- il y a 6 semaines
C’est une histoire méconnue, bien avant le meurtre du petit Grégory noyé dans la Vologne le 16 octobre 1984. Celle d’un corbeau qui pendant 3 ans a harcelé jour et nuit toute une famille. Des coups de fil incessants, des lettres, des canulars macabres qui révèlent toute la jalousie et la haine qui ont conduit à l’assassinat d’un petit garçon de 4 ans. Cette voix rauque qui a menacé la famille Villemin n’a jamais été identifiée mais les soupçons convergent aujourd’hui vers une femme, Jacqueline Jacob, la grand-tante de Gregory, mise en examen pour association de malfaiteurs le 24 octobre dernier. Cet énième rebondissement permettra-t-il de résoudre l’une des affaires criminelles les plus énigmatiques de France ? « Affaire Grégory, les voix du crime », une enquête Ligne Rouge d’Isabelle Quintard, Vincent Vantighem, Nicolas Baggioni, Alexandre Funel et Marlène Lartigues.
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00:00C'est une histoire méconnue de l'affaire Grégory.
00:12L'envers du décor, bien avant le meurtre du petit garçon de 4 ans, noyé dans la Vologne, le 16 octobre 1984.
00:22Celle d'un mystérieux corbeau qui, pendant 3 ans, harce les jours et nuits toute une famille.
00:33Allô ? Allô ? Qu'est-ce que tu es ?
00:41Une voix fantôme qui frappe sans jamais se montrer,
00:50qui déterre les secrets de famille.
01:04Montre les uns contre les autres.
01:05Jusqu'à devenir menaçant et annoncer son intention de tuer.
01:23Moi, en écoutant les voix du corbeau, je suis à peu près incapable de dire si c'est un homme ou une femme.
01:42D'une minute à l'autre, vous avez l'impression que c'est une voix de femme, presque une voix de sorcière, un peu glaçante.
01:53Et tout d'un coup, une voix d'homme, presque un homme de 50 ans, 60 ans.
01:57Notre perception peut changer d'une minute à l'autre en écoutant l'appel.
02:10Donc, en fait, c'est quand même un mystère.
02:13Un mystère que la justice tente de résoudre depuis 41 ans afin de remonter la piste de l'assassin.
02:26C'est très bien de partir du corbeau dans la mesure où, forcément, il y a un lien entre le corbeau et l'assassinat du petit Grégory.
02:38Cette voix rauque, inquiétante, est-elle celle de Jacqueline Jacob, la grand-ante de Grégory ?
02:59En octobre dernier, elle a été mise en examen pour association de malfaiteurs.
03:04Ultime rebondissement de l'une des affaires criminelles les plus énigmatiques de France.
03:23En juin 81, Jean-Marie, 25 ans, et Christine, 23 ans,
03:30viennent s'installer dans leur maison, sur les hauteurs du village de Léponge-sur-Vologne.
03:38Ils ont un petit garçon, Grégory, âgé de un an.
03:42Avant qu'on nous assassine Grégory, on était un couple, on s'aimait, il n'y avait pas de problème, il n'y avait pas de nuages, il n'y avait pas de problème.
03:51Il nous est tombé ça sur la tête, comme on pourrait dire, on nous a tué notre enfant, on avait fait toute notre vie autour de lui.
03:58Du moment où on a eu Grégory, on ne vivait que pour lui.
04:00À l'usine Autocoussin, où il travaille, Jean-Marie Villemin vient de passer contre maître.
04:09Et tout semble réussir au jeune couple.
04:14Jusqu'à un étrange coup de téléphone, un appel anonyme.
04:19Évidemment, le couple Villemin ne se dit pas immédiatement que c'est un corbeau.
04:28Il pense par exemple aux parents de Jean-Marie, qui se trouvent alors en vacances en Italie, peut-être qu'ils ont essayé de nous joindre.
04:35Mais le mois suivant, en septembre 1981, il y a un autre appel tard le soir.
04:40Bon, au départ, c'était une femme qui nous téléphonait, on était tous les deux, et elle chantait derrière un disque.
04:59Commence à essayer de faire un dialogue avec cette femme, t'es qui, qu'est-ce que tu veux ?
05:04Et en fait, la femme ne répond pas, mais part dans un rire qui semble un peu en trance.
05:09C'est en tout cas l'effet que ça fait à Jean-Marie Villemin.
05:12Et lui, il finit par perdre patience, il finit par l'insulter et raccrocher.
05:18On se posait des questions quand même, bon, ce qui pouvait nous en vouloir.
05:22On cherchait à qui on avait pu faire du mal, pourquoi, ou qui on rendait envieux, ou n'importe.
05:28Mais je veux dire, ça ne nous a pas tout de suite donné la peur.
05:32Et à ce moment-là, le couple Jean-Marie et Christine pensent plutôt à une collègue de Christine,
05:38avec qui Jean-Marie ne s'entend pas très bien.
05:40Il se dit, c'est peut-être une mauvaise blague d'une collègue de bureau.
05:43Sauf qu'en fait, c'est le début d'une longue série.
05:48Allô ?
05:48Allô ?
05:49Allô ?
