00:00Michel Latapi, lui aussi, a vécu l'extrême rigueur de Bétharame.
00:06Âgé de 55 ans, il est un ancien pensionnaire du collège.
00:10Un enfant turbulent qui, selon ses parents, avait besoin d'un cadre strict pour grandir.
00:16Aujourd'hui, avec son vélo, il repasse régulièrement devant son ancienne école.
00:22Ça me rappelle tous mes souvenirs, parce qu'en fait, là, c'était les dortoirs.
00:26Les fenêtres 2e et 3e, là. On était 50 par dortoir, des petits lits.
00:31De l'autre côté, il y avait le réfertoire.
00:35Pendant 6 ans, entre 1980 et 1986, il a arpenté les couloirs de cette immense bâtisse.
00:44Il en connaît chaque recoin, se souvient de chacune des règles qu'il a dû respecter,
00:50sous peine d'être puni.
00:53À l'époque, j'espère que ça a bien changé maintenant,
00:56on avait droit à une douche une fois par semaine, le mercredi, en 5 minutes.
01:01Ça marchait au sifflet.
01:03On rentrait, on se trempait, on se shampooinait, on se rinçait,
01:08et au sifflet, 5 minutes après, on sortait.
01:10Si on ne sortait pas, c'était une bonne rousse, et le mercredi après, on était interdits de douche.
01:17Tout au long de sa scolarité, Michel Latapie a fait les frais de cette éducation à la dure, comme il dit.
01:24Des décennies plus tard, il se souvient encore de ce jour où la violence a franchi un cran,
01:30pour un simple morceau de pain volé à la cantine.
01:34Je suis passé dans le bureau de ce surveillant général.
01:37J'ai pris une branlée, mais la branlée, coup de poing, des baffes,
01:41et du coup, il me dit, tends ta main, pour les coups de règle.
01:46Et là, qu'est-ce qui se passe ? Il me met des coups de règle.
01:49Par la longue, j'ai deux ongles qui ont sauté, qui sont devenus noirs et tout, qui ont sauté.
01:52Véridique. Affreux, affreux, la branlée que j'ai ramassée.
01:56À plusieurs reprises, Michel Latapie raconte ce qu'il vit à ses parents, en vain.
02:02À l'époque, quand on en parlait, c'était qu'on avait mérité.
02:06Parce que les parents, c'était comme ça, on avait mérité.
02:11Ce que je me souviens, à l'âge de 10 ans, quand on rentrait le dimanche après-midi,
02:15j'ai souvent versé des larmes dans le lit.
Commentaires