00:00Les dernières infos, c'est le bilan qui est d'au moins 158 morts, mais qui va s'alourdir parce qu'un ministre parle de dizaines et de dizaines de disparus.
00:08Marie-Jean Trick, on vous retrouve dans la ville de Cedavi, cette ville où il y a tous ces empilements de voitures, très impressionnant, avec la question des parkings qui se posent maintenant.
00:20Exactement. En fait, Cedavi, c'est devenu el cimentalo de los coches, le cimetière des voitures.
00:25C'est comme ça qu'on qualifie la ville dans la presse espagnole, parce qu'il y a des centaines de voitures qui sont empilées les unes sur les autres.
00:31Là, vous voyez seulement une portion de la route, mais des paysages comme ça s'étendent sur des dizaines et des dizaines de kilomètres.
00:36Et encore là, ce que vous voyez, c'est rien par rapport à ce qu'on pouvait voir il y a 24 heures, 48 heures.
00:40Les services de nettoyage sont en train de travailler d'arrache-pied de nuit comme de jour.
00:44Il y a également des bénévoles qu'on a croisés, qui viennent d'un petit peu partout pour aider à nettoyer les décombres.
00:49Alors, on est avec Juan, qui habite juste ici. Juan, dont le garage, le parking, le sous-sol est complètement inondé.
00:56Il me disait qu'il y avait peut-être des gens coincés à l'intérieur.
00:58Juan, dirais-tu qu'il y a peut-être des personnes attrapées dans ton garage, parce qu'il y a des personnes attrapées dans les garages ?
01:03Oui, il y a des personnes attrapées dans les garages, parce que les pompiers n'ont pas réussi à sortir l'eau des garages.
01:12Il y a des gens qui sont coincés dans les garages, nous dit-il, parce que les pompiers n'ont pas réussi à sortir toute l'eau des garages ?
01:18Oui, les pompiers n'ont pas réussi à sortir l'eau des garages, et ce qu'ils ont besoin le plus, c'est d'eau.
01:29Ce qu'il me dit, c'est qu'en fait, là, ce dont on a besoin à l'heure actuelle, ce sont vraiment des sondes pour pouvoir retirer l'eau de tous ces sous-sols.
01:35Et effectivement, tout à l'heure, on a croisé Michael, qui était allé rechercher son ami, et il pense que lui aussi est coincé dans un garage.
01:43Une autre question, Juan, parce qu'en fait, Juan fait la ronde avec ses voisins depuis ce matin.
01:47Il s'organise pour qu'il y ait toujours quelqu'un devant l'immeuble, parce qu'il craigne des pillages, il craigne des voleurs.
01:52Mais dirais-tu que tu as peur que les gens viennent à te voler ?
01:54Oui, il y a des pillages, et la chance que nous avons, c'est qu'à l'heure actuelle, la police est tout le temps dans la rue.
02:02Mais jusqu'à ce que la police arrive, il y a des boutiques, des bars, beaucoup de pillages.
02:09Il y a des pillages, me dit-il. Alors la police fait des rondes pendant la nuit, mais quand la police n'est pas là, quand elle ne passe pas ici,
02:15des magasins qui se font voler.
02:17Tu dirais aussi qu'il y a des gens qui viennent pour frapper les voitures ?
02:22Oui, ils viennent avec des pieds, et dans la nuit, ils prennent des flammes.
02:28Et malheureusement, ils vont encore voler tout ce qu'il y a dans les voitures. Ils ne sont pas misérables.
02:38Les gens qui viennent avec des barres de fer pour voler tout ce qu'il y a à l'intérieur des voitures, également pour voler l'église qu'on vous montrait tout à l'heure,
02:46ce sont des misérables. Voici ce que nous dit Juan en nous parlant de ces pilleurs.
02:50Et je vous disais, ces paysages de désolation qui s'étendent sur des dizaines et des dizaines de kilomètres.
02:54Un petit peu plus loin, il y a l'armée qui est présente avec des chiens pour chercher les corps potentiels parmi les décombres.
03:00Voilà, merci infiniment. Marie, vous restez avec nous sur des images de Margauxève.
03:04Plusieurs notions très importantes à évoquer par Marie-Jean Tritt et Yann Badrat, c'est les parkings.
03:09Ça fait deux jours que les pompiers, que les sauveteurs espagnols sont à l'oeuvre, mais il faut sonder désormais les parkings.
03:16Et ce n'est pas facile de sonder un parking qui a été envahi par la boue telle qu'on le voit sur notre image en direct.
03:24Complètement, effectivement. C'est très compliqué dans le sens où aujourd'hui, on a pas mal d'outils qui nous permettent de pouvoir évacuer l'eau
03:32quand l'eau est claire. Aujourd'hui, ce n'est pas de l'eau claire qu'il y a là-bas. Malheureusement, c'est de la boue.
03:39Et donc, toutes les pompes qu'on peut utiliser auront tendance à très vite avoir du mal, surtout pour des quantités d'eau comme ce qu'on pourrait retrouver dans les parkings.
03:48Donc la deuxième difficulté, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'électricité sur place.
03:53Donc tout ce qu'on pourra avoir, ce sera grâce à des motos-pompes, à des groupes électrogènes.
03:56Et donc, c'est ce que nous, on va décider d'emmener aujourd'hui pour pouvoir aider et rechercher, malheureusement, les victimes qui pourraient rester dans les parkings.
04:04– Mais ce que je comprends, c'est que le matériel peut s'user ou être bloqué très vite par la boue.
04:10Et quand on voit les volumes, on se dit qu'il en faut des pompes.
04:14– Complètement, oui. C'est bien ça le problème. C'est qu'aujourd'hui, pour pouvoir évacuer une cave qui serait inondée,
04:22en fonction de la capacité de la pompe utilisée, bien évidemment, des fois, ça se compte en heures.