05:50Les appels du corbeau ne se limitent pas aux jeunes couples.
05:55Allô ?
05:56Allô, tout ça.
05:58Ils ciblent presque tous les membres de la famille, qui prennent l'habitude d'enregistrer les appels.
06:06Souvent, le corbeau se montre vulgaire et accuse les femmes de tromper leur mari.
06:11Monique, la mère de Jean-Marie, est l'une de ses proies favorites.
06:17Il veut absolument faire croire.
06:47Qu'il est dans la confidence, selon laquelle Monique aurait eu d'autres amants.
06:52Jackie est issue d'une relation qui a précédé le mariage entre Albert et Monique Villemin.
07:01C'est le seul des enfants Villemin qui n'a pas le même père que ses frères et soeurs.
07:05Et en fait, ça c'est quelque chose de très intéressant à savoir sur le corbeau.
07:09C'est que cette question de la tromperie, mais au-delà de la paternité, le travaille beaucoup.
07:15Ce qu'il veut faire, c'est mettre le doute dans la tête des membres de la famille Villemin.
07:19De novembre 1981 à avril 1983, le corbeau appelle 3 à 4 fois par jour.
07:28Soit vers 13h, soit vers 20h.
07:33Et il semble connaître tous les secrets de la famille.
07:36Le 30 novembre 1982, le corbeau se déchaîne et appelle 25 fois Monique et Albert Villemin qui habitent à Aumonzet en contrebas dans la plaine.
07:50« Non. Oui, bien sûr. Oh. Oh. Oh. Tu crois ? »
08:10Avec Albert, le corbeau est toujours focalisé sur « tu finiras par te pendre comme ton propre père ».
08:19Le corbeau essaye de le pousser au suicide depuis longtemps déjà.
08:28« C'est mon salon d'or ! Salon d'or ! »
08:33Pour faire craquer la famille Villemin, le corbeau organise même des canulars morbides.
08:39À un moment donné, le corbeau dit « tu vas voir, tu vas avoir une surprise ».
08:43Une femme appelle les pompes funèbres, M. Lapoirie, en disant « Albert Villemin s'est accroché, ça veut dire qu'il s'est pendu, faut aller prendre les mesures de son cercueil chez lui à Aumonzet ».
09:02Le croque-mort se déplace, M. Lapoirie arrive chez Albert Villemin et c'est le mort qui lui ouvre la porte.
09:12Le croque-mort est bien ennuyé. Il dit « écoutez, il y a une femme qui m'a appelée pour me dire qu'il fallait venir prendre les mesures pour votre cercueil ».
09:20Et à ce moment-là, le corbeau rappelle en disant à Albert Villemin « ah ah ah, t'as vu, tu l'as eue, ta surprise ».
09:36Et les enquêteurs en déduisent évidemment que le corbeau, il faut qu'il puisse constater les effets de ses nuisances pour en jouir, pour en rigoler, pour appuyer encore la méchanceté.
09:49Et que le corbeau rappelle immédiatement, ça veut dire qu'il a vu le croque-mort, la voiture des pompes funèbres de M. Lapoirie arriver en bas d'Aumonzet.
10:02Le corbeau est très très bien renseigné puisqu'à un moment, il passe même des appels, alors que certains événements viennent de se passer une demi-heure avant.
10:10Le cœur du mystère, en fait, c'est toute cette zone-là à Aumonzet où il y a à la fois les grands-parents de Grégory qui habitent là, à côté de la maison de Michel Villemin.
10:29Et sur les hauteurs, il y a le couple Jacob qui habite là et 100 mètres derrière, il y a la maison de Bernard Laroche.
10:37Le corbeau semble tout voir, tout savoir.
10:53Et pour encore mieux effrayé, il multiplie les appels et les cibles.
11:01Après les parents de Jean-Marie Villemin, c'est au tour de son frère, Jackie, et sa femme Liliane, de subir eux aussi les coups de fil anonymes et les canulars macabres.
11:22Un jour, un ambulancier les contacte.
11:24C'est vrai ? C'est pas un coup de téléphone anonyme ou encore ?
11:40Oh, vous êtes sûre ? Qu'est-ce que vous faites alors ?
11:47Ben, je vais descendre aussi, moi.
11:51Pourquoi il est de bon ?
11:52Mais non, mais vous savez, un peu que je retourne a dit que c'est un anonyme.
11:56Il a déjà envoyé Monsieur Laporte chez lui.
12:00Il a dit qu'il était déjà mort il y a quatre jours, je ne sais plus quoi, bien sûr, mais qu'il n'arrête pas de nous emmerder, vous savez.
12:06Mais on ne sait pas que c'est... c'est un anonyme.
12:09Il nous a fait chier toute la nuit déjà.
12:11Le corbeau s'attaque à toute la famille.
12:23Mais il a une cible privilégiée.
12:28Jean-Marie Villemin, lui, se distingue assez vite de ses frères et sœurs,
12:33puisque, après avoir rencontré Christine Villemin et, alors qu'ils viennent de donner naissance à leur premier enfant, Grégory,
12:41ils vont s'installer dans une sorte de chalet en hauteur à l'épongement,
12:46relativement éloigné du noyau familial des Villemin.
