- il y a 1 an
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00:00On va parler de choses extrêmement concrètes qui nous touchent aujourd'hui. Après les pénuries de médecins, les pénuries de médicaments.
00:06Oh ! Ça, je croyais que c'était réglé. On nous en avait parlé déjà depuis 2020. On va voir qu'il y a Macron qui avait fait
00:11des grandes annonces sur ce sujet. Mais longtemps qu'on a des pénuries, eh bien visiblement, le problème, comme vous allez le voir,
00:18n'est pas réglé, n'est pas près d'être réglé, a tendance à s'aggraver. Et on va voir pourquoi et ce qu'il se passe.
00:26Avant d'aller plus loin, je vous invite à vous abonner à cette fantastique chaîne et à partager mes vidéos.
00:31Parce que c'est gratuit, ça fait vivre la chaîne, et ça me fera plaisir.
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00:43Zone artisanale, c'est la traduction concrète des idées que je prône sur cette chaîne. Un projet pertinent,
00:47qui répond à un besoin réel des artisans et qui encourage le développement de la production française sans subvention.
00:54En somme, tout l'inverse de la soi-disante relocalisation engagée par nos gestionnaires de l'année,
00:59se résumant à la multiplication d'éléphants blancs, structurellement déficitaires, sans clients et bourrés d'argent public.
01:06Cette boutique est en constante évolution. Vous retrouverez les dernières nouveautés dans l'onglet dédié.
01:11Et l'onglet artisan vous permet de découvrir rapidement les produits de chacun d'entre eux.
01:15Tous les liens sont en description. Merci de votre attention. Et reprenons sans plus tarder le fil de notre singerie du jour.
01:22Pénurie de médicaments, les pharmaciens face à une situation critique le 30 mai 2024.
01:28En 2018, 868 médicaments étaient signalés en rupture. Désormais, les compteurs s'affolent.
01:34Ce sont pas moins de 4 900 signalements en 2023 contre 3 761 en 2022. Donc rien qu'en un an, là, déjà qu'on est sur des plus hauts,
01:43encore une hausse de 30% de ruptures signalées. On est en rupture de médicaments de base, d'amoxyline sous forme pédiatrique,
01:51d'antidiabétiques comme l'ozempic et le trulicity. L'ozempic qui sert d'ailleurs aux stars pour perdre du gras, maintenant.
01:58Mais bon, c'est autre chose. Les pénuries de produits de santé ont toujours existé, mais leur nombre a été multiplié par 30
02:04au cours de ces 10 dernières années, jusqu'à atteindre la situation critique que nous connaissons tous depuis la crise sanitaire.
02:11Donc 10 ans que le problème est apparu, se renforce d'année en année, jusqu'à ce qu'on appelle une situation critique qui dure depuis 4 ans.
02:20On va voir comment le problème a été traité ou pas traité, justement. Le nombre de médicaments en rupture augmente,
02:26mais aussi les catégories concernées. D'accord, donc il y a un problème vertical de quantité et horizontal sur toute la gamme.
02:34Le truc, ça grave dans tous les domaines. La pénurie touche désormais tous les médicaments sans distinction.
02:40Même le paracétamol vient à manquer, ce qui est particulièrement bizarre en 2024, comme on va le voir.
02:46Les pénuries de médicaments qui compliquent le quotidien des pharmaciens sont devenues l'affaire du gouvernement.
02:52Vous allez voir que Macron s'est beaucoup engagé là-dessus, notamment sur le paracétamol. Il y voit avant tout un sujet de souveraineté,
02:58puisque les pays asiatiques concentrent désormais l'essentiel de la production. 60% à 80% des principes actifs des médicaments
03:05proviennent d'Asie. Vous avez le principe actif. Puis après, il est importé et il va être conditionné, reformulé dans un médicament.
03:13Parfois, le conditionnement peut se faire ailleurs qu'en Asie. Mais en tout cas, vous avez besoin du principe actif pour faire le médoc, quoi.
03:20Et ça, ça se fait surtout en Inde et en Chine, qui sont aussi de gros pourvoyeurs de médicaments génériques.
03:26La relocalisation de la production en France est une des priorités gouvernementales à rappeler Macron
03:31lors d'un déplacement en Ardèche. Alors d'où vient le problème ? Pourquoi est-ce que ça fait 10 ans que le problème s'aggrave
03:38dans tous les domaines, s'étend à tous les médicaments, et que nous sommes dans une situation critique depuis 4 ans ?
03:45Pour la NSM, l'Agence nationale de sécurité du médicament, qui ne s'est jamais bien distinguée par sa compétence et son sérieux...
03:52Enfin il y a eu des problèmes, quoi. Eh bien la NSM voit plutôt dans ces pénuries des origines multifactorielles, ces compliqués,
03:59difficultés de fabrication, défauts de qualité, production insuffisante. Et puis la guerre en Ukraine, qui a eu un impact sur les productions,
04:06puisque certains conditionnements comme le verre et l'alu viennent à manquer. Tout venait d'Ukraine, encore une fois.
04:12Eh oui, ce petit pays de 30 millions d'habitants à peine, avec le PIB... C'est même pas la région Rhône-Alpes, je crois.
04:18Tout est fait fabriquer là-bas. Vous comprenez ? Mais apparemment, les pharmaciens ne sont pas dupes.
04:23Ils dénoncent ceux des prix de vente des médicaments qui sont trop bas et inciteraient les laboratoires à vendre à d'autres pays.
04:29Ils prennent l'exemple de l'Ozempic. L'Ozempic, qui est facturé donc 70 €. Ça, c'est un prix administré avec la Sécu.
04:35Et c'est vendu entre 400 et 600 € la boîte. Enfin 1 $. C'est pas étonnant que les industriels aillent chercher leur intérêt ailleurs.
04:42Donc quand il faut vendre de l'Ozempic, on les vend d'abord aux Amerloc au prix fort. Et puis s'il y a du surplus, on en vendra ailleurs en Europe.
04:50Et puis s'il y a du surplus, on fournira un peu la France. Puis bon, on veut pas non plus trop se fâcher, parce qu'on a d'autres produits à fourguer à la France.
05:00Et la Sécu est quand même un très très gros marché pour l'industrie pharmaceutique. Alors c'est vrai que, comme on va le voir,
05:06il y a eu une espèce d'alliance, un deal qui est passé avec l'industrie pharmaceutique, qui est de dire sur les médicaments génériques ou vieux,
05:15on vous les achète au prix plancher, donc vous allez rien gagner avec ça. Mais on accepte de vous payer des médicaments innovants au prix fort.
05:23Et comme c'est remboursé par la Sécu, ça fait un marché solvable très intéressant, quoi.
05:27Face à ces manques, les réponses commencent à se coordonner. Ah ! Enfin un peu d'action.
05:32On a les pouvoirs publics qui se voient de la face. « C'est la faute de la guerre en Ukraine. C'est compliqué à fabriquer.
05:38On sait pas trop d'où ça vient. On savait fabriquer des médicaments. Maintenant, on sait plus. Qu'est-ce qui s'est passé ? »
05:42Les pharmaciens expliquent qu'il y a un problème au niveau de la fixation des prix dans un contexte de mondialisation,
05:49où la liberté de circulation de marchandises fait que les fabricants sont libres de vendre là où ils veulent.
05:54Et donc, face à ces manques, la réponse commence à arriver. Et devinez quoi ? Ils vont simplement gérer la pénurie.
06:01Eh oui. Les acteurs de la chaîne pharmaceutique se sont engagés. Ils ont signé une charte pour répartir équitablement
06:07les stocks de médicaments disponibles sur le territoire. Il s'agit pas de régler la pénurie. On va gérer la pénurie. Voilà. C'est tout.
06:15Parce que les décisions qui permettent de la régler se prennent ailleurs. Alors on va faire un tableau d'équivalence des médicaments
06:21pour vous fournir un médicament qui n'est pas celui qu'on vous aurait prescrit mais qui ira bien dans le contexte actuel.
06:27Et puis vous allez avoir la fameuse « alliance européenne des médicaments ». Voilà. Comme je vous avais dit dans cette vidéo
06:34sur les vraies valeurs de l'UE, eh bien à chaque fois qu'il y a un problème, c'est l'occasion d'aller plus loin dans le fédéralisme européen.
06:41Et on te dit « La solution n'est pas nationale. C'est au niveau européen. Faut qu'on s'entende entre nous.
06:46Faut qu'on complexifie encore plus le bordel européen pour créer cette espèce de chimère complètement idéologique ».
