00:00Mais d'abord, l'éditeur international d'Europe, bonjour Vincent Hervouët.
00:03Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:04Vincent, l'Allemagne durcit sa politique contre l'immigration illégale,
00:08du moins elle essaye, en urgence et en gestion de crise.
00:11Oui, alors un chancelier qui chancelle,
00:13les Allemands connaissent le caractère difficile de la Scholz,
00:18froid, impatient, donneur de leçons,
00:20mais on n'a jamais vu un chancelier tempêter en brandissant le poing
00:25à la tribune du Bundestag, c'est arrivé hier,
00:28une longue colère contre le chef de la CDU, Friedrich Merz.
00:32Normalement le débat portait sur le budget,
00:34il a évidemment dévié, dérapé sur l'immigration.
00:37Vous êtes le genre de politicien qui pense qu'avec une interview,
00:41vous avez réglé le problème de l'immigration,
00:43à peine aviez-vous quitté la salle de rédaction,
00:47que vous aviez oublié ce que vous aviez proposé,
00:49parce que vous n'avez jamais eu l'intention de vraiment vous en occuper,
00:52c'est ce qu'a dit donc le chancelier.
00:54Plus que le fond, c'est le ton qui a choqué.
00:57Scholz est hissé au pouvoir en se présentant comme l'héritier d'Angela Merkel,
01:01rappelez-vous le slogan de sa campagne,
01:03il peut être chancelière,
01:05sauf que personne n'a jamais vu Mouti
01:08crier à la tribune dans son phrasé, dans sa fureur.
01:12Olaf Scholz rappelait plutôt un célèbre autrichien
01:15avec une drôle de moustache qui n'est pas Conchita Wurz.
01:19Alors le chancelier est frustré parce qu'il n'a pas réussi à se mettre d'accord
01:22avec l'opposition sur le contrôle des frontières.
01:25Le contrôle des frontières, mais aussi le renvoi des migrants et des demandeurs d'asile,
01:28le dialogue à tour des cours, les portons claqués,
01:31les Verts accusent les conservateurs d'avoir torpillé toutes les propositions,
01:34la droite dénonce la coalition qui capitule,
01:37dialogue de sourds et sous haute tension
01:39parce que l'attaque au couteau à Solingen fin août
01:43avait provoqué illico la suppression des aides
01:46pour les demandeurs d'asile arrivés en Allemagne via un autre pays européen,
01:50et le renvoi chez les talibans d'une trentaine de criminels afghans.
01:54Deux mesures sans précédent.
01:56Une autre tentative d'attentat islamiste.
01:59La semaine dernière lève un autre tabou.
02:02Dès lundi, le rétablissement pour six mois renouvelable
02:06des contrôles à toutes les frontières de l'Allemagne, c'est-à-dire aussi à la frontière française.
02:10Tant pis pour Schengen et la libre circulation des personnes et des biens,
02:13il va falloir l'autorisation de la commission bien sûr,
02:15éviter que les voisins fassent pareil en rétorsion,
02:18les polonais s'indignent, les autrichiens refusent
02:21qu'on leur envoie les migrants qui sont passés chez eux.
02:24Et les hongrois disent bienvenue au club.
02:25Une douzaine de pays européens ont en effet restauré le contrôle à leurs frontières cette année.
02:30Oui, la France n'avait fait autant au moment de la guerre en Syrie avec l'Espagne et l'Italie.
02:34Les terroristes du Bataclan sont d'ailleurs passés par là.
02:36Et puis, il y a eu le chaos du Covid, chacun baissant le pont-levis
02:40pour ralentir la propagation du virus.
02:42En Allemagne, une autre calamité.
02:45Électrisent les dirigeants politiques.
02:47Ce sont les élections régionales bien sûr.
02:49Les socialistes viennent d'encaisser deux raclées,
02:52la prochaine serait la plus sévère,
02:54la semaine prochaine dans le Land de Brandebourg,
02:56car le SPD d'Olaf Scholz y règne depuis la réunification.
03:01À l'échelle nationale, la moitié des Allemands considère que l'immigration
03:04est la question la plus importante avant l'économie en berne.
03:09Les trois cas réclament un changement radical dans la politique d'asile.
03:13Scholz voudrait bien donner un tour de vis,
03:16mais ses alliés dans la coalition rechignent,
03:19l'opposition s'en lave les mains,
03:20et l'Union Européenne a confisqué le tour de vis.
03:24Restent les effets d'annonce,
03:26les mesurettes inapplicables,
03:27les grands coups de menton,
03:29dont on avait perdu l'habitude à Berlin.
03:31Signature européen, ainsi va le monde.
03:33Vincent Hervouet, merci beaucoup.