12:51Et puis, il se distingue également, Jean-Marie, au travail.
12:54Il a aussi une certaine ambition.
12:55Et donc, à l'usine autocoussin qu'il emploie, il va monter en grade.
13:00Et en 1981, il est contre-maître à la tête d'une équipe de 21 personnes.
13:06Je crois profondément que la réussite de Jean-Marie,
13:10l'évolution à la fois professionnelle et personnelle de Jean-Marie,
13:15ont hanté, en quelque sorte, le corbeau,
13:18qui est viscéralement jaloux.
13:22Et je crois que ça a été un des éléments du mécanisme.
13:31Allô ? Allô ?
13:33Au départ, c'était lassant.
13:36Ensuite, c'était stressant.
13:39Allô ? Allô ? Oui ?
13:41Ensuite, c'était oppressant.
13:43Je veux dire, il y a eu effectivement une gradation,
13:57mais il voulait savoir parce que ça devenait menaçant.
13:59Il y avait des menaces.
14:02Le danger devient concret un soir de novembre 1981.
14:05Christine Villemin est seule dans sa maison.
14:10Jean-Marie travaille à l'usine.
14:12Et Grégory dort chez sa grand-mère.
14:15Christine est seule chez elle et elle reçoit un appel.
14:19C'est la première fois qu'elle entend ce qu'elle envisage comme la voix d'un homme.
14:25Une voix rauque et qui se met à l'insulter.
14:35Et non seulement le corbeau l'insulte,
14:37mais il fait référence à son homme, son vieux,
14:40comme dit la voix.
14:41Et cette voix paraît très bien renseignée,
14:44puisque Christine dit « je vais aller chercher mon mari »,
14:47histoire de lui faire peur.
14:49Et la voix dit « t'auras du mal, il est au travail ».
14:51La soirée se passe.
14:56Et puis, tout à coup, alors qu'elle prend sa douche,
15:00elle entend des bruits qui viennent de l'extérieur.
15:03Comme si quelqu'un tambourinait à la porte d'entrée.
15:08Peu de temps après, la vitre a volé en éclats.
15:15Après plusieurs coups sourds donnés contre celle-ci,
15:18j'ai couru vers la porte.
15:19J'ai uniquement eu le temps de voir un bras disparaître.
15:32Donc là, évidemment, on change de dimension,
15:34puisqu'on n'est plus seulement dans une possible mauvaise blague téléphonique,
15:37on est dans une menace physique.
15:40Il y a eu la vitre de la porte d'entrée qui a été brisée.
15:42De votre maison ?
15:43Voilà.
15:44Bien sûr, le jour-là, ça a fait peur et tout,
15:45mais on n'avait pas fait vraiment le rapprochement.
15:47Et c'est seulement après, quand il s'en est vanté,
15:50quelques mois après, qu'on a fait le rapprochement
15:52et là, qu'on a vraiment commencé à se poser des questions et à avoir peur.
15:56Pour se protéger du corbeau et éviter une nouvelle intrusion,
16:02la famille Villemin s'organise.
16:04Elle cherche à le démasquer.
16:07Dans un premier temps, ils n'en parlent pas à la gendarmerie.
16:09Ça se règle en famille.
16:10Ils essayent de trouver tout seul qui sait.
16:13Au domicile d'Albert et Monique,
16:17eh bien, on essaie aussi d'installer un rétroviseur à la fenêtre
16:21parce qu'on craint que le corbeau ne fasse également une irruption physique
16:27à leur domicile.
16:28Et en fait, le corbeau, très peu de temps après,
16:31passe un appel en disant,
16:33« Ah, il peut toujours installer un rétroviseur, là, le vieil Albert.
16:36C'est pas ça qui m'empêchera de continuer. »
16:40Loin d'être déstabilisé,
16:44le corbeau semble gagner en assurance.
16:46Il nargue même ses interlocuteurs.
16:56Après les préliminaires habituels,
16:58mon interlocuteur m'a déclaré,
17:00« On a été copains.
17:01On a même fait des javas ensemble.
17:03Je te connais très très bien. »
17:05J'ai répondu, « Ce n'est pas possible. »
17:08Il a rétorqué, « Oh, si. »
17:10Pour prouver ses dires,
17:11il m'a décrit le papier peint de la salle à manger.
17:14Le corbeau, il est pervers.
17:16Évidemment, il est méchant.
17:18Il profère des menaces sans arrêt.
17:20Mais aussi, il distille des éléments.