06:52Mais bon, c'est pas grave. Donc tout ce qu'on sait faire pour le moment, c'est gérer la pénurie. Et pourtant, Macron...
06:57Macron, en 2020, il avait promis la relocalisation. C'est maintenant, dans le domaine de la santé.
07:03— N'était plus produit en France et en Europe. — Oh, les médicaments sont... On a découvert que les médicaments
07:08n'étaient plus produits en France et en Europe. — Tout le monde l'a vécu. Et donc nous devons, au-delà de nous poser la question,
07:13tirer toutes les conséquences. Et je souhaite d'ailleurs qu'avec Sanofi, nous continuions dans cet esprit de partenariat
07:20à pleinement réengager ce dialogue. D'ailleurs, gagnant-gagnant, ou parce que nous investirons dans ces initiatives
07:26de relocalisation, nous prendrons les engagements, on pourra par exemple pleinement reproduire, conditionner et distribuer
07:35du paracétamol en France.
07:38Ouais, le succès de la start-up nation, les enfants. Alors là, vous avez tout. Vous avez le président de la République qui vient
07:44sucer une multinationale qui a passé son temps à délocaliser la production et donc qui est responsable du fait que
07:49les produits essentiels, médicaments, comment... On s'est aperçus que c'est plus produit en France et en Europe.
07:54Oui, vous leur avez permis de délocaliser en Inde et en Chine. Et tout le monde le sait. Mais bon.
07:58Et donc là, maintenant, on va renouer le dialogue. Et puis dans un partenariat gagnant-gagnant, en discutant un peu,
08:05en leur donnant du fric, on va essayer de fabriquer du paracétamol. Ouais, c'est pas un médicament qui date du début XXe siècle, ça ?
08:13J'ai pas regardé de quand date le paracétamol. Apparemment, ça remonte à l'Antiquité.
08:18Des préparations à partir de composés naturels d'écorces de machin-chose, avec de la quinine.
08:231897, l'aspirine est synthétisée par Felix Hoffmann. Grand succès des laboratoires Bayer.
08:30Ça fait un petit peu 150 ans qu'on fabrique du paracétamol et de l'aspirine et du doliprane et tous ces trucs-là, quoi.
08:37Mais là, on va mettre des millions sur la table. Faut qu'on retrouve la capacité à produire du paracétamol.
08:425e puissance mondiale ou 6e ou 7e, on sait plus. La Startup Nation, on va essayer de faire un médicament de l'ère pré-industrielle.
08:50Alors bon, c'est ridicule. Et on va voir un petit peu... Parce que là, il est allé chez Sanofi, donc, annoncer qu'il va renouer le dialogue
08:58pour encourager la relocalisation auprès de ceux qui ont délocalisé. Et donc il faut leur donner du fric,
09:03parce qu'il faut que le projet soit rentable, compétitif à l'échelle internationale. Et il ne faut surtout pas remettre en cause
09:09la mondialisation. On va pas mener une politique protectionniste. Par contre, dans le même temps... Ça, c'est très macronien.
09:16Le président de la République a voulu rassurer. « Les pénuries de médicaments pour raisons de fabrication lointaines
09:21et de priorité nationale, c'est fini ». Eh oui, parce qu'on va subventionner les relocalisations à produire du paracétamol en France,
09:29200 millions d'euros, pour adapter et étendre les infrastructures. « Ces relocalisations seront accompagnées d'un mécanisme
09:36de planification de la production française de médicaments, d'une politique de résilience en matière de santé soutenue
09:42par un investissement de 200 millions destiné à adapter et étendre les infrastructures de production ».
09:47Car dans les années à venir, d'autres crises sanitaires sont à prévoir. Apparemment, le PDG de Sanofi avait provoqué
09:53une polémique en 2020, puisqu'il avait dit vouloir réserver la primeur du vaccin aux Américains, qui avait mis 30 millions
10:00dans la recherche. Ça n'avait pas plu. Et finalement, il est dans son usine. Et il va lui filer 200 millions, ou en tout cas
10:06une partie de cet argent, pour encourager la relocalisation. Bon. Alors on va voir ce qu'il en est.
10:11« Pourquoi la production du paracétamol Made in France prend du retard ? » 21 août 2024. Et ça fait 4 ans.
10:18« La rentabilité du projet reste à prouver ». Oh, comme c'est bizarre. On va comprendre aussi pourquoi il y a un problème
10:24de rentabilité. Il y a un problème de coût, mais il y a aussi un problème de prix, de prix d'achat.
10:28Qui sait qu'achètent les médocs ? Bon. « Ce lundi 8 avril, des bouteilles destinées à l'export... »
10:34Bouteilles d'effet rallant à l'export vers l'Afrique. « ...défilent sur la ligne automatisée. Toutes les étapes de la formulation
10:40au conditionnement sont assurées sur place. Toutes sauf celle du paracétamol, la molécule qui compose
10:46cet antalgique utilisé contre les douleurs et la fièvre. UPSA l'importe d'Inde, de Chine ou des États-Unis,
10:54tout comme son concurrent Sanofi, avec sa marque iconique Doliprane, dont environ 400 millions de boîtes
10:59sont vendues chaque année dans l'Hexagone sur un marché total de 500 millions ». Ils sont presque en situation
11:05de monopole. Il va falloir faire une action auprès de la Commission européenne pour se plaindre.
11:08On parle d'un projet trop ambitieux qui est mené par le groupe de chimie pharmaceutique Sequence à Roussillou, en Isère.
11:16100 millions d'euros, dont 30% à 40% financés par l'État. Et c'est drôle, parce que ça va être implanté
11:21là où le dernier atelier français de fabrication de paracétamol avait été fermé en 2008 par Rodia,
11:27face à la concurrence asiatique à Bakou. Tout un symbole. L'objectif – et là, il faut retenir – ça va être de produire
11:3415 000 tonnes de paracétamol par an. La moitié de la consommation européenne. Quant à celle de la France,
11:40elle est de 4 000 tonnes. Donc ils ont fait une usine grand format pour essayer, j'imagine, d'avoir des économies d'échelle.
11:46Et ils se disent « On va produire presque 4 fois la production française. Et on va essayer de vendre ça aux Européens
11:54ou à quelqu'un ». Alors qu'il y a déjà de cela plus de 10 ans, plus de 15 ans même. La dernière usine avait fermé
12:01face à la concurrence asiatique à Bakou, qui est toujours à Bakou. Donc le problème n'est pas réglé.
12:05On est en train de faire un éléphant blanc à 100 millions pour produire, pour surproduire en plus, parce qu'actuellement,
12:12en fait, il n'y a pas de pénurie de paracétamol. C'est pas le produit qui est le plus en pénurie. Donc on va juste faire exploser
12:19l'offre et faire baisser les prix. Mais bon. Donc le chantier des Erwois prend du retard, sortira pas avant 2026.
12:25C'était en fait une décision très politique prise en partie pour assurer la population et amuser les gens.
12:30Et on fout du fric. Voilà. On n'a eu aucune politique intelligente en matière de souveraineté du médicament
12:36pendant des décennies. Et au dernier moment, quand on est dans une crise... Ça fait 10 ans qu'il y a des problèmes,
12:43donc depuis 2014. 2020, il y a la crise. Et là, on s'est tous aperçus qu'il y a eu des délocalisations.
12:49Allez, vous en faites pas. On va faire un gros chèque d'argent public et prétendre qu'on prend le problème à bras-le-corps.
12:55Les délais industriels avancés par l'Élysée étaient sans doute trop audacieux, hein, quand on dit des conneries.
13:00Le laboratoire s'est engagé avec UPSA à s'approvisionner sur le long terme à l'usine de Roussillon.
13:05Donc ça, c'est au moins un truc un petit peu rassurant, d'avoir au moins un client qui s'engage à acheter la production.
13:12Il y a 15 000 tonnes, hein, de toute façon. Donc ça va être compliqué à écouler, mais on verra bien.
13:17C'est UPSA qui explique qu'ils préfèrent avoir un approvisionnement local. Mais en fait, ça va être une partie de leur production, quoi.
13:23Alors ils se sont compliqués la vie. Séquence qui produit déjà cette molécule sur deux sites en Chine a d'abord dû trouver
13:30la bonne recette pour la fabriquer de manière compétitive en France, un casse-tête qui a rallongé la phase de recherche
13:35et de développement. Nous avons développé des procédés innovants, notamment sur le plan environnemental,
13:39pour consommer moins d'eau, d'énergie, de matières premières. Donc on met les gens en concurrence des loyales
13:45avec des pays qui n'ont pas du tout les mêmes normes. Je sais pas si ces normes se justifient. C'est pas la question.
