00:00La dame de Ferbalt, l'ancienne première ministre de l'Estonie, Kayakalas, a pris la tête de la diplomatie européenne.
00:06Donald Trump, est-il une menace pour l'Europe ? Quelle place pour les Européens à la table des négociations sur l'Ukraine ?
00:11Kayakalas était de passage à Paris aujourd'hui et elle nous a accordé un entretien exceptionnel ce matin au bureau de liaison de la Commission européenne.
00:19Bonjour Kayakalas.
00:20Bonjour.
00:20Merci beaucoup de répondre à nos questions.
00:22Pour RTL, vous êtes vice-présidente de la Commission européenne et représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.
00:29Comment riposter à la guerre commerciale que veut mener le président américain contre l'Europe, il l'assume ?
00:34Qu'est-ce qui est sur la table ? La liste des produits américains, les mesures de rétorsion, sont-elles prêtes ?
00:39Premièrement, je pense qu'il est vraiment regrettable que Trump s'engage sur cette question.
00:47Parce que je pense que personne ne gagne lorsqu'il y a une telle guerre qui, au niveau des taxes et au niveau du commerce extérieur,
00:56les conséquences sur les consommateurs sont désastreuses parce qu'il y a une augmentation des prix.
01:02Les conséquences sur les entreprises sont désastreuses aussi parce que beaucoup seront poussés au bord de la faillite à cause de l'augmentation des taxes.
01:09Donc il n'y a vraiment que des perdants.
01:12Je pense qu'une guerre commerciale entre les Etats-Unis et l'Union européenne serait vraiment très désastreuse, d'autant plus que ce sont nos premiers partenaires commerciaux.
01:22Et je pense que la Chine sera en coulisses en train de rire de cette situation.
01:28Et j'aimerais aussi réitérer que l'Union européenne est en mesure de prendre des mesures de rétorsion et de réaction à cette situation.
01:36Donald Trump veut aussi mettre la main sur le Groenland, sans écarter l'hypothèse de recourir à la force.
01:41Ce territoire appartient au Danemark, on le rappelle. Que lui répondez-vous ? Et le Groenland restera-t-il entre les mains du Danemark ?
01:48Alors je pense tout d'abord que c'est au peuple du Groenland de décider comment régler ces questions.
01:56Et deuxièmement, les rapports transatlantiques entre le Danemark et les Etats-Unis ont toujours été excellents.
02:04Et d'ailleurs les Etats-Unis pour l'instant sont toujours membres de l'ONU où il y a des chartes de responsabilité qui ont été signées, qui fixent les règles, notamment en matière de souveraineté internationale.
02:16Et pour ma part je suis sûre que pour l'instant les Etats-Unis vont suivre ces règles.
02:21Cette discussion pour moi était aussi très intéressante et importante parce qu'elle montre que la région Arctique maintenant a vraiment une importance stratégique, géopolitique et en matière de sécurité.
02:32Et c'est bien que les personnes soient devenues conscientes de ce fait.
02:35Kayak Adas, cela fait près de trois ans que la Russie a envahi l'Ukraine. L'Europe a encore une influence dans ce conflit ?
02:41L'Union Européenne offre son soutien total à l'Ukraine. Notamment 134 milliards d'euros ont été déployés et cela comprend 50 milliards d'euros d'aides militaires.
02:55En même temps, je crois que tous les pays du monde veulent la fin de ce conflit et en premier lieu les Ukrainiens.
03:02Mais il y a malheureusement un pays qui ne désire pas du tout la paix, c'est la Russie.
03:06Donc je pense que tous ensemble on doit mettre une pression à la fois économique et politique sur ces pays afin qu'ils arrêtent de bombarder les civils et les infrastructures des civils.
03:15N'avez-vous pas peur que l'Europe soit exclue de la table des négociations sachant que le président américain Trump parle directement en ce moment avec Vladimir Poutine sans nous consulter d'ailleurs ?
03:25L'Union Européenne a tout à fait sa place à la table des négociations et il est clair que si on négocie un quelconque arrangement, l'Union Européenne doit être présente et doit être d'accord.
03:37Si elle n'est pas présente, je pense que la solution ne pourra pas fonctionner.
03:43Une fois de plus, je réitère que Poutine ne veut pas du tout mettre fin à ce conflit en quelques termes qu'il soit.
03:53Donald Trump dit avoir un plan pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Vous avez la moindre idée de ce qu'il compte faire ?
03:58Bien sûr. Aujourd'hui, Trump a envoyé un message très clair envers la Russie.