17:22Il dit, « On a fait la java ensemble. »
17:26« Tiens, j'ai le même buffet que toi. »
17:29« Ah, ben ouais, mais alors, il y a le même buffet chez Jackie,
17:33chez Marcel Jacob, chez Michel, je crois. »
17:39« Ils distillent des choses comme ça. »
17:41« Pourquoi tu t'es en forme à tous les vôtres ? »
17:43« Tu devrais pas. »
17:47« Et puis nous, mettre ça sur le dos. »
17:48« Pourquoi on n'est pas mis ça ? »
17:50« Nous, on ne fait pas de mal aux hommes. »
17:51« On est librement. »
17:53« Pourquoi tu nous fais du mal comme ça ? »
17:55« Albert, il est au bord du suicide, effectivement. »
17:58« Il est en pleine dépression. »
17:59« Il prend un arrêt maladie. »
18:01« Et il va porter plainte à la gendarmerie de Corsieux. »
18:05« J'ai eu un de mes gendarmes qui m'a dit à Oumonzey,
18:10une personne reçoit des appels anonymes. »
18:15« Moi, je me suis dépassé à Oumonzey. »
18:19« J'ai été voir Albert Villemin et Monique Villemin. »
18:23« Puis je lui ai dit, qu'est-ce qui se passe ? »
18:25« Et je l'ai trouvé très déprimé. »
18:27« Ça ne le faisait pas rire du tout. »
18:30« C'est là qu'il a déclenché une enquête. »
18:33« Mais à l'époque, il n'y a pas les moyens d'aujourd'hui. »
18:36« Il conseille en tout cas à Monique et Albert Villemin
18:38et à tous ceux de la famille qui reçoivent des appels
18:41de noter l'heure de l'appel, la teneur de l'appel. »
18:46« Donc Monique Villemin va tenir un grand cahier où elle marque tout ça. »
18:49« Et il leur conseille aussi d'enregistrer les appels quand ils peuvent
18:53pour donner la cassette aux gendarmes. »
18:55« C'est moi qui lui ai conseillé d'enregistrer. »
18:58« Il ne trouvait pas des atonations, des accents. »
19:03« Même les parents Christine et Jean-Marie Villemin vont chercher à savoir
19:06qui sont ces corbeaux et vont eux-mêmes lancer des pièges
19:10à certains interlocuteurs dont ils pensent qu'ils sont les corbeaux. »
19:15« Sur cet enregistrement, Jean-Marie Villemin fait parler le corbeau
19:22et espère un faux pas. »
19:24« C'est la peur de la vérité. »
19:28« Oui. »
19:29« Mais je sais, mais la peur de la vérité. »
19:32« Ah bon ? Ben dis-moi, qui c'est le bata ? »
19:35« Ça peut être intéressant de voir. »
19:37« Non. Je peux te dire qu'on ne peut pas être tout le monde à côté. »
19:43« Il est aussi tout le temps. »
19:45« Alors qui c'est, c'est moi ? »
19:47« Mais le corbeau ne se trahit pas. »
20:10« Pour l'instant, la famille doit se contenter des quelques indices qu'il laisse. »
20:16Le corbeau semble vivre à Aumonzé et agirait avec une femme.
20:21Il connaît très bien les secrets de famille.
20:24Il est assez proche pour connaître l'intérieur de leur maison.
20:28En novembre 1982, les menaces s'intensifient.
20:34« Il y a d'abord une lettre qui est glissée derrière le volet des Villemains.
20:38C'est la première.
20:39Qui dit « Je vous ferai la peau, les Villemains. »
20:43Avec des fautes d'orthographe à ferrer et avec une faute d'orthographe aux Villemains.
20:47Donc là aussi, indice, c'est une personne extérieure à la famille Villemains
20:51qui ne sait pas écrire correctement le nom Villemains.
20:54Ou alors, c'est quelqu'un qui a fait semblant de ne pas savoir écrire le mot Villemains
20:58pour laisser penser qu'elle était très très étrangère à la famille Villemains.
21:01On sent cette gradation et même dans les mots, dans les lettres, dans les écrits, on sent une gradation.
21:06Le corbeau semble avoir envie d'aller au contact régulièrement.
21:29Un jour, il a même failli être vu.
21:31Ce soir-là, la mère de Christine garde le petit Grégory.
21:38Comme on peut ouvrir une petite vitre dans la porte, j'ai ouvert celle-ci et j'ai aperçu un homme assez fort,
21:44paraissant assez vieux, je veux dire 50 ans passés, et qui me paraissait un peu courbé.
21:49Il a rejoint une voiture qui m'a semblé de forme assez carrée, comme une Renault 4L.
21:53Un an et demi après le début du harcèlement, l'identité du corbeau est toujours un mystère.
22:02La famille Villemains se sent de plus en plus menacée.
22:06Alors le 13 décembre 82, il y a une nouvelle intrusion physique, finalement un an après la première,
22:11au domicile de Christine et Jean-Marie Villemains.
22:13Malheureusement, Christine est seule, enfin quasiment seule, puisque son fils Grégory dort à ce moment-là.
22:19On est encore le soir, Jean-Marie est encore au travail, et elle entend du bruit, des bruits de pas sur le gravier.
22:28Elle a eu le réflexe d'appeler ses beaux-parents.
22:33Ses beaux-parents sont en chemin, ça prend un peu de temps.
22:36Et quand les grands-parents arrivent enfin, elle sort, et là, ils entendent un bruit,
22:42comme quelque chose de l'ordre du sifflement.
22:44Et ils regardent la voiture des Villemains, et en fait, quelqu'un a crevé un des pneus de la voiture.
22:53Mon mari est rentré dans la maison.
22:55Il a pris la carabine et a fait le tour de la maison.
