00:00Nous sommes dans le quartier de La Toré, qui a été très impacté par les vagues de boue qui ont déferlé sur ce quartier, détruisant intégralement tout Marie-Thérèse.
00:08Nous sommes deux jours après la catastrophe. Concrètement, dans quel état êtes-vous aujourd'hui ?
00:14Aujourd'hui, nous sommes dans l'état du désespoir parce qu'il y a trop de boue. Il y a des aliments perdus. Il y a des gens désespérés.
00:25Et alors nous sommes en train d'enlever la boue. Mais c'est une boue très épaisse et très malorientée.
00:33Et alors nous ne savons pas quoi faire parce que nous n'avons rien d'aide, à propos de l'État, bien sûr.
00:40Est-ce que vous avez vu des pompiers, l'armée ? Qui vient vous aider, en fait ?
00:44Personne, personne, personne. Les voisins. Les voisins et les jeunes personnes qui sont là, mes amis de la faculté, des amis de ma fille.
00:54Mais rien. On n'avait pas vu de pompiers, ni de la police, ni de la Houmée. Rien du tout.
01:00En plus de ça, pendant deux jours également, vos nerfs ont été à vif parce que votre sœur ne vous a donné aucune nouvelle. Racontez-nous.
01:08Elle était perdue dans une voiture à la dérive. Et alors maintenant, hier, elle m'appelait.
01:14Elle m'a dit qu'elle n'a pas de lumière, pas d'eau, pas d'aliments, mais que je ne passe par là parce que je ne peux pas arriver à elle.
01:21Et alors il y a des voisins qui sont en train d'emporter des aliments.
01:25On vous sent très fatiguée et assez émue de nous raconter tout ça, Marie-Thérèse.
01:29Fatiguée, c'est une fatigue psychologique parce que tu enlèves la boue d'ici et elle revient.
01:37Tu enlèves la boue d'à bas et elle revient. Et tu ne sais pas quoi faire, pas où laisser les enserres.
01:43Je ne sais pas où laisser les choses. Il y a une maison ici. Cette maison, elle était là-bas.
01:48Et elle est venue ici. Et regardez, on ne peut pas passer une ambulance, une voiture de police.
01:54Cette maison, elle était à 250 mètres d'où elle est maintenant.
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