00:00Oui, j'avais travaillé avec Paul dans le cadre de mes fonctions au Collectif Vélo Île-de-France
00:04du temps où il était très investi sur Saint-Ouen.
00:07C'était une super personne, c'était un super militant.
00:11Voilà, il n'y a pas beaucoup de mots pour vous dire comment on est aujourd'hui.
00:16C'est arrivé mardi soir, on est toujours sous le choc.
00:20On est très triste, on est aussi en colère.
00:25En colère, on est tous touchés en tant que cycliste.
00:28Ça résonne chez beaucoup, beaucoup d'entre nous.
00:31Parce qu'en fait, de la violence routière, de la violence motorisée,
00:34comme on a connu Paul avant qu'on lui roule dessus,
00:38on en a tous connu.
00:40Cette voiture qui vous frôle, cette voiture qui vous klaxonne,
00:43cette voiture qui vous fait comprendre que vous n'avez pas votre place sur la chaussée.
00:48C'est quelque chose qu'on vit quasi quotidiennement.
00:50Ça va parfois jusqu'à l'agression physique, très rarement jusqu'à la mort du cycliste.
00:56Mais en fait, aujourd'hui, ce qui est arrivé à Paul,
00:59ça rappelle au cycliste sa vulnérabilité et ce qu'il vit tous les jours
01:03en termes de violence motorisée de la part des automobilistes.
01:05On parlait il y a quelques instants de l'émotion qui est très forte.
01:08Alors là, vous êtes vous à Paris, mais on a montré cette carte
01:10avec ses plus de 200 rassemblements qui ont lieu devant les mairies un peu partout en France.
01:15Et c'est vrai que quand on y pense, cette histoire, elle touche aussi beaucoup
01:18parce qu'on a tous fait du vélo ici ou là, peut-être dans une grande ville.
01:23Et on a tous ressenti à un moment donné cette espèce d'insécurité dont vous parlez.
01:27C'est pour ça que c'est aussi fort aujourd'hui.
01:29C'est parce que le vélo, ça fait partie de notre quotidien finalement
01:32et que ça paraît comme ça quelque chose d'assez anodin.
01:35Et en fait, il peut y avoir de graves conséquences derrière.
01:41Faire du vélo, c'est de...
01:43Enfin, je voudrais quand même dire, faire du vélo à Paris, c'est de plus en plus sûr.
01:46On a de moins en moins de morts à Paris cyclistes.
01:49Et fort heureusement, ça, c'est grâce aux pistes cyclables,
01:52c'est grâce à l'augmentation du nombre de cyclistes.
01:55Il n'a jamais été aussi sûr de faire du vélo dans Paris.
01:57Pour autant, pour autant, malgré ces aménagements,
02:00on a toujours ce problème de comportement, ce problème de violence motorisée
02:04que des gens se sentent autorisés à renverser, rentrer dans un cycliste.
02:10Et là, même jusqu'à tuer le cycliste.
02:12En fait, ça dit quelque chose.
02:14Ça dit quelque chose de cette violence motorisée aujourd'hui
02:18qui connaît une forme de tolérance,
02:20qui est d'une certaine façon banalisée avec tous les débats qu'on peut avoir
02:25sur le fait que 5 km heure au-dessus de la vitesse autorisée,
02:29finalement, ce n'est pas si grave.
02:30Le débat sur 80, 90 sur les routes, dire que ça ne fait pas de différence,
02:35ben non, parce que...
02:36Ou quand j'entends un Michel Sardou qui, sur un plateau télé,
02:39dit le prochain cycliste, je me le fais, sans être pris par le présentateur.
02:43En fait, c'est tout un ensemble de choses qui, à la fin,
02:46donne ce sentiment de puissance, de...
02:50Comment ?
02:51Une banalisation, ça peut être ce que vous dénoncez.
02:53Oui, une forme de banalisation.
02:56Oui, exactement.
02:57Et qu'aujourd'hui, en fait, il faut rappeler que ce n'est pas le cycliste
03:00qui a une arme sous la pédale, mais c'est bien l'automobiliste.
03:03C'est l'automobiliste qui tue.
03:05Il n'y a aucun cycliste, il n'y a aucun piéton qui a tué un automobiliste.
03:08À l'inverse, tous les piétons et tous les cyclistes qui ont été tués à Paris
03:12le sont du fait de motoriser.
03:14Je ne dis pas que tous les automobilistes sont des tueurs en puissance,
03:17mais il y a bien un problème autour de cette violence motorisée.
03:20Et il faut se poser les bonnes questions aujourd'hui
03:22de comment on protège les plus vulnérables,
03:24que sont les cyclistes, mais que sont aussi les piétons.
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