00:00Écoutez, on va prendre les magasins les plus concernés,
00:02on va penser aux épiciers de nuit,
00:05mais il n'y a pas qu'eux, ce fond de raquette,
00:06qui sont victimes de ces voyous.
00:09Et même si on parle de Marseille,
00:10on a aussi malheureusement ce raquette
00:13qui s'exprime dans d'autres villes voisines de Marseille,
00:18d'autres départements voisins.
00:19Ce qui est à relever, c'est que le raquette a toujours existé.
00:24C'était beaucoup plus subtil par le passé,
00:26les parrains à Marseille notamment,
00:30envoyaient des lieutenants dans des restaurants,
00:33ils pouvaient se restaurer pendant plusieurs semaines,
00:36et puis après, sous fond de soi-disant protection,
00:38ils demandaient une somme pour pouvoir les protéger.
00:42Donc c'était, je dirais, un petit peu plus subtil.
00:44Là aujourd'hui, ce qui est à relever surtout,
00:46c'est la violence, on le voit à travers les images,
00:48la violence avec laquelle s'expriment ces voyous
00:50qui parfois prennent la carte de vie de la Design Mafia,
00:53et qui ne sont pas forcément de la Design Mafia,
00:55et parfois, ils n'en font partie.
00:57Et c'est ultra violent, on va à l'essentiel,
01:00on braque avec une arme,
01:02et puis on demande, bien sûr, une somme d'argent
01:05régulièrement extorquée dans ces petits commerces,
01:08ou des entreprises également,
01:09les entreprises peut-être victimes de raquettes.
01:12– Seuls les petits commerces sont visés ?
01:16– Non, pas seulement les petits commerces,
01:18c'est essentiellement les petits commerces,
01:19ça va très très vite,
01:21et ces petits commerces, on les retrouve souvent en soirée
01:23ou en nuit avec ces éditions ou ces restaurants de soir.
01:26Alors, ce n'est pas des grandes sommes,
01:29c'est ultra violent pour des sommes,
01:31il faut quand même pour le commerçant,
01:33il faut qu'il fasse bien sûr un effort financier
01:35pour pouvoir avoir la paix,
01:38et si malheureusement, il ne joue pas le jeu,
01:40eh bien son commerce peut brûler,
01:43et on voit bien que ça touche aussi,
01:45je vous dis bien, des entreprises,
01:46ça peut être, on a eu le cas d'un garage,
01:49mais il y en a eu d'autres qui ont été raquettés,
01:51notamment dans les quartiers nord de Marseille.
01:53– Oui, oui, vous le disiez à l'instant,
01:56des commerces qui se font raqueter par des voyous,
01:59ça ne date pas d'hier,
02:00mais est-ce que le phénomène, c'est ça que j'ai envie de bien comprendre,
02:02est-ce que le phénomène prend de l'ampleur ?
02:05– Oui, le phénomène prend beaucoup d'ampleur,
02:07il faut comprendre également que nous, policiers,
02:10bien sûr, on travaille beaucoup sur les stups,
02:13on se montre beaucoup de présence à l'endroit
02:15où il y a des réseaux de stupéfiants, des points de deal,
02:18donc on les a dérangés,
02:20malheureusement on n'a pas repoussé ce phénomène-là,
02:22et donc les gangs ont besoin d'avoir des rentrées d'argent,
02:27j'ai envie de dire,
02:28et vont s'étendre sur d'autres sujets, notamment le racket,
02:32et là, oui, je peux vous parler de plusieurs dizaines de commerces
02:36qui sont raquettés régulièrement au cœur de Marseille,
02:38mais même ailleurs,
02:39et c'est un phénomène de plus en plus important,
02:41je vous le confirme.
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