00:00Il est 7h39, Langleyco, François Langley, comment combler la dette française ?
00:05Vaste sujet, et on a peut-être donc la solution grâce à un auditeur d'RTL, Phil, qui vous a écrit au 64 900
00:11et qui vous demande, pourquoi ne pas faire racheter la dette avec l'épargne des Français
00:15en adoptant, comme après la seconde guerre mondiale, la souscription de bons du trésor ?
00:19Est-ce possible, vous demande Phil, alors vous en pensez quoi François ?
00:22Des questions légitimes, bien sûr, les montants sont même supérieurs à ceux de la dette.
00:25Un peu plus de 6 000 milliards d'épargne financière des ménages pour 3 300 milliards de dettes.
00:31En réalité, sur ce montant de 6 000 milliards, il y a déjà de la dette détenue par les ménages
00:36sous la forme d'assurance-vie investie en obligation de la zone euro et notamment de la France.
00:40Mais est-ce qu'on pourrait aller plus loin ?
00:42Vous savez que tout n'est pas mobilisable dans cette épargne parce qu'il y a de l'épargne logement,
00:46elle reste bloquée et puis elle est affectée à l'achat du logement.
00:49Le livret A, on veut le garder un peu liquide parce que si on en a besoin,
00:52la participation s'est évidemment bloquée.
00:56Mais c'est vrai qu'on pourrait aller plus loin, l'État pourrait lancer un grand emprunt
01:00pour financer le déficit avec des conditions fiscales intéressantes pour les souscripteurs.
01:04On l'a déjà fait, l'emprunt Pinet en 1952, l'emprunt Giscard en 1972.
01:10Ça commence à dater un peu quand même, est-ce que ce serait avantageux ?
01:13Ça dépend pour qui, l'emprunt Giscard ça a été une catastrophe pour les finances publiques
01:19parce qu'il était indexé sur l'or à un moment où la valeur du métal jaune a explosé.
01:23En fait, si on veut consentir au ménage des conditions de rémunération acceptables,
01:28ça ne serait pas avantageux financièrement pour l'État.
01:30Aujourd'hui, l'État emprunte un peu plus de 3% par an.
01:33Mais c'est vrai, et Phil insiste là-dessus, il a raison,
01:36ça nous libérerait de la pression des investisseurs étrangers.
01:40La pression des investisseurs étrangers, c'est-à-dire ?
01:43Vous savez, aujourd'hui, une petite moitié de la dette est détenue par des étrangers,
01:46européens principalement,
01:48ceux-là sont plus volatiles, ils sont plus pronds à vendre dès que la situation politique se dégrade,
01:54ce qui renchérit nos taux d'intérêt.
01:56Le fait de nationaliser la dette nous protégerait de la crise financière
02:00parce que les nationaux et les ménages en particulier,
02:03ils sont plus inertes dans leur comportement d'épargne, ils ne vendent pas.
02:06C'est ce que fait le Japon, qui a une dette de plus de 200% du PIB,
02:10c'est 115% pour nous, donc vous voyez que c'est beaucoup plus au Japon,
02:14une dette japonaise détenue au 9-10ème par Madame Watanabe,
02:18qui est Monsieur Dupont, mais japonais.
02:21Oui, Monsieur ou Madame Tout-le-Monde.
02:22Mais c'est ça qu'il nous faudrait donc ?
02:24Écoutez, permettez-moi d'en douter quand même,
02:26parce que la pression des marchés, c'est aujourd'hui la seule force dissuasive pour limiter nos déficits.
02:32L'euro nous protège, il a rendu nos gouvernements pas très responsables,
02:36Bruxelles fait mine de Saint-Dinier, mais en réalité avale toutes les bilvesées qui viennent de Paris,
02:41il n'y a guère que les gnomes de Zurich, c'est ainsi que le Général De Gaulle appelait les marchés financiers,
02:46qui nous tiennent un peu en respect.
02:48Les gnomes de Zurich, merci beaucoup François.
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