00:00RTL, au coeur de l'actu.
00:04On reprend le fil de l'actualité avec encore à la une ce matin les questions et la consternation,
00:09surtout au lendemain de cet accident de car scolaire près de Châteaudun.
00:12Une adolescente tuée, 20 élèves blessés, le conducteur en garde à vue, il avait consommé de la drogue.
00:17Bonjour Jean-Sébastien Barraud.
00:19Bonjour.
00:20Vous êtes le président de la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs.
00:23Merci d'être en direct avec nous ce matin.
00:25D'abord, votre sentiment au lendemain de ce drame ?
00:29D'abord, je voudrais exprimer ma compassion, dire que mes pensées vont à la victime, à sa famille.
00:34Naturellement, c'est un drame qui bouleverse notre profession.
00:38Une profession qui est orientée, croyez-le, vers la sécurité des voyageurs transportés.
00:43On est une profession extrêmement réglementée.
00:46On est, je crois, la profession la plus réglementée parmi toutes les professions du transport routier de voyageurs.
00:53Il y a de nombreuses mesures qui sont prises à bord des autocars.
00:56Malheureusement, c'est rare, mais quand un drame comme celui-ci survient, c'est un drame de trop.
01:01Profession extrêmement réglementée, sans doute, mais on l'a vu encore, il y a des trous dans la raquette, visiblement.
01:07Parce qu'il y a des contrôles pour l'alcoolémie.
01:11On ne peut pas démarrer son bus sans passer par un étilotest, vous confirmez ?
01:17Effectivement, tous les autocars, c'est obligatoire, sont équipés d'un étilotest anti-démarrage.
01:22Le conducteur doit souffler avant de pouvoir démarrer le véhicule.
01:26S'il ne souffle pas ou s'il a consommé de l'alcool, le véhicule ne démarrera pas.
01:31Il n'y a pas ça pour les stupéfiants, en revanche ?
01:33Aujourd'hui, la solution technique n'existe pas.
01:36Pour les stupéfiants, il n'existe pas sur le marché d'appareils qui permettent de faire ce que fait un étilotest anti-démarrage.
01:43Par contre, les entreprises procèdent à des contrôles régulièrement dans les entreprises, à des tests salivaires des conducteurs.
01:50Évidemment, ces contrôles-là ne peuvent pas avoir lieu à chaque prise de service pour chaque conducteur, mais elles en font déjà beaucoup.
01:56Quand le ministre des Transports dit hier soir sur RTL qu'il faut plus de contrôles, ça va se passer comment ? Comment faire plus de contrôles ?
02:03Mais on appelle de nos voeux ce renforcement des contrôles.
02:06On se réjouit que les forces de l'ordre puissent procéder à des contrôles.
02:09Nous, chefs d'entreprise, nous procédons à des contrôles dans l'entreprise avant que le conducteur ne s'en aille.
02:14Les forces de l'ordre ont la capacité de réaliser ces contrôles sur la route, à n'importe quel moment.
02:19On les appelle de nos voeux.
02:21Et puis, lorsque le ministre en a parlé également, lorsqu'il existera des appareils équivalents à un étilotest anti-démarrage, mais pour les stupéfiants,
02:29on y faudra étudier la possibilité d'en équiper nos véhicules.
02:32On sait qu'il y a un problème de recrutement chez les conducteurs.
02:35Vous le disiez vous-même en septembre dernier, il manquait 3000 conducteurs en France.
02:38C'est ce que vous disiez il y a quelques mois.
02:40Est-ce que ce n'est pas un problème, ça ? Est-ce qu'on n'est pas moins vigilant aujourd'hui sur les embauches ?
02:46Non, parce que d'abord, la situation est en très nette amélioration.
02:50Vous évoquez le chiffre des 3000, on était à plus du double deux ans auparavant.
02:54Ensuite, tous les conducteurs que nous mettons sur la route, ce sont des conducteurs qui ont passé des formations obligatoires.
02:59Il faut savoir que dans notre métier, le simple permis, qui est le permis des transports en commun, ne suffit pas.
03:05À côté du permis, il doit y avoir une formation obligatoire, dans laquelle justement, la consommation de stupéfiants est abordée pour sensibiliser les conducteurs.
03:13Et tous les conducteurs que nous mettons sur la route, ils ont rempli toutes ces formations.
03:17Je vais vous faire écouter un auditeur qui nous a appelé hier midi.
03:20C'était dans les auditeurs en la parole. Il s'appelle Stéphane, il est chauffeur de bus, et voilà ce qu'il nous disait.
03:25Le problème, il est qu'aujourd'hui, il y a eu un tel manque de conducteurs et de conductrices sur tous les réseaux français
03:35qu'on a commencé à gratter les tiroirs au niveau des embauches.
03:39Et il y a un moment où, quand on commence à trop gratter le tiroir, on passe dans le tiroir d'en dessous.
03:44Voilà, on est moins vigilant sur les embauches. C'est ce que dit ce conducteur qui fait ce métier-là aujourd'hui.
03:49Oui, mais encore une fois, tous les conducteurs que nous avons recrutés, nous leur avons fait passer le permis,
03:54nous leur avons fait passer l'ensemble des formations obligatoires qui durent plusieurs semaines après avoir passé le permis.
04:00Et les conducteurs que nous mettons sur la route, ils ont réussi toutes les épreuves.
04:03Mais ce conducteur qui est mis en cause après l'accident de Châteaudun, apparemment, il avait une conduite brutale.
04:08C'est ce que disent les élèves, on les entendait dans un reportage tout à l'heure.
04:11La drogue était retrouvée chez lui, donc voilà, c'est quelqu'un qui avait un passif, visiblement.
04:17En plus, 26 ans, c'est pas un peu jeune, 26 ans ?
04:20Écoutez, sur les circonstances de l'accident, je vais laisser les enquêtes, que ce soit l'enquête judiciaire ou l'enquête du BATT,
04:27se prononcer et nous dire ce qui s'est exactement passé.
04:3126 ans, non, c'est pas jeune, vous savez, à 26 ans, je pense qu'on est capable d'exercer un métier à responsabilité.
04:38Et il y a beaucoup de professions à responsabilité qui sont exercées par des personnes de 26 ans.
04:42Donc votre message ce matin aux parents qui nous écoutent, qui ont leurs enfants, qui vont encore voyager dans des cars scolaires,
04:49vous, en tant que président de la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs, vous leur dites quoi après cet accident ?
04:54Je voudrais leur dire que l'autocar est aujourd'hui le mode de transport routier le plus sûr.
04:59Aujourd'hui, ce sont les chiffres de l'Observatoire de la Sécurité routière, du ministère de l'Intérieur.
05:04Aujourd'hui, c'est 0,3% des accidents de la route qui impliquent un autocar, alors même que les autocars assurent 5% des déplacements.
05:14Donc on a vraiment un taux d'accident qui est inférieur aux autres modes de transport de la route.
05:18Aujourd'hui, je veux leur dire, le drame qui est un drame terrible qui bouleverse notre profession, c'est un drame de trop,
05:24mais c'est un drame qui, fort heureusement, reste extrêmement rare.
05:27Et je crois pouvoir dire qu'on transporte les jeunes en toute sécurité.
05:30Merci beaucoup Jean-Sébastien Barrot, président de la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs.
05:35Merci beaucoup, bonne journée.
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