00:00En sortant de la salle d'audience du tribunal correctionnel Pointouas au terme de près de
00:08six heures et demie de débat, Éric Coury savait qu'il devrait encore attendre deux mois afin
00:13d'être fixé sur son sort, puisque le jugement a été mis en délibéré au 20 mai prochain.
00:17À la barre, le chef d'entreprise, qui était poursuivi pour avoir bénéficié frontueusement
00:22des aides de l'État sur le chômage partiel entre 2020 et 2021, à l'époque de la crise sanitaire,
00:27n'aura eu de cesse de formuler des dénégations afin d'expliquer qu'il était uniquement un
00:31conseil de la société CARE, exploitant errantie, à l'époque, l'accusation ne l'entendant pas de
00:37cette oreille, considérant que c'est lui seul qui était le gérant de la société.
00:41Une thèse appuyée par la partie civile et la bâtonnière maître Marie-Michel Hildebert
00:46estimait que toute la fraude consistait à ce que toutes les personnes en chômage partiel
00:50continuaient à travailler pour un préjudice quelque peu inférieur à 4 millions d'euros.
00:55C'est un préjudice subi à la fois par l'ASP, c'est-à-dire l'État, qui a versé effectivement
00:59les subventions pour pouvoir soutenir l'activité économique pendant cette période du Covid.
01:05C'est aussi le travail dissimulé puisque ce sont aussi des cotisations sociales pour
01:10l'URSSERF que je représente qui n'ont pas été payées et qui correspondent à un manque à gagner
01:14pour cet organisme social. Donc je rappelle que ce sont ces cotisations qui permettent aux salariés,
01:21aux personnes de pouvoir bénéficier de soins médicaux, de pouvoir bénéficier d'un domaine d'une retraite.
01:26Et ce sont donc des préjudices dont il faut en tenir compte.
01:30Ça vous a étonné que M.Coury essaie de se dédouaner et dise qu'il n'était pas le dirigeant de fait de la société ?
01:37Alors pas du tout, c'est vraiment sans surprise.
01:39J'irai que d'ailleurs des témoins qui ont été cités, c'était presque de façon par pitié qu'ils sont venus
01:46pour pouvoir parler de choses qui n'avaient presque rien à voir, je dirais, avec le dossier
01:50puisque les éléments du dossier avec des personnes qui étaient effectivement les hauts cadres de cette société
01:55ont permis de révéler le système Coury qui avait été mis en place.
01:59Lors de ces réquisitions, le procureur Étienne Moreau a requis contre Eric Coury,
02:03considéré comme dirigeant de fait, une peine de deux ans d'emprisonnement délictuel,
02:07dont un an avec sursis, peine ferme d'un an pouvant être aménagée, assortie d'une amende de 100 000 euros,
02:13avec comme peine complémentaire une interdiction à exercer, de gérer et de bénéficier de marché public
02:18pendant cinq ans avec exécution provisoire.
02:21Son avocat, maître Blaise Guichon, a plaidé le fait qu'il ne pouvait pas y avoir d'escroquerie dans ce dossier.
02:27L'enquête n'a fait aucune étude sérieuse dans ce dossier-là,
02:30et donc nous attendons la décision sans aucune difficulté, en toute sérénité.
02:36Le client est serein ?
02:37Totalement.
02:38Vous avez plaidé le fait qu'il n'y a pas d'escroquerie ?
02:40Bien sûr, il n'y a pas d'escroquerie.
02:41Et il n'y a pas de travail dissimulé non plus ?
02:43Il n'y a pas de travail dissimulé non plus.
02:45Pourquoi expliquer qu'on l'ait quand même poursuivi votre client ?
02:48Monsieur, cher monsieur, on poursuit même les innocents.
02:52Éric Coury n'est pas encore reconnu coupable,
02:54puisque le jugement n'interviendra que dans deux mois.
02:57Mais le chef d'entreprise a tout de même difficilement encaissé le coût de ses réquisitions
03:01et pourrait bien encore se morfondre le temps de se délibérer.
03:04Une peine de prison ferme, entre autres, et une interdiction de gérer,
03:08pesant sur lui comme une épée de Damoclès.
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