00:00En allant à l'extérieur, utiliser mon corps, c'est ce que c'est pour moi.
00:30Donc j'ai structuré ma vie pour que ça soit la priorité.
00:33Parce que ça me rend le plus heureux et intégré en tant qu'humain.
00:50C'est nous !
00:51Ouais.
00:52Un mur de 700 mètres de haut, avec 55 degrés d'inclinaison, qu'il faut avaler sans cordes
01:02et sans aucune sécurité.
01:03Un début de journée ordinaire pour l'américain Anton Krupika.
01:08C'est un scramble très modéré, donc je le fais la plupart des jours.
01:12Je connais tous les trous que je prends sur la route.
01:17Ça semble compliqué si tu n'as pas de cordes, non ?
01:20C'est moins compliqué si tu n'as pas de cordes.
01:39Je suis assez confortable sur la roche.
01:41C'est une expérience plus libre sans la corde.
01:43Et tu peux bouger plus rapidement.
01:45Donc ça va mieux dans la course que de s'arrêter et de s'accrocher.
01:50La sensation du mouvement est beaucoup plus enthousiastique qu'en courant.
01:54Et tu montes dans une très belle formation.
02:09Courir, parfois plusieurs heures et en bas déjà, se lancer dans l'ascension suivante.
02:14Ces entraînements, Anton Krupika les aime copieux.
02:17Et perché sur des arêtes.
02:39Le fait que je suis né en Nebraska, dans une partie très rurale de l'État, sur une ferme,
02:44m'informe sur la façon dont je m'approche de courir aujourd'hui.
02:53C'était une façon de sortir sur la terre, dans le monde naturel.
02:56Et c'est le rôle qu'il me remplit maintenant, dans ma vie actuelle.
03:01C'est l'interaction avec le monde naturel.
03:03C'est plus facile de courir si tu n'as pas beaucoup de choses à porter.
03:05Et c'est plus amusant.
03:07Et c'est plus pur et satisfaisant.
03:12Je pense que Tony est une excellente représentation du style américain.
03:17Juste aimer les montagnes.
03:26C'est une vie simple, vivante jusqu'au maximum.
03:29C'est amusant de pousser toi-même et de tester tes limites pour voir
03:32à quel point tu peux atteindre le haut des montagnes.
03:34Mais tu dois l'apprécier.
03:36Et si tu n'apprécies pas ce que tu fais,
03:38c'est inutile de le faire.
04:03C'est mon appartement à Boulder.
04:05Comme tu peux le voir, c'est un appartement studio très petit.
04:11Un grand appartement n'est pas important.
04:13Il s'en vient pour chercher les choses que je me sens plus satisfaites.
04:17J'aime le lieu.
04:19Il a une magnifique vue vers les montagnes.
04:24C'est affordable.
04:25Ça suit mes besoins.
04:28Je ne sais pas.
04:29C'est ma base de maison quand je ne suis pas dans la voiture.
04:32Les chaussures sont mes outils principaux.
04:34J'ai un tas de chaussures ici.
04:37Un tas de chaussures au centre de la salle.
04:39Les chaussures que j'utilise actuellement.
04:41Des boîtes et des boîtes de chaussures.
04:43Pour l'avenir.
04:44En haut.
04:47Et quelques-unes en dessous.
04:50J'en ai un tas ici aussi.
04:54Chaque couverture a des chaussures.
04:56J'ai des assiettes ?
04:58Voici une.
04:59Des assiettes.
05:01Je n'en ai pas vraiment.
05:02J'en ai quelques-unes.
05:05Ce sont mes casseroles.
05:07Mon café le matin.
05:10C'est tout ce que j'ai besoin.
05:11C'est suffisant.
05:13Des livres, des chaussures.
05:15C'est tout.
05:20Tu sais combien de chaussures tu utilises par an ?
05:24Des dizaines.
05:25Je ne les porte pas toujours jusqu'à ce qu'elles soient complètement vêtues.
