00:00Je m'appelle Ronald Martinet, je suis photographe d'art français depuis 2013, avec ma série
00:12Nuit Divin, hommage à la peinture italienne.
00:14J'ai fait l'école supérieure de photographie à Montpellier qui s'appelle Studio M.
00:19Ensuite j'étais journaliste au Midi Libre et j'ai aussi travaillé dans le cinéma
00:22en tant que photographe de plateau et aussi en tant qu'acteur.
00:25J'habitais dans un appartement en Porte de Versailles à Paris qui était totalement
00:33dans le noir.
00:34J'ai fait quelques photos avec une modèle et dans mon appareil photo j'avais des peintures
00:38de grands maîtres.
00:39Et ça a commencé comme ça.
00:40J'ai trouvé un atelier comme une cave-boutée sous les Champs-Elysées et c'est là où
00:47je faisais la plupart de mes photographies.
00:49Ça prend beaucoup d'énergie de travailler dans le noir.
00:52Mon travail est un mariage entre la photographie et la peinture.
00:56J'essaie de brouiller les pistes.
00:58L'art du caravage a été déterminant dans mon travail.
01:01Tous ces corps qui émanent de l'obscurité m'ont beau verser depuis très longtemps.
01:07Je suis influencé par les peintres espagnols comme Ribera.
01:10J'aime beaucoup la peinture hollandaise Vermeer, cette teinte rosâtre qu'il y a dans ces images.
01:17Je trouve ça magnifique.
01:18Il y a les poses des modèles qui m'inspirent beaucoup par rapport à ces livres de peinture
01:22que j'étudie tous les jours.
01:24Je réinterprète à ma façon la peinture italienne à travers la photographie.
01:29Mais j'improvise totalement avant chaque séance.
01:33Je ne sais pas ce que je vais faire.
01:34Les inspirations parfois viennent de nos rêves, de notre vie de tous les jours, de ce qu'on
01:39peut voir.
01:40Naturellement, on reconnaît les grands thèmes que j'aborde de l'histoire de l'art comme
01:44la passion du Christ.
01:45Mais avant tout, ce qui, moi, profondément me touche, c'est ma propre réinterprétation
01:52de tous ces thèmes de l'histoire de l'art.
01:55À côté de moi, quand je photographie, je sens la présence des grands maîtres, comme
01:59si Léonard de Vinci ou Caravage attendaient le résultat et je devais faire quelque chose.
02:04C'est comme une tension, comme une boule au ventre que je dois vraiment photographier
02:07pour pouvoir faire ce que je veux.
02:09C'est trouver le modèle qui est vraiment le plus difficile parce que le modèle doit
02:13correspondre à l'époque de la Renaissance.
02:16Il faut qu'il y ait un visage qui puisse vivre, en tout cas, dans cette période.
02:20Ensuite, c'est faire l'alchimie entre le photographe et le modèle.
02:25Je suis un artiste unique, je suis un artiste de l'art, je suis un artiste de l'art, je
02:30suis un artiste de l'art, je suis un artiste de l'art, je suis un artiste de l'art, je
02:35suis un artiste de l'art.
02:36L'interaction qu'on a avec les modèles, j'ai l'impression que c'est un mélange
02:41d'énergie et d'histoire qui nous lie à travers une œuvre, à travers un tableau.
02:46Des fois, ça ne marche pas, des fois, ça marche.
02:49La technique est simple, mais difficile à la fois.
02:53On appelle ça la technique du clair-obscur.
02:55Avant, ça pourrait être la technique de la bougie, c'est vraiment de travailler dans
02:59le noir total avec juste une petite lumière, un petit peu de lumière, un petit peu de
03:04noir total avec juste une petite lumière qui vient éclairer le modèle et qui reflète
03:10sur un mur.
03:11C'est une lumière qui caresse les corps dans la pénombre.
03:13Des fois, on peut faire 5000 photos sans avoir une photo d'exploitable.
03:24Donc, il faut travailler, travailler, tourner cette lumière et à un moment donné, hop,
03:28il se passe quelque chose et tout va bien.
03:30Le pied du modèle, la lumière qui est bien tombée, il faut que tout coïncide à ce
03:35que l'œuvre soit vraiment extraordinaire.
03:37Je ne peux pas reproduire la même chose parce que c'est une alchimie, c'est vraiment le
03:42moment présent que j'essaie de capturer.
03:45La musique est déterminante dans mon travail.
03:50Quand je travaille, j'écoute de l'opéra de Bussy, Chopin, quelque chose qui me plonge
03:54immédiatement dans mes œuvres, dans mon travail avec ce modèle.
03:57Après mille photographies, on essaie de trouver un ou deux clichés qu'on va pouvoir
04:05exploiter.
04:06Il n'y a pas de post-production.
04:08J'essaie déjà d'être vraiment à la prise de vue, d'avoir une très, très, très belle
04:14image.
04:15Après, c'est un travail que je laisse à mes tireurs que je remercie parce que ce sont
04:18eux déjà qui révèlent ce travail.
04:20J'ai travaillé avec Shoi qui était le tireur de Edmund Newton, de Bettina Rennes, de très,
04:28très, très grands photographes.
04:30C'est lui qui a développé mes premiers très, très grands formats que j'ai pu exposer
04:34dans des galeries.
04:35J'aborde en ce moment un thème, c'est les nus masculins, c'est ma vision en tout cas
04:40brute et puissante de l'homme d'aujourd'hui, l'homme qui est dans toute sa splendeur, dans
04:45sa beauté, l'homme qui détruit, l'homme qui se détruit lui-même.
04:48J'essaie de questionner l'homme dans sa vulnérabilité, dans sa solitude, dans ma propre solitude.
04:59J'aimerais faire aussi des fresques avec 10, 15, 20 modèles et aussi travailler sur ces
05:07scènes de gladiateurs qui se battent entre eux et faire des choses plus dynamiques,
05:11plus dans le mouvement, plus dans l'action.
05:14Il y a une dimension sacrée dans mon travail.
05:17J'essaie de montrer vraiment la profondeur, la sensibilité, la beauté divine à travers
05:22ces corps que je trouve vraiment magnifiques.
05:24La beauté, c'est quelque chose d'extraordinaire.
05:28Le message que j'aimerais passer, c'est que tout le monde a quelque chose de très, très
05:32beau en lui ou en elle.
05:34Il faut juste révéler cette beauté qu'on a dans chacun de nous.
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