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Sarah: "Chaque problème d'enfant correspond à un traumatisme d'enfance des parents"
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il y a 1 an
Avec Samuel DOCK
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##BRIGITTE_LAHAIE-2024-10-10##
Catégorie
🛠️
Style de vie
Transcription
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00:00
Sarah est avec nous, bonjour Sarah.
00:03
Bonjour Brigitte, comment allez-vous ? Et Samuel !
00:06
Ah bonjour Sarah, quel beau prénom !
00:09
Alors Sarah, allez-y, on vous écoute, je vous en prie.
00:14
Eh bien écoutez, c'est très intéressant les problématiques que vous soulevez,
00:18
parce que moi j'ai une histoire comme tout le monde,
00:21
mais c'est très intéressant parce que je suis enseignante
00:23
et je vois que chaque fois qu'on voit qu'il y a un problème chez un enfant,
00:26
dès qu'on voit les parents et qu'on apprend d'une façon ou d'une autre
00:29
que c'est un traumatisme d'enfance.
00:31
Et c'est vraiment, ça ne rate pas.
00:33
Alors je pense qu'on a tous des traumatismes,
00:35
je vais vous raconter si vous voulez, mais on a tous des choses comme ça.
00:38
Moi j'avais une famille avec un père et une mère qui s'aimaient beaucoup,
00:41
qui nous enlevait de manière très traditionnelle.
00:43
Et mon frère avait des difficultés avec mon père, ce qui est normal,
00:48
et moi des difficultés avec ma mère, ce qui est je crois normal aussi.
00:52
Et dans les deux cas, moi je suis née, ma mère était très occupée,
00:56
elle m'aimait beaucoup, ce n'est pas la question,
00:58
mais elle voulait se prouver par rapport à mon père et tout,
01:00
elle m'a un peu négligée.
01:02
Et mon frère a entendu dans sa jeunesse qu'il n'était pas le garçon
01:07
que mon père attendait parce que ma mère a eu la bêtise
01:10
de répéter constamment qu'il voulait deux filles, etc.
01:13
Alors que ce n'était pas du tout ça,
01:15
mais ce qu'on a entendu et ce qu'on a senti nous en tant qu'enfants,
01:19
avant trois ans, c'est qu'on n'était pas l'enfant qu'on attendait,
01:22
ou qu'on n'était pas là.
01:25
Et une fois qu'on a enregistré ça, on ne s'en débarrasse pas.
01:28
Je n'ai jamais construit une relation avec ma mère,
01:31
et elle n'y est pas arrivée non plus avec moi,
01:33
et mon frère a toujours pensé que mon père ne l'aimait pas
01:35
et qu'il n'était pas l'enfant qu'il était.
01:37
Alors que c'était vrai du tout, c'est ça qui est incroyable,
01:39
c'est qu'on construit les choses sur des choses qui n'existent pas.
01:42
Et en même temps, je pense qu'on peut s'en sortir,
01:44
parce que mon père, lui, était quelqu'un qui avait eu une vie catastrophique
01:47
et qui était devenu quelqu'un d'incroyable,
01:49
qui s'était construit quand même en dépit de tout ça.
01:51
C'est pas évident du tout, parce qu'il y a le traumatisme,
01:54
et puis qu'est-ce qu'on en fait ? Est-ce qu'on arrive à s'en sortir ?
01:57
Est-ce qu'on n'arrive pas à s'en sortir ? C'est compliqué.
01:59
Mais vous voyez, même quand vous parlez, vous parlez très très vite,
02:02
comme s'il fallait rattraper ce temps qui avait été manqué,
02:06
qui avait été perdu, mais c'est utile,
02:08
puisque ça nous permet de parler de la notion d'enfant imaginaire,
02:11
c'est-à-dire que là, vos parents avaient en tête l'enfant imaginaire,
02:14
ils n'avaient pas pu en faire le deuil, et l'avaient projeté.
02:17
C'est ça ? Un enfant imaginaire ?
02:19
Je ne sais pas, je ne crois pas, je crois que c'est dans les propos,
02:23
ils ne se sont pas rendus compte de ce qu'ils disaient.