04:28Alors, je vous laisse imaginer ce qu'il faudrait pour évacuer, effectivement, un parking.
04:32– Alors vous, vous partez avec quoi, par exemple, avec votre association ?
04:36– Alors nous, on part avec deux types de matériel.
04:39Le premier, c'est du matériel qui va nous permettre de pouvoir aller creuser,
04:44notamment pour aller faire de la recherche de victimes dans les décombres.
04:49Et puis la deuxième, bien évidemment, c'est tout ce qui va nous permettre de pouvoir faire le déblai et l'épuisement.
04:54Donc plusieurs motopompes qui vont fonctionner sur plusieurs groupes électrogènes.
04:58On part avec beaucoup de matériel et c'est pour ça qu'on prend la route dès aujourd'hui pour être opérationnel demain matin,
05:04puisque sans les véhicules, la quantité de matériel serait très compliquée à amener sur place.
05:09– On le disait, les sinistrés aussi manquent de tout. Ils ont besoin de quoi en priorité ? Qu'est-ce que vous apportez ?
05:16– Alors, en termes de matériel qu'on peut apporter aux sinistrés,
05:20dans ces situations quand elles sont compliquées, on revient en fait aux primaires, à la base.
05:27Donc ce qui va manquer essentiellement, ça va être l'eau, tout simplement.
05:30C'est des choses qui sont très simples pour nous ici, mais qui là-bas deviennent indispensables.
05:34Et puis bien évidemment, la nourriture.
05:36Après, tout ce qui est vêtements, ce n'est plus une priorité dans le sens où ça ne permet pas de vivre un vêtement,
05:42alors que l'eau et la nourriture, nous aussi.
05:44– Bien sûr, bien sûr. Je voudrais qu'on retrouve Marie-Jean Trick,
05:46parce que, Marie, je voudrais que vous continuiez avec Margaux Sèvres à avancer dans cette rue,
05:51parce qu'encore une fois, on a l'impression que la catastrophe s'est déroulée il y a quelques heures.
05:56Alors, ça fait maintenant plus de deux jours, et cette situation, elle est toujours figée.
06:01Et parmi les notions importantes que vous abordiez tout à l'heure avec vos invités,
06:05c'est celles des vols, des pillages, non seulement des voitures, mais aussi des magasins, et même de l'église.
06:12– Exactement, l'église dont vous parlez, Christophe, elle est juste derrière nous,
06:16si Margaux peut la montrer, juste derrière, vous voyez les chaises,
06:21vous voyez les objets qui ont été sortis, et certains, effectivement,
06:25qui ont été volés au cours de la nuit, puisque Juan, avec qui on discutait à l'instant,
06:29nous disait qu'en fait, les gens venaient, alors parfois volaient dans les voitures,
06:32volaient dans les magasins, la police fait des rondes,
06:34mais ce n'est pas suffisant pour éviter les vols.
06:37Nous-mêmes, tout à l'heure, quand on est venus, on voyait des gens qui étaient avec des lampes de poche
06:40en train de regarder dans les vitrines des magasins.
06:43Ce qui est très important ici aussi, c'est que les gens, je sais que vous le disiez à l'antenne,
06:47manquent d'eau, manquent de nourriture, certains n'ont plus l'électricité,
06:52et puis la colère aussi qu'on sent ici, la colère contre ces pilleurs, ces misérables,
06:56comme nous disait Juan, et la colère contre le gouvernement,
06:58avec le sentiment que les mesures de précaution n'ont pas été prises à temps,
07:02et que surtout, il n'y avait pas de volonté, quelque part, d'utiliser l'argent du gouvernement
07:06pour prendre en charge les populations et éviter cette catastrophe.
07:10– Merci Marie, on va aller sur les hauteurs, retrouver Antoine Forestier à l'Étour,
07:13c'était le chaos là aussi, vous avez réussi à vous avancer un peu plus dans le village, Antoine ?
07:20– Oui, en fait, on est redescendu de ce village dans lequel on est depuis maintenant 48 heures
07:24pour constater ce qui s'est passé après le village.
07:27Vous allez voir sur ces images de Julie Roser, notamment ce véhicule,
07:30on a été impressionné de tomber là-dessus il y a quelques minutes,
07:32complètement froissé, une voiture rouge qui se retrouve là sur le bord d'un cours d'eau
07:37qui habituellement, on le constate sur ces images,
07:39c'est à peine un petit filet d'eau qui passe ici,
07:42et bien on voit qu'ici, une fois que la grosse vague a traversé le village de l'Étour,
07:47et bien en contrebas, voilà les dégâts que l'on constate,
07:51c'est ici, dans cette zone, en tout cas pas très loin d'ici,
07:54qu'un premier corps avait été retrouvé,
07:55et c'est ce qui explique que la zone de recherche est étendue sur 5 km,
07:59ici il y a une maison, on voit que les abords de cette maison
08:02ont également été emportés par les eaux,
08:04elle n'a pas eu de plus de dégâts que ça,
08:06parce qu'ici la zone est beaucoup plus élargie,
08:08et donc l'eau a pu dévaler plus facilement que là-haut dans le village,
08:12en tout cas on est à peu près à quelques kilomètres en contrebas du village,
08:15et ici une partie des recherches vont continuer aujourd'hui
08:18pour tenter de retrouver les 5 personnes
08:21qui sont toujours portées disparues dans le village de l'Étour.
08:24– Merci beaucoup Antoine Forestier.
08:25Antoine Forestier, sur des images de Julie Roser,
08:27on a évidemment une pensée pour les Espagnols ce matin,
08:30des dizaines et des dizaines de disparues,
08:32et un bilan donc toujours officiel de 158 victimes.
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