00:00On ne peut faire ce métier que si on l'aime, parce qu'on va y passer énormément de temps
00:04et on va rester énormément assis en train de réaliser des personnages.
00:08Emmanuel Fouque est centonnier à Aix-en-Provence.
00:11Il nous accueille dans son atelier et nous présente son métier au savoir-faire unique et ancestral.
00:17C'est mon grand-père qui crée cette pièce en 1952, qui l'a nommée le coup de Mistral.
00:22C'est une pièce qui représente un berger qui lutte contre le vent.
00:26Il a un mouvement qui est très caractéristique, on voit le vent dans la cape.
00:31Il m'a toujours dit que je n'avais jamais imaginé qu'elle ait une telle renommée.
00:35Dès qu'il l'a sorti, il aura son titre de meilleur ouvrier de France en 1968.
00:40Il a été salué par de nombreuses critiques, comme étant une pièce qui a donné vie au centon.
00:46Pour moi, c'est le plus beau centon, parce qu'il représente un mouvement
00:50que l'on n'a jamais retrouvé sur aucun autre centon.
00:53En 1952, c'était assez unique, puisqu'on faisait des centons qui étaient très figés.
01:02On va commencer. Il faut d'abord charger les moules.
01:06Là, on aura la tête. Et là, il y a le chapeau, puisque ce sont deux pièces qu'on va assembler.
01:11Donc là, tout se fait avec une argile qui est un peu comme de la pâte à modeler, c'est-à-dire qu'elle est très malléable.
01:18Les moules sont des moules en plâtre.
01:24C'est la finesse du plâtre qui permet justement de récupérer la précision du modelage.
01:30Et nous, ce que l'on cherche, c'est le réalisme le plus poussé.
01:34On cherche vraiment l'expression du visage, on cherche à ce que les traits soient très réels.
01:39Là, on voit que la pièce se décolle tout doucement du moule.
01:43Là, il va y avoir tout un travail d'assemblage et de rectification qui va durer à peu près cinq heures sur une pièce comme ça.
01:51Et avec un petit outil tranchant comme ceci, je vais pouvoir tailler dedans.
01:56C'est-à-dire qu'à ce moment-là, ce n'est plus du modelage, c'est vraiment de la sculpture.
02:00Après, il y a à peu près un mois et demi de séchage en cave.
02:04Si ce séchage est trop bon, on va pouvoir enlever la pièce.
02:08Après, il y a à peu près un mois et demi de séchage en cave.
02:11Si ce séchage est trop brutal, la pièce va fissurer.
02:15Ce sera très difficile de réparer une fissure une fois qu'elle est sèche.
02:20Une fois que la pièce a été séchée, on va la lisser avec un pinceau et de l'eau.
02:25On va l'enfourner pour la cuire à 1000 degrés.
02:28Donc, on va mettre à peu près 25 heures pour atteindre les 1000 degrés.
02:32On mettra également 25 heures pour redescendre à 20 degrés.
02:35Donc ça, c'est le four.
02:38On va poser toutes les pièces, une par une, à la main.
02:40Les pièces ont été empilées les unes sur les autres.
02:43Souvent, les gens s'inquiètent de savoir si elles ne vont pas se coller.
02:46En fait, comme on les a mises dans le four quand elles étaient sèches,
02:50il n'y aura pas de risque qu'elles se collent.
02:52C'est devenu de la brique.
02:54Toutes les pièces qui, aujourd'hui, vont dans ce four,
02:57elles passent soit dans mes mains, soit dans celles de mon cousin.
03:00On a un savoir-faire qui se fait entièrement à la main.
03:04Le personnage est modelé directement dans l'argile.
03:08La transmission de ce savoir-faire, il demande une formation.
03:12Il demande un encadrement.
03:13On ne lance pas la personne comme ça dans la créativité.
03:17On l'éduque pour qu'elle ait le style de la maison Fouque.
03:20Ça fait 90 ans que l'on exerce ce métier.
03:23La création a toujours été faite par un membre de la famille.
03:26Ça a commencé avec Jean-Baptiste Fouque, Paul Fouque, Mireille Fouque, ma mère.
03:31Aujourd'hui, c'est mon devoir.
03:33Je crée depuis une vingtaine d'années des personnages.
03:37Je suis à peu près à 200 modèles.
03:40Une fois les santons modélisés, ils sont peints dans l'atelier décoration.
03:44Ce dernier est géré par Catherine Fouque, l'épouse d'Emmanuel.
03:48On peint autant des santons, des petites figurines, ou bien des accessoires de crèche.
03:53J'étais en train de faire un petit bastidon provençal.
03:55On utilise de la clinique aujourd'hui, mais on a très longtemps peint à l'huile.
03:59On était les seuls santonniers à peindre à l'huile.
04:02Mais bon, il y a des temps de séchage qui sont assez longs.
04:04Ce qui est important chez nous, c'est aussi le fait qu'on mélange les couleurs.
04:08On ne peint pas à la sortie du tube.
04:10Évidemment, c'est plus long.
04:12Ça demande plus de dextérité.
04:14Mais c'est ce qui fait le charme de l'artisanat aussi.
04:16Les connaisseurs viennent et regardent les yeux, par exemple.
04:19Chaque santon a son authenticité, sa spécificité.
04:23Et je pense que c'est ce qui fait la différence et qui crée l'émotion.
04:28Il existe différentes tailles de santons.
04:30Il faut compter 15 euros minimum pour un santon artisanal de 6 centimètres.
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