00:00de nouvelles techniques existent, le docteur Vincent Trévilleau et notre invité Guillaume.
00:04Bonjour docteur Trévilleau, merci d'être venu nous rejoindre.
00:08Vous êtes chirurgien ORL à la clinique Beau Soleil à Montpellier.
00:12La clinique Beau Soleil, qui est le premier établissement hospitalier de toute la région Occitanie,
00:17a proposé effectivement désormais, on va dire une petite chirurgie
00:22pour effectivement lutter contre l'apnée du sommeil.
00:24Mais on va recontextualiser un petit peu d'abord, l'apnée du sommeil c'est quoi exactement, il faut rappeler ?
00:28Alors l'apnée du sommeil c'est d'abord quelque chose de très fréquent,
00:31puisque ça touche environ 4% de la population française.
00:334% oui, c'est pas mal quand même.
00:35Ce sont des pauses respiratoires qui durent au moins 10 secondes chacune.
00:40Et on parle de syndrome d'apnée du sommeil lorsque ça survient,
00:44alors on parle de syndrome d'apnée du sommeil modéré quand ça survient plus de 15 fois par heure,
00:48par heure de sommeil,
00:49et de syndrome d'apnée du sommeil sévère lorsque ça survient plus de 30 fois par heure de sommeil.
00:53Et on bloque sa respiration ?
00:55Voilà, il y a un blocage respiratoire, il y a deux types d'apnées,
00:58il y a les apnées centrales où c'est vraiment cérébral, il n'y a pas de respiration du tout,
01:02et il y a l'apnée obstructive du sommeil,
01:04où il y a un mécanisme respiratoire en place,
01:07avec un thorax qui se met en marche, un abdomen qui se met en marche pour respirer,
01:11et en fait un blocage de la respiration, de l'air qui passe,
01:15avec un blocage au niveau de la gorge.
01:17Et c'est très mauvais pour la santé évidemment.
01:19Voilà, donc il y a plusieurs choses, il y a plusieurs impacts.
01:22Le premier impact, c'est la somnolence, avec un risque accidentel important.
01:28Dans la journée vous voulez dire ?
01:29Dans la journée.
01:29Parce qu'on n'a pas dormi suffisamment ?
01:31Exactement, on a un sommeil qui n'est pas réparateur,
01:33et on a besoin de plus de sommeil, et donc on cherche à le faire en journée.
01:37Donc on somnole, et on peut avoir des accidents de la route.
01:40Il y a tout un contexte aussi de somnolence, de troubles de la mémoire,
01:45de troubles de la concentration au travail.
01:48Et puis il y a tout le pan du risque cardiovasculaire,
01:53qui aujourd'hui est un petit peu discuté,
01:56parce qu'il y a des facteurs dits confondants,
01:58c'est-à-dire que la pénurie de sommeil, c'est favorisé par l'avancée dans l'âge,
02:05le sexe masculin, mais aussi l'obésité.
02:08L'obésité qui est aussi un facteur de risque cardiovasculaire,
02:12pas en tant que tel, mais parce qu'il y a de l'hypertension artérielle,
02:15il peut y avoir du diabète.
02:16Et en fait, du coup, la pénurie de sommeil survient chez ces personnes-là en particulier.
02:23Et quand on observe ces symptômes-là,
02:26sauf si on a un conjoint ou une conjointe qui vous dit « dis-donc ! ».
02:30On ne la percevra pas très vite comme ça, parce que le conjoint ou la conjointe dit « dis-donc ! ».
02:32C'est souvent le conjoint qui dit « ah tu bloques ta respiration,
02:36ça peut même aller jusqu'à une minute trente pour la pénurie de sommeil. »
02:39On compte à partir de dix secondes,
02:42mais il y a des patients qui font plus d'une minute trente d'apnée.
02:44– Docteur Trevilleau, ce que tout le monde connaît par rapport au traitement de l'apnée du sommeil,
02:48c'est le fameux appareillage.
02:50– C'est ça. – C'est un truc qui existe depuis des années.
02:51– Voilà, depuis très longtemps, c'est le traitement de première intention.
02:55En anglais, on appelle ça le « gold standard », c'est vraiment la référence.
02:58– Donc c'est une aise respiratoire.
02:59– Voilà, c'est une ventilation qui va venir ouvrir les voies respiratoires qui sont bloquées.
03:04– Mais ça ne suffit pas toujours. Parfois, il faut aller au step 2.
03:07– C'est quand même le premier traitement, c'est le plus efficace.
03:10Mais par contre, il y a des gens qui ne supportent pas ce traitement.
03:13Et on le sait, aujourd'hui, il y a des statistiques.
03:16Il y a 50% des gens à qui on prescrit une ventilation
03:19qui vont l'arrêter dans les trois premières années.
03:21– Pourquoi ? Parce que c'est trop encombrant ?
03:23– Voilà, c'est encombrant. – C'est énorme.
03:24– Oui, c'est énorme. – Sur deux ?
03:25– Oui, c'est un sur deux qui arrête au bout de trois ans.
03:28Alors la plupart du temps, les gens l'arrêtent beaucoup plus tôt.
