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Avec Stéphane Bonichot, avocat au barreau de Paris et Peer de Jong

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2024-11-18##

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Transcription
00:00France.fr, le premier site d'articles français et patriotes présente...
00:04Ici Sud Radio, les français parlent au français, je n'aime pas la blanquette de veau, je n'aime pas la blanquette de veau.
00:19Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:22Il est sorti de la forêt amazonienne comme le dernier survivant des indiens.
00:28Mais ce n'était pas le dernier survivant, c'était le dernier président, en tout cas démocrate, c'était Joe Biden, Joseph Robinette Biden, son vrai nom.
00:42Et bien, il sait qu'il s'en va dans deux mois, très exactement, même un peu avant.
00:48Et puis, il a prononcé un discours, une petite conférence de presse, comme ça, sorti de la forêt amazonienne.
00:52C'était assez, si vous l'avez vu à la télévision, c'était assez spectaculaire.
00:58Et il a dit eh bien, écoutez, je crois que nous allons autoriser, je crois, nous allons autoriser Kiev à lancer des missiles à longue portée vers la Russie.
01:08Alors, évidemment, réaction des Russes.
01:10On va en parler. On va en parler notamment à le colonel Père de Jong, qui vient d'écrire un livre passionnant.
01:16Poutine, Lord of War, Retour des boyards, chez Marie-Hérédition.
01:19Mais auparavant, il faudrait que je vous dise ce qui se passe sur l'autre front.
01:24L'autre front, c'est Washington.
01:27Je viens de passer une semaine à Washington.
01:30Et vous savez, Washington, c'est vraiment intéressant parce que c'est non seulement intéressant, c'est le cœur du réacteur.
01:36Il ne faut pas oublier que tous les ambassades du monde entier, Washington, le capital, bon, ça, c'est classique.
01:42Le capital, c'est-à-dire le Sénat et la Chambre des représentants, sont à Washington.
01:47La Maison-Blanche, évidemment, président de la République, Washington.
01:51Mais il n'y a pas que ça.
01:53Le Fonds monétaire international qui nous guette, qui nous menace.
01:58Et là-bas, la banque mondiale, tous les départements, justice, commerce, affaires étrangères, tout ça.
02:04Le FBI, la CIA, Washington.
02:07Le Pentagone, pas très, très, très, très loin.
02:11C'est-à-dire que vous êtes dans une capitale où ça a l'air très, très, très calme.
02:16Mais à l'intérieur, depuis que Trump est arrivé, depuis que Trump a été élu, et je rappelle, a été élu,
02:23aussi bien par une majorité de voix populaires que par les grands électeurs, puisqu'il avance,
02:28il est de 3 millions de voix en plus que Kamala Harris.
02:32Donc, il y a, c'est le feu. Pourquoi c'est le feu ?
02:36Parce qu'il a déjà donné un certain nombre des gens qui vont gouverner avec lui.
02:43Et le casting, quand même, juste rapidement, il faut que vous voyez.
02:47Alors, pour le DOJ, savoir comment l'efficacité du gouvernement dans les dépenses publiques,
02:55ça nous intéresse, ça, nous, en France.
02:57Surveiller les dépenses publiques, eh bien, il n'y aura rien de moins que Elon Musk.
03:02Elon Musk, hein, X, Twitter, Tesla, SpaceX et compagnie.
03:06Le multimilliardaire Elon Musk, eh oui, qui est sorti de sa zone de confort,
03:10sera là à Vivek Ramaswamy, une des découvertes et des révélations des Républicains.
03:17Suzy Wiles, chef, chief of staff, chef de cabinet, qui va être très, très actif.
03:21Peter Hixel, à la Défense.
03:23Elisa Stefanik, ambassadeur aux Nations Unies.
03:27Stephen Miller, mais surtout, surtout, alors, John Ratcliffe, la CIA.
03:31Marco Rubio, comme secrétaire d'État aux Affaires étrangères, qui va remplacer Anthony Blinken.
