00:00Je dis les choses parce que moi j'aime bien les annonces, mais c'est bien de les remettre en perspective.
00:04Aujourd'hui c'est quoi la situation ? La situation c'est qu'en fait ce que notre ministre annonce, à savoir nettoyer,
00:12correspond à près de 80 000 saisies de téléphones en détention.
00:18Donc c'est phénomène là, c'est-à-dire que tout le monde a un téléphone.
00:20Mais tout le monde a un téléphone, c'est pas que pour les narcotrafiques, vous êtes dans une procédure.
00:25Vous allez, j'ai eu encore cet écho très récemment, vous êtes dans une procédure, vous allez passer à l'audience,
00:33vous menacez la victime parce qu'elle a déposé plainte contre elle de représailles, etc.
00:38Donc en fait ça met en danger pas que les narcotrafiques, ça met en danger tout le monde, les victimes, les procédures, etc.
00:44Donc c'est un fléau sur lequel, je pense, on a baissé les bras.
00:50Ce qui est bien, c'est que Gérald Darmanin, notre ministre, dit on ne va pas baisser les bras.
00:55Maintenant, la question, c'est quelles sont les bonnes solutions, une fois qu'on a dit ça ?
00:58C'est-à-dire qu'est-ce qu'on a les bonnes solutions ?
01:00Par exemple, les brouilleurs ne servent à rien, il faut le dire, ça ne sert à rien les brouilleurs.
01:04Aujourd'hui, les téléphones portables fonctionnent sans les brouilleurs.
01:08Ce qui fonctionne, c'est ce qu'on n'a pas choisi, ce sont les détecteurs.
01:12Donc les détecteurs, c'est ce qui permet de faire justement ce qu'on pourrait appeler des fouilles placenets,
01:17c'est-à-dire arriver, saisir les téléphones.
01:20Faut-il encore que l'on fasse ça ?
01:23Qu'il y ait des sanctions ?
01:25Par exemple, la pénitentiaire demande des sanctions avec des amendes administratives.
01:30Donc il faut faire des sanctions, parce qu'en fait, aujourd'hui, il y en a tellement que ce n'est même plus sanctionné.
01:34Donc en fait, on s'en fait prendre un, mais on s'en fait recommander un immédiatement.
01:38Donc vous voyez, c'est un peu...
01:39Donc en fait, il faut repenser toute la sécurité en détention.
01:43Quant à la question de l'isolement, c'est aussi une fausse solution, en vrai.
01:49Parce que l'isolement, il faut savoir que quand même, depuis les années 2000,
01:54toute l'application des peines est devenue juridictionalisée.
01:58Ça veut dire quoi ?
01:59Ça veut dire que tout est susceptible d'appels et de recours en permanence.
02:03Donc si vous mettez, par exemple, à l'isolement, d'abord, c'est un temps très limité.
02:09C'est en fait un encellulement individuel.
02:11En vrai, c'est ce qui avait été voté en 1875, je rappelle, la Troisième République, pour ceux qui aiment l'histoire.
02:18Donc c'est quand même très loin.
02:19On n'est pas au niveau.
02:20C'est-à-dire qu'en fait, on n'a pas assez de places de prison et l'isolement, en fait, ne permettra pas de toute façon de régler le problème.
02:28Puisqu'en fait, tout le temps, on peut faire recours de cet isolement.
02:32On peut faire appel devant un juge d'instruction.
02:35On peut faire appel devant la Chambre d'instruction.
02:37On peut faire appel devant le tribunal administratif, etc.
02:41Regardez, pour ceux que ça intéresse, tous les recours qu'a fait Abdel Salem, vous vous souvenez, sur V13.
02:47C'est monter jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme pour être mis à l'isolement.
02:52Donc, en fait, la vraie, à mon avis, la vraie solution, ce n'est pas ces demi-solutions qui peuvent avoir un intérêt dans un temps très, très court.
03:02C'est de faire ce que font depuis très longtemps les Italiens ou les Espagnols et d'autres, c'est-à-dire construire des établissements de haute sécurité
03:10dédiés aux profils, à ces profils.
03:14Parce que sinon, on va rentrer dans une technique de recours de droit, etc.
03:18Donc, il faut penser autrement la sécurité pour des gens dangereux, y compris les terroristes.
03:23On l'avait déjà dit aussi pour les terroristes, c'est-à-dire des quartiers de haute sécurité, des établissements de haute sécurité
03:29sur lesquels on ne puisse pas faire en permanence des recours qui ne permettent pas d'avoir une solution pérenne.
03:37Pourquoi les Italiens l'ont fait ? Ils l'ont fait parce qu'ils ont eu un magistrat qui a été assassiné, qui était le juge Falcone.
03:43Et quand le juge Falcone a été assassiné, ils ont eu une espèce de prise de conscience.
03:47Nous, on aurait pu avoir cette prise de conscience.
03:49Je rappelle qu'il n'y a pas longtemps, on a eu une affaire épouvantable que vous avez largement commenté sur ces plateaux,
03:55qui est l'affaire AMRA. L'affaire AMRA aurait dû être ce traumatisme.
04:01J'allais dire, il l'a été d'ailleurs pour la pénitentiaire.
04:04Ils sont encore traumatisés, mais aurait dû être ce traumatisme de dire attendez, là, on est au pays des bisounours.
04:09Là, ce n'est plus possible.
04:11Il faut arrêter avec ce logiciel qui est celui d'une forme de naïveté et de mettre des solutions qui sont des sparadraps sur des jambes de bois.
04:19Aujourd'hui, si on veut vraiment, et je pense qu'il en a la volonté, si on veut vraiment régler le problème, il va falloir aussi changer le système.
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