retirer toute responsabilité,
02:39je pense que là, nous sommes face à une faute,
02:42une faute politique et une faute morale de Jean-Luc Mélenchon.
02:45Il ne peut pas tenir des propos pareils.
02:48Les femmes et les hommes politiques, nous aimons le débat d'idées.
02:51Nous sommes évidemment engagés, nous le faisons avec nos personnalités,
02:56et on a envie de porter ces idées haut et fort.
02:59Mais en rien, en rien, le fait de porter des idées ou des projets ne peut conduire à cela,
03:04et conduire, comme je l'ai entendu,
03:07Jean-Luc Mélenchon a nous expliqué que finalement, on doit glorifier la jeune garde.
03:11Je l'ai même entendu dire qu'elle avait fait le travail de la police.
03:15J'ai toujours considéré, en tout cas ces dernières années,
03:18que Jean-Luc Mélenchon était une impasse, une impasse pour la gauche,
03:22et je pense aussi une impasse pour la démocratie.
03:27Donc il faut que chacune et chacun,
03:28et j'espère que chacune et chacun verra vers quoi entraîne ce leader de la France insoumise,
03:36et je n'enlève en rien les responsabilités de l'extrême droite.
03:39Parce qu'il y a aussi une extrême droite qui était allée faire la baston à Lyon ce jour-là.
03:45Vous dites ce matin, Jean-Luc Mélenchon est une impasse,
03:47est-ce que ça impose à la gauche que vous incarnez,
03:50comme le dit Raphaël Glucksmann,
03:51de mettre en place un cordon sanitaire avec la France insoumise ?
03:54Que de dire clairement plus aucune alliance avec la France insoumise ?
03:57Oui, pour moi plus aucune alliance, ça fait très très longtemps que je le prône.
04:00J'en ai fait les frais en 2022 lors de la campagne présidentielle,
04:03puisque j'ai porté une parole et un projet social-démocrate.
04:08J'ai dit depuis 2022 et dans tous mes discours de 2022
04:12que la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon était une impasse pour la gauche.
04:16Bon, il y a eu beaucoup, beaucoup d'ambiguïté, c'est vrai, dans ma famille politique.
04:21Aujourd'hui, je pense que les choses sont claires.
04:24En tous les cas, je n'ai pas de doute sur le fait que personne,
04:27en tous les cas de cette famille politique républicaine qui est la mienne,
04:31ou de Raphaël Glucksmann bien sûr,
04:34que personne n'aura envie de s'allier avec la France insoumise.
04:37Ils portent une violence.
04:38Regardez, même, on y viendra tout à l'heure à Paris,
04:41mais les propos de leur candidate, nous accusant de tout,
04:46remarquez, Rachida Dati aussi,
04:48mais nous accusant de tout, n'hésitant pas à dire qu'on aurait du sang sur les mains
04:52pour tout fait et porter en épingle,
04:56et rendu polémique, et rendu violent.
04:58Comment voulez-vous que les Françaises et les Français qui souffrent aujourd'hui
05:02puissent retrouver un tant soit peu de sérénité,
05:06de confiance dans leurs institutions,
05:09si des politiques se comportent de cette façon ?
05:11Est-ce que la France insoumise doit exclure au moins temporairement
05:14le député Raphaël Arnaud de son groupe à l'Assemblée nationale
05:18après l'interpellation de son assistant parlementaire ?
05:20C'est ce que demande ce matin la porte-parole du gouvernement.
05:22Je pense qu'à minima, c'est bien sûr ce que l'on fait
05:25quand quelqu'un est concerné, mais la justice le dira,
05:28et moi je ne veux pas rentrer dans une enquête
05:30qui évidemment est menée et apportera les informations nécessaires
05:36pour comprendre, connaître beaucoup mieux les circonstances
05:40et les responsabilités dans la mort de ce jeune homme.
