00:00— Du côté de l'Assemblée nationale, on va écouter Marine Le Pen. Tiens, ça va être riche d'enseignement, j'imagine.
00:04— Bien. Il n'est intérêt pour personne que, depuis le discours de politique général du Premier ministre,
00:15qui s'était pourtant engagé à construire son budget en tenant compte des positions de l'ensemble
00:26et évidemment du premier d'entre lui à l'Assemblée nationale, eh bien le gouvernement n'a pas cru bon
00:36de cet engagement et cette promesse. Très récemment, il y a une semaine, le gouvernement s'est tourné
00:46pour la première fois vers l'Assemblée nationale pour répéter les lignes rouges qui étaient les siennes.
00:53Ces lignes rouges ne sont pas des lignes rouges que nous sortons d'un chapeau pour nous faire plaisir.
00:58Ce sont des décisions qui étaient incluses dans le projet de loi de finances de la société sociale
01:05qui étaient profondément injustes à l'égard des Français, qui faisaient payer les Français, en réalité,
01:12qui étaient les conséquences de l'incompétence d'Emmanuel Macron, qui ont été la conséquence de la politique d'Emmanuel Macron.
01:26— Quel dommage. Quel dommage qu'on ne puisse pas suivre cette image qui fige un petit peu, malheureusement.
01:33Vous savez, il y a une profusion de caméras aux abords de l'hémicycle et donc les réseaux sont un peu défaillants parfois.
01:41Et ça sent trop choc. On va essayer. On va refaire une tentative.
01:45— ...dont leurs dirigeants étaient responsables n'étaient pas admissibles.
01:49Et surtout qu'il y avait d'autres moyens de ne pas aggraver des déficits déjà considérables.
01:56Les autres moyens, c'était évidemment de s'attaquer aux dépenses structurelles de l'État, aux trains de vie de l'État.
02:05C'est ainsi que nous avons fait des propositions d'économie, des propositions de recettes sur la spéculation, sur les rentes,
02:15précisément sur les trains de vie de l'État pour pouvoir alléger le poids qui pesait sur les Français.
02:22Quel était ce poids ? L'aggravation pour la deuxième année consécutive de l'électricité,
02:28car il y aura tout de même une augmentation au 1er janvier datant de l'année dernière.
02:36C'était la désindexation des retraites, étant entendu que ce que M. Wauquiez a obtenu est dérisoire,
02:45puisque sur près de 4 milliards de recettes sur les retraités, il a obtenu 500 millions seulement.
02:56Donc c'était encore 3 milliards et demi ponctionnés sur les retraités par l'intermédiaire de la désindexation des retraites.
03:05C'était évidemment l'alourdissement des charges du travail sur les entreprises qui ont été abaissées,
03:16mais qui sont restées à hauteur d'un milliard et demi.
03:21Face à cela, nous avons fait des propositions au gouvernement avec droiture, avec loyauté.
03:30Nous n'avons rien caché de nos souhaits pour les Français.
03:36Le gouvernement n'a pas souhaité bouger au-delà du déremboursement des médicaments.
03:45A hauteur de 600 millions.
03:48Je rappelle tout de même que la désindexation des retraites, qui ramène au gouvernement 3 milliards 2,
04:03c'est 0,5% de l'ensemble du budget du PNFSS.
04:08Il ne me semblait pas que cette demande était insupportable.
04:16Et je pense même qu'il était insupportable de la refuser.
04:21Les choses étaient claires, M. Barnier n'a pas souhaité répondre à la demande des 11 millions d'électeurs du RN.
04:31Il a dit que chacun assumerait ses responsabilités, nous assumerons donc les nôtres.
04:36Donc vous censurez le gouvernement ?
04:38Vous censurez le gouvernement pour M. Barnier ou M. Barnier pour M. Barnier ?
04:43Il y a une autre question.
04:45Ça veut dire quoi assumer le gouvernement ?
04:48Ça veut dire que nous déposerons, au moment où je vous parle, une motion de censure.
04:54Donc nous déposerons une motion de censure et que nous voterons la censure du gouvernement.
04:59Mais le gouvernement est allé vers vous ?
05:03Le gouvernement a prévu 30 à 40 milliards d'euros de taxes et impôts supplémentaires.
05:09Nous avons été extrêmement raisonnables dans les demandes que nous lui avons transférées au nom des Français.
05:18Avec le mandat que nous a donné les Français, le mandat de protection, en quelque sorte, qu'ils nous ont accordé.
05:25Nous remplissons ce mandat.
05:27Les demandes que nous faisions étaient des demandes particulièrement raisonnables.
05:31Malgré cela, le gouvernement n'a accédé en réalité qu'à une seule des demandes que nous faisions.
05:40Je le rappelle, à hauteur de 600 millions d'euros.
05:44Ça peut paraître beaucoup évidemment pour ceux qui nous écoutent.
05:47Mais au regard du budget de la santé, c'est dérisoire.
05:53Est-ce que vous votez aussi la motion de la gauche ?
05:57Nous avons toujours dit que ce n'est pas la motion de la gauche.
06:01Les motions de censure déposées sont des motions de censure du gouvernement.
06:05Il s'agit donc de censurer le gouvernement.
06:08D'où que viennent ces motions de censure, s'il y en a une ou plusieurs, nous voterons ces motions de censure.
06:17Et en premier lieu, d'ailleurs, la nôtre.
06:19En votant une motion de censure, vous n'avez pas peur de créer un chaos ?
06:27D'être accusé d'un procès qui a mené au chaos ?
06:31Je demande aux Français de ne pas croire la communication gouvernementale
06:41qui a fait depuis 15 jours du catastrophisme pour essayer de sauver la Mise.