03:35Tulsi Gabbard, qui était démocrate pendant 20 ans, qui est passé chez les Républicains,
03:41qui va être, effectivement, à la National Intelligence,
03:45c'est-à-dire qu'elle va surveiller, elle va être sur tous les problèmes de sécurité et d'intelligence à l'étranger.
03:50Et on pense que Kashmat-El sera la FBI.
03:53Ça veut dire quoi, tout ça ? Et surtout, et surtout, j'allais oublier,
03:56Matt Gaetz, Matt Gaetz comme ministre de la Justice, dit Department of Justice.
04:02Et alors là, c'est vraiment la colère des uns, la panique des autres et les interrogations.
04:09C'est-à-dire que deux mois avant, Trump donne son casting et ça fait déjà énormément de bruit.
04:16Et là-dessus, et là-dessus, arrivent les bruits de bottes.
04:21Les bruits de bottes et quels bruits de bottes ?
04:24Autorisation donnée à Kiev pour utiliser des missiles américains à longue portée sur les territoires russes.
04:29Qu'est-ce que ça va être ? Et justement, on voudrait en parler avec le colonel Père de Jonc.
04:34Bonjour, colonel.
04:35– Bonjour.
04:36– Alors, dites-moi, vous êtes, je rappelle que vous êtes vice-président de l'Institut Témis,
04:41vous êtes spécialiste géopolitique et ancien colonel des troupes marines.
04:44Et je rappelle votre dernier livre, « Poutine, Lord of War, Retour des brouillards aux éditions Mareuille ».
04:49Alors, à votre avis, nous on l'a senti, mais dites-moi votre avis.
04:53D'abord, qu'est-ce que sont ces missiles à longue portée ?
04:57Jusqu'où ils peuvent aller ?
04:58Quelle est l'autorisation vraiment donnée ?
05:01Et est-ce que, quelque part, ce n'est pas un jeu politique qui, en fait,
05:05se passe le dernier coup de Biden à Trump ?
05:09Est-ce que ce n'est pas un jeu politique intérieur des États-Unis ?
05:12Ou les deux à la fois, mon colonel ?
05:14– Alors, vous venez de répondre à la question.
05:16Bien évidemment, l'élection de Trump, il y a une quinzaine de jours.
05:18Et l'élément déterminant de tout ce qui va se passer sur le front ukrainien
05:22pendant les deux mois qui arrivent,
05:24parce qu'on voit bien ce qui va se passer à partir du 20 janvier,
05:2621 janvier et 22 janvier, dès l'arrivée de Trump,
05:29il va y avoir une mise en place d'une négociation,
05:31parce qu'elle a été annoncée officiellement,
05:33non seulement par Trump, mais par son environnement,
05:35qui va lancer une espèce d'obligation à discuter avec Zelensky.
05:40Donc, c'est ça le cœur du problème.
05:41Donc, les uns et les autres ont besoin de s'assurer une espèce de garantie
05:46dans le cadre de ces négociations.
05:47Pourquoi ?
05:48Parce que Vance, le futur vice-président, a annoncé très clairement
05:52que l'objectif américain va être en fait d'avoir une stratégie en Ukraine
05:57qui va être extrêmement simple.
05:58C'est-à-dire, un, cristallisation du front,
06:01deux, création d'une zone tampon,
06:03et trois, neutralisation de l'Ukraine.
06:04Donc, on lui interdira pendant un certain temps,
06:06je pense même un temps certain, d'entrer dans l'OTAN.
06:09Ce qui veut dire quoi ?
06:10Ce qui veut dire qu'au moment où on va stabiliser ce front,
06:12je veux dire que c'est à partir de là qu'on va discuter.
06:14Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, les Russes ont intérêt à foncer
06:18et à gagner le maximum de terrains, en tout cas de conquêtes territoriales.
06:22Et les Ukrainiens ont intérêt, eux, à jouer leur dernière carte,
06:25qui est une carte extrêmement importante,
06:27qui est en fait la conquête qu'ils ont menée depuis cet été
06:30dans la région de Kursk,
06:31où ils occupent la zone depuis déjà un certain temps.
06:33Pas une grande zone, 500 km².
06:36Donc, eux ont intérêt à tenir.