13:49Mais le fait est qu'elles sont là. Et ensuite, on leur dit « Vous avez le droit d'aller produire à PETA ou CHNOC,
13:55là où vous n'avez aucune régulation, et de tout réimporter en France quasiment sans droit de douane, sans taxe,
14:01et bien sûr sans quota, par contre ». Et on s'étonne que depuis 2008, on fabrique plus de paracétamol en France.
14:07Alors pour compliquer les choses, en plus des problèmes réglementaires, puis aussi du coût du travail qui est forcément plus élevé,
14:14un projet rival a vu le jour. Une start-up s'est lancée qui vante un procédé de production moins polluant, révolutionnaire,
14:21et qui pourrait obtenir le soutien de Bercy. Donc on finance un peu tout et n'importe quoi.
14:26Fabriquer du paracétamol à la manière chinoise n'a aucun intérêt. Prêche son PDG. Vous allez voir un peu ça.
14:3232 millions d'euros d'investissement, dont 4,4 millions d'aides de la région Occitanie.
14:37Isofen promet une commercialisation de ses premiers liots. 4 000 tonnes par an, donc la totalité du besoin français.
14:43Dès le second semestre 2025, coiffants, sequences, haut passage, haut poteau. Seul IC, le paracétamol, sortira de son usine
14:52en coûtant 30% à 40% plus cher. De quoi refroidir les laboratoires.
14:57Alors Upsa, qui bouffe à tous les râteliers, a aussi investi 500 000 € au capital d'Ipsofen et se dit prêt à payer le prix.
15:03Bon, un approvisionnement en circuit court permet d'aspurer la disponibilité des médicaments.
15:08Faut croire que dans le contexte actuel, il se voit quand même un intérêt. Et puis... Et puis...
15:13L'enjeu est aussi de réduire nos émissions de SCOP3. Voilà, les conneries RSE, développement durable et toutes ces conneries,
15:22compensation carbone. Voilà. Au moins, ça justifie des relocalisations et du coup de payer 30% à 40% plus cher.
15:30Reste la question de la rentabilité du paracétamol en France. On a quand même quelques-uns qui ont compris
15:34qu'on reste en concurrence frontale avec des pays asiatiques. Et c'est bien joli de subventionner le développement et l'installation.
15:40Mais quand il s'agit d'acheter au fil de l'eau, est-ce qu'on continue de subventionner continuellement chaque boîte de paracétamol ?
15:47Voilà. Donc la production locale doit être mieux valorisée ou au moins protégée, peut-être en taxant les produits asiatiques.
15:53Il n'est pas bien au courant, là, Damien. Damien Parisien, il porte bien son nom, DG du laboratoire Benta.
15:59Il est au courant qu'on n'a pas le droit de taxer les produits asiatiques ? Bon, on n'en sait rien.
16:03Certes, un moratoire gèle toute baisse de prix jusqu'à fin 2024. Mais après, le sirop pédiatrique d'Upsa affiche déjà une marge négative de 17% sur le marché français.
16:14Et le cas de Biogarant dont on va parler, Florent Tricolore, on va en parler.
16:19Reste à voir aussi si c'est vraiment misé sur le bon cheval. Il y a 5000 médicaments qui sont sous tension en 2023.
16:25Et le paracétamol, comme je vous le disais, n'est pas celui qui représente un risque majeur de pénurie.
16:29En cancérologie, il manque 45 molécules de base, et c'est des molécules qui sont beaucoup plus rentables.
16:34Mais bon, je dis pas que ça peut avoir un intérêt d'avoir au moins une petite partie de la production de paracétamol en France,
16:42de sorte à ce que si tu as un problème, tu as au moins une usine qui le fabrique, et tu peux essayer, tu la fais passer en 3-8, tu vois, pour augmenter la production.
16:50C'est plus simple, quand tu as un savoir-faire, de pallier à une pénurie conjoncturelle, comme il y a pu en avoir pendant le Covid,
16:56plutôt que de tout réinventer à partir de zéro, où les mecs n'étaient même plus capables de fabriquer des bouts de masse en tissu, c'était devenu compliqué, enfin...
17:03Il y a un moment où la désindustrialisation a des conséquences.
17:06Tu vois, on aurait gardé une petite partie de l'industrie textile, genre dire,
17:09on descend pas en dessous de 10, 15, 20% d'industrie textile, et le reste, on peut l'importer.
17:16Eh ben, on aurait eu des usines capables de coudre 2-3 trucs, tu vois. Je dis ça, je dis rien.
17:21Mais voilà, c'était peut-être pas la priorité de relocaliser le paracétamol. C'est devenu le gris-gris macronien.
17:27Et puis ici, on nous parle d'une coopération européenne, parce que non seulement c'était pas forcément la molécule la plus pertinente
17:34pour subventionner la relocalisation, mais l'UE veut maintenant niquer le fléau des pénuries.
17:41Un défi gigantesque, alors que 60 à 80% des principes actifs sont fabriqués en Asie.
17:46Et donc on va faire l'alliance des médicaments critiques. Un nouveau truc à la con qui va être lancé, là, pour 5 ans.
17:53Donc 4 ans après le début de la crise, on lance ce truc-là. Il s'agit de réaliser des investissements colossaux,
17:59mais de les coordonner. Si la France a joué cavalier seule avec le projet Séquence et le paracétamol,
18:04on estime à Bercy qu'il est important de se coordonner pour éviter de se retrouver avec 24 usines de paracétamol en Europe
18:10qui pourraient fournir 15 000 tonnes, quoi. Mais sûr qu'on va passer pour des cons.
18:14Donc l'idée, ça va peut-être être de se répartir les marchés. Et donc certains vont se spécialiser dans ce médicament.
18:20Donc visiblement, la France est déjà spécialiste du paracétamol. D'autres pays vont se spécialiser dans d'autres médicaments
18:26qui peut-être rapporteront un peu plus. Est-ce que tout cela s'équilibrera sur le plan économique ? On va voir.
18:32Cette alliance européenne peut renforcer les projets Tricolor, de Séquence et Ypsophen.
18:37Elle va potentiellement augmenter la demande et développer leur débouché. En gros, on compte maintenant sur l'UE
18:43pour forcer les autres États à acheter nos merdes, parce que là, on va produire 15 000 plus 4 000, ça fait 19 000 tonnes de paracétamol,
18:52alors que c'est pas le médicament le plus en tension et qu'il est moins cher en Inde et en Chine.
18:56Mais on va fabriquer quand même de quoi alimenter 80% de la demande en Europe. Ce serait bien d'avoir des débouchés.
19:03Et donc on va compter sur cette alliance européenne du médicament et dire aux pays européens
19:08« Achetez-nous s'il vous plaît notre paracétamol, et nous, on vous achètera des produits fabriqués chez vous ».
19:15Et comme ça, on évite de les acheter en Chine ou en Inde. Mais évidemment, le paracétamol n'est pas le produit à plus forte valeur ajoutée.
19:21Donc voilà où on en est du fameux projet paracétamol. Ça a foiré, et ça va nous coûter de l'argent.
19:28Et une fois que l'usine sera installée, eh bien il faudra encore subventionner la production, parce qu'on va se retrouver avec des produits plus chers,
19:34non compétitifs face à des produits chinois et indiens qui, tant qu'il n'y a pas de pénurie, en fait, il n'y a aucune raison d'acheter en France.
19:41Ça s'est pas arrêté là, puisqu'ils ont décidé de faire une liste des médicaments menacés de pénurie à nouvelle action.
19:48Après la gestion de la pénurie, on va la recenser de manière efficace. Santé.
19:53Braun a reçu une première liste de 300 médicaments menacés de pénurie, 16 mai 2023.
19:59Apparemment, ils ont mis près de 10 ans à se rendre compte qu'il y avait des pénuries. Il faudrait peut-être faire une liste
20:03et voir comment on peut faire pour assurer les approvisionnements sur des tensions d'approvisionnement qui se répètent,
20:09et qui sont particulièrement critiques depuis 2020. 3 ans pour faire une liste. Le mec est content, quoi.
20:14Le ministre de la Santé, il a mobilisé ses équipes. Ça devient jeu. C'est le boulot des autres, hein.
20:20Donc je me suis engagé à faire une liste de médicaments dits critiques avant la fin de ce mois.
