00:00Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on sera moins bien indemnisés quand on sera malade ?
00:04Ça veut dire ça, oui. Puis ça veut dire qu'on ouvre la chasse à la fois aux patients et aux médecins.
00:09On parle d'un raisonnement qui est celui qu'il y a des milliers de médecins qui abuseraient
00:12et des centaines de milliers de Français qui abuseraient.
00:15Je ne pense pas que nous soyons dans une société où une profession escroque l'assurance maladie
00:21et les Français sont des feignants.
00:23Je crois que notre monde a changé, notre société a changé.
00:27Cette société, c'est la fille d'ailleurs de toutes les politiques qui ont été faites jusqu'à présent.
00:32Et si on a une augmentation des arrêts de travail, c'est aussi dû au fait que les Français travaillent plus longtemps,
00:37que les pathologies chroniques ont explosé et que la moindre pathologie aiguë décompense ces pathologies chroniques,
00:43que les rapports dans les entreprises sont devenus plus difficiles
00:49et que l'on a effectivement une augmentation des arrêts et puis on paie les carences du système.
00:53Je vous rappelle que pour obtenir un examen d'imagerie, il faut parfois beaucoup de temps.
00:58Et comme il faut beaucoup de temps, on maintient le patient en arrêt.
01:01Pour avoir un rendez-vous chez un spécialiste, il faut aussi beaucoup de temps et donc on maintient le patient en arrêt.
01:05Donc il faut regarder ça avec une focale extrêmement précise plutôt que faire un raisonnement large qui va pénaliser tout le monde.
01:13Pardonnez-moi, je me fais l'avocate du gouvernement, Jérôme Marti,
01:17mais le fait est que ça coûte très cher ces arrêts maladie,
01:20que ça a flambé ces dernières années, plus de 5 milliards entre 2015 et 2023, et hors Covid, je le précise.
01:27Est-ce que ça s'explique pour des raisons démographiques ?
01:31Parce que les gens travaillent aussi de plus en plus longtemps,
01:34mais est-ce qu'il n'y a pas aussi certains médecins qui abusent en termes d'arrêts maladie, certains employés qui abusent aussi ?
01:42Je vous réponds.
01:43Madame, d'abord, nous produisons non pas des arrêts de travail, mais je vous le montre, des avis d'arrêts de travail.
01:48Ça veut dire que chaque fois qu'on fait un arrêt de travail, ça ne nous a pas échappé.
01:52Il y a un feuillet pour l'assurance maladie, un feuillet pour l'employeur, un feuillet pour vous.
01:55Ça veut dire que c'est une décision qui est une décision collégiale.
01:58Donc on voit bien que les arrêts de travail qui sont en trop grand nombre selon le politique et l'assurance maladie
02:05le sont aussi par faute de régulation de l'assurance maladie.
02:09Mais nous, ça va vous étonner, mais on défend les médecins-conseils.
02:11Alors qu'est-ce qui est en train de se passer ?
02:13Il est en train de se passer que les médecins de conseil voient leur indépendance enlevée.
02:17On est en train de l'émettre de façon autoritaire, surtout tels des CEPAM, des caisses primaires, donc de l'administration.
02:22Donc il y a à la fois un risque de perte du secret médical et de violation de celui-ci par l'administration,
02:28et un risque de politique de quota.
02:29C'est extrêmement dangereux.
02:31Je rappelle que l'arrêt de travail, c'est un traitement.
02:33On l'oublie trop facilement.
02:35Et donc quand le politique, comme ça, agit sur l'arrêt de travail, ferait-il de même sur un médicament ?
02:41Dirait-il, il vous faut moins prescrire cela et on va le faire de façon autoritaire ?
02:45Attention à ça.
02:46C'est pour ça que je dis qu'avant de prendre ces décisions, il faut d'abord étudier la chose de façon plus fine.
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