00:00Mais d'abord, l'édito internationale d'Europe 1, bonjour Vincent Hervouët.
00:03Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:05Vincent, la crise politique s'accélère en Allemagne, les deux grands partis, CDU, CSU et le SPD,
00:10sont tombés d'accord pour des élections anticipées le 23 février.
00:14La droite est donnée favorite, elle a trois mois pour se préparer à revenir aux affaires.
00:18Oui, il n'y a pas que Donald Trump qui a réussi son comeback,
00:21Friedrich Merz revient de bien plus loin.
00:24Il y a un quart de siècle, c'était le grand rival d'Angela Merkel,
00:27elle l'a coiffée à la tête du parti conservateur,
00:30puis elle l'a délogée de la présidence du groupe parlementaire.
00:34Après avoir perdu son épée, il perdait son cheval.
00:36Ensuite, elle a enchaîné quatre mandats successifs.
00:40Il était la triste figure de l'opposition interne,
00:43le tenant d'un conservatisme jugé dépassé.
00:46Face à la chancelière, il coule d'un centre de plus en plus progressiste,
00:52abandonnant le nucléaire, ouvrant les bras aux migrants,
00:54favorable à toutes les réformes sociétales.
00:57Il osait un livre intitulé « Oser plus de capitalisme »,
01:01elle créait le salaire minimum.
01:03Il était atlantiste sans complexe,
01:05elle scellait l'alliance avec le Kremlin à travers le gazoduc Nord Stream.
01:09Et Friedrich Merz, sa force a fini par jeter l'éponge.
01:12Pendant dix ans, il s'est reconverti dans le privé,
01:14comme avocat, financier, il a fait une fortune assez considérable
01:18à la tête de conseils de surveillance, notamment de la branche allemande,
01:21de BlackRock, le fonds de gestion de fortune.
01:23Mais quand Angela Merkel a annoncé sa démission prochaine,
01:27il a tout lâché pour se présenter à sa succession.
01:30Il s'est précipité et il a trébuché.
01:33L'appareil de la CDU l'a rejeté deux fois.
01:36La troisième fois, ce sont les 400 000 adhérents qui ont voté,
01:39et il a eu sa revanche.
01:40Elle a été éclatante et pour cause,
01:43le parti venait d'encaisser la pire défaite de son histoire,
01:46écrasé par les sociodémocrates et débordé par la droite ultra.
01:50Depuis deux ans, Merz s'emploie à redresser la barre,
01:54c'est-à-dire à le purger de ce qui reste de merkelisme.
01:58La guerre en Ukraine, la chute de la production,
02:01le contrôle des frontières sur presque tous les sujets,
02:04c'est un virage à 180 degrés.
02:06Elle est partie à la retraite à 66 ans,
02:09Friedrich Merz à 69 ans, il les a eus avant-hier,
02:13et tout commence enfin.
02:14Alors en ce début de campagne électorale,
02:16les sondages mettent la CDU à 30% d'intention de vote,
02:1915 points devant la gauche du SPD,
02:2110 points de mieux aussi que l'AFD et l'Alliance pour l'Allemagne.
02:24Oui, elle a un boulevard pour revenir au pouvoir
02:25après une cure de trois ans d'opposition.
02:28Friedrich Merz dit qu'il est prêt, qu'il est en forme,
02:30qu'il a hâte de s'y mettre.
02:32Germany great again,
02:33moins de bureaucratie, une grande réforme fiscale,
02:36davantage de souplesse sur le marché du travail,
02:38la recette est très libérale en économie,
02:40conservatrice sur tous les sujets sociétaux,
02:43et beaucoup plus stricte sur les questions d'immigration et de sécurité.
02:46Il dit qu'il veut sortir l'Allemagne de la dépression,
02:48la remettre à la tête de l'Europe,
02:50qu'elle redevienne fière d'être elle-même.
02:52Il rase gratis,
02:54les campagnes sont faites pour ça,
02:55on verra ensuite avec quelle coalition gouverner
02:57et quelles priorités.
02:58Mais c'est une leçon d'énergie à la Trump,
03:01et la preuve une fois de plus qu'un homme politique n'est pas mort
03:04tant qu'il n'est pas froid.
03:05Signature Europe 1, ainsi va le monde.
03:07Vincent Hervouet, merci Vincent.