20:25J'ai eu une première liste de 281 médicaments exactement aujourd'hui, hein, a déclaré François Braun.
20:30Cette liste va être encore ajustée, parce qu'il y a des doublons.
20:33Antibiotiques, paracétamol, antiépileptique, anticancéreux. De plus en plus de médicaments viennent à manquer dans les pharmacies,
20:40en France comme ailleurs en Europe, suscitant une inquiétude croissante de divers acteurs.
20:45Quelque 3 500 signalements de rupture de stock. Ah, retour des mesures concrètes.
20:51Après la gestion de la pénurie et l'établissement de la liste, on va s'attaquer aux vraies mesures.
20:55Le gouvernement conduit une politique de mesures concrètes, a défendu le ministre de la Santé. D'accord.
20:59Ces trois derniers mois, des mesures ont été prises envers les industriels.
21:02Il a affirmé que cette liste nous permettra de mieux étudier la chaîne de production de chaque médicament
21:07et de mettre en place des mesures concrètes pour éviter les ruptures.
21:10Il y a également un plan hivernal, puisque tous les hivers, nous augmentons la consommation de certains médicaments.
21:16Et également un plan blanc du médicament en train de se mettre en place.
21:19Donc apparemment, ils vont essayer d'anticiper des pénuries en faisant des stocks.
21:22Et ils essayent de comprendre les chaînes de production.
21:25L'objectif de Macron est un retour à la souveraineté industrielle.
21:28Avec Shoes France, on va investir plus d'un milliard d'euros. On va voir ce que ça va être, ce milliard.
21:34Et le ministre de la Santé a également inventé une action au niveau européen pour harmoniser nos politiques face aux pénuries.
21:40Donc on va perdre du temps dans la bureaucratie. On va perdre au moins 10 ans pour essayer de se répartir les marchés
21:46et dire « Ah bah toi, tu auras l'usine rentable. Toi, t'auras l'usine pas rentable. Et puis on va échanger les médicaments ».
21:52François Beaune a préconisé plus de transparence des laboratoires pharmaceutiques sur la production,
21:57une solidarité européenne accrue quand un pays a des stocks et peut aider ceux qui n'en ont pas,
22:03ainsi qu'une liste européenne de médicaments essentiels pour garantir leur production en France comme en Europe.
22:09Donc c'est toujours les mesures d'action concrètes qui sont strictement les mêmes qu'au début mais à une autre échelle.
22:14On rétape parti la pénurie non plus au niveau national mais au niveau européen.
22:18On fait une liste de médicaments essentiels. Et puis on va en discuter de la manière dont on peut essayer de sécuriser l'approvisionnement.
22:25Et puis dans ce contexte particulier, un an après toutes ces mesures concrètes de listes, d'études des pénuries,
22:33eh bien un an plus tard, où est-ce qu'on en est ? Non seulement on n'a pas avancé mais même on recule,
22:38puisqu'il y a 72 génériques qui sont visés par une demande de suspension de leur autorisation de mise sur le marché
22:43par la Commission européenne. En tout, c'est même 400 médicaments génériques, dont 72 qui sont commercialisés en France,
22:50parce qu'il y a eu des irrégularités dans les études. Retrait de médicaments qui se cachent derrière Synapse Lab,
22:57une société mise en cause. Les évaluations qu'elle a menées sur 400 médicaments génériques sont apparemment insuffisantes.
23:04On retrouve parmi ces médicaments des produits du laboratoire BioGarant. Ça a son importance. Vous allez voir, c'est cocasse.
23:10L'Agence européenne du médicament a estimé que cette entreprise n'est pas fiable. Les études menées par la société indienne
23:16– donc c'est une société basée en Inde – sont incomplètes ou insuffisantes concernant 400 médicaments.
23:22Les médicaments brevetés qui servent de modèle aux médicaments génériques, c'est ce qu'on appelle les principes.
23:27Donc ceux-là sont soumis à une autorisation de mise sur le marché. Mais ce n'est pas le cas des génériques,
23:32qui contiennent simplement le même principe actif, le même dosage, le même mode d'administration que le principe.
23:38Ils ont l'avantage de coûter moins cher et donc aussi d'avoir des autorisations de commercialisation allégées.
23:45Pour obtenir une mise sur le marché sur le marché européen, les médicaments génériques doivent être évalués
23:50par un organisme de recherche sous contrat. Ces sociétés sont des sous-traitants de l'industrie pharmaceutique qui mènent les études.
23:57Et donc ceux qui décident de ce qui va arriver sur le marché européen sont des sous-traitants indiens de l'industrie pharmaceutique,
24:06qui peut être autant des boîtes européennes qu'américaines, que chinoises, ou... Voilà. D'accord.
24:11Et donc ce laboratoire va simplement vérifier que le générique et le principe, et le principe, ont les mêmes effets,
24:16libèrent bien la même quantité de substances dans l'organisme. Et visiblement, ils ont pas bien fait leur travail.
24:20Et donc il y a eu une inspection des bonnes pratiques à Synapse Lab, menée par le Comité des médicaments à usage humain,
24:27à l'initiative de l'Agence nationale espagnole des médicaments. Et apparemment, il y a eu des problèmes.
24:32Elle a montré des irrégularités dans les données, des insuffisances de documentation, problèmes dans les systèmes informatiques,
24:38dans les procédures de gestion des données. Seul un petit nombre de médicaments évalués par la société indienne
24:44ont pu conserver leur autorisation de mise sur le marché. Suffisamment de données justificatives étaient disponibles
24:49pour démontrer de la bioéquivalence. Donc cette boîte, créée en 2007, qui emploie 250 personnes,
24:55dispose d'une équipe clinique expérimentée, des gens très professionnels. Voilà.
25:01L'organisation se décrit comme visionnaire et vend sa rapidité de traitement à la vitesse d'une impulsion électrique
25:07et sa flexibilité. Oui, ça c'est sûr. La société explique travailler avec des clients issus du secteur de la biotechnologie
25:15et de la pharmacie répartis en Europe, en Inde, aux États-Unis. C'est des labos dans des pays étrangers qu'on a du mal à surveiller,
25:21puisque de 2007 à 2024, visiblement, ils ont travaillé dans ce domaine. Et il a fallu 17 ans avant qu'on se rende compte
25:29qu'ils faisaient du travail de cochons et qu'ils étaient simplement les larbins qui produisent de la fausse information
25:35à pas cher pour le compte de l'industrie pharmaceutique, qui veulent avoir le tampon rapidement pour la mise sur le marché.
25:41Heureusement, heureusement, ici, l'EMA, donc l'Autorité européenne du médicament, a publié la liste précise des génériques
25:47faisant l'objet d'une suspension, mais précise que pour l'instant, il n'existe aucune preuve de la nocivité ou du manque d'efficacité
25:55des médicaments concernés. Elle recommande aux patients consommant ces médicaments de se tourner vers leur médecin traitant
26:00ou leur pharmacien pour réfléchir à une solution alternative. Cependant, l'autorisation est suspendue, mais ils sont pas retirés.
26:09Et la plupart des médicaments ont même un délai de 2 ans pour revenir dans les clous, pour que leur fabricant présente des études valables,
26:17parce que, eh bien, il n'existe pas de solution alternative. Nous échangeons avec différents laboratoires pharmaceutiques
26:23pour évaluer les actions mises en œuvre afin d'assurer la couverture des besoins des patients.
26:27Chaque laboratoire, comme BioGarant, doit fournir d'autres preuves pour démontrer la bioéquivalence entre les génériques
26:33et le médicament breveté pour lever la suspension. Certains laboratoires ont d'ores et déjà soumis des résultats de nouvelles études de bioéquivalence.
26:41D'autres génériques ne pourront pas être définitivement supprimés. Il s'agit de ceux pour lesquels il n'existe encore aucune alternative.
26:48Donc il y en a qui sont toujours sur le marché, parce qu'on n'a tout simplement pas d'alternative. Quant aux autres,
26:52visiblement, ils étaient plus ou moins au courant qu'il allait y avoir une carabistouille, puisqu'il faut quand même un petit peu de temps,
26:56j'imagine, pour mener des études sur des médicaments pour démontrer la bioéquivalence. Mais à nouveau, ils ont été chez des sous-traitants
27:03qui sont peut-être en Inde, qui n'ont peut-être pas été bien évalués, dont on s'apercevra qu'ils font du travail de cochon.