06:48La réalité, c'est que si le gouvernement est censuré,
06:52c'est par une loi spéciale le budget de l'année dernière qui s'appliquera.
06:5830 à 40 milliards d'impôts et de taxes en moins que le budget que prévoyait M. Barnier.
07:07Et puis, le président de la République nommera un nouveau Premier ministre
07:12qui nommera un nouveau gouvernement qui s'attèlera, avec l'opposition bien sûr,
07:18à construire un nouveau budget.
07:21Donc, il n'y a aucune raison, encore une fois, d'essayer de diriger le choix des Français par la peur.
07:29Les Français n'ont pas de raison d'avoir peur.
07:32Et s'ils ont peur, c'est parce que notre pays a 3 300 milliards d'euros de dettes,
07:39des déficits absolument historiques.
07:42Tous les déficits, d'ailleurs, ont atteint des records.
07:46Des faillites d'entreprises en cascade.
07:49Le chômage qui remonte. Et ceci n'a rien à voir avec la censure.
07:53Ceci est le fait d'une politique qui a été soutenue, d'ailleurs, par les LR depuis 7 ans.
08:01Je rappelle que jamais les LR n'ont accepté pendant 7 ans de voter la moindre motion de censure.
08:08Ils n'ont même pas, encore une fois, souhaité s'associer à notre demande de projet de finance rectificatif
08:14quand, avant les élections de juin, nous avions d'ores et déjà détecté qu'il y avait des dérapages budgétaires extrêmement graves.
08:23Alors aujourd'hui, M. Barnier vient nous dire, regardez, les deux assemblées se sont mis d'accord sur le PLFSS.
08:33C'est faux. Ce ne sont pas les deux assemblées qui se sont mis d'accord.
08:37C'est la commission mixte paritaire, c'est-à-dire les macronistes main dans la main avec les LR.
08:44Le problème, c'est que ça ne fait pas une majorité.
08:48Et si ça faisait une majorité, M. Barnier n'aurait pas été contraint de faire passer son PLFSS grâce au 49.3.
08:57Ça ne vous dérange pas de vous ranger du même côté ?
09:04On se range du côté de personne. Une motion de censure est une motion de censure.
09:10On censure le gouvernement. C'est tout ce que ça veut dire.
09:14À partir du moment où des groupes déposent des motions de censure, l'objectif est exactement le même.
09:20Il n'y a pas dans notre pays de mise en place d'une majorité ou d'un gouvernement interdictif.
09:26Nous souhaitons voter cette motion de censure. Nous déposons une motion de censure.
09:32Nous allons la voter parce que les Français en ont soupé.
09:35Ils en ont soupé d'être étriés. Ils en ont soupé d'être maltraités.
09:40Peut-être certains pensaient qu'avec M. Barnier, les choses changeraient.
09:44Eh bien, c'est encore pire que ça ne l'était.
09:47Nous ne pouvons pas laisser la situation en l'état.
09:50Nous allons nous servir de la force que nous donne le mandat de nos 11 millions d'hectares
09:56pour obtenir demain un budget qui les préserve,
10:00qui sauvegarde leur pouvoir d'achat, qui préserve nos entreprises
10:05et qui s'attaque aussi au train de vie de l'État.
10:09Est-ce que vous laissiez entendre qu'il vous a dit de vous contenter d'un pas en avant
10:13sur soit la désindexation des retraites, soit le déremboursement des médicaments ?
10:16Finalement, aujourd'hui, il a reculé sur le déremboursement des médicaments.
10:19Il vous a appelé et ce n'est pas suffisant.
10:21Ne faites pas comme Michel Barnier. N'essayez pas de penser à Macron.
10:24Ça évite de commettre beaucoup d'erreurs.
10:27Nous avons été extrêmement clairs.
10:29Nous avons dit suppression de l'augmentation des taxes sur l'électricité,
10:35suppression du déremboursement envisagé des médicaments,
10:41suppression de la désindexation des retraites
10:44et suppression de l'alourdissement du coût du travail.
10:49Nous avons fait un pas.
10:51Nous avons accepté les 1,5 milliard d'alourdissement du coût du travail.
10:57Donc nous avons fait un pas.
10:58Nous sommes allés au bout de ce que nous pouvions en matière de négociation.
11:03Mais quand j'entends le gouvernement dire que sur l'aide médicale d'État,
11:08qui est la gratuité des soins pour les clandestins,
11:11il envisage dans sa générosité de baisser l'AME de 200 millions,
11:18alors que l'AME est au moment où nous parlons entre 1,3 milliard et 1,6 milliard,
11:24je me dis que l'on se moque du monde.
11:26Surtout pendant le même temps, il envisageait de dérembourser des médicaments.
11:31Ça n'est pas admissible.
11:32Il faut et les Français aspirent à être traités de manière juste
11:37et à ce qu'ils soient tenus compte des difficultés financières qui sont les leurs,
11:41qui ne sont pas de leur fait, mais qui sont du fait des gouvernements successifs.
11:49Donc si M. Barnier voulait véritablement incarner une rupture,
11:55j'ai envie de vous dire que c'est raté.
11:57C'est la continuité dans le pire que représentaient son PLFSS et son PLF.
12:03...
12:18Une crise institutionnelle, voire une crise de régime,
12:21le Président de la République a trois possibilités.
12:24Le remaniement, de s'interroger sur l'utilité du moment
12:31où un gouvernement ne pourrait être que minoritaire.
12:35La dissolution, cette arme il l'a déjà utilisée
12:39et il ne peut pas l'utiliser avant juin prochain.
12:42Et sa propre démission.
12:44Ce sont les leviers que donne la Constitution,
12:48mais encore une fois, ceci relève de la décision et de la responsabilité du Président de la République.
12:55Merci.
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