22:59Le surlendemain, vers 13h30, nous avons reçu un appel nous disant
23:03« Il est un peu con, ton vieux. Je l'ai vu tourner autour de la maison avec la carabine. J'étais derrière le lampadaire. »
23:10Le corbeau multiplie les intrusions physiques.
23:13Quinze jours plus tôt, Jackie, le frère de Jean-Marie, a eu ses pneus crevés, lui aussi.
23:19Il décide de porter plainte pour violence téléphonique et pour dégradation sur sa voiture.
23:27Les gendarmes vont mener l'enquête pour essayer de retracer l'appel des corbeaux.
23:33Eh bien, on dit « Quand vous recevez l'appel d'un corbeau, ne raccrochez pas. Ne raccrochez pas. Laissez le téléphone décrocher et on pourra remonter jusqu'à lui. »
23:44Sauf que le problème, c'est que Monique, qui est une vraie pipelette, se répand tout autour d'elle en disant « Les gendarmes vont mettre en place ceci, cela. »
23:52Et du coup, le corbeau va cesser d'appeler au domicile.
23:56Et à ce moment-là, soit il appelle sur les lieux professionnels, soit il envoie des lettres.
24:03Il va appeler Jean-Marie Villemin, qui s'est mis sur liste rouge un dimanche d'avril 1983 à son travail.
24:11« Donc il faut déjà savoir que Jean-Marie Villemin travaille ce dimanche-là. Il faut connaître le numéro de l'usine. C'est beaucoup d'éléments quand même. »
24:21Et là, Jean-Marie Villemin, il a passé 30 minutes avec le corbeau au téléphone.
24:26« On a l'impression que le corbeau, tournant un peu en rond dans son jeu malsain, passe un cap. »
24:34« Et donc il menace de s'en prendre à Christine Villemin. »
24:38Jean-Marie Villemin, au bout du fil, joue les indifférents pour le provoquer un peu.
24:43Il dit quelque chose du genre « j'en trouverai une autre. »
24:46Le corbeau monte en gamme et lui dit « Ah non, en fait, je vais m'en prendre à ton gamin. Ça vous fera plus de mal. »
24:57« Et tu vas voir, t'as intérêt à le surveiller parce que moi je le regarde, je le surveille avec mes jumelles. »
25:03Et là, en fait, Jean-Marie Villemin pète les plombs.
25:06Et là, il lui dit « Mais si tu touches un cheveu de mon mioche, mais t'es un homme mort. »
25:13Le corbeau, ce soir-là, a compris ce qui ferait le plus de mal au chef, c'est de s'en prendre à Grégory.
25:22Le corbeau va encore se manifester avec une lettre adressée à Albert et Monique.
25:52Comme un dernier avertissement, il leur demande de ne plus fréquenter le chef, Jean-Marie Villemin, devenu son obsession.
26:05« Si vous ne le faites pas, j'exécuterai mes menaces que j'ai fait au chef pour lui et sa petite famille. »
26:11« Jackie et sa petite famille a été assez mis de côté. Autour du chef d'être considéré comme un bâtard, il se consolera avec son argent. À vous de choisir, la vie ou la mort. »
26:24Des menaces que le corbeau réitère presque un an plus tard, lors d'un appel à Liliane Villemin, la belle-sœur de Jean-Marie.
26:33Après cet appel, la voix se tait jusqu'à l'après-midi du 16 octobre 1984.
27:01« Un petit garçon de 4 ans et demi a été retrouvé noyé, pieds et poings liés. »
27:06« La famille du petit garçon, ces dernières semaines, avait reçu de nombreux coups de fil anonymes. »
27:12Le meurtrier a téléphoné à la famille après avoir accompli son geste horrible.
27:18« Il m'a dit textuellement, je te téléphone car cela ne répond pas à côté. Je me suis vengé du chef et j'ai kidnappé son fils. Je l'ai étranglé et je l'ai jeté à la Vologne.
27:28Sa mère est en train de le rechercher, mais elle ne le retrouvera pas. Ma vengeance est faite. »
27:34Ensuite, il a raccroché.
27:35« Tout bascule. Ce corbeau, qui était silencieux, il semble avoir mis sa menace à exécution en enlevant et en trouant l'enfant. »
27:55Le corbeau avait tout prévu. 15 minutes après l'heure supposée de l'enlèvement de l'enfant, il envoie une lettre de revendication par la Poste aux parents de Grégory, juste avant la levée de 17h15.
28:09« J'espère que tu mourras de chagrin, le chef. Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance, pauvre con. »
28:17« Ce qui est fascinant dans le personnage du corbeau, c'est effectivement non seulement la dissimulation, c'est quelqu'un qui est dans l'entourage de ses cibles, qui passe inaperçu.
28:27Il y a le côté cluedo presque, c'est-à-dire qu'on est sur un cercle géographique restreint, on est avec un nombre de suspects qui se comptent quand même sur les doigts d'une main, peut-être de deux mains, tout au plus.
28:40Et le suspect est là et on n'arrive pas à savoir avec certitude qui c'est. »
28:47Un premier portrait robot se dessine, celui de Bernard Laroche, le cousin de Jean-Marie Villemin.