04:05Il comprend qu'il faut mettre la pression sur ce pays afin qu'il mette un terme à ce conflit.
04:10Je crois que le signal qu'il a donné est assez clair.
04:13En effet, il a fait appel à plus de sanctions et nous en Europe aussi, on va dans la même direction.
04:19On compte mettre en place tout un pack, tout un ensemble de sanctions pour marquer l'anniversaire de cette guerre qui a commencé le 24 février.
04:27Pour ma part, je pense que la pression est nécessaire, d'autant plus qu'on sait que l'économie de la Russie aujourd'hui n'est pas dans une très bonne position.
04:36Les fonds de ce pays commencent à s'épuiser.
04:40On sait qu'ils tirent moins de revenus d'avant de leurs énergies fossiles, du pétrole et des gaz naturels
04:47et que le taux d'intérêt bancaire est à 20%, ce qui nous donne une idée de l'état économique de ce pays.
04:52Y aura-t-il un jour des troupes européennes sur le sol ukrainien d'une quelconque façon ?
04:58Alors, je crois que tout d'abord, il faut nous assurer qu'on a les garanties en matière de sécurité lorsqu'il s'agit de cette question.
05:08Si on donne notre accord pour ce genre de choses, il faut vraiment nous assurer que ça met un terme à la guerre et qu'il n'y aura pas de guerre à nouveau.
05:17Et je pense, pour ma part, que la façon la plus forte pour l'instant d'assurer cela, c'est via l'OTAN,
05:22parce que les pays qui sont membres de l'OTAN, justement, ne sont pas dans une situation de conflit.
05:27Donc, à mon sens, c'est une garantie de sécurité crédible.
05:31Et cela aussi donne lieu à des questions difficiles, une réflexion difficile lorsqu'il s'agit d'envoyer nos soldats sur ce territoire
05:38et aussi s'assurer que la Russie ne va pas riposter.
05:40Nous devons nous assurer que la Russie n'attaque pas de nouveau.
05:44Nous devons répondre à ces questions.
05:46Kayak Adas, une dernière question.
05:47Un grand sommet mondial consacré à l'intelligence artificielle a lieu en ce moment à Paris.
05:51Le président français Emmanuel Macron affirme que l'Europe a une carte à jouer dans cette course technologique.
05:56Est-ce qu'il a raison ?
05:57Quelle est notre carte, si vous partagez son analyse ?
06:00Il évoque d'ailleurs une bataille pour notre indépendance.
06:02C'est bien une bataille pour notre indépendance que nous sommes en train de livrer en matière d'IA ?
06:07Aujourd'hui, c'est vrai que c'est un secteur en pleine croissance.
06:13Et on a besoin de nous assurer que les règles sont appliquées et que les personnes sont protégées dans cette situation.
06:20C'est vrai que juste hier, j'étais au Vatican et le Vatican est aussi vraiment préoccupé par ce sujet.
06:26Mais ils sont d'accord avec nous qu'on ne peut pas du tout arrêter son développement pour autant
06:32et que c'est la bonne approche à avoir à assurer.
06:36Cela dit, je pense que l'intelligence artificielle oeuvre beaucoup pour le bien également.
06:41Les entreprises européennes ont leur rôle à jouer dans la création de programmes d'intelligence artificielle.
06:46Et il y a beaucoup d'opportunités d'emploi.
06:48Par exemple, à mon poste précédent en tant que Premier ministre de l'Estonie,
06:54nous avons utilisé l'intelligence artificielle, par exemple, pour diminuer le nombre de comptes rendus que les entreprises devaient fournir.
07:01Parce que parfois, on utilise les mêmes mots, les mêmes paragraphes.
07:05Il y a beaucoup de redondances et donc cela va diminuer la charge des entreprises dans ce sens.
07:11Donc il y a beaucoup d'utilisations très judicieuses.
07:14Nous sommes d'accord pour dire que ça ne peut pas rester entre les mains des Etats-Unis et de la Chine.
07:18Ah oui, c'est ça.
07:19Merci infiniment, Kayar Kalas, chef de la diplomatie européenne, d'avoir reçu les équipes d'RTL aujourd'hui.
07:25Merci.
07:26Bon travail à vous.
07:26Merci.
07:27Et après les affaires du monde et de l'Europe, dans un instant de la légèreté, de la tendresse, de l'allégresse,
07:32Marc-Antoine Lebray, c'est le Breaking News.
07:34Vincent Derosier, Yves Kelvin.
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