06:37Et on voit bien qu'aujourd'hui, il y a une opération russe
06:40qui va se monter dans les jours qui viennent,
06:42ou dans les semaines qui viennent, avec beaucoup d'hommes.
06:44On parle de 50 000 hommes, plus des Coréens.
06:46Donc, il va y avoir une bataille.
06:48Et donc, on voit bien que les uns et les autres ont besoin,
06:51les Ukrainiens, de se garantir,
06:52de ne pas en perdre davantage, en tout cas de garder la région de Kursk
06:57pour négocier ça avec les Russes.
06:58Et les Russes ont intérêt à avancer.
07:00Et donc, les Américains, dans une espèce d'affermissement du pouvoir américain
07:04qui a encore deux mois à tenir,
07:06pour exister, en tout cas pour ne pas abandonner définitivement l'Ukraine,
07:10qui pourrait être basculée, qui pourrait être bousculée,
07:12c'est la dernière carte de Biden.
07:14C'est qu'on met sur la table, si vous voulez, l'usage de missiles à longue portée.
07:17Alors qu'on a votre question.
07:19– Oui, on ne vous entend plus.
07:22Oui, juste Colin Le Père de Jonc.
07:24Est-ce que, alors justement, sur le plan strictement militaire,
07:27est-ce que ces fusées à longue portée,
07:29donc Kiev, Zelensky, a l'autorisation de les utiliser ?
07:34On ne dit pas qu'il va les utiliser,
07:36mais est-ce qu'il a l'autorisation de les utiliser ?
07:37Surtout qu'on sait depuis ce matin que Emmanuel Macron,
07:42le président de la République, a été assez, je veux dire, prudent,
07:46en disant que c'est une option, mais ce n'était pas du tout l'autorisation.
07:49On ne sait pas ce que dit l'Angleterre.
07:50Mais concrètement, militairement, est-ce que c'est faisable ?
07:54Est-ce qu'il peut aujourd'hui, à l'heure où on parle,
07:57décider de lancer ces missiles à longue portée ?
08:00– Évidemment, il pourrait, mais il ne les a jamais utilisés.
08:03Vous savez que la force de cet engin,
08:06qui s'appelle le HIMARS pour les roquettes qui tirent à 80 km,
08:08ou le ATAKMS qui va tirer à 300 km,
08:11on voit bien que la différence est de 200 km.
08:13L'usage de cette arme, si vous voulez, donne de l'allonge aux Ukrainiens
08:16et permettra à l'Ukraine de tirer sur des objectifs stratégiques,
08:19un exemple des aérodromes, des concentrations de blindés,
08:23des postes de commandement, des plots logistiques,
08:26donc des objectifs extrêmement importants.
08:28Deuxième avantage de cet engin,
08:30c'est qu'il se transporte, c'est un engin balistique de sol-sol.
08:33Donc il est transporté par un engin qui est soit à chenille, soit à roue.
08:37Contrairement à ce qu'il est au SCAL ou au Storm Shadow anglais et français,
08:41qui lui est tiré soit d'un bateau, soit d'un avion.
08:43Donc aujourd'hui, si vous voulez, l'ATAKMS, c'est un engin qui est facilement utilisable
08:47et j'imagine qu'il y a des Américains sur place pour leur conseiller.
08:50Donc aujourd'hui, ils peuvent tirer.
08:52Les Américains vont aider les Ukrainiens si tenté qu'ils le fassent
08:55avec le choix des cibles, bien évidemment, et avec l'emploi,
08:58parce que c'est un engin qui est extrêmement pratique,
09:01à une dizaine de mètres, à 300 km,
09:02mais surtout, c'est un engin qui est relativement cher.
09:05Donc si vous voulez, c'est un fusil à un coup quelque part.
09:08Donc ils vont avoir, un exemple, le SCAL, on en a donné une douzaine.
09:11Donc on voit bien que ce n'est pas un engin, ce n'est pas un fusil à répétition.
09:14Donc le choix des cibles est important.
09:16Mais c'est vrai que c'est un engin presque politique
09:20et qui va interroger les Russes, qui vont éviter les consultations trop fortes,
09:24qui vont éviter de trop communiquer, qui vont reculer leurs aérodromes encore un peu plus.