27:10Et aucun fabricant, aucun laboratoire n'a été sanctionné. Tout va retomber sur la gueule du laboratoire indien qui a fait les études,
27:17et on lui dira « ils ont mal travaillé », « ils nous ont trompés ». Ce n'est absolument pas le donneur d'ordres qui a dit « vous me faites le truc le moins cher possible ».
27:25Tant pis si c'est bullshit. Ce système d'études déléguée par l'industrie à un sous-traitant dans un pays étranger,
27:32qui n'est pas forcément d'ailleurs le plus développé, ça, on ne le remet pas en cause. Aucun fabricant ne va être sanctionné.
27:39On ne change rien aux méthodes. Et on prend, voilà, de nouvelles études sorties d'Ontsezu, qui sont soi-disant censées prouver
27:46la bioéquivalence des génériques, qui, ces 17 dernières années, apparemment, étaient déjà prouvées. Et finalement, on s'est aperçu que c'était pas le cas.
27:53Donc on continue ce système de délocalisation, sous-traitance, mondialisation. Rien n'a changé ces 4 dernières années.
28:00Et même si l'UE te fait l'Alliance européenne du Medoc et machin, ils ont un scandale sous les yeux. Ils ne le règlent pas.
28:06C'est un accident de parcours. Il n'y a pas de... Je ne sais pas. Alors ça continue. Fleurons pharmaceutiques sur le déclin.
28:11Comment la France est en train de perdre le match des exportations. 30 mars 2024, voilà le résultat de ces développements
28:18avec des gens qui font des mesures concrètes à base de listes de médicaments et de répartition de la pénurie.
28:23Et de temps en temps, une petite usine d'un truc gadget ultra-subventionné. Eh bien la France va peut-être un jour devenir déficitaire
28:32dans sa balance commerciale des produits pharmaceutiques. Pourtant, jamais les produits pharmaceutiques n'ont enregistré
28:38de déficit commercial en France. Entre 2014 et 2022, ils ont réalisé une moyenne de 3,7 milliards d'euros d'excédent commercial,
28:46avec même un pic à 6,2 milliards en 2019. Mais... Enfin cette année. La balance commerciale s'est nettement dégradée,
28:53avec un excédent de seulement 384 millions d'euros. Inexorablement, les courbes des exportations et des importations convergent.
29:01En 2023, les imports ont atteint un niveau record de 36 milliards, en progression de 4%, tandis que les exports ont fléchi
29:09de 2,8% à 37,14 milliards. De quoi craindre une bascule dans le rouge à l'avenir. On va bientôt perdre notre
29:17« souveraineté pharmaceutique », où on va se mettre à importer plus de médicaments qu'on en exporte. Donc déjà,
29:23qu'on vague sur des produits spécifiques, on peut avoir des tensions d'approvisionnement et des pénuries. Mais même d'une manière globale,
29:29on va être déficitaire sur l'approvisionnement en médicaments. C'est l'un des grands succès du macronisme.
29:34C'est comme pour la souveraineté alimentaire. Étonnamment, en France, on commence à importer plus de 50% de tels légumes,
29:41de telles viandes. Puis la tendance est à se poursuivre sur tous les produits agricoles. Et il y en a qui tirent la sonnette d'alarme
29:47et qui disent « on va perdre notre souveraineté alimentaire ». Et rien ne bouge, rien ne change. Là, c'est pareil.
29:52On voit la balance commerciale plonger. On va voir en plus, un peu plus loin dans le détail, que c'est un peu la merde,
29:58parce qu'on vit sur des acquis et qu'il n'y a pas de renouvellement de la gamme proposée. Et donc on s'oriente vers une perte
30:04de souveraineté du médicament, alors que ça fait 4 ans que nos guignols d'En marche, de Macron, plastronnent sur tous les médias
30:10sur le thème « on fait de la relocalisation dans le domaine de la santé », « on va devenir leader sur la production de médicaments »,
30:16« on va régler les pénuries en créant des usines de paracétamol à fond perdu ». D'accord. Et donc voilà le résultat.
30:22Ici, on nous indique que la France est mal positionnée sur le créneau des nouveaux médicaments. Sur 404 nouveaux médicaments
30:28enregistrés en Europe, seuls 33 sont produits dans l'Hexagone, contre 82 en Allemagne, 68 au Royaume-Uni, 62 en Irlande, etc.
30:36La France importe à hauteur de 95% des médicaments biologiques innovants, comme les protéines recombinantes,
30:42les anticorps monoclonaux, les thérapies cellulaires et géniques. Les importations depuis la Corée du Sud en 2023, par exemple,
30:48ont atteint 2,4 milliards d'euros, soit une croissance de 672%. C'est la relocalisation, les enfants ?
30:56Le traitement des cancers, l'immunologie. Tout ça, on les importe. Mais par contre, on va fabriquer du paracétamol.
31:02L'Hexagone a raté le visage, le virage des biotech. Centrée sur son activité historique de synthèse chimique du médicament,
31:09la France a perdu des lignes de produits matures au profit de pays fabriquant à moindre coût et moins contraints
31:14par des réglementations environnementales. Donc typiquement, le paracétamol, qui s'est barré en 2008 en Inde et en Chine,
31:20parce que c'est un produit à faible valeur ajoutée, il n'y a plus de brevets, c'est un médicament générique.
31:25Et donc on va le faire fabriquer au moindre coût, là où c'est le moins cher. Et c'est con sans tête à vouloir relocaliser
31:32spécifiquement ce type de produit. En parallèle, elle a raté le virage des biotech et peine à attirer les productions
31:39de thérapies innovantes. C'était pas la prix Nobel de médecine ou je sais pas quoi, là, qui a inventé un ciseau à génome, là.
31:48Elle a fait ça en Allemagne, il me semble. Donc elle a été formée en France. Finalement, la recherche française ne lui donnait pas ce qu'elle voulait.
31:53Et donc elle s'est barrée à inventer son truc en Allemagne, quoi. Oui, voilà, le CRISP-Cas9, là, je sais pas quoi.
31:59Donc on avait des talents. Et puis on a créé un système bureaucratique probablement tellement débile, absurde et invraisemblable
32:06que les gens ont préféré aller travailler ailleurs. C'est comme pour les médecins. Il y a des gens qui veulent être médecins,
32:11qui ont la possibilité de l'être, qui ont les capacités intellectuelles pour l'être et l'envie. Mais on a créé un système d'études
32:17tellement con et absurde que les types se barrent, vont faire leurs études ailleurs et puis ne reviennent plus.
32:22Puis après, on dit « Tiens, un médecin français a fait tel ou tel truc ailleurs ». Voilà. Donc on a raté le virage des biotech.
32:30Et ça, c'est tout le contraire de certains voisins qui, eux, au contraire, voient des excellents commerciaux qui augmentent.
32:36Donc voilà. Elles nous citent Belgique, Pays-Bas, Italie. Ils ont tous eu des excellents commerciaux qui ont augmenté
32:41dans le domaine de la santé et de la pharmacie, alors que la France est en train de passer dans le déficitaire.
32:47« Remédier à cette situation n'est pas gagner. Les discussions stagnant entre les industriels et l'État. Malgré la diminution
32:55des impôts de production, le LIME et G5 Santé – j'imagine que c'est les lobbies du secteur – fustigent une fiscalité
33:02du secteur qu'ils estiment la plus lourde d'Europe et dénoncent la lenteur administrative. Ils ont également
33:07dans leurs viseurs les baisses récurrentes de prix des médicaments qui pénalisent les prix à l'export
33:12et n'encouragent pas les investissements en France. L'État n'a pas encore donné suite au rapport de mission interministérielle
33:18sur l'amélioration du système de financement et de régulation des produits de santé remis à la fin de l'été.
33:24De leur côté, les industriels courent pour attarper leur retard dans les biotech. Difficile d'envisager un changement
33:29spectaculaire à court terme. Donc il ne se passe rien. Il se passe rien. La bureaucratie reste ce qu'elle est.
33:35La concurrence déloyale reste ce qu'elle est. Il n'y a pas de plan pour faire de la recherche. Il n'y a rien ».
33:41Résultat de la relocalisation version Macron, Sanofi choisit l'Allemagne plutôt que la France pour sa nouvelle usine
33:46de production d'insuline. Voilà. Un investissement à 1,3 milliard. Sanofi va moderniser son bio-campus de Francfort
33:53d'ici à 2029. Le groupe pharmaceutique avait auparavant envisagé de localiser cette activité en France,
33:59selon la presse allemande. Sanofi va donc investir 1,3 milliard à Francfort, où le laboratoire français fabrique déjà
34:04la fameuse Lentus. Ça, c'est le produit de traitement des diabétiques. C'est un machin qu'ils ont inventé, en fait,
34:11pour contourner le fait que leur produit phare, qui générait énormément de pognon, était arrivé à terme de brevet
34:18au-delà de 30 ans. Ça devient un générique. Et donc ils ont dit « On a fait une innovation incroyable.