05:43Anne Hidalgo, vous parliez des élections municipales à Paris,
05:45c'est la première fois qu'on vous entend,
05:47puisque vous avez été particulièrement discrète sur ce sujet,
05:49le scrutin est très indécis dans les sondages.
05:51Ce n'est pas parce que je ne viens pas sur votre antenne que je suis discrète.
05:54Non, mais enfin vous n'allez pas sur beaucoup d'autres antennes non plus,
05:56mais on est très heureux de vous avoir ce matin.
05:58Dans les sondages, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire
06:00fait la course en tête devant Rachid Alati,
06:02mais ils sont dans un mouchoir de poche au second tour.
06:04C'est de notoriété publique que vos relations sont exécrables
06:07avec Emmanuel Grégoire, votre ancien premier adjoint.
06:09Vous avez fini par le soutenir fin janvier.
06:12En mars 2025, vous aviez déclaré que s'il était investi candidat,
06:15à l'époque vous souteniez son concurrent qui était Rémi Ferro,
06:18vous aviez dit qu'Emmanuel Grégoire ferait perdre la gauche.
06:20Est-ce que vous pensez toujours qu'Emmanuel Grégoire
06:22va faire perdre la gauche ?
06:23Je ne crois pas avoir dit les choses ainsi.
06:24Exactement sur le public sénat.
06:25Il y a des primaires, c'est le fonctionnement démocratique des partis
06:30et chacun peut défendre ses candidats.
06:32Je suis une femme de gauche, j'ai un candidat,
06:35il s'appelle Emmanuel Grégoire, je le soutiens,
06:37je souhaite qu'il gagne, je souhaite qu'il devienne maire de Paris
06:40et pour moi c'est sans ambiguïté.
06:42Je suis une femme de gauche et j'ai toujours soutenu
06:44le candidat de gauche de ma famille politique.
06:47Je n'ai jamais varié.
06:48Et je pense que dans le contexte dans lequel nous sommes,
06:52d'abord il sera lui en capacité avec ses alliés,
06:55les écologistes, les communistes et des citoyens,
07:00pas la France insoumise bien sûr,
07:02il sera en capacité de poursuivre et d'amplifier
07:05et d'imaginer un avenir de Paris
07:09lié à l'ambition écologique que j'ai portée moi-même
07:12et aussi à l'ambition sociale.
07:14Donc évidemment que c'est mon candidat,
07:17que je le soutiens et que je souhaite qu'il gagne.
07:20Et que face à lui, pardon, mais je finis,
07:21il y a quelqu'un d'extrêmement dangereux pour la démocratie,
07:25c'est Madame Dati.
07:26Alors on va en reparler, on va en reparler Madame Dati.
07:28Non, je le dis tout de suite,
07:29Madame Dati, parce que beaucoup, beaucoup de Parisiens
07:33n'en ont pas conscience,
07:34elle a un jugement qui est prévu à partir du 16 septembre 2026.
07:38Elle risque une condamnation lourde,
07:40donc elle risque fort d'être destituée
07:42quelques mois après l'élection,
07:44si d'aventure les Parisiens lui accordaient la confiance.
07:47On va reparler de votre positionnement sur Rachida Dati,
07:49mais Emmanuel Grégoire, lui, ne vous épargne pas.
07:53Je ne suis ni son candidat, ni son héritier.
07:55Voilà ce qu'il disait de vous la semaine dernière sur France Info.
07:58Vous, vous le considérez comme votre héritier ?
08:01Il est comptable de votre bilan ?
08:02Alors moi, je ne le considère pas comme héritier
08:04parce qu'en politique, il n'y a pas d'héritage.
08:06En politique, l'héritage, il peut être politique, les valeurs.
08:10Il n'y a pas d'héritage.
08:11Vous étiez l'héritière de Bertrand Delanoé ?
08:12Non, je n'étais pas non plus l'héritière de Bertrand Delanoé.
08:15J'étais soutenue dans ma première élection par Bertrand Delanoé.
08:18Je ne l'étais plus dans la deuxième, mais en tous les cas, il n'y a pas d'héritage.