09:27Donc on voit que ça met en place quelque chose.
09:30Encore une fois, qui réfère Poutine ? Personne n'en sait rien.
09:34Mais Poutine, en tout cas, juste un mot, Poutine a parlé,
09:37évidemment, ça fait partie du bras de fer, en disant,
09:40écoutez, s'ils attaquent des objectifs à l'intérieur de la Russie,
09:44nous n'hésiterons pas.
09:45Il a encore une fois brandi la menace nucléaire.
09:49C'est sûrement politique, mais enfin, quand même, ce n'est pas rien.
09:53Alors c'est le vrai problème.
09:54Je savais que les Russes considèrent que l'armement nucléaire tactique,
09:59tiré globalement entre 0 et 500 km, c'est une arme d'emploi.
10:02C'est une arme tactique.
10:04Donc effectivement, dans l'emploi de l'armée russe,
10:07on peut envisager la possibilité de tirer un missile tactique
10:10pour détruire des installations, pour détruire des constructions blindées.
10:15Donc ça, ce n'est pas impensable.
10:16Donc ça, on le sait.
10:17C'est la doctrine russe.
10:19Maintenant, ce que je pense, c'est que Poutine est obligé de répondre.
10:22Et je pense que l'effet de l'attaque MS,
10:24l'attaque MS est surtout un effet, je dirais, politique et psychologique.
10:28On verra dans un deuxième temps, on verra l'effet potentiel.
10:31On voit bien qu'évidemment, ce n'est pas les 10 ou 15 ou 20 missiles
10:35qui vont tirer qui va changer l'esprit, la face du conflit par la force des choses.
10:41– Merci, merci Père Donjonc.
10:42En tout cas, voilà, c'est ce qu'on entend aujourd'hui, c'est ce bruit-là.
10:46Vous avez très, très bien résumé la situation.
10:48On verra s'il sera plutôt politique ou plutôt militaire.
10:50Mais revenons à Washington.
10:53Venons à ce que nous avons vu à Washington.
10:55Nous allons en parler justement avec Stéphane Bonnichaud qui est avocat
11:00et qui est évidemment du bureau Briard et Bonnichaud, du cabinet Briard et Bonnichaud.
11:05Alors, juste un mot, on va en parler après une petite pause.
11:09Mais vous, l'impression que vous avez eue de ces quelques jours à Washington,
11:14Stéphane Bonnichaud, du point de vue de ce qui se passe actuellement
11:17avec le coup de tonnerre effectivement des nominations de Trump et de l'élection de Trump ?
11:23– Bonjour André, bonjour Marie.
11:26Impression contrastée parce que lorsqu'on arrive à Washington,
11:30l'ambiance est un peu morose.
11:31Washington a voté à 95% pour les démocrates.
11:35Donc, lorsqu'on croise des personnes dans la rue,
11:37évidemment, c'est plutôt la déception qui domine pour ces personnes.
11:43En ce qui me concerne, j'ai assisté à une convention de juristes et d'avocats
11:48et de juges américains à la Federalist Society
11:53qui est une organisation qui regroupe des juristes d'obédience conservatrice et conservatrice.
11:59– Ils sont combien ?
12:00– Alors, ils sont 75 000 adhérents.
12:04– Avocats et juges, c'est ça ?
12:05– Avocats et juges, absolument, c'est ça la spécificité.
12:08C'est un forum de discussion entre tout le monde juridique
12:15où des échanges de très haut niveau sont organisés.
12:19– A tendance plutôt conservatrice, conservateur ?
12:23– Oui, voilà, la caractéristique, effectivement,
12:28c'est que c'est plutôt conservateur et libertarien.
12:32Maintenant, c'est des débats ouverts avec des juges démocrates,
12:37des avocats démocrates, effectivement,
12:39pour créer un débat contradictoire intéressant.
12:43– Alors, on va en parler tout de suite après cette petite pause
12:46avec Stéphane Bonnichaud et ce que nous avons senti à Washington,
12:51le cœur du réacteur, encore une fois.