34:23C'est exactement le même produit, mais sous une autre marque. Et donc non seulement on renouvelle le brevet,
34:29mais on va négocier avec la Sécu pour le vendre plus cher, parce qu'il y a de l'innovation ». Et tout ça est donc fabriqué
34:34en Allemagne. Et bien sûr, Sanofi souligne qu'il s'agit d'un équipement vital pour renforcer la sécurité
34:40d'approvisionnement à l'échelle européenne. Voilà. Et donc là, on le met en avant. Quand ils localisent le paracétamol,
34:46la souveraineté européenne, française, ils en ont rien à foutre. Et pour le relocaliser, il faut faire le chèque.
34:52Mais par contre, là, pour installer leur usine en Allemagne et faire leurs investissements en Allemagne
34:57plutôt qu'en France, eh bien on met en avant la souveraineté européenne. La presse allemande souligne que Sanofi
35:03voulait s'installer en France au début, a finalement choisi de moderniser son usine de Francfort.
35:08Le soutien public allemand à travers des subventions du gouvernement fédéral du Land de Hesse et de la ville de Francfort
35:15semble avoir été décisif. Les aides publiques devront être validées par la Commission européenne
35:20dans le cadre de la procédure de l'aide d'État de l'UE. Bon, vu qui dirige la Commission européenne,
35:25je pense que tout ça finira par être une formalité. Nouvelle victoire pour le gouvernement Shultz, etc.
35:30Donc voilà, Sanofi, dont d'ailleurs un des membres de l'équipe dirigeante – je sais pas si c'est le directeur ou le PDG
35:37ou je sais pas quoi –, c'est le mari d'une certaine Amélie Oudéa Castella, je crois. Nouvelle recherche.
35:45Nous l'avons ici. Donc depuis 2023, le mari d'Amélie Oudéa est président du groupe Sanofi, qui choisit de s'installer
35:51en Allemagne plutôt qu'en France. Et ensuite, elle vient se la ramener dans le cadre d'un gouvernement qui t'explique
35:57qu'ils vont relocaliser les productions de produits essentiels, y compris des traitements contre le diabète.
36:03On va les relocaliser en France. Ah mais ça va, c'est européen. Ça ira. Mais bon, Sanofi va quand même investir en France.
36:10Donc ça, c'était toujours la même année, donc en 2024. Sanofi mise sur la bioproduction avec plus d'un milliard d'euros
36:17d'investissements programmés en France. Ah, donc ça va, nous ne sommes pas en reste. Attendez, on va voir le détail.
36:23C'était annoncé à l'occasion du sommet Shultz-France parmi 9 projets de santé. Sanofi a expliqué qu'elle allait investir
36:301,11 milliard d'euros. La conjonction des annonces n'est pas fortuite, indiquant habilement que le lecteur pharmaceutique français
36:40aussi mise sur le territoire hexagonal, fortement même avec des médicaments parmi les plus innovants,
36:45puisque le projet concerne la bioproduction et la fabrication de biomédicaments. Et alors là, ça se décline en trois volets.
36:52Donc le premier, il s'agit d'augmenter les capacités de formulation, de remplissage et de conditionnement
36:58pour des médicaments biotechnologiques et des vaccins, avec 100 millions d'euros investis dans une usine à trait.
37:04Donc on va pas produire le principe actif. On continue de le faire venir de Chine, d'Inde ou je sais pas d'où.
37:09Mais on va augmenter la possibilité de le conditionner, de faire des petits dragés. Voilà, très bien, super.
37:16Le groupe prévoit aussi 10 millions d'euros pour relocaliser la production en France, qui est actuellement en Amérique,
37:21du principe actif du TZIELD, un anticorps monoclonal indiqué dans le traitement du diabète de type 1,
37:29hérité de l'acquisition de la biotech Prévention Bio l'an dernier. Donc là, au moins, c'est une forme de relocalisation.
37:35Mais bon, c'est 10 millions d'euros. Donc 100 millions pour du conditionnement, 10 millions, là, pour le TZIELD machin.
37:41Et le milliard, il va où ? Eh bien le milliard, il est là pour un complexe de R&D en bioproduction,
37:49soi-disant le plus gros investissement du groupe. Mais c'est faux, puisqu'il est en Allemagne, apparemment.
37:53Mais tout ça, pour l'heure, pour le moment, le calendrier n'est pas fixé. Un porte-parole esquisse un horizon à 2030.
37:59L'horizon, c'est ce qui s'éloigne quand on s'en approche. Horizon 2030 pour la mise en place de la future usine
38:05et des concrétisations plus rapides pour les autres projets, donc ceux que je vous ai énoncés précédemment.
38:11Cette déclaration surgit dans un contexte sensible. En avril, en décidant de réduire la voilure en oncologie,
38:18Sanofi a entamé de nouvelles coupes de R&D avec la suppression de 330 postes en France. Ah !
38:24Donc on te dit qu'on va ouvrir un nouveau centre de R&D un jour, peut-être, horizon 2030.
38:29Mais en tout cas, aujourd'hui, on vire 330 personnes. Mais on te présente ça comme un investissement formidable de Sanofi
38:34qui parie sur l'hexagone. En 2022, le groupe s'est aussi séparé de sa division chimique pour le compte de tiers,
38:41reprise par le français Euro Happy à la santé peu reluisante. La branche distribution est passée à DHL.
38:49Et puis on peut aussi citer la division santé grand public, regroupant les médicaments anciens à grand volume,
38:55dont le Doliprane, que Sanofi va probablement vendre. Sanofi va vendre sa branche qui produit le Doliprane.
39:03400 millions de boîtes sur les 500 millions du marché français. Macron, en 2020, il s'est pointé dans une usine Sanofi.
39:11Il est en visite chez Sanofi. Il explique qu'on va relocaliser. On est en discussion avec Sanofi pour relocaliser le paracétamol.
39:18Et 4 ans plus tard, alors que l'usine essaye de sortir de terre, etc., Sanofi t'explique que toute leur branche santé grand public,
39:28qui s'appelle Opéla, je crois, une filiale, bref, tous les médicaments anciens à grand volume, dont le Doliprane, ce n'est plus pour nous.
39:34Ça dégage. Et donc tu as aujourd'hui Sanofi qui est en train de se recentrer sur de la recherche ailleurs en Europe qu'en France,
39:41sur des produits de biotechnologie, sur le diabète, sur des produits rentables. Et tout ce qui est médecine grand public,
39:48qui soigne quand même les gens qui ont quand même une utilité, on va faire un espèce de pot pourri, on va le filer à quelqu'un d'autre.
39:54Clairement, ils considèrent que ça va être des poids-morts, quoi, des sociétés qui font du chiffre mais pas de profit.
39:59Sanofi donc tournera la page du Doliprane d'ici la fin 2024. Elle va céder donc sa filiale.
40:06Donc ça représentait au total quand même 12% du chiffre d'affaires de l'entreprise. Voilà.
40:10Renforcement des dépenses de R&D et plan à 2 milliards d'euros d'économie pour mieux se développer en tant que pur player pharmaceutique.
40:17Sanofi a également annoncé un renforcement des dépenses de R&D sur les biomédicaments et les vaccins.
40:23Le groupe n'a pas précisé à ce stade l'effort à venir. Mais Paul Hudson a indiqué que les dépenses de R&D ont déjà atteint 7 milliards d'euros cette année.
40:32En parallèle, Sanofi envisage sans plus de précision un nouveau plan d'économie qui pourrait atteindre jusqu'à 2 milliards d'euros
40:37entre 2024 et 2025 afin de mieux financer sa quête de médicaments innovants. Donc ils vont vendre toutes leurs activités en France,
40:44Doliprane et compagnie. Le reste, ils vont peut-être le garder tant que c'est rentable, mais c'est pas leur priorité.
40:49Leur priorité, là où ils investissent de l'argent, c'est partout, sauf en France. Mais on va faire un plan d'économie de 2 milliards.
40:56Donc il faut s'attendre à ce que... À mon avis, nous, on aura le plan d'économie. Et les autres, ils auront le plan d'investissement, tu vois.