02:25
Oui, mais ce qu'ils disaient, Sarah, ça faisait écho à un imaginaire,
02:29
à un fantasme, ils ne disaient pas les choses comme ça, par-dessus la jambe,
02:32
ça faisait écho à une galaxie psychique profonde,
02:35
ça parlait de leur désir profond, leur discours.
02:39
Peut-être. Pour ma mère, oui.
02:41
Pour mon père, je ne suis pas sûre.
02:43
Non, vous avez raison, mais pour mon père, je ne suis pas sûre,
02:45
parce qu'un jour, je sais que j'étais vieille, j'avais au moins 30 ans,
02:48
et je lui ai dit, écoute, je suis désolée,
02:50
je sais que je ne suis pas la fille que tu aurais voulu,
02:52
il aurait voulu une fille brune, une fille...
02:54
Vous voyez qu'il y avait tous les hommes après elle,
02:56
moi j'étais une intellectuelle, mais je suis nulle dans mes relations avec les hommes.
02:59
Et donc je lui ai dit, je suis désolée papa, à 30 ans,
03:01
pas de mari, pas d'enfant, c'est un échec quand même.
03:04
Alors je lui ai dit tout ça, et il me regarde, il me dit,
03:07
mais t'es complètement idiot, mais pas du tout,
03:09
mais moi je t'aime beaucoup telle que t'es, qu'est-ce que tu racontes ?
03:11
Et c'est extraordinaire, je m'étais construit moi-même quelque chose
03:14
qui n'était même pas réel.
03:16
Oui, ou peut-être que vous serniez quelque chose qui lui échappait.
03:18
Et votre mère, alors, sur cet enfant imaginaire, réfléchissez.
03:21
Ma mère c'est compliqué, parce qu'entre mon frère et moi,
03:26
c'est-à-dire que mon frère, elle voulait projeter sa famille sur mon frère,
03:29
elle voulait que mon frère soit de son sang.
03:31
Et les relations de mon père avec la famille de ma mère étaient compliquées,
03:34
donc répéter constamment que mon frère ressemblait à la famille de ma mère
03:39
n'était pas une bonne idée, mais c'est ce qu'elle faisait.
03:41
Et avec moi c'est plus compliqué,
03:44
c'est que j'avais beaucoup de tempérament, beaucoup de caractère,
03:47
et ma mère est une femme qui est compliquée,
03:50
et elle n'aimait pas.
03:52
Par exemple, quand elle n'arrivait pas à gérer un enfant
03:56
qui ne faisait pas tout ce qu'elle voulait.
03:59
Il fallait faire tout ce qu'elle voulait, ma mère.
04:01
Vous n'étiez pas la fille soumise qui restait donc sa fille.
04:06
Vous étiez rebelle.
04:08
Je ne suis toujours pas, c'est le problème numéro un.
04:11
Elle voulait un clone.
04:14
Les mères, avec leurs filles, veulent un clone.
04:18
En tout cas, elles veulent la fille qu'elles imaginent.
04:21
Et c'est en ce sens que Samuel Doc a raison.
04:24
En tant que mère, on veut la fille qu'on imagine qu'on n'a pas été,
04:32
être la femme qu'on n'a pas été, etc.
04:35
On porte en tant que fille des injonctions de la mère.
04:40
C'est pour ça que je dis souvent que c'est très compliqué pour une fille
04:43
de devenir la femme qu'elle a envie d'être,
04:46
parce qu'elle a toutes les injonctions de la mère
04:50
qui veut qu'on devienne la femme qu'elle n'a pas pu être,
04:53
ou qu'elle voudrait être.
04:56
Vous voyez bien, Sarah, que quelque part,
04:59
vous avez souffert d'être un peu emprisonnée
05:05
par un discours maternel.
05:08
Oui, c'est certain.
05:11
Comme Linda tout à l'heure.
05:14
C'est très dur, ça participe de ce sentiment de sécurité
05:17
que décrivait Brigitte dans sa belle introduction.
05:20
Il faut pouvoir se libérer des attentes,
05:23
des discours parentaux pour devenir soi.
05:26
Et ça, je pense que c'est important.
05:29
Dans mon cas, je m'en suis libérée,
05:32
parce que j'ai fait tout un travail.
05:34
Le problème, c'est que l'attente est toujours la même.
05:37
Moi, j'ai 58 ans, et elle continue à faire plus de choses.
05:40
C'est son problème, c'est plus lourd.
