00:00Merci d'être avec nous cet Europe 1 Soir Week-end, je suis toujours avec Jules Taurès et avec Paul Melun, ici même dans ce studio.
00:11Mais si on va revenir un instant sur ce qui s'est passé tout à l'heure à l'Université Lyon 3.
00:18Yael Brown-Pivet, invité pour parler de son parcours, donc rien de politique sur le front.
00:24Oui, pas très polémique comme thème.
00:26Et pas très politique non plus.
00:28A été accueilli par des tags antisémites sur le mur, au sol, manifestations dans cette université.
00:36Bonsoir Nathan Perramon, merci d'être avec nous en direct.
00:39Vous êtes président de l'Uni Lyon.
00:41Pardon, mais expliquez-nous ce qui s'est passé.
00:44Est-ce que c'était un accueil prémédité ?
00:49Ah oui, c'était prémédité, puisqu'en fait, pour tout vous dire, nous dans la nuit, on a commencé à recevoir des messages sur nos différents réseaux sociaux
00:56en nous disant que des militants avaient pris possession de la rue qui est donc la rue principale pour l'accès au campus de l'Université Jean Moulin Lyon 3.
01:07Et en fait, quand les étudiants sont arrivés ce matin, il y avait déjà tous les tags qu'on a pu voir sur les réseaux sociaux,
01:14tous les différents messages de haine à l'égard de Mme Brown-Pivet,
01:17et tous les messages à caractère antisémite que vous énumérez depuis tout à l'heure.
01:20Et c'est en fait, il y a une organisation en amont qui témoigne du caractère prémédité, ça c'est évident.
01:27Du caractère prémédité et du caractère antisémite.
01:29Israël assassin, Yaël complice, pardon, c'est ce qu'il y avait écrit sur ces murs.
01:34Qui sont, vous qui connaissez bien cette fac,
01:37qui sont ces personnes qui se sont permis ces tags et cette manifestation ?
01:44Il y a énormément d'associations aujourd'hui à Lyon qui reprennent souvent ces slogans.
01:51Moi je pense directement à l'UNEF qui a appelé en partie à la manifestation.
01:57Je pense aussi à Solidaires étudiants, la branche jeunesse du syndicat Sud.
02:03Ce sont des branches très actives à Lyon ?
02:05Oui, c'est des branches très actives auxquelles nous, à l'Uni, on a souvent affaire.
02:09Qui sont très très violentes, qui sont déterminées, qui ont un projet.
02:14Qui est celui de promouvoir une victoire totale de la Palestine sur l'état d'Israël.
02:20Et qui aujourd'hui fait que dans les facs, la plupart des étudiants de confession juive ne se sentent plus à l'aise.
02:25Moi j'ai des militants aujourd'hui à Lyon qui sont de confession juive.
02:30Qui me disent qu'en fait ce qui se passe aujourd'hui dans les facs n'est juste pas possible et c'est intolérable.
02:35Les étudiants ont peur d'aller à l'école puisqu'ils se trouvent aujourd'hui à être accueillis par des militants
02:40qui leur disent que leur pays n'existe pas, qui font du négationnisme et qui leur disent qu'ils sont responsables d'un génocide.
02:47Alors que ces mêmes personnes-là n'y sont pour rien en fait.
02:50Non, accessoirement ces personnes-là font leurs études en France.
02:53Elles sont françaises, elles ont grandi en France, elles sont de confession juive seulement.
02:58Et combien même, combien même il y aurait des Israéliens qui viennent faire leurs études en France.
03:02Ils sont pour quoi la politique de Benjamin Netanyahou ?
03:05Enfin, c'est dingue, n'attend pas Péramon.
03:08Mais ça, oui j'imagine qu'effectivement vous avez des étudiants qui viennent vous voir.
03:13Est-ce que les étudiants juifs de Lyon ont peur ? C'est ce que vous nous dites.
03:18Ah oui, ça c'est clair et net.
03:21Il y a déjà eu pas mal de cas à Sciences Po Lyon.
03:25On sait très bien que les différentes branches de Sciences Po, que ce soit Sciences Po Paris ou les IEP de province,
03:31sont sujets à des grands mouvements pro-palestiniens et a fortiori pro-Hamas.
03:36Puisqu'à mon sens, c'est plus de ça qu'ils retournent.
03:39C'est vraiment un soutien inconditionnel aux actions du Hamas.
03:43Et aujourd'hui, j'ai forcément des messages d'étudiants qui me disent qu'ils ont peur.
03:49Des messages de jeunes qui ont peur parce qu'en fait ils se font harceler,
03:54ils se font insulter, ils se font afficher sur les réseaux sociaux en raison de leurs confessions profondes
03:59qui en fait ne devraient pas les mener à cet état de peur.