08:23Il y a en fait une élection, on gagne ou on perd.
08:27Et bien sûr qu'il y a une fidélité.
08:29Il peut y avoir une fidélité.
08:30Mais est-ce qu'il est comptable de votre bilan ?
08:31La fidélité n'est pas l'héritage.
08:33Je pense qu'il y a pris part aussi, mais peu importe.
08:36Moi, mon bilan, vous savez, je le porte avec mon équipe d'ailleurs
08:40et avec beaucoup de plaisir.
08:42Et après l'élection, et j'espère qu'il sera élu,
08:45il fera, il développera, il sera en responsabilité.
08:47Vous avez quand même, Anne Hidalgo, ce matin, des pudeurs sur Emmanuel Grégoire.
08:50Il a quand même des mots très forts.
08:51Il dit, Anne Hidalgo, elle a tout fait pour torpiller ma candidature.
08:54Il dit, j'assume une rupture de méthode avec Anne Hidalgo.
08:56Tout ça, ça vous glisse dessus ?
08:58Vous savez, moi, je suis une femme politique.
09:00J'ai été maire pendant 12 ans.
09:03J'ai été élue à Paris pendant 25 ans.
09:06J'ai un bilan.
09:07La force, vous savez, quand vous êtes élue locale,
09:11c'est qu'en fait, votre bilan, il se voit.
09:13Les gens le vivent.
09:15Il a fallu le revendiquer beaucoup, Emmanuel Grégoire.
09:17Mais ce n'est pas grave.
09:18Il fait ce qu'il pense faire, ce qu'il fera.
09:20Je ne me sens pas non plus responsable ou comptable de ses propos.
09:24Moi, ce que je sais, c'est qu'il y a un bilan,
09:27que ce bilan est positif, que j'en suis fière.
09:30Nous avons, avec mon équipe, transformé la ville.
09:33Nous avons réduit la pollution de l'air.
09:36Nous avons donné cet élan vers des mobilités
09:39qui ne sont plus la voiture.
09:41On n'est plus dans une ville qui est aujourd'hui
09:44complètement bouchée par ces nuages de fumée
09:47qui nous empêchaient de respirer.
09:48On a planté des arbres.
09:49On a réussi quelque chose d'exceptionnel.
09:52Tous ensemble, ce n'est pas ma réussite,
09:54c'est notre réussite.
09:55Mais j'ai quand même pris ma part.
09:57Après beaucoup d'échecs,
09:59on a gagné et réussi les Jeux Olympiques et Paralympiques.
10:03Tout cela, ce sont des choses qui se sont vues,
10:05qui sont matériellement visibles.
10:08Moi, ce qui compte, c'est ce que me disent aussi
10:11les Parisiennes et les Parisiens
10:12sur les transformations de la ville, la fierté.
10:15Paris est revenu dans tous les classements internationaux
10:19comme une des premières villes au monde
10:23pour sa qualité de vie, etc.
10:24Donc, c'est ça qui compte pour moi.
10:26Ce n'est pas ce que disent et ce que pensent vos opposants.
10:29On pense à Rachida Dati.
10:30Vous avez commencé à en parler.
10:31Vous vous rappelez sans cesse
10:33qu'elle sera donc jugée en septembre prochain
10:36pour corruption et trafic d'influence.
10:39C'est votre seul angle d'attaque ?
10:41Non.
10:42Vous pensez que c'est ce qu'il y a de plus efficace
10:44pour essayer de dissuader ceux qui voudraient l'alternance ?
10:46D'abord, je pense qu'il faut dire les choses.
10:49Parce qu'il y a beaucoup de Parisiens,
10:50quand on en parle, qui me disent
10:51« mais je ne savais pas ».
10:52Donc, ça veut dire que ça n'a pas été tellement commenté.
10:55Or, c'est quand même un problème démocratique.
10:57Mais allez, à Nidalgo, présumée innocente,
10:59ce n'est pas parce qu'on est porté dans les tribunaux
11:02qu'on ne peut pas être élu à une élection.
