00:00Bonjour Sébastien Lepraître. Cette semaine de la mobilité démarre cette année un lendemain de braderie, la braderie de Lille.
00:05C'est un million de voyageurs chaque année qui empruntent notamment le métro. Quel bilan tirez-vous du week-end, notamment sur la ligne 2 ?
00:12C'est pas trop mal passé.
00:14Dans le contexte actuel,
00:16on s'attendait à pire et
00:19globalement, au vu de ce qui m'a été rapporté hier, ça a été relativement fluide, à la fois pour l'usager
00:27classique, les métropolitains, mais aussi pour
00:30les extérieurs, les nombreux touristes qui viennent à l'occasion de la braderie.
00:33Parce que depuis le début de l'été, les usagers du métro subissent un plan de transport adapté, on va le dire comme ça, avec des
00:39fréquences rallongées. Alors il y a du mieux, comparé à ce qu'on a connu au mois de juillet, mais on reste sur une situation qui est
00:44compliquée. Combien de temps est-ce que cela va encore durer ? Est-ce que vous êtes en mesure, ce matin, de donner un calendrier un peu
00:48plus précis que ce que nous avons pu avoir
00:51du côté d'Île-et-Vienne ?
00:52Alors pas beaucoup plus précis.
00:53Nous, au niveau de la métropole européenne de l'île, on a mis, dès le mois de juin, l'épée dans les reins de Kéolis, d'Île-et-Vienne,
01:00pour précisément qu'on puisse retrouver un fonctionnement normal le plus tôt possible. Le plus tôt possible, sur la ligne 1,
01:07c'est qu'on croise les doigts à la fin du mois, et pour la ligne 2, on est plus à l'horizon des vacances de la Toussaint.
01:12Donc c'est quand même pas pour demain. Donc avec encore des fréquences
01:15rallongées pour les usagers, des scènes qu'on a pu encore voir ce week-end, des gens qui laissent passer des métros, parce que de toute façon on
01:20peut pas rentrer dedans, des gens qui sont obligés de partir un petit peu plus tôt,
01:23pour anticiper tout ça encore, au moins jusqu'aux vacances de la Toussaint, donc pour la ligne 2.
01:26Pour la ligne 2, ça veut dire aussi qu'on a demandé au délégataire à Île-et-Vienne, en l'occurrence, de déployer plus de moyens
01:34au niveau des personnes qui accompagnent
01:36dans le métro, qui encadrent, qui sécurisent, qui informent. Et sur le plan de l'information et de la communication,
01:43il y a encore de gros efforts à faire, parce que ce que les usagers attendent dans le contexte dégradé d'aujourd'hui, c'est aussi de savoir
01:50dans quel timing ils vont pouvoir remonter dans un métro, pour pouvoir, le cas chiant, vous l'avez dit, adapter aussi leurs horaires, leurs pratiques de
01:57déplacement. Et certains veulent savoir aussi s'ils seront
02:00indemnisés. Plusieurs élus de la métropole demandent qu'une indemnisation soit
02:03proposée, notamment à ceux qui ont des abonnements, qui payent tous les mois pour un
02:07service. Est-ce que vous y êtes favorable ou pas ?
02:09Les élus qui ont fait cette demande, ils savent très bien ce qui nous lie à Keolis. Ce qui nous lie à Keolis, c'est un contrat.
02:15Et donc c'est dans ce contrat, et en application de ce contrat,
02:18dans la relation entre Keolis directement et les usagers, que les choses doivent se régler. La métropole n'a aucun moyen, aucun levier,
02:24pour contraindre Keolis à dédommager les usagers. D'autant plus que si le service est dégradé,
02:30malgré tout, il est rendu. C'est-à-dire que vous êtes
02:32demandeur d'un service, c'est vous qui payez, entre guillemets, c'est vous les patrons de Keolis. Vous n'êtes pas en mesure de leur imposer
02:38un dédommagement. Encore une fois, on doit prendre l'initiative de l'AMEL, on ne peut pas être un contrat.
02:42Donc on ne peut pas sortir de ce contrat. C'est le principe d'une délégation de services publics.
02:46On ne peut pas faire tout et n'importe quoi dans le cadre d'un contrat de DSP, de CSP. Et l'AMEL, de son côté, ne peut pas proposer
02:53d'indemnisation. C'est forcément par Keolis, par Ilévia que ça passe. Ça transite par Keolis, et puis on va en parler. L'AMEL, elle va injecter des
02:59millions et des millions d'euros dans son réseau.
03:0211h47, c'est l'invité d'ici matin, et nous sommes en direct avec Sébastien Lepraître, vice-président de la métropole européenne de Lille,
03:09chargé des transports et des mobilités. Vous venez de le dire Sébastien Lepraître, l'AMEL, dans les prochaines années, va
03:14investir des millions et des millions dans son réseau de transports en commun. Il y a quand même
03:19quelque chose qui se profile très rapidement, c'est la mise en retraite l'an prochain
03:22des rames les plus anciennes du métro. Vous allez, pour les remplacer, commander 80 nouvelles rames. D'où viennent ces rames de métro ? Qui va vous les fournir ?
