00:00J'ai fait des super belles courses l'année dernière, j'étais vraiment content de ça,
00:17j'ai pris le départ de monuments, des courses vraiment qui me faisaient rêver justement
00:22quand j'étais gamin.
00:23Tout se passait plutôt bien globalement, j'étais dans l'échappée du jour, on était
00:26une dizaine de vents, c'était le 14 août en Pologne, pour recontextualiser.
00:32On est quelques-uns à avoir raté un virage dans une descente, sur une période où j'étais
00:36pourtant concentré, lucide, et moi j'ai eu la malchance de taper un muret en béton
00:43sur la fin du virage.
00:45Je suis parti dans le fossé, sur l'avant, je suis passé par-dessus le vélo et j'ai
00:50vraiment été taper le dos directement dans le muret.
00:55J'ai compris assez rapidement que c'était grave, je n'ai jamais perdu connaissance
01:00et tout, donc j'ai vraiment tout en tête, je n'ai pas du tout de séquelles psychologiques
01:05à être inquiet sur ce qui s'est passé ou faire des cauchemars ou quoi que ce soit,
01:10c'est vraiment assez sain de ce côté-là.
01:12J'ai compris rapidement que j'avais cassé quelque chose d'assez important au niveau
01:19du dos et je sentais aussi beaucoup le cou et aussi l'avant parce que le sternum était
01:24cassé, donc voilà, quelques difficultés à respirer.
01:28J'ai été hospitalisé en Pologne, bien sûr, sur place, ensuite on a rapidement pris
01:32la décision de se faire opérer en France, donc ça demandait un rapatriement assez rapide.
01:37J'ai été opéré au niveau thoracique des 4 vertèbres que j'avais fracturés,
01:45avec deux arthrodès qui sont maintenant en place dans mon dos et qui sont bien vissés
01:49là pour quelques années je crois.
01:51On s'est posé la question de si j'allais arrêter le vélo ou pas.
01:54Moi, le chirurgien, quand il est venu me voir avant l'opération, il m'a dit « voilà,
02:01tu as une chance incroyable d'être encore ici et de tout avoir, donc il faut opérer
02:06et voir si tout va bien se passer ». 90% de chances d'être tétraplégique et 50%
02:13de chances de décès, donc à partir du moment où je fais partie des 10% qui n'ont rien,
02:19je suis parti de ce constat-là et je me suis dit que c'est en quelque sorte un signe.
02:24L'équipe a été fondamentale là-dedans, elle m'a laissé libre de venir si j'en
02:31avais besoin, d'être en retrait si j'en avais besoin aussi.
02:34Je pense qu'à un certain moment de la convalescence, qui était assez longue avec l'immobilisation,
02:41on perd cet aspect de sportif de haut niveau parce qu'on ne l'est plus tout simplement.
02:46J'ai vraiment perdu énormément de poids, de muscles et tout ça, donc en termes de
02:51reconstruction, ça prend beaucoup de temps et l'équipe m'a vraiment laissé le temps
02:56et aussi intégré dès le mois d'octobre quand j'ai pu revenir un petit peu avec eux
03:01sur le stage administratif et tout ça, ils m'ont réintégré à l'équipe, donc petit
03:05à petit j'ai réussi à me ressentir Cycliste Pro et derrière j'ai pu rejoindre l'équipe
03:12directement au mois de décembre où on ne savait même pas vraiment si j'allais pouvoir
03:16faire du vélo dehors, mais l'équipe m'a directement dit « viens, ça te fera du
03:20bien de voir tout le monde, de revenir ». Donc l'équipe évidemment, ça a été super
03:24important, le soutien du staff et puis des coureurs aussi qui ont été là parce qu'au-delà
03:31d'être des coéquipiers, c'est aussi des amis pour la majorité.
03:34C'est une période qui est difficile à vivre, je pense que si on n'est pas accompagné
03:38c'est très compliqué.
03:40Moi j'ai eu la chance d'avoir Solène, ma compagne qui a été là du début à la fin,
03:47j'ai envie de dire.
03:48Elle m'a beaucoup aidé, elle a, au-delà de l'aspect psychologique on va dire, d'être
03:57là, il y a tout l'aspect pratique aussi on va dire du quotidien.
04:00Donc voilà, il y a eu mes parents aussi qui ont été très présents, toute ma belle famille
04:07aussi.
04:08Le 12 décembre, j'ai pu remonter sur mon vélo en extérieur, donc c'était incroyable,
04:17il n'y a pas trop de termes en fait, c'est un peu, il y avait un mélange de beaucoup
04:20de sentiments.
04:21Évidemment j'ai pleuré parce que j'étais tellement heureux de ressentir l'air sur
04:27mon visage, la sensation de vitesse et puis en même temps il y a un peu d'inquiétude
04:32parce que j'avais beaucoup de douleurs au dos, au cervical, en termes squelettiques
04:37si je peux le dire comme ça, je n'ai plus de contraintes pour reprendre les compétitions
04:43parce que tout est suffisamment consolidé pour ne pas qu'il y ait de risques on va
04:49dire.
04:50Ces dernières années, j'ai vraiment, je vais prendre plus en plus de plaisir à m'entraîner
04:53mais je pense qu'on est de base, on est vraiment compétiteurs et j'adore regarder les courses
04:58de vélo, surtout quand Kofinis gagne, mais j'aime encore plus y participer donc évidemment
05:05ça me manque énormément et tout ce qu'il y a autour, l'ambiance, l'ambiance du vestiaire
05:11si on peut dire, dans le bus, les courses, le public, enfiler le maillot, ça me manque
05:21beaucoup et j'ai vraiment hâte d'y retourner.
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