00:00C'est sans mot dire, et derrière le masque facial imperturbable d'un homme qui en a vu
00:12passer des choses, sous son couvert capillaire clairsemé mêlis, qui lui donne cette apparence
00:18de vieux moine ermite que sans doute plus que personne autour de lui, Laurent Esso,
00:23ministre cabronné en charge de la justice, tend toute l'attention de ses oreilles, jour
00:27et nuit, en direction des délibérations qui se trament depuis quelques mois, dont
00:31le silence des prétoires américains et anglais se pourrait finalement conduire à l'indexation
00:36formelle de Ferdinand Gengor, secrétaire général de la présidence, parmi les récipiendaires
00:41mafieux de ses pots de vin, et conduire de ce fait Paul Biya, aux confins de son épuisement
00:46à devoir éliminer ses tapres combattants du champ politique et surtout, de la féroce
00:51compétition pour l'accès au trône, malgré les champs de louanges dans lesquels ce dernier
00:56s'est investi ces derniers temps, avec une rage exaltée.
01:26Une cérémonie à laquelle Laurent Esso ne s'est pas présenté ce jour-là, sans
01:48doute dégoûté à l'idée de devoir prendre place au plus près de son ennemi et faire
01:52un si affichage sur un projet d'accession à la magistrature suprême présumément
01:56nourrie par son adversaire auquel, grand admirateur de Paul Biya qu'il dit être, il entend si
02:01ce n'est catégoriquement s'opposer à tout le moins, fortement perturbé.
02:05Lui qui aime tant à rappeler qu'en dernier ressort c'est Paul Biya seul qui dira les
02:10normes et les procédures de sa succession, en d'autres termes, lui-même, Laurent Esso,
02:15dont le secret est donc la manœuvre.
02:17Son Excellence Paul Biya est seul garant de l'indépendance du pouvoir judiciaire, il
02:25convient de ne pas perdre de vue que cette attribution ne se délègue pas. Et surtout,
02:34gardons toujours présent à l'esprit que l'indépendance du pouvoir judiciaire ne conduit nullement
02:41à l'indépendance de qui que ce soit vis-à-vis de la loi.
02:45A tout déduire du propos du ministre en charge de la justice, Fardinand Ngongo est tout simplement
02:51cerné, coincé à gauche par une décision de Paul Biya qui ne contrôle que partiellement,
02:56bloqué à droite par un ministre de la justice pas vraiment disposé à l'idée de le laisser
03:00s'échapper notamment sur cette affaire Glencore, condamné à cheminer entre les
03:04ronces et les lianes de cette forêt dangereuse, remplie d'autant de serpents que de scorpions.
Commentaires