05:30Je ne sais pas combien de kilomètres j'ai dans chaque chaussure.
05:33Parce que j'utilise tellement de chaussures différentes.
05:36Dans une semaine, je porte 3 ou 4 chaussures différentes.
05:41Ça dépend.
05:43Probablement 30 ou 40 chaussures par an.
05:45Ça peut être un peu haut.
05:4620 ou 30.
05:49Je les garde beaucoup.
05:52Parce qu'elles ont un sens sentimental.
05:56Je les ai vêtues ou quelque chose comme ça.
06:00C'est un peu compliqué pour moi.
06:09Ça prend du temps.
06:11Oui, c'est compliqué pour moi.
06:30C'est mon cinquième Saint-Anne si on y va.
06:32Vraiment ?
06:33Oui, c'est le Saint-Anne là-bas.
07:00Chaque fois que je sors de la montagne, je me sens sûrement méfieux.
07:04Je le sens l'expérience la plus confortable des montagnes.
07:07et samples integrée avec beaucoup de landscape.
07:09C'est un montant très puissant,ơn c'est une portion très contente et c'est ce qui m'a valorisé.
07:22Je ne sais pas si je raffiner d'Asie.
07:24dans les montagnes et intégrée dans le paysage.
07:28C'est une sensation très puissante et compétitive
07:31qui m'empêche de revenir.
07:55C'est mon travail, mais c'est aussi ma passion.
07:58Il y a une certaine façon dont je veux faire des choses.
08:01Je suis assez opinionné et stupide.
08:03Et avoir ce groupe de gens
08:08qui me dictent ce que je devrais faire
08:11au quotidien, ça ne fonctionnera jamais.
08:15Est-ce que tu t'améliorerais si tu avais un entraîneur ?
08:18Oui, peut-être.
08:20Peut-être, presque certainement.
08:22Mais pour moi, ma meilleure performance
08:25n'est pas mon objectif dans ce sport.
08:27C'est plus de la réalisation personnelle et de l'exploration
08:31et de l'apprentissage et de l'évolution.
08:46T'aimes la musique ?
08:47J'aime la musique, oui.
08:49J'aimerais...
08:51J'aimerais apprendre à jouer un instrument musical.
08:54J'ai joué la trompette à l'école,
08:56mais j'aimerais jouer le piano ou la guitare.
09:01J'écoute beaucoup de musique, j'aime bien.
09:08C'est la gauche de Pearl Street, à Boulder.
09:11On va aller à Triton Bookstore & Café.
09:16C'est un endroit où je vais beaucoup,
09:19lire des livres, boire du café.
09:24Mes parents m'ont instillé des valeurs.
09:26L'une d'entre elles, c'était l'éducation.
09:29Grandir en tant qu'homme et apprendre
09:30du monde et de soi-même,
09:32différentes cultures et idées,
09:34c'est quelque chose que mes parents m'ont instillé
09:36à un jeune âge et qui m'ont encouragé à lire
09:39et qui m'ont modélisé comme une activité importante.
09:42La plupart du temps que je lis, c'est de la fiction,
09:45des livres, de la littérature, je suppose.
09:47C'est pour mon plaisir personnel,
09:49pas pour le running, typiquement.
09:55Le lien entre la littérature et le running,
09:59c'est qu'ils sont deux formes différentes
10:01de l'apprendre, plus sur le monde,
10:03et plus sur soi-même.
10:05L'une, c'est la vie,
10:07et l'autre, c'est l'éducation.
10:09Une des meilleures façons de grandir en tant qu'homme
10:11est d'être exposé à d'autres idées.
10:15C'est généralement ce que les livres sont.
10:20En plus, le café est bon aussi.
10:39En plein mois d'août au cœur du Valais suisse,
10:41à une cinquantaine de kilomètres de Chamonix,
10:43Anton Krupika parcourt le monde
10:45pour participer aux courses d'Ultra Trail
10:47les plus prestigieuses de la planète.