05:43
J'ai du mal.
05:46
Et donc, vous n'êtes pas si libérée.
05:49
Non, mais j'en suis consciente, déjà.
05:52
Vous êtes un peu de science.
05:55
Chaque fois qu'on vous écoute, on apprend toujours quelque chose
05:58
qui nous semble évident, et vous nous mettez en lumière.
06:01
C'est gentil, je suis ravie d'être une étoile
06:04
de lumière dans vos âmes.
06:07
Vous mettez le doigt sur les choses.
06:10
C'est incroyable.
06:13
Merci de ce que vous avez dit en introduction,
06:16
parce que ça, c'est vraiment quelque chose qui me révolte.
06:19
Je sais que les enseignants,
06:22
les médecins, certains médecins,
06:25
voient que des enfants vont mal,
06:28
et pourtant, la société ne fait rien.
06:31
Merci de l'avoir dit en tant que professeure.
06:34
Vous les voyez, vous, bien sûr, les enfants
06:37
qui traversent un moment difficile.
06:40
Non seulement ça, mais au nom de problème,
06:43
j'ai un exemple très clair en tête.
06:46
Un jeune qui s'est fait dénoncer pour harcèlement.
06:49
Ce n'était pas du harcèlement, il disait des bêtises,
06:52
comme souvent les jeunes de ce stade-là.
06:55
Il a été dénoncé par des filles, il a été suivi par des enseignants
06:58
à la maison, et le gamin a très mal fini.
07:01
J'ai alerté tout le monde,
07:04
personne n'a bougé. Les professeurs sont restés à l'écoute
07:07
des quelques pestes qui voulaient sa peau,
07:10
et à 14 ans, ce gamin s'est retrouvé tout seul à la maison
07:13
à s'occuper de ses frères et soeurs.
07:16
Je sais bien.
07:19
On avance,
07:22
mais pas toujours dans la bonne direction, c'est vrai.
07:25
En tout cas, faites ce que vous pouvez,
07:28
Sarah, vous êtes sur le terrain, faites ce que vous pouvez,
07:31
je suis sûre que vous le faites bien.
07:34
Il vaut mieux signaler pour rien et faire une erreur que l'inverse, rappelons-le.
07:37
Ça ne bouge pas, vous pouvez signaler, ça ne bouge pas.
07:40
Il y a tellement de dossiers.
07:43
Notre parole n'est pas écoutée, très souvent ce sont des conseillers d'éducation,
07:46
des gens extérieurs, un conseiller familial,
07:49
il n'est pas dans le collège, il vient une fois de temps en temps,
07:52
et nous, quand on parle, ils disent vous n'êtes pas des professionnels,
07:55
et donc ils transmettent des informations entre eux, mais nous ils ne nous transmettent pas,
07:58
ils estiment qu'on n'est pas des pros, alors que justement on est au contact.
08:01
Tout à l'heure, Brigitte disait quelque chose sur un chien,
08:04
elle était toute émue, je l'ai senti.
08:07
J'amène des animaux en classe.
08:10
Amener un animal, amener un enfant, me révéler tout un contexte familial,
08:13
parce que je racontais que quand un chien va mort, il faut faire attention,
08:16
et elle est venue me voir après quand, je dis oui, mon père a tué mon chien.
08:19
J'ai pris le temps de l'écoute, et ce qui était extraordinaire,
08:22
c'était tout ce qu'il y avait derrière, c'est-à-dire que le père avait tué le chien,
08:25
mais le père avait battu la mère, et c'est grâce à cet animal
08:28
que la parole s'est libérée, et que la petite a pu sortir de sa souffrance.
08:31
Oui, ça fait écho, parce que dans l'Enfant Thérapeute,
08:34
je raconte comment c'est un chien qui a sauvé ma mère en prévenant
08:37
les secours du drame qu'elle vivait chez elle,
08:40
et des maltraitances et du sadisme qu'elle subissait chez elle,
08:43
donc bien sûr ça trouve un écho très très fort.
08:46
Les animaux, les animaux animales ont une sorte de tuteur
08:49
dans des enfances assez terribles.
08:52
Donc oui, bien sûr, bien sûr.
08:55
Merci beaucoup de votre témoignage Sarah, merci à vous.
08:58
On fait une petite pause, on se retrouve dans un instant.
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