00:00L'invitée média Céline Baïdarkour est journaliste ancien visage des journaux de TF1.
00:05Elle présente ce soir un nouveau numéro du Grand Échiquier sur France 2, une soirée hommage à Dalida.
00:10Bonjour Claire Chazal, pardon ça commence mal.
00:13Bonjour.
00:14Merci d'être avec nous, une icône célébrée dans un lieu d'exception, c'est au château de Versailles que vous avez enregistré cette émission spéciale.
00:22Avant de parler de l'écran, dites-nous pourquoi vous avez voulu consacrer une grande soirée à Dalida ?
00:27Alors chaque fois que nous présentons, nous préparons un Grand Échiquier, nous cherchons à rendre hommage à une personnalité ou en tout cas évoquer un destin, raconter une histoire.
00:36Je crois que le Grand Échiquier ce n'est pas une émission de variété, encore que je n'ai vraiment pas de mépris pour cela,
00:42mais on essaye tout de même de dire quelque chose aux gens, qu'ils apprennent quelque chose et de susciter une empathie autour de quelqu'un qui a eu un destin.
00:52Nous avons rendu hommage ainsi à Piaf, Raymond Devos, Aznavour, etc.
00:58Et il nous semblait que Dalida, outre les chansons très populaires qu'elle avait interprétées, c'était aussi un personnage.
01:05Et c'est ce qu'on a eu envie de raconter, ce destin hors du commun.
01:08Pour vous Claire Chazal, que représente Dalida ? Quelle place elle a dans vos souvenirs ?
01:12Alors moi je ne l'ai pas rencontrée.
01:14J'ai beaucoup d'amis qui passaient des dimanches soirs à ses dîners parce qu'elles aimaient la fête,
01:19malgré cet aspect grave de sa personnalité, même sombre, même dépressif, et on va en parler.
01:24Mais je ne l'ai pas rencontrée.
01:26En revanche, moi j'aime beaucoup la chanson française et elle faisait partie évidemment des icônes que j'admirais,
01:33non seulement pour sa beauté, cette espèce de plastique incroyable qu'elle entretenait bien sûr avec ses fourreaux blancs, ses cheveux,
01:40mais aussi son talent et sa voix.
01:43Et puis l'art qu'elle a eu de choisir ses chansons, elle ne les écrivait pas, ne les composait pas,
01:47mais elles ont jalonné sa vie et ont accompagné au fond à la fois ses joies et ses peines.
01:53C'est ça qu'on essaye de dire dans cette émission.
01:55Alors des chansons, il va y en avoir, ce n'est pas une émission de variété, mais quand même, il y a des chansons.
02:00Non mais c'est une chanson où la musique, la danse sont présentes évidemment, bien sûr.
02:04On aura par exemple Barbara Pravi qui reprend Mourir sur scène, Marc Lavoine, il venait d'avoir 18 ans,
02:10Eddy de Pretto pour ne pas vivre seul, il y a aussi de jeunes DJ qui reprennent Mourir sur scène.
02:15Donc à chaque fois c'est une nouvelle version, c'est leur version d'Alida.
02:18C'est ça, je crois que c'est ce qui fait la spécificité de cette émission.
02:22D'abord parce que les artistes sont accompagnés d'un grand orchestre,
02:24et ça c'est l'Orchestre de l'Opéra Royal de Versailles, c'est magnifique, c'est un orchestre symphonique.
02:28Donc il y a des réadaptations, on les découvre autrement ces chansons,
02:32interprétées bien sûr par tout un registre d'artistes,
02:35parce qu'il y a des chanteurs français de toutes générations, c'est ce que vous avez dit,
02:38mais il y a aussi par exemple Farah Adibani qui est une chanteuse lyrique,
02:42donc on peut faire interpréter d'Alida qui avait une voix non pas opératique,
02:45mais une voix quand même extrêmement puissante, par énormément d'artistes.
02:49Et je crois que ce que l'on découvre, c'est la profondeur des textes.
02:53On n'a pas forcément eu conscience de tout ça bambino, ça nous paraît un peu léger.
02:59En fait, c'est des chansons qui disaient vraiment quelque chose,
03:02qu'elle avait choisie sciemment, qui ont encore une fois accompagné sa vie,
03:06et malheureusement, cette vie faite de douleurs, de souffrances souvent, et de chagrins.
03:10Et bien sûr, il y a Orlando qui sera sur votre plateau !
03:13On ne va pas parler d'Alida sans avoir Orlando !
03:15Oui, parce qu'il était un peu la mémoire, et il l'a accompagnée très vite,
03:20enfin pas tout à fait au début, parce qu'il faut rappeler qu'elle a eu beaucoup de courage.
03:23Cette femme, elle est partie toute seule d'Egypte quand elle était jeune,
03:26pour tenter sa chance et faire carrière en France.
03:29Et elle est arrivée, elle s'est installée comme elle pouvait,
03:32et elle a commencé, et sa voix bien sûr l'a emportée.