10:51Il vient ici pour l'Ultra Trail du Mont Blanc,
10:53une sorte de championnat du monde de la discipline,
10:55son objectif numéro un.
10:59Il effectue ce jour-là son dernier entraînement,
11:01tout à son image.
11:03C'est le début du processus.
11:17Je vais prendre une douche.
11:19Est-ce qu'on va faire
11:21un petit tour de lacets ?
11:23T'es dégoûté ?
11:25Oh mon Dieu ! C'est horrible !
11:33Anton est presque un ovni
11:35dans le monde du trail.
11:41Il marque son temps
11:43par sa façon d'être,
11:45aussi simple et aussi pur
11:47que ça peut l'être.
11:53Et puis le côté babbe,
11:55tranquille.
12:03Je pense que c'est son cheveu.
12:07Le cheveu sur son poitrine
12:09qu'il montre si souvent.
12:13Mon poitrine était sauvage
12:15et sa tanne.
12:17Je pourrais être aussi populaire,
12:19je ne sais pas.
12:23Il a un aspect.
12:25Les gens trouvent ça romantique,
12:27ce style de vie,
12:29et il est un symbole de ça.
12:33Je pense que moi-même,
12:35je n'aurais pas pu le prendre.
12:37J'ai certainement été inspiré
12:39par Anton,
12:41je l'adore.
12:43Son style,
12:45d'être relax,
12:47d'aller dans les montagnes tous les jours
12:49et de le faire aussi simple que possible.
13:03Il faut satisfaire à la vérification
13:05du sac, du matériel,
13:07au contrôle antidopage.
13:09Et ici, Anton Krupika
13:11ne passe pas inaperçu.
13:21C'est une personne qui est vraie
13:23et qui représente
13:25ses valeurs,
13:27qui représente sa pratique
13:29d'une certaine manière.
13:32Je pense que c'est avec ça
13:34que les gens s'identifient.
13:36On le voit courir torse nu,
13:38donc on adore.
13:40Il a plein de fans ici.
13:42Il est très beau.
13:44Ce n'est pas nécessairement
13:46ce qu'il dit,
13:48mais c'est le fait qu'il soit authentique.
13:50Et ça, c'est quelque chose
13:52que tu ne peux pas vraiment inventer.
14:02Tu es prêt pour l'étape ?
14:04Je devrais être prêt !
14:06C'est parti !
14:14J'apprécie énormément
14:16que les gens soient intéressés par ce que je fais.
14:18D'un autre côté, il y a quelque chose
14:20d'alienant sur le fait
14:22que tu es mal porté
14:24dans les médias.
14:26C'est pareil quand tu rencontres
14:28des gens qui veulent juste prendre une photo.
14:30C'est quelque chose d'alienant.
14:44Je ne me moque pas,
14:46car je sais que
14:48en tant qu'athlète sponsorisé,
14:50il faut avoir
14:52une sorte d'appel.
14:54Tu fais partie de la division de marketing.
15:001, 2, 3, go !
15:10Le début de l'UTMB est
15:12comme n'importe quel autre événement.
15:14C'est la sensation de 25 000 corps
15:16derrière toi.
15:18L'énergie de tout ce
15:20entraînement accumulé
15:22et la préparation pour ce moment.
15:24Je dirais que le premier demi-kilomètre
15:26est la partie la plus effrayante
15:28de toute la course.
15:59C'est un mythe,
16:01mais c'est aussi un challenge
16:03qui est amusant.
16:05Il y a un nombre de randonneurs
16:07qui font ça en 9, 10, 15 étapes
16:09pendant des jours de repos.
16:11Nous, on s'amuse à le faire en une fois.
16:13Je pense que le but du jeu
16:15de tout le monde au départ,
16:17c'est d'essayer de rallier l'arrivée.
16:29Il veut y laisser son empreinte.