28:56C'est lui que la justice a d'abord accusé d'avoir kidnappé et tué Grégory.
29:02« Pendant plus de trois heures, il sera interrogé à la gendarmerie d'Épinal assiégée par les journalistes. »
29:07Lui qui a été désigné en 1984 par deux expertes en graphologie comme étant l'auteur de deux des lettres anonymes.
29:14« Je m'en soupçonnais parce que j'avais une écriture qui ressemblait à celle du corbeau. De toute façon, je m'applique, c'était pas moi, j'ai commencé à se traquer. »
29:26Mais le 29 mars 1985, Jean-Marie Villemin tue son cousin avec sa carabine, fou de rage que le juge l'ait remis en liberté.
29:36Impossible désormais de savoir s'il était le corbeau et le meurtrier.
29:41Jean-Marie Villemin sera condamné à cinq années de prison, dont un an avec sursis pour ce meurtre.
29:46« Pour venir sur mon geste, bien sûr que je regrette. Je regrette déjà pour la mort d'un homme. Parce que ça, je le vis sur la conscience pour toute ma vie. »
30:02Pendant 33 ans, l'affaire semble être en sommeil.
30:07Mais en 2017, le dossier connaît un rebondissement spectaculaire.
30:14Les gendarmes font travailler le logiciel Anacrim.
30:17Qui reprend toute la procédure, tous les témoignages, tous les emplois du temps et permet d'ébaucher un nouveau scénario.
30:30« C'est un travail absolument remarquable et qui établit que le crime a été commis collectivement et non pas par une personne seule.
30:41Donc vous avez un ou des corbeaux. Vous avez Bernard Laroche qui a été accusé d'avoir enlevé l'enfant.
30:51Les morts, ils n'auront jamais été condamnés, mais l'hypothèse est très sérieuse. »
30:57Déjà à l'époque, Jean-Marie Villemin partageait cette conviction.
31:00« De toute façon, il y a une complice. Il y a une complice où il y a une femme qui sait qui sait.
31:06Puisqu'il y a une femme qui dérangeait tout le monde, les points funnels, tout ça, c'était toujours une femme qui téléphonait.
31:10Donc à ce moment, il y a une femme qui est en liberté qui sait qui sait.
31:13De toute façon, elle ne pourra pas vivre éternellement comme ça, gardant un secret aussi monstrueux.
31:18Ce n'est pas normal. »
31:20Le meurtre de Grégory aurait été le fait de plusieurs personnes.
31:25Selon cette nouvelle hypothèse, Bernard Laroche, en compagnie de sa belle-sœur, Muriel Boll,
31:31aurait enlevé, mais pas forcément tué l'enfant.
31:34En 2017, le logiciel Anacrime avance même deux noms de complices, Jacqueline et Marcel Jacob.
31:41« Les analystes répertorient plusieurs incidents qui ont été décrits dans la procédure
31:48et qui démontreraient que Jacqueline et Marcel Jacob ont eu une haine particulière, très vive, envers Albert Villemin.
31:56Et aussi, envers Jean-Marie Villemin, à partir du moment où il est monté en grade et il est devenu contre-maître. »
32:05« Au mois de décembre 1982, il se passe une altercation.
32:10Les Villemains repartent à deux voitures d'un repas de famille.
32:14Et sur le chemin, Gilbert, l'un des frères Villemin, fait un dépassement plus ou moins scabreux d'une voiture.
32:22La voiture le rattrape. Il se trouve que dans la voiture, c'est Marcel Jacob et sa femme Jacqueline.
32:27Donc, il y a une altercation.
32:30Jean-Marie Villemin, qui a été en avance dans le chemin, se rend compte que la voiture ne le suit plus,
32:34il repart en arrière, il tourne sur l'altercation, il intervient et finalement, ça s'envenime.
32:39Marcel Jacob le prend aussi pour cible en lui disant « t'es qu'un rampant, t'as même pas de poils sur la poitrine. »
32:45Il fait référence à sa réussite, au fait qu'il soit devenu contre-maître.
32:50Et Jean-Marie Villemin se dit « mais dis donc, ce ne serait pas toi le corbeau. »
32:57Dans cette altercation, Jacqueline Jacob, elle pousse, elle bouscule Christine,
33:08elle lui dit « tire ton cul, salope ».
33:09Donc, il y a aussi le mot « salope » qui est un mot quand même envoyé par le corbeau.
33:13Est-ce que tu veux la fin de la tête, quoi, tu veux la faire ?
33:16Tu veux la fin de la tête, même temps ?
33:19Comme le corbeau traitait toutes les fins à peu près de « salope »,
33:24voilà, il y a des choses quand même qui troublent.
33:27Marcel Jacob est aussi très proche de Bernard Laroche, avec qui il a grandi.
33:44C'est un intime.
33:46Tout comme semble l'être le corbeau, qui connaît même le surnom de Bernard Laroche.
33:51Un jour, c'est Michel, qui est la cible du corbeau, qui reçoit un appel,
34:00et le corbeau lui dit « ta femme est couche avec Popov, tu fais cocu avec Popov ».