11:03Oui, enfin, vous en avez vu beaucoup, vous,
11:06des élus qui arrivent avec une date de procès fixée,
11:10avec un réquisitoire implacable quand même,
11:14avec un risque majeur d'être condamné lourdement
11:17pour corruption et trafic d'influence.
11:20quelqu'un qui a refusé de dire pour qui elle travaillait,
11:24quels sont les intérêts pour lesquels elle travaille.
11:27On connaît une des affaires,
11:28c'est celle qui va être jugée sur la fameuse affaire Renault-Gaune
11:32avec ses 900 000 euros qu'elle a perçues
11:34sans que disent aujourd'hui les magistrats instructeurs
11:38qu'il y ait eu véritablement un travail en contrepartie.
11:41Vous imaginez le risque démocratique,
11:44le risque réputationnel pour Paris
11:47d'avoir une personne qui pourrait potentiellement devenir maire de Paris
11:51et qui serait déchue de son mandat quelques mois après.
11:54Vous imaginez le risque démocratique ?
11:56Donc, pour moi, ce risque démocratique,
11:58il est à l'image aussi de cette...
12:01Donc, danger pour la démocratie.
12:03Oui, c'est un danger pour la démocratie.
12:05J'ai vu que vous aviez un podcast sur la probité en politique.
12:08Vous devrez y rajouter un nom
12:09parce que c'est quand même un sujet qui est un sujet majeur.
12:12Si on veut être tout à fait juste sur la question de la justice,
12:15le parquet national financier, je crois,
12:17c'est saisi de la question des notes de frais à la mairie de Paris.
12:19Oui, c'est vrai.
12:19Pour être tout à fait complet sur le panorama,
12:22ce n'est pas la même chose qu'une mise en examen.
12:23Ce n'est pas la même chose qu'une mise en examen
12:25et qu'un procès programmé.
12:26Et c'est normal que la justice enquête sur...
12:29Et nous sommes toujours dans la transparence, dans l'ouverture.
12:32J'ai mis en place une commission de déontologie
12:34et ça n'a strictement rien à voir.
12:36Vous avez une élue qui risque potentiellement...
12:39Et vous avez vu les condamnations récentes des élus,
12:42je pense au maire de Saint-Etienne,
12:43je pense ne serait-ce qu'à Marine Le Pen
12:46ou même au président Nicolas Sarkozy.
12:48Vous avez vu la sévérité des peines qui sont appliquées
12:52lorsque des élus ont commis des actes répréhensibles.
12:57Donc ça, c'est un sujet majeur.
12:59Et c'est un sujet démocratique.
13:01Et c'est un sujet vraiment qui doit...
13:03Quand j'en discute avec des chefs d'entreprise,
13:06avec des acteurs parisiens,
13:08parce que je fais campagne, une campagne municipale...
13:11Ça ne se voit pas beaucoup, mais si vous le dites...
13:13Parce que vous savez, il y a une campagne municipale,
13:14elle se fait sur le terrain et pas que sur les plateaux télé.
13:17Et toutes ces personnes-là, tous ces acteurs me disent
13:20tout ce qu'ils ont peur.
13:22Ils ont peur aussi de la réputation de Paris.
13:25Vous imaginez à l'international,
13:27alors que Paris a une place forte à l'international,
13:29ce que cela signifierait, y compris pour nos entreprises,
13:32si cela se produisait.
13:33Il faut qu'on parle de votre bilan.
13:35Vous avez commencé à l'esquisser.
13:37Vous allez quitter la mairie de Paris après l'avoir dirigée
13:39pendant 12 ans.
13:40Et vous avez dit à nos confrères de Ouest-Françant,
13:42j'ai le sentiment du travail accompli.
13:43Oui.
13:44Une mission bien remplie.
13:45Entre 2012 et 2023, Paris a perdu près de 140 000 habitants.