16:33Mais il sait aussi
16:35qu'avec un départ donné à 17h,
16:37l'Ultratrail du Mont-Blanc
16:39débute par une plongée dans un univers hostile.
16:45On est soumis à des changements climatiques,
16:47à des changements de terrain,
16:49à des pierres qui sont un peu partout,
16:51des racines de la forêt.
16:53C'est un terrain mental,
16:55des sentiers qui sont assez petits.
16:59Il y a certainement un appel à ça
17:01parce que vous prouvez
17:03à vous-même que vous êtes fort suffisamment.
17:12Il vous transporte à un endroit différent
17:14où nous ne passons plus
17:16dans notre vie quotidienne
17:18dans la société moderne.
17:20Sur ces très longues distances,
17:22chaque Ultratrailer évolue en semi-autonomie
17:24et dispose d'une assistance
17:26lors de points ravitaillement.
17:28C'est un fonctionnement similaire
17:30à un passage au stand sur une course automobile
17:32avec des arrêts courts
17:34et un point éventuel sur la stratégie à suivre.
17:36A ce moment de la course,
17:38il reste à parcourir pour ces coureurs d'élite
17:40près de 80 km.
17:42A ce moment de la course,
17:44il reste à parcourir pour ces coureurs d'élite
17:46près de 80 km.
18:12C'est au milieu de la nuit
18:14à 2h du matin
18:16que l'on cerne la popularité de l'Américain.
18:18Il est alors en cinquième position
18:20et ce moment de respiration
18:22se passe pour lui en apnée
18:24devant une dizaine de caméras.
18:26Un paradoxe
18:28dans le petit monde de l'Ultratrail.
18:42Au revoir !
19:13La plupart des coureurs
19:15portent dans ces conditions extrêmes
19:17un coup de vent et une combinaison.
19:19Rien à voir avec l'Américain Anton Krupika
19:21qui préfère lui rester léger.
19:23En débardeur au sommet de l'Ultratrail du Mont Blanc,
19:25l'Américain va coincer,
19:27tomber malade,
19:29pris de vomissements comme trahi par son corps
19:31qui refuse de s'alimenter.
19:33Lorsqu'il réapparaît enfin,
19:35c'est plongé dans un état second,
19:37incapable de tenir debout.
19:39Il dit adieu à tout rêve de victoire.
19:41Mais il est surtout au bord de l'abandon.
20:12Désolé, les choses sont difficiles.
20:25Tu dois décider avec ton esprit
20:27que tu vas continuer,
20:29parce que ce n'est plus facile.
20:34Tu es à la base
20:38de continuer à avancer
20:40et de continuer d'avancer.
20:42C'est une expérience
20:44qui devient
20:46un peu plus simple
20:48que ce que tu n'as pas
20:50dans les événements plus courts.
21:10Dans ces courses vraiment longues,
21:12on fait du mieux qu'on peut.
21:14Quand on arrive à la fin,
21:16c'est très satisfaisant,
21:18peu importe la place
21:20à laquelle on est arrivé.
21:41Un accueil de vainqueurs,
21:43six heures après l'arrivée des meilleurs.
21:45Suivre une course d'Anton Krupika
21:47est une expérience déroutante.
21:49Le public, qui avait déserté la ligne d'arrivée,
21:51est revenu spécialement pour l'applaudir.
21:53Et ça, le coureur y est particulièrement sensible.
21:55C'est très spécial de courir 26 heures
21:57et que les gens l'apprécient.
21:59Merci beaucoup.
22:06C'est un personnage que les gens connaissent,
22:08et donc les gens ont beaucoup d'attentes
22:10sur sa performance,
22:12sur sa participation à l'IPMB.
22:14Je pense que ça a plu
22:16qu'il aille au bout,
22:18parce que c'est aussi quelque chose
22:20avec lequel on peut s'identifier.
22:27Il porte une forme de drapeau,
22:29et ce drapeau-là,
22:31il n'est pas forcément toujours simple à porter,
22:33mais il le porte plutôt pas mal.
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