34:06Quand Bernard Laroche sera interrogé là-dessus, après, lors de l'enquête,
34:10il dit « moi, par exemple, à l'usine, Laroche, on m'appelait Caillou,
34:15on ne m'appelait pas Popov ».
34:16Et ça, c'était réservé à quelques intimes de la famille.
34:22Un autre élément est retenu par le logiciel.
34:25La proximité physique des Jacob.
34:29Leur maison surplombe celle des parents de Jean-Marie,
34:32un poste d'observation idéal.
34:34Leur fille, Valérie, a expliqué sur procès verbal que ses parents,
34:42quand elle était adolescente, utilisaient énormément leur père de jumelle.
34:46Que son père, Marcel Jacob, était toujours en train de regarder en bas,
34:49qu'à l'époque, les arbres étaient bien moins hauts qu'aujourd'hui,
34:53et qu'ils voyaient en contrebas, notamment, la maison d'Albert et Monique Villemin.
34:57Donc, c'est une indication.
34:58Et grâce à leur cercle d'amis, Jacqueline Jacob et Marcel Jacob
35:03pouvaient encore se rapprocher un peu plus des Villemin.
35:07On sait qu'il y avait quelqu'un qui s'appelait Roger Godel
35:10qui avait des relations intimes avec le couple Jacob.
35:13Voilà, il se livrait à l'échangisme.
35:15Que ce Roger Godel résidait tout près des grands-parents de Grégory et de Michel Villemin.
35:21Et qu'il avait effectivement une vue directe sur la maison des grands-parents de Grégory.
35:25Donc, les Jacob, effectivement, auraient pu avoir des renseignements
35:29sur ce qui se passait chez les grands-parents de Grégory
35:31parce qu'ils étaient au domicile de Roger Godel.
35:34Tous ces éléments mis bout à bout par le logiciel Anacrim
35:38accusent donc le couple Jacob.
35:4033 ans après la mort de Grégory,
35:43le dénouement de l'affaire semble proche.
35:45L'affaire Grégory relancée 33 ans après les fêtes.
35:53Alors que la grand-tante et le grand-oncle de l'enfant
35:55restent ce soir en garde à vue.
35:58Le couple est mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort.
36:03Plusieurs personnes sont impliquées dans ce crime,
36:05a dit tout à l'heure le procureur de Dijon.
36:07Mais le 16 mai 2018, coup de théâtre,
36:12les poursuites sont abandonnées.
36:16Marcel Jacob peut retrouver sa femme Jacqueline dans leur maison.
36:20Ils sont à nouveau libres
36:21car la cour d'appel de Nancy a relevé un vice de forme.
36:24Pourtant, 5 ans plus tard,
36:36le nom de Jacqueline Jacob revient au cœur de l'affaire.
36:39C'est donc Jacqueline Jacob, la grand-tante du petit Grégory,
36:43qui était convoquée pour être mise en examen.
36:46Cette fois, pour association de malfaiteurs.
36:49Le juge Dominique Brault considère qu'elle est l'un des corbeaux
36:53qui a harcelé, qui a menacé la famille du petit Grégory
36:56avant la mort le 16 octobre 1984,
36:59si ce n'est le principal corbeau.
37:02Outre les anciennes conclusions du logiciel Anacrim,
37:05ce juge s'intéresse à de nouveaux éléments,
37:09notamment le témoignage en 2021 de René Jacob,
37:13le beau-frère de Jacqueline.
37:15René Jacob, qui interviewé par un journaliste,
37:20eh bien, le journaliste lui fait écouter la voix du corbeau enregistrée,
37:26il s'exclame, c'est Jacqueline,
37:28avec une spontanéité qui est absolument remarquable et convaincante.
37:34Devant les gendarmes, il confirme.
37:37Oui, j'ai pensé avoir reconnu la voix de Jacqueline Jacob,
37:41la femme de mon frère Marcel.
37:43C'est son rire que j'ai reconnu surtout.
37:47Le juge établit également un tableau de concordance,
37:51comparant les périodes d'inactivité de Jacqueline Jacob,
37:54comme ses arrêts maladie,
37:55avec les appels du corbeau.
37:58Ce qui est intéressant de savoir,
38:00c'est à partir des appels, des horaires des appels,
38:04qui a pu les passer.
38:09Donc, rechercher parmi les emplois du temps,
38:13parmi les possibilités,
38:16il existe effectivement, dans le dossier,
38:18ça a été dit, un tableau de concordance.
38:22Des données réfutées par l'un des avocats de Jacqueline Jacob.
38:26Je l'ai un peu regardé, ce tableau de concordance.
38:28Alors, il est fait au doigt mouillé,
38:29par le juge lui-même.
38:31Alors, il y a quelques points qui sont extraordinaires,
38:34je vous en donne quatre.
38:35Avril 82, aucune absence de Madame Jacob au travail.
38:39Aucune.
38:4050 appels du corbeau.
38:41C'est là où il y a le plus d'appels.
38:42C'est quand elle n'est jamais absente.
38:44Janvier 83, aucune absence de Madame Jacob.
38:4730 appels.
38:48Mars 83, elle est absente.
38:50Les premières et deuxièmes semaines de ce mois,
38:52c'est les troisième et quatrième semaines
38:54que le corbeau appelle le plus.