03:35Et Orlando ensuite est venu l'accompagner et l'aider dans cette carrière.
03:39Dalida méritait bien Versailles, c'est ce que vous vous êtes dit ?
03:42Je crois, parce qu'elle l'aurait adorée, et bien sûr c'était une scène,
03:46alors bien sûr elle allait beaucoup à l'Olympia, dans les grandes scènes du Music Hall,
03:50mais sa plastique, son sens du spectacle, de la mise en scène, de l'apparition,
03:57je pense que c'était vraiment un écrin pour elle, oui.
04:00Le direct n'est pas possible pour ce genre d'émission ?
04:02Alors ce serait formidable, et d'ailleurs il faut le dire,
04:05historiquement cette émission était en direct, bien sûr du temps de Jacques Chancel,
04:09et aussi après quand ça a été repris par Anne-Sophie Lapix, etc.
04:13Au début il y a eu, et puis aujourd'hui, moi depuis que je le présente,
04:17c'est-à-dire il y a une quinzaine d'émissions à peu près,
04:20je crois que c'est contraignant, coûteux, lourd, nous enregistrons.
04:27Alors nous enregistrons dans les conditions du direct,
04:29c'est-à-dire qu'il y a très peu de montage,
04:31nous essayons, j'essaie de tenir vraiment les temps,
04:34de faire que l'émission dure à peu près 2h10, pas plus,
04:38et que les 15 ou 16 invités puissent chanter, puissent répéter avant,
04:44et que nous puissions le faire dans la continuité de la discussion,
04:47du dialogue, des échanges sur le thème de l'émission.
04:50Mais quand on a fait du direct pendant plus de 20 ans,
04:53notamment pour les journaux sur TF1, Claire Chazalie,
04:56ce manque d'adrénaline...
04:57Ça manque un peu, oui, ça manque un peu.
04:59Alors c'est plus confortable.
05:01C'est une émission quand même assez difficile,
05:03enfin je ne veux pas me plaindre, mais elle est difficile à préparer,
05:06elle est lourde, il faut vraiment rassembler les artistes,
05:09faire qu'il y ait un lien entre eux, qu'ils se parlent,
05:11parce que sur le plateau il faut qu'il y ait un dialogue,
05:13il faut qu'on avance, il faut qu'on comprenne de ce dont on parle,
05:16il faut que chacun apporte sa pierre, ses histoires, ses petites anecdotes.
05:20Donc c'est tout de même difficile à préparer et à animer,
05:23mais c'est plus facile à enregistrer évidemment.
05:28C'est comme ça.
05:29Et ça nous permet d'ailleurs de faire découvrir les lieux de Versailles,
05:32parce qu'on peut enregistrer certaines prestations
05:34un petit peu en dehors de cet écrin de l'Opéra Royal,
05:37et là on découvre le château de Versailles.
05:39Ce qui est difficile aussi, c'est de fidéliser un public,
05:42alors que l'émission n'a pas une fréquence régulière,
05:44on ne sait jamais quand elle va revenir.
05:45C'est vrai, malheureusement, il y en a environ, je dirais, peut-être 4 par an,
05:49et on aimerait, c'est vrai, mais je pense que c'est difficile pour une antenne
05:53de prévoir ces deux heures.
05:55Mais voilà, venez, parce que grâce à vous, on essaie d'alerter sur la présence.
06:02Ça veut dire qu'il faut des icônes à chaque fois ?
06:04Oui.
06:05La prochaine, ce sera laquelle ?
06:06Il faut un thème, je crois.
06:08Il faut aller chercher les gens et leur raconter une histoire,
06:11et les prendre par la main.
06:12Sinon, ça ne peut pas marcher.
06:14Et pour moi, j'ai besoin de ce fil rouge.
06:16Il faut bien que je fasse dire quelque chose aux gens,
06:19je les intéresse à une histoire.
06:21Sinon, rien ne prend.
06:23La greffe ne peut pas prendre et il ne se parle pas.
06:25Il faut qu'ils se réunissent sur quelque chose.
06:27On espère rendre hommage à d'autres grandes personnalités.
06:31De la musique, on a fait Raymond Deveaux, c'était un poète.
06:34On peut aussi, bien sûr, rendre...
06:36On avait consacré une émission à Molière pour l'anniversaire,
06:39les 400 ans de Molière, et je crois qu'on avait fait une belle émission.
06:43Voilà, mais tout est possible.
06:45Regardez, on a Johnny Hallyday.
06:46Pourquoi ne pas rendre hommage un jour à Johnny Hallyday ?
06:49Ce serait formidable.
06:50Ça vaut au moins un grand échiquier.
06:51Oh, largement, largement.
06:53Merci beaucoup d'être venu, Claire Chazal, merci.
06:56Claire Chazal qui co-présente avec André Manoukian,
06:58donc un grand échiquier spécial d'Alida,
07:00ce soir à 21h10 sur France 2.
07:02Merci.
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