04:04C'est incroyable ça, je ne sais pas Gilles Thorez.
04:07Ce que raconte Nathan Péramon.
04:09Vous vous rendez compte, les étudiants juifs de France ont peur d'aller à la fac, c'est pas possible.
04:13Non seulement les juifs ne peuvent plus être en sécurité en Europe,
04:16mais les étudiants juifs ne peuvent plus étudier en Europe et surtout en France.
04:21On a mille exemples dans l'actualité récente qui nous montrent qu'être étudiant juif est très compliqué.
04:28À Lille, à Strasbourg, à Paris, on a quand même des étudiants de Sciences Po qui appellent à l'intifada.
04:35À Strasbourg, il y a Elisabeth Borne qui est encore obligée de délocaliser l'une de ses conférences.
04:41Il y a Elbron Pivet, c'est pas n'importe qui.
04:43C'est le deuxième personnage de l'État.
04:45À un moment donné, il va falloir utiliser des moyens fermes,
04:49parce qu'aujourd'hui, je pense qu'il faut nettoyer nos universités françaises.
04:53C'est-à-dire qu'on ne peut plus tolérer ça.
04:55Je pense que les présidents d'universités ont la main un peu faible
05:01et qu'ils n'ont sans doute pas perçu l'ampleur de ce fléau qu'est l'antisémitisme.
05:06C'est-à-dire qu'il faut des actes très forts aujourd'hui pour combattre ce fléau-là.
05:11Parce qu'on voit bien, depuis le 7 octobre,
05:13il y a une libération de la parole antisémite.
05:16On a plus 1000% d'agressions, d'actes antisémites.
05:20Donc, à un moment donné, il faut répondre à ce fléau.
05:23Paul Melun, vous qui faites des conférences dans les universités,
05:26vous nous disiez franchement que parfois c'était,
05:28pas forcément lié avec l'antisémitisme, mais parfois c'est très difficile.
05:32Oui, mais ça procède effectivement dans la même logique.
05:35C'est-à-dire qu'un peu dans le prolongement de ce que disait Jules,
05:38il y a une forme de glissement de la gauche étudiante universitaire
05:43qui s'est radicalisée et qui considère que
05:46tout ce qui est à droite de Jean-Luc Mélenchon est d'extrême droite.
05:50Voir même Mélenchon lui-même serait une sorte de réformiste un peu mou.
05:53Eux, ils préfèrent les courants néo-révolutionnaires extrêmement violents.
05:57Donc, les livres de François Hollande, lorsqu'il était venu à l'Université de Lille,
06:01avaient été déchirés, les conférences sont interdites.
06:04Quand on veut donner une conférence dans certaines universités,
06:07on peut aussi prendre au dernier moment pour l'annonce,
06:09pour éviter d'avoir des manifestations devant la porte,
06:11avec des censeurs en chef qui viennent tout casser.
06:14Je fais un peu le parallèle avec l'histoire, la polémique autour du livre de Jordan Bardella.
06:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a des gens qui ne veulent pas qu'on exprime des convictions
06:20si elles sont différentes de la leur.
06:22Et qui sont prêts à tout casser, à ficher tout par terre,
06:25à détruire des bâtiments publics, pour juste que vous ne puissiez pas
06:28exprimer une opinion différente de la leur.
06:30Donc ça, c'est tragique.
06:32Et quand ça se compagne en plus de l'antisémitisme et de la violence,
06:35ben là on a un cocktail contre lequel il faut lutter âprement.
06:38Merci beaucoup, merci messieurs,
06:41Jules Thorez, Paul Melun.
06:43A demain ?
06:44A dimanche.
06:45A dimanche ?
06:46Seulement dimanche ?
06:47Faut laisser la place aux collègues.
06:49Vous aussi Paul ou pas ?
06:50Faut laisser la place aux produits.
06:51Moi je pars écrire, je serai en train d'écrire dimanche.
06:54Mais je vous écouterai.
06:56Ah ça c'est bien ça.
06:57J'écoute Europe 1 tous les jours moi.
06:59C'est bien, bravo, félicitations.
07:00Une petite annonce antenne pour les camarades d'Europe 1 tous les week-ends,
07:03samedi et dimanche à 9h45 sur Europe 1,
07:05Julia Vignali vous offre un tête-à-tête avec des personnalités incontournables.
07:09Et ce dimanche, elle reçoit Romain Duris à l'affiche du film Une Part Manquante.
07:14Ce sera en salle mercredi prochain.
07:17Restez avec nous dans un instant, le journal de 20h.