38:55Et il faut quand même voir,
38:57c'est que la plupart des appels qui sont recensés
38:59dans ce tableau de concordance
39:01correspondent à une voix d'homme.
39:04On avait posé la question, Madame Jacob,
39:05avez-vous été un homme quand vous étiez plus jeune ?
39:07Elle nous a évidemment répondu que non.
39:08Ce n'est pas sérieux du tout.
39:10Ça n'est clairement pas sérieux.
39:11On sait pertinemment que dans cette affaire,
39:13il y a plusieurs corbeaux.
39:15Donc même s'il y a une note de concordance,
39:18ce n'est pas un élément qui peut être déterminant.
39:20Le couple Jacob, lui,
39:22a toujours affirmé avoir un alibi
39:24le jour de la mort de Grégory.
39:25On travaillait de l'après-midi.
39:27On travaillait de l'après-midi.
39:27À 13h à 21h.
39:28Oui.
39:29Tous les deux.
39:30Oui.
39:30On était de la même équipe.
39:31On travaillait de la même équipe.
39:33Lors de l'enquête initiale,
39:34il y a une cote qui est très importante.
39:37C'est un PV dans lequel les gendarmes
39:40ont vérifié les emplois du temps
39:42d'une cinquantaine de personnes.
39:44Ils ont appelé l'employeur de Marcel Jacob.
39:46Ce dernier leur a dit que Marcel Jacob
39:48avait bien travaillé le jour-là,
39:50était bien présent à l'usine le jour-là.
39:52Mais pour Jacqueline Jacob,
39:53il n'y a absolument rien.
39:54Il n'y a aucun PV qui vient certifier
39:57qu'elle avait un alibi pour ce jour-là.
39:59Une absence qui s'explique
40:01selon la défense de Jacqueline Jacob.
40:03À l'époque, en 84,
40:04il n'y avait pas forcément un PV
40:06construit et nourri pour dire
40:08que oui, on a bien vérifié
40:10qu'ils étaient à l'usine
40:11et qu'ils ont bien participé
40:12à la réunion syndicale, etc.
40:13Mais pour autant, c'est coché.
40:16Alibi de Marcel Jacob
40:18et partant de sa femme,
40:19parce qu'on le voit,
40:20ce ne sont que les hommes
40:21qui sont vérifiés
40:22parce qu'ils sont en couple,
40:24et bien partant,
40:25nous avons l'alibi qui est vérifié.
40:28Deux, trois jours
40:28après la mort du petit Grégory,
40:30il y a eu quatre gendarmes chez nous.
40:32Deux gendarmes
40:32qui ont fait une perquisition
40:33et deux autres gendarmes
40:35ont été voir à l'alibi
40:36et à l'entreprise.
40:38Ils sont venus,
40:38ils nous ont rien dit.
40:40Alors partant,
40:41ils ont dit
40:41tiens, vous avez travaillé où hier ?
40:43Vous étiez où ?
40:4413h, 21h, entreprise,
40:46et puis j'ai eu une réunion syndicale.
40:47À les heures ?
40:4714h30, 17h environ.
40:49Voilà.
40:50Ils sont partis,
40:50ils m'ont rien dit.
40:52On rentre à l'époque
40:53et on sort un peu de cette usine
40:55comme dans un moulin.
40:58Il n'y a pas de cahier de registre
41:00avec les entrées et les sorties.
41:01Marcel et Jacqueline Jacob,
41:04rien n'établit
41:05qu'après la réunion syndicale,
41:07ils ne se soient pas barrés.
41:09On ne le sait pas.
41:13D'autres expertises
41:14accusent aussi la grandante.
41:18La graphologie.
41:21Mais aussi une nouvelle technique
41:22qui n'analyse plus l'orthographe,
41:24mais la syntaxe,
41:26le style.
41:27Cela s'appelle la stylométrie.
41:28S'il y a eu une expertise
41:31en stylométrie
41:32qui vient dire
41:33que Jacqueline Jacob
41:34aurait écrit
41:35les quatre principales lettres
41:38du dossier,
41:39mais également
41:39la lettre de revendication
41:40postée le 16 octobre 1984.
41:44Et cette expert suisse
41:44vient également dire
41:45que Jacqueline Jacob
41:47aurait été l'auteur
41:48du coup de fil de revendication
41:50passé le 16 octobre
41:52à 17h32
41:53à Michel Villem.
41:55Jacqueline Jacob
41:56a toujours clamé son innocence.
41:59Jamais.
42:00Jamais écrit au courrier.
42:01Rien.
42:05Nous faire accuser,
42:06c'est la pire des choses
42:08qu'ils ont faites.
42:10Ah là là.
42:11Ils se sont trompés
42:12de raser.
42:13Surtout Karine.
42:14Il y aura-t-il un jour
42:19un procès ?
42:22Ces nouvelles techniques
42:23permettront-elles
42:24de lever les doutes
42:25sur l'identité
42:26du meurtrier ?
42:28L'espoir est mince,
42:33mais c'est ce qui fait tenir
42:35les parents du petit Grégory
42:37depuis 41 ans.
42:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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