13:48Selon un sondage IPSO, 54% des Parisiens jugent votre bilan médiocre.
13:53Est-ce que vraiment ces éléments justifient, se satisfait, citent ?
13:56Oui, parce que, d'abord, j'ai été élue et réélue,
14:00parce que la transformation écologique de Paris,
14:04elle est réelle, elle est visible.
14:06Quand vous arrivez à faire baisser la pollution de plus de 50%,
14:10ça veut dire que vous sauvez des vies.
14:12Ça veut dire qu'il y a des enfants qui ont moins de maladies respiratoires.
14:18Ça veut dire que des anciens aussi, et ça pour moi, ça compte.
14:21Vous savez qu'un élu serve aussi à sauver des vies.
14:24Lorsque, par exemple, en matière de logement,
14:28nous avons le bilan qui est le nôtre,
14:31c'est-à-dire 100 000 nouveaux logements sociaux créés.
14:36Ça veut dire à Paris, tenez-vous bien,
14:38700 000 personnes qui vivent dans le logement social,
14:42qui seraient exclues de Paris.
14:44Donc, ça ferait beaucoup plus de monde en dehors de Paris
14:47si nous n'avions pas fait cette politique-là.
14:49Et lorsque j'inaugure ces logements
14:51et que je vois des familles qui me disent
14:53« Voilà, ça change notre vie.
14:55Là, on peut maintenant se projeter pour nos enfants
14:58qui chacun ont leur chambre. »
14:59Pour moi, en tant que maire...
15:00Vous connaissez des échecs quand même, Anne Hidalgo ?
15:02Parce que là, il n'y a que des choses positives
15:03si on vous écoute ce matin.
15:04Je vais vous dire les choses positives.
15:06D'autres se chargeront de dire les choses négatives.
15:08Mais en tous les cas, ce bilan-là, il est important.
15:11Et je reviens sur les Jeux olympiques et paralympiques.
15:13Parce que quand même, on a eu beaucoup d'échecs avant.
15:16Quand on a gagné, qu'est-ce que nous avons fait ?
15:19Avec, notamment, Tony Essanguet, mais aussi avec mon équipe,
15:23avec Pierre Rabadan, qui est un grand monsieur à mes côtés,
15:27homme du sport à Paris.
15:29Nous avons décidé d'utiliser les Jeux olympiques et paralympiques
15:33pour accélérer la transformation de Paris.
15:36Elle était nécessaire.
15:37Et aujourd'hui, le cadre de vie, la vie à Paris est meilleur.
15:40Est-ce qu'on a tout réglé ? Non.
15:41Est-ce qu'il reste des choses à régler ?
15:43Oui, mais je suis très fière de ce bilan.
15:45Et ce bilan, je le porte avec toute mon équipe.
15:48On a justement une question sur votre bilan.
15:51Est-ce que vous projetez pour l'avenir ?
15:53Cette question, c'est Loïc qui va vous la poser.
15:55Bonjour, bienvenue Loïc.
15:56Oui, bonjour.
15:58Bonjour, est-ce que vous m'entendez ?
15:59Oui, allez-y.
16:00Oui, bonjour madame Hidalgo.
16:02Vous avez dit, notamment, pendant votre interview,
16:05toutes les transformations qu'il y a eu dans Paris,
16:07la vétalisation, les JO.
16:08Je voulais vous demander aussi, est-ce que vous avez un regret
16:11durant ces deux mandats ?
16:12Et peut-être une question annexe.
16:14Qu'est-ce que vous souhaitez pour Paris demain ?
16:18Il y a des regrets, parce que j'aimerais toujours...
16:21Enfin, je pense qu'on aurait pu aller encore plus loin,
16:23même si, je le dis souvent, les JO nous ont permis
16:26de faire quasiment deux mandats en un.
16:29Donc, les JO ont été un vrai accélérateur.
16:31Je pense que, par exemple, il y a un sujet sur l'organisation,
16:36l'administration de la ville.
