00:00La saison des éco-buages se termine, ce sera à la fin du mois, mais les feux de végétaux, les feux de forêt, on peut les redouter aussi dans les mois à venir.
00:08C'est l'occasion d'évoquer les méthodes de travail des pompiers du département et les liens indispensables aussi entre les services de secours des deux côtés de la frontière.
00:14Et je te jure, l'invité d'ici matin, c'est Joseph Bonson, lieutenant-colonel du 1064, c'est le service d'incendie et de secours des Pyrénées-Atlantiques.
00:22Joseph Bonson, bonjour.
00:23Bonjour.
00:24Merci d'avoir accepté notre invitation. Alors la saison des éco-buages se termine, il y a la saison qui va arriver, printemps, été, automne, avec des feux de végétaux possibles,
00:32les feux de forêt, les feux en zone montagne, tout cela en période de réchauffement climatique.
00:38Est-ce que ce sont des données qui sont pour vous importantes et qu'il faut anticiper et préparer ?
00:45Oui, tout à fait. Aujourd'hui, personne ne peut nier que le réchauffement climatique, on a vu que les feux de forêt, pendant longtemps, c'était plutôt du côté de la Méditerranée et sur le sud-est de la France.
00:55Aujourd'hui, on est confronté à des feux de forêt aussi bien en Bretagne que dans le sud-est.
00:59Et je pense qu'au même titre que ce qui s'est passé avec la forêt de Ciberta, on n'est pas à l'abri, nous, ici, sur le secteur, d'avoir des feux de forêt qui soient plus importants.
01:06Je pense aussi à la forêt d'Irati, qui est quand même une des plus belles forêts qu'on a dans le département.
01:10Et que nous, je pense qu'aujourd'hui, on est dans une période où il faut qu'effectivement, au niveau du transport allié, on travaille.
01:16On travaille avec nos partenaires pour, effectivement, mutualiser nos moyens.
01:20Mais au-delà des moyens, et venir avec des moyens humains et matériels supplémentaires, c'est aussi travailler avec des méthodes qui sont utilisées de part et d'autre de la frontière.
01:29Je vais prendre, pour exemple, le secteur un peu de Sud-Navarre ou de l'Aragon, de Teruel.
01:35Ils ont l'habitude de travailler en gérant la ressource en eau, qui est quand même une ressource qui, demain, peut-être, va aussi nous pénaliser.
01:42Même si cette année, ce n'est pas un bon exemple.
01:44Mais c'est une possibilité, même ici, que vous ayez, vous, à gérer la ressource en eau pour vos interventions.
01:49Exactement. Donc c'est pour ça que nous, dans le cadre du projet, ce qu'on travaille, c'est, au-delà de la mutualisation, effectivement, et d'harmoniser nos équipes franco-espagnoles,
01:57c'est aussi de travailler sur des techniques qui sont moins consommatrices en eau.
02:00Et donc, on prend l'exemple, on se sert des compétences acquises, notamment au niveau de nos partenaires espagnols.
02:04Alors, le travail peut se faire avec le Pays Basque Sud, la Navarre, l'Aragon, vous en parlez.
02:09On a des risques possibles aussi d'inondations.
02:11On a vu ce qui s'est passé à Valence, en Espagne.
02:13Il y a des risques aussi d'inondations importantes.
02:16Le transfrontalier, ça demande quoi ?
02:18Ça demande que les équipes aient l'habitude de travailler ensemble,
02:22que le matériel utilisé soit compatible d'un côté de l'autre de la frontière.
02:26Ça demande un commandement en commun ?
02:28Tout à fait.
02:29Aujourd'hui, face à ces événements qui sont des événements qui sont majeurs,
02:33qui ont des intensités qu'on n'a pas connues jusqu'à présent,
02:36on ne peut pas nous faire face, je dirais, avec des moyens qui restent des moyens,
02:39qui sont, je dirais, sur un risque qui est courant.
02:41Et donc, cette montée en puissance, elle peut se faire grâce à nos partenaires.
02:43Et nos partenaires, ils sont juste à côté, ils sont effectivement côté espagnol.
02:46Donc ça, c'est le premier point.
02:47C'est très important d'essayer de mutualiser.
02:49Donc, on a travaillé avec eux sur le premier projet, le projet ALERT,
02:51et on continue à travailler avec eux sur le deuxième projet ALERT PIR,
02:54justement pour harmoniser nos techniques, mettre en commun nos moyens.
02:57Mais au-delà de ça, ce qui permet aujourd'hui, dans ces projets européens,
03:01notamment ce financement, c'est aussi de travailler sur l'anticipation,
03:04la prévention de ces risques.