03:30On ne le sait pas pour l'instant. On a mis,
03:32j'allais dire, en concurrence deux opérateurs, Siemens et Alstom, et c'est donc vers la fin de l'année qu'on y verra plus clair sur
03:40l'entreprise qui sera capable de nous faire la meilleure offre.
03:42Siemens qui a construit les premières rames du métro, Alstom qui est censé fournir un jour les rames dédoublées.
03:48Ça veut dire qu'on va avoir des rames, quoi, qui vont être là
03:50juste à un moment en attendant ces rames dédoublées ? A quoi vont servir ces rames ? Non, non, parce qu'on fait bien la différence entre,
03:55d'ailleurs, ce qu'on attend d'Alstom dans le cadre de l'arrivée du 52 mètres.
03:59Alors vous dites on espère les voir arriver, vous avez raison, nous aussi. 2026 pour l'instant. Voilà, on a maintenant, et parce que l'AMEL
04:06a intenté une action contentieuse contre Alstom avec ce référé dont on a eu le résultat il y a moins d'un an, c'était en décembre 2023,
04:12on sait dorénavant, grâce à ce référé, grâce à l'action de l'AMEL, qu'on aura début 2026, enfin, ces rames 52 mètres.
04:20Sébastien Leprince, si on se projette encore un peu plus loin, l'AMEL a adopté, il y a cinq ans maintenant,
04:24le projet extra mobile. Alors il s'agit de créer notamment deux nouvelles lignes de tramway, deux lignes de bus également, ce qu'on appelle des
04:32bus à liaison express.
04:35Les enquêtes publiques débutent l'an prochain, ça veut dire 2035, le calendrier tient toujours ? C'est le calendrier initial ?
04:41Oui, et puis ça veut dire qu'en 2035, le SDIT, ne l'appelons plus jamais SDIT, on va l'appeler extra mobile, et merci d'avoir fait ce
04:48changement
04:49sémantique, parce qu'on y tient beaucoup.
04:50On y tient beaucoup, j'ouvre une parenthèse, parce qu'on veut aussi qu'il soit plus et mieux approprié ce projet par les métropolitains.
04:56Il sera terminé à l'échéance 2035, ça veut dire qu'entre 2030 et 2035, on va avoir arrivé ces nouvelles lignes de tramway
05:02et de bus au niveau de services. Au niveau de services, on n'en a pas aujourd'hui sur la métropole européenne de l'île.
05:09Pour pouvoir desservir des communes comme, je pense, à Watreloo, à Aimes, Saint-André-les-Lilles, etc, ça va vraiment être
05:15ça va venir en complément de ce qui existe déjà aujourd'hui.
05:18Oui, la desserte directe, c'est 26 communes sur les 95 que compte la métropole, mais ça intéresse et ça irrigue toute la métropole, puisqu'après
05:25on est sur une logique de rabattement
05:26vers ces nouvelles lignes de transport qui viennent évidemment en complément
05:30avec l'existant. Notre tramway historique qui va lui aussi être renouvelé en 2026, lui aussi, et puis nos lignes de métro, bien naturellement.
05:39Développer la mobilité, Sébastien Pratte, ça implique d'importants travaux.
05:43Là, dans le cadre de ce projet, le risque, c'est pas que la MEL se transforme en un gigantesque
05:47chantier, parce que je regardais encore une fois le calendrier début des travaux
05:502028, tu dois être terminé pour 2035, on va aller à Watreloo, à Aimes, à l'ouest, à l'est, au sud de la métropole, il va y avoir des chantiers partout, a priori.
05:57Alors oui, et puis vous dites 2028, on va même commencer avant la fin de ce mandat, c'est-à-dire fin 2025, il y aura des premiers travaux
06:05de préparation, finalement, de l'arrivée de ces nouvelles lignes.
06:08On va pas, j'allais dire, pousser cet immense chantier partout où il y a vocation à se déployer, on va y aller par étapes.
06:16Par exemple, quand on démarre une ligne de tramway, on la démarre par ce qu'on appelle le centre de remisage, c'est-à-dire l'endroit où on va stocker, entretenir,
06:23réparer le tramway. Et puis après, on déroule le tramway
06:27dans la continuité de ce centre de remisage. Donc, on doit faire tout ça, on doit l'organiser, mais encore une fois, on a quelques années devant nous,
06:34elles arrivent assez rapidement.
06:35Ça paraît court quand même, en disant.
06:36Oui, et d'ailleurs, on doit s'en féliciter, parce que ce choc de mobilité, ce choc d'offres,
06:42c'est un choc dont notre métropole a besoin aussi pour,
06:45pour, j'allais dire, donner un coup d'épaule dans l'état existant de la répartition des parts modales. On utilise encore trop la voiture,
06:52aujourd'hui, sur notre métropole.
06:53En tout cas, fin 2025, lancement des premiers travaux préparatoires, donc dès l'an dernier, et ensuite, mise en service entre 2030 et 2035.
07:00On aura l'occasion d'en reparler d'ici-là, j'imagine. Merci beaucoup Sébastien Leclerc, vice-président de la Métropole Européenne de Lille, maire également de la Manelaide. Bonne journée.
07:08Bonne journée à vous.
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