16:37J'ai une administration extraordinaire,
16:39avec des fonctionnaires très, très engagés,
16:42et on a pu vraiment se transformer.
16:44C'est devenu une administration beaucoup plus dédiée
16:48à des projets, à des missions.
16:50Mais je pense qu'on aurait pu aller plus loin,
16:51par exemple, dans les services...
16:52Dans les services digitaux aux habitants.
16:56Avoir une appli, par exemple,
16:58qui permette de faciliter les démarches administratives,
17:00ça, je pense qu'il faudra aller plus loin.
17:02Alors, comme regret, vous auriez pu citer la question du périscolaire,
17:06puisqu'on a des signalements d'agression sexuelle,
17:08de violences, de comportements problématiques qui se multiplient.
17:12On a appris en début de semaine que neuf agents avaient été suspendus
17:15dans des écoles du 7e arrondissement.
17:18On a 73 parents qui ont déposé plainte pour violences volontaires
17:22et mises en danger délibérées d'autrui pour des écoles,
17:24là aussi, du 7e arrondissement.
17:25Est-ce que, sur le sujet, vous prenez votre part de responsabilité ?
17:30Est-ce que vous reconnaissez des manquements ?
17:32Vraiment, sur la question du périscolaire,
17:34d'abord, mes paroles iront aux victimes et aux enfants.
17:39Il y a une libération de la parole des enfants, et tant mieux.
17:42Et d'ailleurs, nous avons créé, je viens de créer,
17:45la mise en place d'une défenseure des droits des enfants,
17:49Dominique Versigny,
17:50qui recueille cette parole directement et en toute indépendance.
17:54Le périscolaire à Paris, c'est quelque chose de très important.
17:57On a un peu plus de 12 000 personnes qui y travaillent.
18:02C'est une filière qu'on a créée à partir de 2014,
18:05qui est complexe, parce qu'il y a beaucoup de gens qui viennent dans cette filière.
18:09Anne Hidalgo, je suis désolé, ce matin, vous faites des réponses assez longues.
18:11On essaie de poser des questions.
18:12Il y a beaucoup de commentaires, que ce soit d'auditeurs dans la presse,
18:15des enquêtes, qui pointent du doigt des dysfonctionnements et des manquements.
18:18Je suis en train de vous répondre.
18:19Emmanuel Grégoire, qui a été votre premier agent,
18:20dit lui-même, j'aurais dû davantage m'en occuper.
18:22Est-ce que ce matin, vous reconnaissez ?
18:24Il a été, c'est vrai, mon adjoint au RH.
18:27Je reconnais qu'il y a des efforts à faire.
18:29C'est ce que nous faisons.
18:30Ce sont des erreurs.
18:32Mais qu'est-ce que vous voulez ?
18:33Qu'on vienne se battre la coupe ?
18:35On a un rapport de l'inspection générale de la ville de Paris en 2015,
18:39il y a 10 ans, qui fait un certain nombre de préconisations,
18:42qui sont mises en place aujourd'hui, 10 ans plus tard.
18:45Qu'est-ce qui s'est passé pendant 10 ans ?
18:46Qui ont été mises en place.
18:47Qu'est-ce qui s'est passé ?
18:48On a créé une école du périscolaire.
18:50On a mis en place des formations.
18:52Une chose est certaine, dans le monde de l'éducation,
18:55dans le monde de l'enfance, et c'est vrai aussi à l'éducation nationale,
18:58et ce n'est pas vrai qu'à Paris, mais aussi dans le périscolaire parisien,
19:02là où il y a eu des manquements, c'est lorsque les signalements ne sont pas remontés.
19:05Mais est-ce que vous reconnaissez une responsabilité, Anne Hidalgo, comme maire de Paris ?
19:08Est-ce que vous avez une responsabilité dans ces dizaines de signalements,
19:12d'animateurs qui sont incriminés, de parents qui ont des enfants qui ont été violentés à toucher ?
19:17Est-ce que vous reconnaissez une responsabilité ?
