00:00Convaincus de leur détermination, les gendarmes se mobilisent dès mardi après-midi dernier
00:05et déploient le groupe d'élite du GIGN. Ce sont eux qui chapeautent les négociations.
00:11« La négociation est un outil tactique qui nous permet de recueillir du renseignement,
00:16d'avoir des preuves de vie, de définir le montant de la rançon
00:22pour avoir des garanties de récupérer la rançon pour la tracer éventuellement.
00:27C'est vraiment un outil tactique qui est intégré à l'opération. »
00:30« Dans le cadre de la négociation dirigée par les gendarmes,
00:33une partie de la rançon a été versée.
00:36La presque totalité de ces crypto-monnaies a été tracée, gelée et saisie. »
00:44Reste à savoir où sont cachés David Balland et son épouse.
00:47Les enquêteurs épluchent les réseaux sociaux,
00:50interrogent des voisins, recoupent des informations.
00:56Jusqu'à intervenir dans cet immeuble situé au nord de Vierzon.
01:04Vers 15 heures, ils défoncent la porte du bâtiment.
01:11Mickaël habite juste à côté.
01:15« Alors moi, j'habite ici dans ce petit studio, une petite maisonnette.
01:18Et là, ça s'est passé dans cet appartement-là.
01:22J'ai entendu à 15h15, 15h30, un gros boum.
01:29Et j'ai ouvert mon volet, et il y avait GIGN qui était devant ma porte.
01:33Et je suis sorti, et c'est là que j'ai vu des messieurs avec des mitraillettes,
01:37des machins, l'hélicoptère de la gendarmerie qui était vachement bas.
01:42Et c'est là que je me suis dit qu'il y a quelque chose qui se passe, quoi. »
01:47Mais à l'intérieur de l'appartement,
01:49aucune trace de David Balland.
01:52Selon les premiers éléments de l'enquête,
01:54le couple aurait été déplacé à plusieurs reprises au cours de sa séquestration.
02:00« Il va y avoir ensuite une autre interpellation
02:02qui va jouer un rôle décisif dans l'enquête.
02:04C'est à ce moment-là des policiers qui repèrent un homme
02:07dans une voiture dont l'immatriculation apparaît comme volée.
02:11Ils décident donc de faire un contrôle sur cette personne.
02:15Et il va s'avérer qu'en garde à vue,
02:17ils vont comprendre que cet homme a un lien potentiel
02:20avec la séquestration et l'enlèvement de David Balland et de sa compagne.
02:25Ils vont donc immédiatement récolter du renseignement
02:27des informations qu'ils vont transmettre aux gendarmes.
02:30Et ces informations vont permettre aux enquêteurs d'avancer,
02:36de faire un bond dans l'enquête.
02:37« On a eu des rebondissements qui nous ont amenés encore à d'autres communes.
02:40Tout ça, c'est le fruit d'un travail conjoint.
02:42Donc c'est un coup complet un petit peu de la gendarmerie
02:45qui permet au fur et à mesure de progresser dans l'enquête,
02:49de d'abord déterminer un point de chute potentiel pour l'une des deux victimes
02:54et au fur et à mesure de trouver le deuxième point de chute
02:56pour interpeller la deuxième victime. »
03:00Les enquêteurs s'orientent alors vers un lieu rural isolé
03:03à proximité de Châteauroux,
03:06à une soixantaine de kilomètres de la maison du couple.
03:09À la tête des opérations, le colonel Yannick du GIGN.
03:14« C'est des recoupements d'informations, des enquêtes,
03:16à la fois dans le volet numérique, mais aussi des recherches sur le terrain
03:20qui permettent de localiser cette adresse.
03:22Donc il s'agit d'un domicile plutôt isolé, en milieu rural,
03:27sur la commune de Châteauroux.
03:28Et donc là, nous déclenchons cette intervention.
03:3124 heures après avoir été sollicité,
03:33donc nous sommes le mercredi en début d'après-midi,
03:36Une vingtaine d'hommes sont déployés dans cette zone,
03:39juste à côté de la maison de cette femme qui a souhaité rester anonyme.
03:43« On a vu des gendarmes arriver, ainsi que des hélicoptères.
03:47On ne savait pas du tout ce qui se passait.
03:50À un moment, on a entendu un grand boum.
03:52C'était le portail de la maison qui a dû sauter. »
03:57Le GIGN crée un effet de surprise et prend de court les ravisseurs.
04:01« Lorsqu'ils pénètrent dans ce domicile,
04:03il y a deux hommes, deux ravisseurs, qui sont en train de faire le guet
04:07et de surveiller David Ballan, ligoté à ce moment-là.
04:11Ils vont procéder à leur interpellation très rapidement,
04:14sans ouvrir le feu, sans heurts, sans incident,
04:18et libérer David Ballan, qui est à ce moment-là blessé physiquement
04:23et extrêmement traumatisé. »
04:25« Nous nous sommes rendus compte qu'il n'y avait pas d'hélicoptère.
04:28Nous, notre priorité, c'est quand même de libérer les otages
04:31sains et saufs.
04:32Donc, une fois qu'on a libéré David Ballan,
04:34on comprend qu'il nous faut très vite nous réarticuler
04:37pour aller vérifier d'autres adresses et trouver sa compagne. »
04:41Où se trouve la jeune femme ?
04:4324 heures plus tard, les enquêteurs tiennent une piste.
04:48« Et là, les opérations se poursuivent,
04:49à la fois à la maison, à la maison de David Ballan,
04:52à la maison de David Ballan,
04:53à la maison de David Ballan, à la maison de David Ballan,
04:56les opérations se poursuivent, à la fois les enquêtes de terrain
05:00avec des filatures de la recherche active sur le terrain,
05:03les enquêtes menées par les enquêteurs avec des auditions
05:06qui nous permettront de retrouver le véhicule à étampes
05:11où se trouve la conjointe de David Ballan.
05:16Ce véhicule est à l'arrêt sur ce parking à étampes.
05:19Nous prenons le parti de mener un assaut, là encore,
05:22en surprise et en souplesse sur ce véhicule.
05:25Ce parti pris est le bon, puisqu'on tombe à l'arrière du véhicule
05:29sur la conjointe de David Ballan et sur ses ravisseurs.
05:33« Elle se trouvait ligotée,
05:35elle ne souffrait pas de blessures physiques,
05:38mais elle sera nécessairement prise en charge médicalement
05:41à l'issue de son audition en raison du traumatisme subi. »
05:45L'aboutissement d'une course contre la montre
05:47qui aura duré plus de 48 heures
05:50et mobiliser 230 gendarmes, dont 90 hommes du GIGN.
05:55En tout, dix suspects sont arrêtés, neuf hommes et une femme.
06:01« On est quand même plutôt sur des gens qui ont une vingtaine d'années,
06:04quelques individus un peu plus vieux.
06:06Ce qu'on peut vous dire, c'est qu'effectivement, ils étaient connectés. »
06:09« D'après nos informations, les personnes qui ont été interpellées
06:14ont le profil de ce qu'on appelle des jobbeurs,
06:17c'est-à-dire des personnes qui sont employées
06:20pour des missions criminelles ponctuelles.
06:22Ce ne sont pas forcément les commanditaires,
06:25les cerveaux de l'opération.
06:26L'enquête d'ailleurs se poursuit toujours
06:28pour déterminer quel a été le rôle de chacun. »
06:32Trois des dix suspects arrêtés ont finalement été relâchés.
06:35Les sept autres risquent la réclusion criminelle à perpétuité.
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