12:53– Et bien entendu, si vous voulez réagir ou poser votre question,
12:56n'hésitez pas à nous appeler au 0 826 300 300.
13:01Terre de France.fr, le premier site d'articles français et patriotes présente…
13:06– Ici Sud Radio, les Français parlent au français,
13:15les carottes sont cuites, les carottes sont cuites.
13:20– Sud Radio Bercov dans tous ses états.
13:23– Ce n'est pas Dallas, c'est Washington, ton univers impitoyable.
13:27Et quelle bagarre, les lobbyistes sont là, tout se passe là,
13:33le cœur du pouvoir est là, et vraiment on a regardé un peu tout ça.
13:38Stéphane Bonnichaud, vous étiez donc, moi aussi, j'ai assisté à certaines discussions,
13:45mais vous étiez notamment à la Federalist Society,
13:47que vous avez expliquée, effectivement, que vous avez décrite là.
13:51Et qu'est-ce qu'on sentait, effectivement, par rapport, vraiment alors,
13:55de façon très claire, par rapport à cette élection qui venait d'avoir lieu,
14:01et les sentiments ?
14:02Alors évidemment, on pourrait dire, ce sont des conservateurs, ils sont contents,
14:05mais on a constaté que c'était beaucoup plus nuancé que ça.
14:08– Absolument, nous avons été un peu surpris de voir que certaines personnes
14:16qui assistent à ces forums juridiques étaient très réservées sur…
14:20– Mitch McConnell, notamment, l'ancien porte-parole des Républicains au Sénat,
14:25et qui est aujourd'hui dénoncé comme traître par les Trumpistes.
14:28– Absolument, Trump considère que le Sénat, sous son premier mandat,
14:32avait été un poison, quasiment, il avait beaucoup freiné ces réformes,
14:39et il y a une véritable défiance, maintenant,
14:42entre le parti républicain traditionnel et Trump et son entourage.
14:49Donc la question, c'est de savoir sur qui va-t-il s'appuyer à l'avenir,
14:54pour constituer son administration, ses ministères ?
14:57Là, on a vu que ces nominations, enfin les nominations qu'il envisage,
15:02qui doivent être confirmées par le Sénat, ce qui est encore…
15:06– Ce qui n'est pas joué.
15:06– Oui, parce que vos auditeurs doivent savoir que tous les ministres
15:11doivent être confirmés par le Sénat.
15:13– Contrairement à la France.
15:14– Voilà, exactement.
15:15Alors certes, le Sénat est dominé par les Républicains,
15:18mais ce sont des Républicains…
15:21– Oui, pas toujours qui ont rejoint Trump de gaieté de cœur.
15:24– Voilà, ce sont des Républicains qu'on peut appeler…
15:30– Rhinos, ils l'appellent en Américain,
15:32« Republicans in name only », c'est un républicain que de nom,
15:35parce que les trumpistes estiment qu'on a transformé le parti républicain.
15:38– Exactement, voilà, des Républicains un peu traditionnels.
15:44Donc à Washington, c'est une certaine réserve,
15:49on attend de voir ce qu'il va se passer,
15:51il y a eu une douche froide pour les juristes d'obédience conservatrice
15:57avec la nomination de Matt Gaetz,
15:59ce qu'il laisse se penser puisqu'il serait nommé ministre de la Justice,
16:03s'il est confirmé par le Sénat,
16:05mais il était à la Chambre des représentants,
16:09c'est un élu de Floride,
16:11mais pour autant il n'est pas du tout issu du serail juridique
16:16et il est assez connu pour ses problèmes, ses outrances,
16:21et puis il a eu un certain nombre de poursuites.
16:25– Assez mineurs par rapport à d'autres, mais disons qu'il en a eu.
16:28Mais donc vous avez senti une inquiétude, une vraie inquiétude ?
16:32– J'étais surpris de voir qu'effectivement,
16:35ce n'était pas nécessairement la joie et l'enthousiasme qui prédominaient,
16:41c'est plus une certaine réserve,
16:45et parmi les gens que je fréquente à Washington
16:49et qui sont ouvertement républicains,
16:51certains n'ont pas voté pour Trump.