19:18Bien sûr, puisque en tant que maire de Paris, je dirige une administration.
19:22Mais où sont les responsabilités ?
19:23Ce qui m'importe, c'est de faire en sorte que ça ne se reproduise pas.
19:27Un, que l'on accompagne les enfants, les familles, les victimes vers leurs droits et la réparation.
19:33Et bien sûr que toutes les responsabilités de la ville doivent être examinées
19:38et si elles sont avérées, qu'elles soient sanctionnées.
19:42Deuxièmement, mon rôle de maire de Paris, et avec Patrick Bloch, c'est ce que nous avons fait,
19:46c'est de faire, justement, à partir de ces inspections générales,
19:50on a une remontée d'éléments sur les dysfonctionnements.
19:53Vous avez tellement attendu, Anne Hidalgo, un rapport de 2015.
19:56Vous attendez, vous citiez la création d'un défenseur des enfants ?
19:58Vous l'avez mis en place en novembre 2025 ?
20:00Dès 2020, dès ma réélection, je nomme Dominique Versigny en charge des droits des enfants.
20:09Donc vous voyez, il y a peu de collectivités qui ont procédé de la sorte.
20:13Aujourd'hui, pourquoi j'ai souhaité qu'il y ait une fonction indépendante ?
20:17Parce que d'abord, c'est cette fin de mandature,
20:19parce qu'il y a cette parole libérée des enfants,
20:21et là où il y a des responsabilités, c'est lorsque les signalements ne sont pas remontés.
20:25Vous comprenez le désarroi des parents ?
20:27Bien sûr, je le comprends. Non seulement je le comprends, mais je l'accompagne, évidemment.
20:30Et je l'accompagne par des actes.
20:32Vous savez, le rôle d'un politique, ce n'est pas simplement de commenter,
20:36c'est d'agir.
20:37Et comment nous avons agi ?
20:38Lorsque j'ai vu qu'il y avait, dans un certain nombre de circonscriptions scolaires,
20:43parce que ça se passe à un niveau très, très, très délocalisé,
20:46au niveau des arrondissements,
20:48lorsque, dans le 11e et 12e, il n'y a pas eu les signalements,
20:51lorsqu'il y a une hiérarchie intermédiaire qui a caché les informations,
20:56dont personne n'avait connaissance.
20:59Lorsque j'ai appris qu'on déplaçait des animateurs plutôt que de les virer,
21:04alors, effectivement, j'ai changé ces éléments-là.
21:07Juste, encore un mot sur ce point.
21:08Quand, en septembre dernier, nos confrères du Parisien avaient fait faire un test,
21:11avaient essayé de se faire embaucher pour devenir un animateur du périscolaire,
21:14on demandait à peine un contrat, à peine un CV,
21:18et du jour au lendemain, on était au contact,
21:20ce journaliste était susceptible d'être au contact des enfants.
21:22J'ai vu ce reportage.
21:22Est-ce que ça, c'est normal ?
21:23Non, c'est absolument anormal.
21:25Mais une fois qu'on a dit que c'est anormal, on a agi.
21:28Et moi, j'agis chaque fois que j'ai une information,
21:30qu'elle vienne de la presse, qu'elle vienne d'un signalement d'un Parisien, j'agis.
21:33Donc oui, toutes les responsabilités seront évidemment signalées,
21:38et d'ores et déjà, il y a un certain nombre de personnes qui ont été écartées,
21:43et qui ont été licenciées.
21:44J'ai fait partir un certain nombre de personnes
21:46qui, à différentes strates de la hiérarchie,
21:49n'avaient pas signalé parce qu'elles n'avaient pas jugé bon de signaler.
21:52Et ce qui est très positif aujourd'hui, c'est que la parole des enfants s'est libérée,
21:57que la presse, évidemment, s'en est saisie,
21:59que nous-mêmes, nous nous en sommes saisis,
22:01mais je ne peux pas laisser dire, parce que ça n'est pas vrai,
22:04et qu'il faut être honnête et honnête intellectuellement aussi,
22:07que nous saurions rester depuis 2015 sans rien faire.
