00:00L'actualité, c'est également la menace d'une motion de censure du gouvernement Barnier.
00:07J'ai l'impression qu'on en est à l'épisode 212 d'un feuilleton qui a commencé au moment de la nomination de ce gouvernement Barnier.
00:16Tout s'est fait dans la précipitation. Écoutez Marine Le Pen qui était l'invité de la matinale d'RTL.
00:22Ce qui est sûr, c'est que nous n'accepterons pas que le pouvoir d'achat des Français soit encore amputé dans la situation qu'ils connaissent aujourd'hui.
00:29Donc ça, c'est une ligne rouge. Et si, effectivement, cette ligne rouge est dépassée, nous voterons la censure.
00:36Il n'y a aucune difficulté là-dessus, je le dis de la manière la plus claire qui soit.
00:40Il n'y a aucune difficulté dit Marine Le Pen. La ligne rouge, c'est le pouvoir d'achat.
00:44Que dit Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, mais concerné également par ces questions de gouvernement ?
00:49Il était l'invité ce matin de Sonia Mabrouk sur Europe 1 et CNews.
00:53Il n'y a aujourd'hui aucune majorité alternative au socle qui soutient le gouvernement.
00:59Et que celui ou celle qui renversera le gouvernement privera le pays d'un budget et le précipitera dans le désordre et la chienlit.
01:07C'est vous ou le chaos ?
01:08C'est cette responsabilité-là qui sera sur les épaules de celui ou celle qui renversera le gouvernement.
01:13Donc c'est vous ou le chaos ?
01:14C'est priver le pays d'un budget et se le précipiter dans le désordre et c'est donc la chienlit.
01:19Barraud il dit la chienlit, puis après il dit la chienlit, c'est marrant.
01:22On a déjà le désordre, on a déjà le désordre.
01:26Il n'y a pas de shutdown, c'est-à-dire comme aux Etats-Unis, le risque de ne pas avoir de budget,
01:32parce que sans rentrer dans les détails, nous aurons quand même un budget sans vote, dans des conditions très particulières.
01:37En tout cas...
01:38Et au pire, au pire, on pourrait les douzièmes, comme on dit, on fait des budgets chaque mois pour payer les fonctionnaires et on trouve une solution.
01:46Très précisément cela, mais Marine Le Pen est apparue au moment de la nomination du gouvernement Barnier
01:55comme en situation de force pour dire qui peut aller à Matignon, qui ne peut pas aller à Matignon, on s'en souvient.
02:01Puis il y a eu cette niche RN à l'Assemblée Nationale qui a été vécue comme quand même un échec.
02:11Parce que rien n'a été retenu.
02:14Et la question est posée, contrairement à Laurent Wauquiez qui a arraché un arbitrage positif sur la question des retraites,
02:21le RN n'a pas obtenu aujourd'hui quelque chose lui permettant de se retourner vers ses électeurs.
02:28En circonscription, l'électorat RN commence à ne plus comprendre pour dire nous avons obtenu ça.
02:35Certes, ce n'est pas la politique que nous souhaiterions, mais nous avons quand même arraché ça.
02:39S'il n'y a rien, comment le RN pourrait maintenir son soutien sans participation au gouvernement Barnier ?
02:49C'est pour ça qu'aujourd'hui, le RN avec les voix de la gauche ont approuvé en commission l'abrogation de la réforme des retraites
02:58qui reviendra la semaine prochaine à l'Assemblée Nationale avec une perspective d'une retraite à 62 et pas 64 ans.
03:04On a l'impression que les élus oublient dans quelle situation la France est, avec tout cet embêtement budgétaire.
03:12On dit que Mme Le Pen a droit de vie ou de mort sur la majorité, ce n'est pas vrai.
03:17Elle a 126 députés, c'est énorme.
03:19Mais si elle veut renforcer le gouvernement, elle a besoin de LFI.
03:23126 et si vous comptez les siotistes, il y en a 143.
03:28Oui, mais ça ne fait pas 289.
03:32C'est vrai que quand on voit cet hémicycle et surtout quand elle vient parler à la tribune et que tout d'un coup ces 126 députés se lèvent,
03:40là on a l'impression d'une forêt noire dans l'hémicycle, surtout que la partie centrale n'est jamais là.
03:45Il y a un creux, ça c'est très important.
03:48Mais son pouvoir, elle n'a pas le pouvoir.
03:51Alors qu'elle va rencontrer le Premier ministre lundi, je pense qu'il va lui lâcher quelque chose.
03:58Mais elle en a d'autant plus besoin.
04:00Je pense que la façon dont elle parle aujourd'hui est entièrement liée à ce qui lui arrive sur le plan judiciaire et son angoisse.
04:10C'est vrai que ce qui la menace est terrible.
04:12Ça veut dire que c'est une forme de vengeance ?
04:14C'est une forme de vouloir accélérer peut-être le calendrier et peut-être d'aller plus vite que la décision du printemps pour tenter ça.
04:24Et pour montrer en tous les cas qu'elle a un pouvoir, qu'elle existe et qu'il faut raconter avec elle.
04:30Sans attendre de savoir si elle est inéligible ou si elle a une peine de 50 ans.
04:35Mais les choses vont vite et plutôt dans la mauvaise direction pour le Rassemblement National.
04:39Pourquoi ?
04:40Le Rassemblement National était la seule formation politique à avoir un ticket.
04:44On n'a pas la culture du ticket comme aux Etats-Unis mais c'était le plan Matignon,
04:48le château, l'Elysée pour Marine Le Pen, le poste de Premier ministre pour Jordan Bardella.
04:54Il l'a redit l'autre jour.
04:56Il l'a redit.
04:57Or il y a en effet l'actualité judiciaire lourde dans les menaces qui pèsent sur l'avenir politique de Marine Le Pen.
05:04Et il y a Jordan Bardella qui est à la fois dans une séquence où il prend la lumière
05:09mais où il montre aussi d'une certaine forme, si ce n'est de fragilité,
05:13mais en tout cas le costume apparaît aujourd'hui grand, large et c'est normal au vu de son âge,
05:21pour la fonction suprême.
05:24Donc on voit bien comment les choses...
05:26Elle l'a redit Marine Le Pen ce matin.
05:28Elle a dit, vous voyez, moi j'ai pris Jordan, il était très jeune,
05:30il a quand même beaucoup progressé, entre guillemets, grâce à moi.
05:35Est-ce que le vote de la censure ne permettrait pas aux RN d'une certaine manière de se remettre dans le match ?
05:43La question est posée.