41:01Et Macron, il est allé lécher le cul de ces gens en 2020. Enfin bref. Ridicule. Voilà où ça en est 4 ans plus tard, de sa fameuse visite chez Sanofi.
41:10Et alors ça continue. Vous avez exactement la même chose, mais en pire chez Biogarant. Vous savez, Biogarant, qui a fait valider des médicaments
41:18auprès de Synapse Lab, ce laboratoire indien pas très sérieux, eh bien maintenant, Biogarant va être carrément racheté par des laboratoires indiens.
41:25Un problème d'éthique dans le monde du médicament ? Oh, les génériques Biogarant destinés au marché français étaient majoritairement produits en Europe.
41:32Je crois que c'est plus de la moitié en France. Un circuit court qui pourrait bientôt disparaître. Donc non seulement on ne relocalise pas,
41:39mais ils sont incapables d'empêcher les délocalisations. Ah, le fameux tramadol de Biogarant, qui pourrait être bientôt produit en Inde ou en Chine.
41:45Le tramadol qui faisait partie des médicaments dont l'étude de bioéquivalence était bidonnée.
41:50Aujourd'hui, le groupe n'est présent que sur le marché français. Et 50% de sa production se situe sur le territoire national.
41:56Un camouflet pour Emmanuel Macron qui annonçait il y a quelques mois un plan de relocalisation de l'industrie pharmaceutique.
42:02Biogarant n'a même pas d'usine propre. Ils n'ont que des contrats de sous-traitants. Si le groupe qui les rachète possède des usines en Inde,
42:09ce sera facile pour eux. Ils ne feront que changer de fournisseur. Ce modèle de sous-traitance de l'industrie pharmaceutique est selon elle
42:15la source du problème. C'est la mondialisation à l'œuvre. Et j'ai un problème, parce que je n'ai pas tout l'article.
42:24Du coup, j'ai perdu mes surlignages. Mais c'est pas grave. On a toujours le même problème de concurrence déloyale,
42:29sur lequel on ne pourra jamais rien changer, tant qu'on est dans l'UE qui sacralise la libre circulation des marchés de capitaux
42:36et qui monopolise, qui a fait d'une compétence exclusive de l'UE, la négociation des accords de libre-échange,
42:43des accords commerciaux, toute la politique commerciale extérieure. Un constat dans lequel Bernard Bégaud,
42:48professeur émérite de pharmacologie à Bordeaux, voit surtout un problème de souveraineté. Alors vous allez voir que lui,
42:53il est un peu boomer. Il est un peu à côté de la plaque. « Les États membres de l'UE ne prennent pas la mesure du danger
42:58qu'il y a à dépendre de pays extra-européens pour la production de médicaments essentiels ».
43:03Si, ça fait 4 ans qu'on nous casse les couilles avec ça. Seulement, s'ils font rien, c'est parce qu'ils ont pas le pouvoir de le faire.
43:08On dépend à 80% de pays hors d'Europe dans un contexte géopolitique tendu. On a vu le chantage de Vladimir Poutine
43:15avec le gaz ou les céréales. Imaginez avec les médocs. Poutine n'a jamais fait de chantage sur le gaz.
43:21C'est plutôt d'ailleurs Zelensky qui est en train d'en faire un avec le gazoduc Brotherwood qui traverse son territoire.
43:27Bon, là, il dira rien. Enfin bref. Antunchin, qui pourrait prioriser sa population, qui a de plus en plus accès aux soins
43:35et se trouve déjà face à des ruptures, et l'Inde qui s'est rapprochée de la Russie... C'est faux, mais bon, c'est pas grave.
43:41Voir partir nos médicaments en Asie a un sacré goût de risque, d'autant plus qu'avec le conflit en Israël qui se régionalise
43:47au-delà de la pollution générée par le transport de générique aujourd'hui produit en France.
43:53L'insécurité grandissante en mer Rouge pourrait mettre en péril l'approvisionnement. Ce n'est pas de la théorie,
43:58puisqu'en 2019, il y a eu 6 ruptures, dont 2 de médicaments majeurs pour les troubles bipolaires.
44:04Ça a déstabilisé les traitements. Donc j'imagine 6 ruptures liées à des problèmes géopolitiques en mer Rouge ou de transport.
44:12Voilà. On explique que quand vous réprimez le coût humain, c'est moins cher. C'est les conditions de travail et la production sociale.
44:18Quand vous réprimez le coût humain, qu'il n'y a pas de 35 heures de cotisation d'assurance maladie, forcément, c'est moins cher.
44:25Donc voilà. Si Biogarant est vendu à des Indiens, ils s'iront délocaliser en Inde.
44:29On pourrait objecter qu'en 2023, Biogarant pourrait se targuer d'une croissance de 8,8%. Mais une bonne partie des produits
44:36présentent une marge négative. Il y a quelque chose d'authentiquement scandaleux sur les prix des médicaments en France.
44:42C'est que d'un côté, vous avez des traitements issus des nouvelles technologies à des prix fous. Et de l'autre, 90% des médocs essentiels
44:48valent des clopinettes. Résultat, on les fabrique pas. On va les fabriquer là où c'est le moins cher possible.
44:53Tout ça, comme je vous le disais, c'est un cortéciste entre l'État et l'industrie pharmaceutique. On favorise l'innovation.
44:59Mais vous ferez plus de profit sur les médocs anciens. L'État a cependant progressivement renié sur l'argent qu'ils mettaient
45:04dans les médicaments, si bien qu'ils deviennent infabricables chez nous. Le cas du paracétamol, typiquement, où tu as un abruti
45:11qui veut son jouet, il veut son objet de communication. Et on va faire une usine de paracétamol sans client, sans rentabilité,
45:20qui va sortir de nulle part et qui va couler aussi vite qu'elle est sortie de terre. Vous allez voir les plans de sauvetage
45:25de l'usine de paracétamol qui vont se multiplier une fois qu'elle sera construite. Biogarant, donc. Est-ce que tout ça va finir par délocaliser ?
45:34Alors il y a quand même Bercy qui veille au grain. Il y avait des industriels français avec un fonds qui voulaient racheter le truc.
45:39Mais pour 700 millions, c'était peut-être pas assez cher. Et donc peut-être que les concurrents indiens vont faire une meilleure offre
45:46qui sera peut-être acceptée. Bercy est en train de jeter un œil à tout ça et de suivre le dossier. On fait pas de commentaires. Voilà.
45:54Donc sur 900 références, apparemment, il y en a 150 qui présentent des marges négatives, d'autant que l'État prélève une somme
46:01sur le chiffre d'affaires des génériques. Donc là, on commence un petit peu à comprendre où se situe le problème.
46:06Vous avez des pénuries en grande partie aussi à cause de ça. La Sécu achète les médicaments trop peu chers, en dessous du coût de production
46:13dans certains cas. Ils se permettent en plus de faire une taxe sur le chiffre d'affaires des génériques qui sont parfois à marge négative,
46:20ce qui est un peu zinzin. Donc évidemment qu'ils les fabriquent plus, ou qu'ils veulent surtout pas les fabriquer en France.
46:25Et alors de l'autre côté, le gouvernement facture de plus en plus les médicaments aux Français. Vous savez que cette année – je crois,
46:33c'était en 2024, début de l'année, au 1er janvier –, il y a eu une franchise du médicament qui est passée de 50 centimes à 1 €.
46:39Sur des médicaments contre le cancer qui valent parfois des centaines d'euros, voire des milliers d'euros la boîte, 1 € de plus de franchise,
46:45tu t'en fous un petit peu. Enfin, 50 centimes de franchise. Mais évidemment, c'est un coût porté au marché des génériques et des médicaments anciens,
46:53des médicaments grand public, en tout cas. Il y a beaucoup de fabricants qui gagnent rien avec ces génériques. Mais on les facture de plus en plus aux clients.
47:00Donc ils passent où, en fait, l'argent ? Ah, ça, c'était Bruno. Les dépenses de santé, ça peut plus être open bar.
47:07Donc quelque part, les pénuries de médicaments, ça les arrange. S'il n'y a pas de produit, les gens ne peuvent pas l'acheter.
47:13Donc il n'y a pas de remboursement. C'est quand même parfait, ça. C'est comme pour les médecins. On fait en sorte d'en former le moins possible.
47:20Si on a quand même besoin de médecins, on va aller les chercher à l'étranger. Comme ça, ça nous coûte pas cher. On les a pas formés.
47:25Moins il y a de médecins, moins il y a de visites. Moins de visites à rembourser, moins il y a de prescriptions.