22:10Il y a un sujet du périscolaire,
22:11la droite se saisit de ce sujet
22:13pour demander la fin du périscolaire à Paris.
22:16Je ne pense pas que ce soit la solution.
22:18La solution, c'est la professionnalisation.
22:20C'est, bien sûr, la formation,
22:22et c'est cette école de formation que nous avons aussi créée il y a déjà plusieurs années.
22:26Il faut qu'on dise un mot du logement, Anne Hidalgo,
22:27vous vous félicitez qu'il y ait 25% de logements sociaux à Paris.
22:30Or, on apprend ce matin, dans le Parisien,
22:32que des soupçons pèsent sur le bailleur social qui gère les HLM parisiens.
22:36C'est Paris Habitat, des soupçons de surfacturation,
22:39de travaux de rénovation des logements,
22:41par les employés d'une société prestataire,
22:44avec la complicité de gérants corrompus,
22:46donc potentiellement de Paris Habitat.
22:48Il y en aurait pour plusieurs centaines de milliers d'euros.
22:51Anne Hidalgo, Paris Habitat,
22:53elle est sous votre tutelle.
22:55Vous avez plusieurs adjoints
22:56qui siègent au conseil d'administration de Paris Habitat.
22:59Est-ce qu'il y a eu un défaut de vigilance de la part de la mairie ?
23:02D'abord, de ce que je vois dans la presse,
23:04il y a des faits qui remontent à 2016, 2018,
23:07qui ont déjà été sanctionnés,
23:09et sur lesquels Paris Habitat avait déjà réagi sérieusement,
23:14avec là aussi des procédures judiciaires
23:18et des procédures de licenciement.
23:19Je ne sais pas quelle est la nature des faits.
23:22J'ai saisi hier la procureure de la République
23:25une saisine pour qu'effectivement la lumière soit faite.
23:30Paris est l'actionnaire principal de Paris Habitat.
23:33Et évidemment, si ces faits sont avérés,
23:35il faudra que là aussi, les responsables...
23:39Vous savez, on a été très sérieux,
23:41on a poussé très très loin à Paris.
23:44Tout le travail sur la déontologie,
23:46on a un comité de déontologie présidé par un ancien procureur général
23:50de la Cour de cassation.
23:52On a mis en place des process pour éviter.
23:55Paris, c'est 55 000 fonctionnaires.
23:58C'est aussi un certain nombre de satellites comme Paris Habitat.
24:03Vous parlez de déontologie, Anne Hidalgo.
24:05Ce que révèlent notamment nos conférences du Parisien,
24:07c'est que la CFDT dit avoir alerté vos adjoints à plusieurs reprises,
24:11avec des premiers faits signalés effectivement dès 2016.
24:14Est-ce que là, vous n'avez peut-être pas suffisamment fait le ménage à Paris Habitat ?
24:17Et je rappelle que vous êtes actionnaire majoritaire,
24:19donc que vous avez la tutelle sur ce sujet.
24:20Il faudra poser la question aux adjoints qui siègent au conseil d'administration,
24:24parce qu'il y a un principe aussi, il ne peut pas y avoir de gestion de fait.
24:27C'est-à-dire que moi, je ne suis pas la présidente de Paris Habitat,
24:30et je ne siège pas à son conseil d'administration.
24:32Ce sont vos adjoints ?
24:33Ce sont mes adjoints, et je vais évidemment demander à mes adjoints
24:36ce qu'ils ont vu, pas vu, s'ils ont remonté ou pas les informations.
24:40Mais ça, ça sera dans le cadre de la procédure,
24:43puisque j'ai saisi la procureure de la République,
24:46et elle fera évidemment le travail qu'elle a à faire.
24:50Merci Annie Dalgnaud d'avoir été au micro de France Inter ce matin.
24:53Merci Annie Dalgnaud d'avoir regardé cette vidéo !
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