03:05Et ce que je peux dire sur le risque inondation,
03:08c'est que pour pouvoir essayer de prévenir, d'anticiper,
03:11on a travaillé dans ce projet en mettant en place des capteurs
03:15qui vont nous amener des bases de données,
03:17et on va exploiter ces bases de données pour faire de l'anticipation et de la prévention,
03:20grâce notamment à deux partenaires qu'on a associés dans le projet,
03:22l'université de Tarbes et l'université de Saragosse.
03:24On peut anticiper sur les feux de forêt ?
03:27Parce que l'important pour vous, certainement,
03:29c'est d'intervenir très rapidement sur du feu en zone montagne.
03:32Tout à fait.
03:33Sur les feux de forêt, aujourd'hui,
03:35on a effectivement des périodes qui sont plus à risque que d'autres,
03:39et effectivement sur ces périodes à risque,
03:41on peut mettre en place des mesures préventives,
03:43notamment dans l'utilisation de ces secteurs qui sont broisés,
03:45dans l'utilisation ou non au public,
03:47dans l'utilisation de ces secteurs.
03:49Genre fermer la forêt de Ciberta ?
03:51Tout à fait. C'est un très bon exemple.
03:53C'est une idée.
03:55Ici Pays-Bas, il est 8h21,
03:56on discute notamment de la prévention des incendies,
03:59des inondations aussi avec Joseph Bonson,
04:01lieutenant-colonel du 1064,
04:02le service d'incendie de secours des Pyrénées-Atlantiques.
04:04Si on pense transfrontalier,
04:06on peut penser risque d'incendie, risque d'inondation,
04:09mais on est aussi parfois sur des zones de secteur industriel.
04:13Il y a une autoroute, l'A63,
04:15qui traverse le territoire
04:18avec du transport de marchandises,
04:20du transport de matières dangereuses également.
04:24Là aussi, il y a un nécessaire travail en commun à faire avec l'autre côté ?
04:28Oui, alors fin février, on a mis en place,
04:31on avait une réunion justement pour essayer de jumeler,
04:33enfin pour mettre en place,
04:34pas essayer, pour mettre en place un jumelage
04:36entre les centres secours d'Andaille et Diroule.
04:38Donc on est là sur un secteur qui est pratiquement à risque,
04:41puisqu'effectivement on a à la fois du fret autoroutier,
04:43on a un gros trafic autoroutier,
04:45on le voit quand la frontière est fermée,
04:46le nombre de camions qui viennent effectivement.
04:48Donc on a aussi un fret ferroviaire,
04:50puisqu'on a quand même une gare de triage qui est relativement importante.
04:53On a l'aéroport de Saint-Sébastien qui est à Fontarabi,
04:56dont le couloir aérien passe au-dessus d'Andaille,
04:59donc qui est un risque,
05:00et on a effectivement un secteur
05:01où on a des zones industrielles et artisanales
05:03qui sont plutôt développées.
05:04Se rajoute à ça un bassin de vie économique, certes important,
05:08mais avec une densité de population qui est aussi très importante.
05:10Donc tous ces risques-là, effectivement,
05:12ce sont des risques technologiques qu'il faut prendre en compte
05:14et on travaille essentiellement avec l'UQSQ sur ces risques technologiques,
05:17parce que là encore,
05:19si on était sur une catastrophe
05:21d'un risque de feu industriel
05:23ou d'un feu de matière dangereuse,
05:25le nuage toxique, lui,
05:27il s'orienterait aussi bien côté français
05:29que côté espagnol en fonction des vents.
05:31Il faut là aussi que nous on apprenne
05:33à donner l'information à nos autorités
05:35pour prendre les mesures nécessaires,
05:36que ce soit des mesures de confinement
05:38ou des mesures d'évacuation le plus tôt possible.
05:40Et ça, il faut qu'on change mentalité là-dessus.
05:42Rapidement, mais sur un type de scénario comme ça
05:44d'un incendie industriel,
05:45est-ce que vous, vous pouvez intervenir,
05:47par exemple, à Irun à Fontarabi en support ?
05:49Est-ce que l'inverse est possible à ce jour ?
05:51Alors aujourd'hui, je dirais que
05:53réglementairement, on travaille là-dessus
05:55pour pouvoir le faire.
05:56Officieusement, on met en place tout un dispositif
05:58pour pouvoir le réaliser au plus tôt.
06:00C'est pour ça qu'on a mis en place
06:02ce dispositif de jumelage.
06:03Donc dès que les jumelages seront en place,
06:05on va essayer de les anticiper.
06:06Parce que dans le cas du jumelage,
06:07on met en place à la fois le jumelage,
06:08mais aussi des déclarations d'intention politique
06:10justement pour mettre en oeuvre
06:12cette capacité à intervenir chez nos voisins et réciproquement.
06:14Merci Joseph Bonson d'avoir accepté notre invitation.
06:16Bonne journée à vous.
06:17Merci, avec grand plaisir.
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