47:30Puis s'il y a prescription, il n'y a pas le médicament à la pharmacie. Donc comme ça, ça évitera encore des dépenses de Sécu.
47:37Donc quelque part, tout ça permet de faire des économies importantes. Et à la fin, il te dit « Vous êtes quand même des salopards.
47:43Vous consommez trop de médicaments. On va vous prendre 50 centimes de plus par boîte ». Mais les médicaments continuent d'être fabriqués
47:50à l'autre bout du monde. Ça fait 4 ans qu'on nous bassine sur les pénuries de médicaments, sur la relocalisation.
47:57On va chez Sanofi. Pénuries de médicaments parce qu'ils sont fabriqués ailleurs. Fabrication lointaine, c'est fini. C'était il y a 4 ans.
48:04Non seulement rien n'a changé, mais la situation s'est aggravée. On a vu que la balance commerciale sur les produits pharmaceutiques de la France
48:10est sur le point de passer en déficitaire. On a vu ce qui se passe avec BioGarant, où non seulement ils ont des médicaments
48:17qui ont été retoqués. Leur autorisation a été suspendue parce que le laboratoire indien faisait mal son travail.
48:23Sur ordre de qui ? Bon, ils sont capables de le faire. Mais peut-être qu'on leur a demandé de faire le moins cher possible.
48:30Aucune remise en question de ce système. Personne n'a dit « Il faudrait au moins que le laboratoire qui contrôle les médicaments
48:36soit situé dans l'UE, puisse être contrôlable facilement par les instances européennes ». Donc aucune remise en question
48:43de ce système de sous-traitance internationale, à la fois sur la production mais aussi sur la délivrance des autorisations
48:49mises sur le marché européen. C'est quand même un peu extravagant. Et alors non seulement on ne remet rien en question,
48:56mais on voit même que BioGarant est sur le point de délocaliser en Inde, parce que s'ils sont rachetés par un laboratoire indien,
49:02vu qu'ils n'ont même pas d'usine, ils n'ont que des contrats de sous-traitance, ce sera sous-traité en Inde. Voilà.
49:07Et donc on est toujours dans cette situation. Rien n'a changé. Strictement rien. En 4 ans. Faut quand même y arriver.
49:12Et la situation est même pire qu'il y a 4 ans. Mais on a payé un gouvernement qui prétendait relocaliser la production de médicaments en France.
49:18Ils ont fait une usine de paracétamol déficitaire, une liste de médicaments en pénurie pour savoir, en fait,
49:24qu'elle était détendue du problème et pouvoir dire « nous connaissons le problème ». C'est génial.
49:28Ils ont géré les pénuries au niveau national. Et puis ensuite, ils ont fait exactement la même chose au niveau européen.
49:34Une liste de médocs. On gère les pénuries. On se partage la pénurie. Voilà.
49:39Et puis on va créer une usine à gaz pour essayer de subventionner des activités non rentables sur le territoire.
49:45Voilà. On appelle ça la défense de la souveraineté européenne et la relocalisation à l'échelle européenne de la chaîne de valeur du médicament.
49:53Après, tu emballes ça, tu vois. C'est comme pour les logos du CHU de Nantes. On fait des grandes phrases.
49:59Donc voilà où on en est. J'espère que vous espériez pas la fin des pénuries de médicaments, parce qu'il y a un sujet autour de la Sécu.
50:07On peut pas avoir ce système et en même temps avoir une libre circulation des marchandises et des capitaux
50:13et avoir des fabricants, qui sont la plupart du temps des multinationales, qui sont tout à fait libres de vendre leurs produits là où elles le souhaitent,
50:20et donc de prioriser des pays qui paieraient plus que d'autres. Donc ce deal de « on vous paye pas cher les médicaments génériques
50:28et on vous engresse un peu sur les médicaments d'innovation, comme ça en plus ça vous incite »,
50:33ben finalement, c'est un deal qui est censé être gagnant-gagnant. Mais les industriels, de plus en plus, les labos,
50:39veulent simplement vendre les produits chers à la Sécu, les produits brevetés. Et tout ce qui est générique,
50:44eh ben on va déléguer ça au tiers-monde. Et puis la souveraineté européenne et française, on s'en bat les couilles.
50:49C'est exactement ce que fait Sanofi. On se focalise sur les bioproduits pharmaceutiques, machin, les trucs d'innovation de pointe,
50:58les traitements contre l'insuline, enfin contre le diabète qui sont très rentables, brevetés et rentables,
51:04et toute la branche grand public, médicaments grand public, qui sont souvent des génériques, même si ça fait du chiffre et un peu d'argent,
51:11allez, ça dégage. De toute façon, tendanciellement, le taux de profit diminue, on a plein de produits qui sont déficitaires,
51:18et puis quand on va voir la Sécu, quand on veut vendre un produit cher auprès de la Sécu, elle nous dit « Au fait, on vous achète
51:26d'autres produits grand public, genre le Doliprane, et il faudrait, en échange d'un bon prix sur votre nouveau produit innovant,
51:34nous faire une ristourne sur d'autres produits que vous nous fournissez ». Donc si on sépare les entreprises,
51:39comme est en train de le faire Sanofi, en revendant toutes ces branches santé grand public, etc., eh bien quand elle se pointera
51:46devant la Sécu, et j'imagine que ça fonctionne aussi comme ça dans d'autres pays, la Sécu pourra pas faire une sorte de marchandage,
51:54comme je vous l'ai décrit, pour obtenir des réductions supplémentaires sur les produits grand public génériques.
52:01Ils vont un peu avoir le beurre, l'argent du beurre, le cul de la crémière, et profiter à fond de la mondialisation.
52:07On profite des pays à bas coût, Inde, Chine, qui nous fournissent toute la matière première pas chère, qui nous fournissent des études pas chères,
52:14parfois bidonnées, c'est génial, c'est loin des yeux de la Commission, ils mettent 17 ans à s'en rendre compte.
52:19Et puis d'un autre côté, quand il s'agit de vendre, eh bien on est libre de prioriser certains pays plutôt que d'autres en fonction de la rentabilité du marché.
52:26Voilà. Et ce système n'est toujours pas remis en cause, et ne le sera jamais. Il y a du lobbying, il y a des campagnes d'élus qui sont bien financées
52:35pour que ça ne change pas. Et du coup, la souveraineté française, ça passe en pertes et profits, tant qu'il n'y aura pas une sorte de sabotage
52:43général, genre payer les gens au lance-pierres, bazarder toutes les normes environnementales.
52:49Et bon, il y a peut-être des problèmes administratifs, on a vu que la France à l'administration, il y a des choses à régler, d'accord.
52:55Il y a peut-être une petite marge de ce côté-là où on peut récupérer de la compétitivité sans avoir une baisse du niveau de vie ou avoir une baisse de la qualité
53:03dans le respect de l'environnement et de tous ces trucs-là. Mais quand même, on ne sera jamais compétitif face à l'Inde ou la Chine, c'est stupide.
53:10Enfin, moi, je n'ai pas envie de l'être. Peut-être que vous, vous voulez. Si vous voulez peut-être bosser 60 heures par semaine pour 400 balles, c'est vous qui voyez.
53:17Ah bon, c'est peut-être pour la France, pour l'Europe, c'est pour la souveraineté européenne. Déjà qu'on vous surtaxe pour subventionner des usines inutiles.
53:25Bon, vous pouvez peut-être aller travailler, donner de votre temps pour la souveraineté de l'Europe. Ça peut être ça aussi, une forme de bénévolat.
53:31Vous faites votre 35 heures de riche, de gars surprotégés, et puis après, vous allez faire du bénévolat dans des usines pour compenser, quoi.
53:39Ça pourrait être une idée. Bref, après les pénuries de médecins, les pénuries de médicaments vont continuer, toujours sur la même tendance.
53:46Et vous allez voir que l'année prochaine, d'ici un ou deux ans, en fait, vous aurez des grands articles dans la presse pour la première fois de son histoire.
53:55La balance commerciale pharmaceutique française est déficitaire. Comment expliquer un tel drame ? Et voilà, et t'auras toujours la même histoire.
54:03Délocalisation, mondialisation, tarifs de la Sécu, qui sont une politique qui n'est pas compatible avec cet environnement.
54:11Et voilà, il n'y aura pas tellement plus de choses à dire que ça. On pourra ressortir cette fantastique vidéo.
54:16Je vous souhaite une bonne nuit, et on se donne rendez-vous pour toujours plus de cingerie.
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