00:00« Crédit aux politiques Patrick Cohen, drôle de moment pour une annonce, Édouard
00:04Philippe confirme dans une interview au Point sa candidature à la prochaine élection présidentielle.
00:10« La nature politique a horreur du vide, il manque à la France un Premier ministre
00:13et un président pourvu de solutions à la crise actuelle.
00:16Et bien voici un ancien Premier ministre qui se voit président et qui ouvre l'après
00:21Macron en affirmant que ces derniers mois, il n'aurait rien fait de pareil.
00:23En juin, Édouard Philippe avait déjà acté sa rupture, disant comprendre la colère des
00:28Français contre un président qui a tué, disait-il, sa propre majorité.
00:32Aujourd'hui, il complète ses critiques, lui, Édouard Philippe, pour regarder Elisabeth
00:36Borne à Matignon en janvier, pour conserver la carte d'un changement de titulaire après
00:41les européennes.
00:42À l'égard d'Emmanuel Macron, dont il ne cite pas le nom, il y a aussi cette phrase
00:46qui vaut réquisitoire, aujourd'hui, on consulte, on conjecture, on s'oublie dans
00:50la crise politique et on ne parle plus des sujets importants qui ne se régleront pas
00:54si nous ne faisons rien.
00:56Édouard Philippe a-t-il une solution pour sortir de la crise actuelle ?
01:00Non, pas de mode d'emploi, mais il évoque un péril démocratique à cause de la frustration
01:05des électeurs du RN qui pensent qu'on leur a volé la victoire et à celle des électeurs
01:09de gauche qui, de bonne ou de mauvaise foi, considèrent qu'ils ont gagné et qu'ils
01:13sont victimes d'un coup d'État institutionnel, lorsque près des deux tiers des électeurs
01:18ont le sentiment de s'être fait voler une élection, dit le maire du Havre, le péril
01:22n'est pas loin.
01:23Un péril démocratique qui pourrait entraîner le départ du Président ?
01:26C'est l'hypothèse évoquée implicitement par Édouard Philippe en réponse à une question,
01:30une présidentielle anticipée, j'y suis prêt, je vous le confirme, comme si le pouvoir
01:35était déjà à prendre, le titulaire actuel appréciera.
01:38Pour le reste, l'interview tient davantage du teasing que de l'acte politique, je me
01:42prépare pour proposer des choses aux Français et ce que je proposerai sera massif.
01:48Pour l'instant, c'est assez chétif ! Un mot encore, un détail de la photo qui
01:53illustre l'interview du point, un cliché signé Élodie Grégoire à la mairie du Havre
01:56où l'on voit qu'Édouard Philippe a réinstallé dans son bureau les éléments de décor qu'il
01:59avait déjà à Matignon, notamment deux visuels liés à sa passion de la boxe, un
02:04cliché noir et blanc de Cassius Clay et Mohamed Ali et une citation grand format en anglais,
02:10intrigante, qui avait déjà frappé Jean-Michel Blanquer, il en parle dans son livre, je vous
02:13cite le début de la phrase « I define fear as standing across the ring », qu'on peut
02:17traduire par « on ne connaît rien de la peur, tant qu'on ne s'est pas trouvé
02:21sur un ring face à Joey Lewis en sachant qu'il est pressé de rentrer chez lui ».
02:26Alors, pourquoi « intrigante » ? Et bien, parce que c'est une citation de
02:29pardon, de quelqu'un qui n'a pas su vaincre sa peur, justement, on la doit à Max Baer,
02:34boxeur américain des années 30, champion du monde des poids lourds, jusqu'à ce qu'il
02:37se fasse démolir par Joey Lewis, l'un des plus grands punchers de l'histoire en septembre
02:431935 au Yankee Stadium, Baer ne s'en est jamais remis, il s'est reconverti en faisant
02:48le clown à la télé et au cinéma.
02:51Sans doute, Édouard Philippe pense-t-il que rien d'autre ne peut le faire trembler,
02:54ou alors c'est qu'il s'identifie à la terreur Joey Lewis ? Pensez à lui demander.
03:00On y pensera, merci Patrick Cohen !
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