03:31Mais si on fait un stop à trois ans, on sait qu'il y a une personne sur deux qui l'a arrêté.
03:35– Donc il y a une autre technique après ?
03:36– Après, il y a une technique de deuxième intention
03:39qui est l'orthèse d'avancée mandibulaire.
03:41C'est un système un peu comme un dentier que vous mettez en haut et en bas
03:45qui va avancer la mâchoire.
03:47– La mâchoire inférieure ? – La mâchoire inférieure.
03:49– Comme les daltons ? – Un peu prognate.
03:52Et en fait, en avançant la mâchoire,
03:54ça va libérer de l'espace au niveau de la gorge et ça va limiter les apnées.
03:58– Ça marche bien ou pas ? – Ça marche bien.
04:01C'est souvent dit mieux toléré que la ventilation.
04:05C'est un petit peu moins encombrant.
04:06N'empêche qu'il faut quand même mettre un système toutes les nuits en allant se coucher.
04:09Il faut avancer la mâchoire.
04:10– Ce n'est pas très confortable non plus.
04:11– Voilà, ce n'est pas très confortable.
04:12– Vous, à la Clinique Beau Soleil,
04:14et vous êtes, je le rappelle encore une fois,
04:15les seuls dans la région manifestement à le faire,
04:17vous proposez désormais maintenant des petites interventions chirurgicales.
04:21On va essayer de faire simple pour nos auditeurs.
04:24Ce que vous appelez la chirurgie du sommeil,
04:26déjà la véloplastie, c'est quoi la véloplastie ?
04:29– Alors la véloplastie, en fait ce sont des chirurgies,
04:32on ne parle pas de neurostimulateurs là.
04:33C'était en seconde ligne comme l'orthèse d'avancée mandibulaire.
04:37Vous avez des chirurgies plus ou moins complexes
04:41qui permettent de libérer les voies aériennes puisqu'il y avait un blocage.
04:43– Donc j'ai vu le voile du palais, vous intervenez sur le voile du palais.
04:46– Exactement, on peut opérer les amygdales si ce sont les amygdales qui bloquent
04:50et parfois c'est le voile du palais qui bloque
04:52et donc on peut le remodeler, le reconstruire un petit peu
04:56pour éviter qu'il y ait ce blocage.
04:58– Il y a aussi ce que vous appelez la pharyngoplastie,
05:01donc pharyngoplastie des congés.
05:02– La pharyngo pardon, pharyngite.
05:05– Là on enlève carrément une partie du voile du palais, c'est ça ?
05:08– Non, là aussi ce sont des techniques qui permettent
05:11de remodeler la partie arrière de la cavité buccale.
05:17En fait on sectionne certains muscles,
05:19on les repositionne à d'autres endroits, plus en avant
05:22pour essayer de libérer de l'espace là aussi.
05:25– Et puis une dernière chose, la neurostimulation du nerf hypogloss.
05:29Qu'est-ce que c'est que cette affaire-là ?
05:30– Alors le nerf hypogloss…
05:32– Rapidement.
05:32– Rapidement, le nerf hypogloss c'est un nerf qui a à la fois
05:36la capacité à faire tirer la langue et à la faire rentrer.
05:41– D'accord.
05:41– D'accord, très souvent le blocage dont on a parlé
05:46qui est en arrière de la gorge vient de la base de la langue,
05:48de la partie arrière de la langue.
05:50Donc l'idée c'est d'essayer de tirer la langue en avant
05:54pour essayer de libérer de l'espace.
05:56– Et donc pour ça il faut stimuler un nerf ?
05:57– Voilà, il faut stimuler un nerf, exactement.
05:59Donc il faut aller chercher ce nerf chirurgicalement,
06:02donc il y a une petite incision qui se situe un petit peu
06:04sous la mâchoire inférieure.
06:06On enroule autour du nerf une petite électrode.
06:11– D'accord.
06:11– Une fois qu'on a bien vérifié que c'est autour des bonnes branches,
06:15c'est-à-dire celles qui font tirer la langue,
06:17et puis ensuite on relie cette électrode à une pile,
06:21une batterie, qui dure environ 10 ans d'ailleurs,
06:24qu'on positionne un peu comme un pacemaker.
06:27Les gens qui ont l'habitude des pacemakers
06:29c'est situé un peu sous la clavicule.
06:31– Et tout ça, ça se fait très rapidement ?
06:33– Oui, il faut environ une heure et demie d'intervention.
06:36Dans les équipes avec une courbe d'apprentissage,
06:40c'est environ une heure.
06:42– Merci d'être venu nous parler de ces nouvelles techniques,
06:44docteur Vincent Trévilleau, que vous proposez
06:47à la Clinique Beausoleil et Montpellier.
06:48Pour ceux qui ne connaissent pas le secteur,
06:50c'est en haut de l'avenue de l'Audeve.
06:52– C'est ça, en plein centre-ville.
06:53– Merci à vous, et j'ai envie de vous dire,
06:55dormez bien la nuit, vous dormez bien, il n'y a pas de problème.
06:57– On dort bien, il n'y a pas de problème.
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