16:53– Oui, c'est ce que disait d'ailleurs une représentante,
16:58effectivement nous avons vu une représentante du Texas,
17:01et l'une de ses adjointes disait,
17:05écoutez considérez que 50% des gens qui sont ici n'ont pas voté pour Trump,
17:09mais bon ils font comme si maintenant puisque Trump a gagné.
17:12– Exactement, ils espèrent quand même,
17:17pour ce qui concerne les républicains,
17:20ils espèrent quand même récupérer des postes.
17:24– Oui parce que c'est le gouvernement qui nomme les juges,
17:27les juges fédéraux aussi, il faut expliquer ça.
17:30– Dans le système américain, c'est très important,
17:32le système de la justice, évidemment comme dans tous les pays,
17:36mais dans un système fédéral,
17:39une nation aussi importante que les Etats-Unis,
17:44avoir la nomination des juges est particulièrement déterminant.
17:51– Tout à fait, et surtout que les juges sont nommés à vie,
17:54on peut se rappeler, ils sont nommés à vie,
17:57et c'est tout à fait intéressant.
17:59Juste Stéphane Boulichaud,
18:02ça fait 15 ans que vous êtes très régulièrement à Washington
18:07pour assister notamment à ce...
18:09Est-ce que franchement, si vous faites la...
18:13il nous faudrait des heures,
18:15mais en comparaison justice américaine, justice française,
18:19organisation, je ne dis pas exécution,
18:22vous pensez que la justice américaine c'est intéressant,
18:26c'est-à-dire que ça garantit l'indépendance de la justice
18:30plus qu'en France ou pas, à votre avis ?
18:33– Alors je pense que les magistrats sont tout à fait indépendants,
18:37que ce soit aux Etats-Unis ou en France,
18:40mais les carrières sont très différentes.
18:44C'est sans doute l'une des caractéristiques,
18:48l'une des différences principales.
18:49Aux Etats-Unis, vous avez régulièrement des avocats qui deviennent juges,
18:53des personnes qui sont dans l'administration
18:56qui peuvent devenir juges, qui sont nommées,
18:57des professeurs de droit qui vont ensuite
19:00à la Cour suprême des Etats-Unis,
19:02alors qu'en France, les magistrats,
19:05c'est la plupart du temps des magistrats de carrière,
19:08on rentre à l'école de la magistrature,
19:10– On ne peut pas changer de métier comme ça...
19:14– C'est possible, mais c'est beaucoup moins courant qu'aux Etats-Unis,
19:16où c'est véritablement la carrière,
19:18c'est souvent d'être assistant d'un juge,
19:20ensuite d'être avocat, en parallèle d'enseigner le droit,
19:23et puis ensuite on est nommé juge dans le circuit fédéral,
19:28et puis si les choses se passent bien,
19:30on peut aller jusqu'à la Cour suprême.
19:32Effectivement, ce sont des nominations à vie,
19:36et c'est important pour chaque président,
19:38c'est des nominations qui sont faites par le président des Etats-Unis lui-même,
19:43confirmées par le Sénat, comme toujours pour les postes importants,
19:47et ça permet de structurer le pays.
19:54Alors les juges restent tout à fait indépendants,
19:56il peut y avoir des nominations par un président républicain,
19:59et pour autant des décisions qui ne...
20:01– Ne seront pas prises en fonction d'eux.
20:03– Absolument pas.
20:04– Non mais je crois que la garantie de l'indépendance,
20:05et qui est très importante, peut-être par rapport même à la France,
20:08c'est qu'ils sont à vie, ils sont indégommables.
20:10– Exactement.
20:11– C'est ça, donc même s'ils ont été nommés par X ou Y,
20:13ils ne dépendent plus de lui à partir du moment où ils sont là.
20:16– Ils sont tout à fait indépendants.
20:17– Ce qui vous l'avouerait n'est pas totalement le cas en France,
20:21cher Stéphane Bonichaud.
20:22– Je veux croire que tous les magistrats sont tout à fait indépendants,
20:26et intègres, en tout cas de ce que je connais.
20:28– C'est bien, vous avez raison, en tout cas il faut croire dans la vie.
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